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	<title>Le Délit &#187; société</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>HALTE-LÀ!</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 03:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Morin</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Que l’on aime ou pas le hockey, il faut se rendre à l’évidence: le Canadien est un phénomène social majeur au Québec. Il rend les gens heureux (et dépressifs). Il contribue à l’intégration des immigrants. Il unit les Francos aux Anglos. Il fait partie de nos vies.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 1998, Frank Trovato de l’Université de Calgary publie un article au titre pour le moins intriguant: <em>The Stanley Cup of Hockey and Suicide in Quebec, 1951-1992</em>. Lorsque la Sainte-Flanelle est éliminée au début des séries éliminatoires, la tendance aux comportements d’autodestruction augmente. Explications: les séries éliminatoires renforcent le tissu social. Des inconnus se parlent, on aborde nos voisins, les chauffeurs d’autobus nous saluent, les contacts informels sont plus fréquents. Une élimination hâtive du Canadien provoque l’éclatement de cet éphémère tissu. <em>Le Délit</em> enquête sur le Canadien, pour le bien public.</p>
<h3>MATHIEU DARCHE</h3>
<p>Le grand numéro 52, Montréalais d’origine et ancien joueur des <em>Redmen</em> de McGill.</p>
<div id="attachment_3043" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-mathieu-darche.jpg"><img class="size-full wp-image-3043" title="S - mathieu darche" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-mathieu-darche.jpg" alt="" width="440" /></a><p class="wp-caption-text">Gracieuseté du Canadien de Montréal</p></div>
<p><strong><em>Le Délit</em> (<em>LD</em>): Mathieu, tu joues maintenant pour le Grand Club, comment peut-on être certain que tu es un vrai fan des Habs?</strong></p>
<p>Mathieu Darche (MD): Je suis un fan du CH depuis que je peux m’en rappeler. J’ai grandi en adorant les Canadiens, en lisant sur le Canadien</p>
<p><strong><em>LD</em>: On te croit sur parole. Que penses-tu des fans du Canadien? La passion pour l’équipe n’est-elle pas exagérée? </strong></p>
<p>MD: Moi j’adore ça, c’est quelque chose de spécial de jouer à Montréal. Y’a rien de comparable. Quand je jouais à Tampa Bay, il y avait deux journalistes qui couvraient l’équipe. Ici, le vestiaire est toujours plein. C’est tellement différent. Tu va avoir une ovation parce que tu bloques un lancer! Les amateurs de Montréal sont des connaisseurs de hockey. Même certains pensent en connaître un peu trop…</p>
<p><strong><em>LD</em>: Est-ce qu’il y a des mauvais fans?</strong></p>
<p>MD: 98% des fans à Montréal sont d’excellents fans. C’est seulement une petite minorité qui s’en prend personnellement à un joueur, à la famille d’un joueur. C’est pas correct. Les fans ont droit de manifester leur mécontentement. Mais c’est une minorité de fans qui va insulter ta famille et ainsi de suite.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Comment expliquer que certains joueurs, par exemple Steve Bégin, se soient attirés un respect inconditionnel des partisans alors que d’autres se font huer dès qu’ils remettent les pieds au Centre Bell?</strong></p>
<p>MD: À Montréal y’aiment beaucoup les travaillants. Tsé, l’expression «manger les bandes», les fans montréalais aiment ça. Steve était comme ça. Il faut donner tout ce que tu as à donner. Des fois, le joueur fait des mauvais commentaires sur l’équipe ou la ville quand il est échangé. Ça les fans ne l’oublient pas.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Tu as joué quatre ans pour McGill. Selon toi, pourquoi personne ne suit les performances des <em>Redmen</em>?</strong></p>
<p>MD: Si c’est pas les Canadiens, c’est dur de créer un engouement. Dans la culture québécoise et canadienne le monde aime le junior majeur. Dans le circuit universitaire c’est souvent des gars pour qui ça a pas marché le junior. C’est du très bon hockey quand même.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Price ou Halak?</strong></p>
<p>MD: (…) On a deux très bons gardiens.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Arghhh!</strong></p>
<h3>DOMINIC PERAZZINO, alias Ménick</h3>
<p>Barbier constructeur de liens sociaux</p>
<div id="attachment_3046" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0584.jpg"><img class="size-full wp-image-3046" title="IMG_0584" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0584.jpg" alt="" width="440" /></a><p class="wp-caption-text">Photo: Frédéric Faddoul</p></div>
<p><strong><em>LD</em>: Ménick, tu gères un salon de barbier depuis maintenant 50 ans. Tu as reçu chez toi René Lévesque et Chuck Norris mais surtout à peu près tous les amateurs de sports de la ville et d’ailleurs. Pourquoi les fans du Canadien viennent chez toi?</strong></p>
<p>Ménick (M): Je sais pas. Ça a commencé tranquillement. Au début, j’étais pas connu comme LE barbier des sportifs. J’ai joué au hockey jusqu’à <em>midget</em>. C’est là que j’ai connu Michel Bergeron (ancien coach des Nordiques, ndlr) et Ghislain Delage. Pis j’ai ouvert mon salon de barbier mais eux ils ont continué à jouer. C’était ma gang. Le monde venait au salon pour jaser. Moi, je dis toujours oui. Pis le monde me le rend. À date, j’ai eu la Coupe Stanley trois fois dans mon salon.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Ton salon c’est un peu un refuge pour ceux qui veulent parler de hockey?</strong></p>
<p>M: Écoutes, quand Michel Thérien (ancien coach du Canadien, ndlr) s’est fait renvoyer, sa première sortie publique ça a été ici. Moi j’accueille tout le monde. Le monde y vient ici, je leur offre un café, on jase. C’est pas compliqué.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Te rappelles-tu la dernière fois où tu as passé une journée sans parler du Canadien?</strong></p>
<p>M: C’est jamais arrivé. Pis ça arrivera jamais. Tsé, en ce moment y’a une crise économique. Y’a du monde qui perdent leur job, qui ont pas beaucoup d’argent. Ils viennent parler de sport. C’est un baume sur leur plaie pendant la crise. Ça les tient occupés.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Donc, chialer fait du bien aux gens.</strong></p>
<p>M: Chialer c’est thérapeutique! Pis quand on gagne, ben on est fier.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Mais ça fait presque 20 ans que le Canadien n’a pas gagné. Il passe même pas proche. Pourquoi les partisans continuent d’idolâtrer les joueurs et l’organisation?</strong></p>
<p>M: Le hockey c’est notre sport national. C’est pas le soccer, pas le baseball. On aime le Canadien pis le Canadien nous le rend bien. Il prend soin de son public. Regarde la tension que les séries suscitent, l’intérêt. Quand Canadien fait une conférence de presse, tout s’arrête. 17 ans qu’on a pas gagné mais c’est toujours sold-out. Les gens espèrent encore. C’est l’espoir.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Est-ce que les partisans du Canadien sont trop fanatiques?</strong></p>
<p>M: On applaudit Kovalev, un Russe, pis on hue Daniel Brière. C’est comme dans le temps de la rivalité avec les Nordiques. Michel Bergeron, on l’haïssait. On l’haïssait pour de vrai. Mais en même temps on l’aimait. On écoute notre coeur, c’est ça la beauté du sport.</p>
<h3>FAITS D’HIVER</h3>
<p>En 2009, le sport a occupé un poids médiatique 25 fois supérieur à celui de la pauvreté des aînés et des autochtones réunis.</p>
<p>Le poids médiatique de 3,7 parties du CH équivaut à l’ensemble des nouvelles publiées au Québec sur l’Afrique en une année.</p>
<p>Google référence 48 800 articles pour «Carbonneau, cravate».</p>
<p>Le 24 mai 1986, le Canadiens, mené par Patrick Roy, remporte une 23e coupe Stanley. Des émeutes éclatent… à Roberval.</p>
<p>Le 9 juin 1993, le CH élimine Wayne Gretzky et boit du champagne dans sa 24e coupe Stanley. Résultat: 168 blessés dont 49 policiers.</p>
<h3>ANN-SOPHIE BETTEZ</h3>
<p>Joueuse de 5’4’’ des <em>Martlets</em> l’équipe féminine de hockey de McGill<br />
<a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-ann-sophie-bettez.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-ann-sophie-bettez-200x300.jpg" alt="" title="S - ann-sophie bettez" width="200" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-3048" /></a></p>
<p><strong><em>LD</em>: Les Canadiens ont conquis six victoires de suite et la ville est devenue folle. Les <em>Martlets</em> ont réussit l’exploit d’atteindre 86 victoires de suite et personne n’en a parlé. À cause?</strong></p>
<p>Ann-Sophie Bettez (ASB): Comparé à des universités dans des petites villes comme St.Lawrence (où a joué Jacques Martin, ndlr) ou Clarckson, Montréal c’est une grande ville où le monde peut faire d’autres choses que d’aller voir des matchs de hockey universitaire. Au hockey féminin, il y a moins de partisans qu’au masculin. Le jeu masculin est plus physique, il y a plus de batailles. Nous, c’est pas la même chose. On a plus de temps pour préparer des jouer, pour faire circuler la rondelle.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Quand tu étais plus jeune, suivais-tu déjà le hockey professionnel masculin?</strong></p>
<p>ASB: J’ai toujours été une partisane des Canadiens. Moi et mon frère. Mon grand-père, lui, prenait pour les Nordiques. Ça a donc toujours été une compétition entre nous et notre grand-père. Quand le CH faisait des buts on criait. C’était drôle. Quand j’étais plus jeune, je n’aimais pas ça écouter le hockey quand ce n’était pas le Canadien qui jouait. Je ne connaissais pas les autres joueurs. Maintenant, je peux regarder Vancouver contre Ottawa et quand même apprécier le match.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Au sein des équipes nationales, ou même chez les <em>Martlets</em>, il y a des filles d’un peu partout au Canada. C’est possible de vivre avec des partisanes de d’autres clubs s’en s’arracher la tête?</strong></p>
<p>ASB: Haa! (Rires). C’est sûr qu’il y a une grosse rivalité avec les filles qui aiment les <em>Leafs</em>. Parfois dans le vestiaire il y en a qui nous demandent si les <em>Maple Leafs</em> ont gagné la veille. Nous, on répond «sûrement pas!» (Rires). J’habite avec deux filles d’Ontario. Quand il y a un match de Toronto et de Montréal en même temps à deux postes de télé différents, on a des conflits pour savoir qui va regarder qui. On s’ostine. Mais on va pas commencer à se battre non plus pour ça. C’est pas comme une religion, «je dois absolument regarder les Canadiens». Si j’ai un travail à faire pour le lendemain, je vais sauter le match. C’est pas plus grave. Je vais juste regarder les <em>highlights</em>.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Price ou Halak?</strong></p>
<p>ASB: Les deux ont leurs forces et leurs faiblesses.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Arghh!!!</strong></p>
<h3>MARTIN SASSEVILLE</h3>
<p>Fan de hockey, auteur <em>über-geek</em> du blogue <em>Puck ta vie</em> et sociologue qui travaille dans un organisme de défense des droits des personnes handicapées. Rencontre avec un maniaque de hockey capable de citer Roland Barthes et Maxime Lapierre dans la même phrase.<br />
<div id="attachment_3050" class="wp-caption alignleft" style="width: 209px"><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0896.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0896-199x300.jpg" alt="" title="IMG_0896" width="199" height="300" class="size-medium wp-image-3050" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Frédéric Faddoul</p></div></p>
<p><strong><em>LD</em>: Comment expliques-tu que le Canadien soit si populaire au Québec?</strong></p>
<p>Martin Sasseville (MS): Il y a trois ans, le <em>lock-out</em> a fait réaliser aux gens qu’ils s’ennuyaient du hockey. Le département de marketing du Canadien a fait le reste. Tsé, c’est pas très subtil mais <em>La ville est hockey</em>, c’est majestueux. C’est un peu étrange au Québec de s’enorgueillir d’être un peuple de hockey. C’est pas vrai. C’est le Canadien et c’est tout.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Certaines personnes dénoncent le hockey professionnel comme étant un spectacle de masse.</strong></p>
<p>MS: Mais c’est dénonciable! Mais moi j’embarque dans la <em>game</em>. Quand j’y vais au Centre Bell je l’achète la bière à 12$. Et ça me fait vraiment <em>chier</em> de voir le salaire de Scott Gomez. Le hockey ça fait avoir des trips stupides. T’es avec tes chums, tu prends un verre de trop: ça te rend heureux. C’est une belle satisfaction et ça fait pas de mal à personne. C’est pas si sérieux, c’est juste du hockey.</p>
<p><strong><em>LD</em>: C’est pas sérieux mais tu es en train d’écrire un livre sur le hockey et ça fait maintenant deux ans que tu animes un blogue sur le hockey…</strong></p>
<p>MS: J’aime ça le savoir stupide. Je retiens des petits détails anodins. C’est pas sérieux mais c’est ça le fun. C’est mieux que de parler de la météo. Moi quand je rencontre quelqu’un, avant de lui dire que je fais un doctorat, j’aime mieux dire que je trippe sur le Canadien. Le hockey tu peux en parler avec quelqu’un de n’importe quel statut social. Au pire, la personne te dit que c’est un sport de cons. Pis elle a raison.</p>
<p><strong><em>LD</em>: C’est pas exagéré toute cette attention?</strong></p>
<p>MS: Ça reste qu’on est tous, à l’intérieur, le petit cul qui joue au hockey. Ici, dans Côte-des-Neiges, je trouve ça beau de voir des <em>flos</em> de pleins de nationalités. Un petit Indien qui échange des cartes de hockey avec un petit Chinois ça me rend heureux. D’un autre côté, les gens connaissent mieux l’actualité du Canadien que la politique. Le PQ vient de virer à droite: c’est grave. Les gens s’en fouttent. Le seul débat de société qu’on a c’est: Price ou Halak!</p>
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		<title>Pour Google un océan d’incompréhension</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 10:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;équipe du Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Fin février à Milan, trois dirigeants de Google Italie ont été condamnés à des peines criminelles de six mois pour violation de la vie privée. Le motif: une vidéo publiée en 2006 sur Google vidéo, c’est-à-dire avant que la firme ne rachète son concurrent YouTube, montrant des jeunes se moquant d’un enfant italien atteint du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fin février à Milan, trois dirigeants de Google Italie ont été condamnés à des peines criminelles de six mois pour violation de la vie privée. Le motif: une vidéo publiée en 2006 sur Google vidéo, c’est-à-dire avant que la firme ne rachète son concurrent YouTube, montrant des jeunes se moquant d’un enfant italien atteint du syndrome de Down.</p>
<p>Évidemment, les dirigeants n’ont personnellement ni écrit, ni filmé, ni mis en ligne eux-mêmes la vidéo en question. Mais à lire le jugement, les employés d’un site web sont tenus responsables du contenu mis en ligne par leurs utilisateurs. Sont donc potentiellement concernées les pages alimentées par les internautes: on peut penser à Twitter, Facebook, les blogues participatifs, Flickr et à peu près tout ce qui se fait de bon (et de moins bon) sur Internet ces temps-ci.</p>
<p>Néanmoins, selon le Juge Oscar Magi ayant rendu la décision, en permettant à cette vidéo d’être diffusée sur sa plateforme, les dirigeants de Google sont coupables d’avoir enfreint la loi italienne sur la vie privée.</p>
<p>L’entreprise de Mountain View a déjà annoncé qu’elle ferait appel de la décision. Mais si le jugement est entériné, cela signifie que le web 2.0 ne serait pas fondamentalement différent des autres médias offrant du contenu (comme les journaux, la télévision ou la radio) et devrait donc être régulés afin de protéger la vie privée.</p>
<p>Jusqu’à maintenant, la gestion par Google du contenu hébergé sur YouTube a été plus réactive que proactive: à défaut de surveiller l’intégralité du contenu qui lui était envoyé, Google attendait une plainte pour enlever la vidéo contestée. Cette méthode a été la même des deux côtés de l’Atlantique, car il aurait été difficile techniquement et financièrement de contrôler la totalité du contenu. En effet, on estime qu’à chaque minute, vingt heures de vidéo sont transférées vers les serveurs de YouTube.</p>
<p>Cette façon de faire a l’avantage de laisser toute la place à la libre circulation des idées et de n’induire aucune censure –rappelons que la devise de l’entreprise américaine est «<em>Don’t be evil</em>». Mais, répondent les Européens, cette méthode ne permet d’assurer le respect de la vie privée qu’a posteriori, et parfois même un peu trop tard. Comment alors permettre un équilibre entre la liberté d’expression et le respect de la vie privée? Et surtout, qu’entend- on par «vie privée»?</p>
<h4>Deux empires de l’universel</h4>
<p>Il est frappant de voir comment, de part et d’autre de l’Atlantique, l’universalité des droits humains a été évoquée –que ce soit le droit inaliénable à la liberté d’expression ou celui tout aussi inaliénable à la vie privée. Sur le blog officiel de Google, on qualifie de «stupéfiante» la décision de la Cour italienne et d’une «attaque contre les principes de liberté sur lesquels est fondé le web». L’Ambassadeur américain en Italie s’est dit «déçu», rappelant  les mots de la secrétaire d’État Hilary Clinton pour qui «l’Internet libre est un droit humain fondamental qui doit être protégé dans les sociétés libres».</p>
<p>Effectivement, la liberté d’expression n’est probablement nulle part mieux protégée qu’aux États-Unis. Il s’agit d’un droit constitutionnel, le premier amendement compris dans le célèbre <em>Bill of Rights</em>. Il ne connaît que très peu de limites, contrairement à d’autres États démocratiques et la jurisprudence américaine le reconfirme constamment. Cela s’applique aussi bien sur internet: dans <em>ACLU c. Ashcroft</em>, la Cour a tranché que n’importe quelle restriction sur Internet (sauf les quelques-unes déjà admises) était inconstitutionnelle. Le droit à la liberté d’expression est, aux États- Unis, un droit humain pratiquement absolu.</p>
<p>Faisant écho à l’universalité à l’américaine, le droit à la vie privée est vu en Europe comme un droit fondamental universel. Ce faisant, il est inscrit dans la Convention européenne des droits de l’homme et dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.</p>
<p>Récemment, par exemple, les députés européens devaient se prononcer sur l’accord SWIFT entre l’Union européenne et les États-Unis. Cet accord balise le transfert de données bancaires de citoyens européens vers les États- Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Or début février, par 378 voix contre 196, le Parlement européen a rejeté l’accord, forçant Bruxelles et Washington à retourner à la table des négociation. Pour les eurodéputées libéralesdémocrates Marielle de Sarnez et Nathalie Griesbeck, «le Parlement européen se pose en défenseur des droits fondamentaux et de la protection des données personnelles».</p>
<p>Ces deux épisodes montrent à quel point les incompréhensions peuvent être grandes lorsque deux empires de l’universel se rencontrent. Et ce, au sein même de la culture occidentale d’où ces universalismes sont nés.</p>
<h4>Incompréhensions transatlantiques</h4>
<p>Cela ne signifie pas que les États-Unis n’offrent aucune protection de la vie privée, ni que la liberté d’expression n’existe pas en Europe. Plutôt, cela veut dire que des deux côtés de l’Atlantique coexistent deux conceptions différentes de la vie privée qui parfois, déclenchent des incompréhensions et laissent des silences gênants.</p>
<p>En effet, pourquoi l’accord SWIFT était-il très acceptable aux yeux des Américains? Pourquoi n’exige-t-on pas, aux États-Unis, que Google s’assure que les vidéos diffusées respectent la vie privée de ceux qui en sont l’objet? L’entreprise ne devrait-elle pas pré-visionner toutes les vidéos hébergées, comme suppose le jugement italien?</p>
<p>Dans un article publié dans le <em>Yale Law Journal</em>, James Q. Whitman distingue deux cultures de la vie privée: celle américaine de la liberté et celle européenne de la dignité. Il fait remarquer que certaines habitudes culturelles américaines, comme celle de discuter ouvertement de son salaire, choquent généralement les Européens qui considèrent ce domaine «privé». Cependant soutient- il, ce n’est pas seulement en raison d’un certain manque d’étiquette de la part des Américains: il s’agit aussi de la nature du droit européen auquel ils sont habitués. Le droit européen continental protège avec avidité plusieurs choses «privées», notamment les données en lien avec le crédit, la consommation et la banque (comme dans le cas SWIFT), l’activité au travail ou encore la dissimulation de l’identité des criminels face au public.</p>
<p>Mais pour Whitman, cela ne veut pas dire que les Américains ne s’intéressent pas à la protection de la vie privée. Au contraire, certaines facettes du droit européen choqueraient certainement plusieurs Américains. En Europe, la force publique peut interdire certaines appellations pour les bébés– les noms trop ridicules ou ceux rappelant le nazisme, par exemple. Aux États-Unis, cela serait vu comme une violation inacceptable de la vie privée (qu’est-ce qui est plus privé que la relation entre les parents et le nouveauné?).</p>
<p>En Europe continentale, il est recommandé aux citoyens d’avoir leur carte d’identification nationale sur eux, chose tout à fait inacceptable pour un Américain. J’ai surpris plusieurs Européens en leur expliquant qu’en Amérique du Nord (autant au Canada qu’aux États-Unis) il n’existe pas de pièce d’identité nationale, mais plutôt une quantité de documents pouvant plus ou moins la remplacer: permis de conduire, certificat de naissance, assurance-sociale, passeport.</p>
<p>«C’est que les conceptions de la vie privée américaine et européenne proviennent de différences légales ayant elles-mêmes “<em>judiciarisé</em>” des suppositions culturelles», explique Whitman. En Europe, la protection de la vie privée tourne autour du droit au respect et à la dignité personnelle. Corollairement, on retrouve le droit à l’image, au nom et à la réputation: en d’autres mots le droit à l’auto-détermination de son information. En Amérique, au contraire, la vie privée s’oriente davantage vers la liberté, particulièrement la liberté contre les ingérences de l’État. En effet, aux États-Unis, la conception de la vie privée demeure celle que l’on retrouvait dans les années fondatrices de la fin du XVIIIe siècle: le droit à la liberté contre les intrusions de l’État (fédéral), particulièrement contre la propriété individuelle, la vie familiale et religieuse.</p>
<p>«D’un côté, écrit Whitman, il y a l’Ancien Monde dans lequel il est fondamental de ne pas être humilié en public. De l’autre, un Nouveau Monde dans lequel il est fondamental de préserver la souveraineté de sa demeure contre les attaques de l’État». C’est aussi cette conception qui a motivé –et qui motive encore– le droit américain de porter des armes: protéger sa liberté contre l’État.</p>
<p>L’incompréhension qu’exprime Google face à la décision du tribunal italien est transatlantique: pour l’entreprise américaine, la protection de la vie privée n’est pas une question de dignité personnelle, mais bien d’une protection contre un État qui voudrait le forcer à réguler son contenu, à réduire sa liberté d’expression.</p>
<p>Alors que Google considère actuellement la possibilité de se retirer complètement de la Chine –pour des raisons encore une fois de liberté d’expression– il se pourrait que YouTube soit dans l’obligation, plutôt que de filtrer les vidéos, de fermer le site en Italie.</p>
<p>Je vais aller en profiter tout de suite pendant que c’est encore ouvert… dans l’intimité de mon appartement.</p>
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		<title>Montréal raffinée</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 17:51:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédéric Faddoul</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Essai photo par Frédéric Faddoul]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/16/montreal-raffinee/s1/' title='s1'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/s1-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="s1" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/16/montreal-raffinee/s2/' title='s2'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/s2-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="s2" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/16/montreal-raffinee/s3/' title='s3'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/s3-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="s3" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/16/montreal-raffinee/s4/' title='s4'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/s4-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="s4" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/16/montreal-raffinee/s5/' title='s5'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/s5-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="s5" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/16/montreal-raffinee/s6/' title='s6'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/s6-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="s6" /></a>

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		<title>Deux jours à l’agora</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 11:24:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Dufresne</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Tel le phénix, Philopolis renaît des cendres de la mythique Nuit de la philosophie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-Philopolis.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-Philopolis.jpg" alt="" title="S-Philopolis" width="440" align="center" /></a></p>
<p>Prenant le relais de la défunte Nuit de la philosophie, Philopolis ouvre ses portes à toute la cité afin de discuter métaphysique le temps d’une fin de semaine. Fruit d’une collaboration inédite entre des étudiantes des quatre universités montréalaises, l’événement qui «a pour but de nous remettre en contact avec la philosophie, et de réaffirmer sa place dans le paysage culturel, social et académique» se tiendra les 20 et 21 mars à McGill et à l’UQAM, en français et en anglais. Pour la grande première, ses organisateurs font de la place pour le bilinguisme, la participation et… la philosophie.</p>
<h4>Tel le phénix…</h4>
<p>Le 15 septembre dernier, la Nuit de la philosophie s’est éteinte de sa belle mort. Louis Chartrand, un diplômé de philosophie de l’UQAM, ne pouvait pourtant le concevoir. Le quasi lendemain, il partait visiter ses collègues philosophes des quatre universités de l’île. Il fallait leur vendre un projet de résurrection, et les étudiants de McGill se sont montrés enthousiastes. «L’Association étudiante de philosophie (PSA-McGill) a été impliquée dans l’organisation depuis le début», rapporte M. Chartrand. «Ça explique également le fait que l’événement se tienne en partie sur son campus». Brooke Struck, son collègue mcgillois et président de PSA-McGill, explique que l’association a contribué à faire la promotion de l’événement, convoquer des conférenciers, recruter des bénévoles, louer les locaux et financer l’événement.</p>
<p>Initialement, ils voulaient mettre sur pieds un événement proche de la Nuit de la philosophie. «On voulait également des conférences très sérieuses, d’autres qui soient plus théâtrales, par exemple. On voulait que l’événement soit accessible, ouvert sur les autres disciplines», ajoute Louis Chartrand.</p>
<p>La Nuit de la philosophie avait grossi au point où la charge organisationnelle était devenue trop lourde. «C’est pourquoi on a opté pour une formule plus simple,» explique-t-il, «notamment en tenant l’événement sur deux journées plutôt que 24 heures consécutives». Mais cela ne reste pas moins un des plus gros événements philosophiques en Amérique du Nord, à l’instar de la défunte Nuit.</p>
<h4>D’Est en Ouest de la Cité</h4>
<p>«On veut inscrire l’événement dans la dynamique montréalaise, c’est-à-dire qu’on en fait un événement bilingue, faisant appel aux ressources et idées des quatre universités de l’île» souligne le Président de PSA-McGill. Les nombreuses séances se tiennent parfois en anglais, parfois en français, et parfois en «bilingue», tous campus confondus. Cherchant à faire franchir aux uns et aux autres la frontière symbolique de la Main –l’actuelle rue Saint-Laurent qui matérialise la frontière est/ouest de l’île–, les organisateurs ont sciemment invité le conférencier principal de l’UQAM, Stevan Harnad à s’adresser en français sur le campus de McGill, alors que celui de McGill, Kai Nielson, s’exprimera en anglais dans les murs de l’UQAM. «Tous deux sont extrêmement charismatiques» s’enthousiasme Struck, souhaitant du même souffle que ce mélange linguistique soit fructueux. La chose n’est toutefois pas aussi facile à vendre à des étudiants anglophones, à qui la formule Nuit de la philosophie est inconnue. Pour McGill et Concordia, donc, «on commence à zéro». L’événement réunira néanmoins des professeurs des universités de Toronto et d’Ottawa dont les noms pourraient résonner auprès des apprentis philosophes anglophones.</p>
<h4>Sortir de la Tour</h4>
<p>Ses organisateurs cherchent essentiellement à rapprocher la philosophie du public, en l’habillant pour sa sortie spéciale hors de la tour d’ivoire. D’ailleurs, plusieurs des conférenciers, panélistes et participants ne sont pas issus du département de philosophie. «En fait, plusieurs ne sont même pas des universitaires», note Brooke Struck.</p>
<p>La philosophie n’a pas toujours bonne réputation auprès du grand public: elle est souvent perçue comme étant une discipline très abstraite, qui ne se préoccupe que d’elle-même. «C’est injuste de dépeindre la philosophie de cette façon!» s’insurge Struck «alors que s il y a une discipline qui traite de questions qui touchent à toutes les disciplines, y compris celle du quotidien, c’est bien la philosophie». Selon ce dernier, «il y a eu des mouvements philosophiques vraiment très importants qui ont profondément affecté la manière dont on regarde le monde aujourd’hui». Il cite en exemple la philosophie des Lumières qui inspire encore largement la pensée contemporaine. Les courants philosophiques ont une influence réelle et profonde sur notre façon de penser le monde, mais ils obtiennent rarement l’attention qu’ils méritent, déplorent les organisateurs. Et c’est pour y remédier qu’ils ont donné vie à Philopolis.</p>
<p>L’événement est attendu impatiemment par plusieurs, incluant les chercheurs universitaires. Philopolis est une occasion en or pour vulgariser leurs travaux, clarifier leurs concepts, bref, consolider leurs acquis. Pour les nouveaux venus, c’est aussi une occasion de faire leurs premières armes. «C’est la pointe de ce qui se fait en philosophie », raconte fièrement Louis Chartrand.</p>
<p>C’est en effet à un tour d’horizon pour le moins éclectique auquel le public aura droit. C’est ainsi que l’homme politique Justin Trudeau viendra s’entretenir de multiculturalisme, pas très loin de l’intellectuel et professeur aux HEC Omar Aktouf qui dissèquera le capitalisme financier avec la verve qu’on lui connaît. S’attelant également aux sciences, Philopolis ouvre ses portes aux apports de la neurophysiologie cognitive et de la neuroendocrinologie. Et même les séances «purement» philosophiques en offrent pour tous les goûts, avec des thèmes aussi variés que la théorie féministe, le soufisme, la révolte, la justice globale… Même Twitter et les crevettes n’échapperont pas à la réflexion aiguisée des métaphysiciens! L’art est aussi au rendez-vous, puisqu’une mise en scène théâtrale permettra aux groupies de se retrouver dans un de ces célèbres salons français du XIIIe siècle, et même d’assister à des conversations entre de véritables célébrités intellectuelles de l’époque.<br/><br/></p>
<p class="boiteg"><strong>Philopolis est l’événement «socialement décontracté et intellectuellement stimulant» inaugurant le printemps en rapprochant la philosophie sur la place publique.<br />
Chic, et gratuit.<br />
Programme complet sur <a href="http://philopolis.net">philopolis.net</a>.</strong></p>
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		<title>L’Arabie Heureuse en péril?</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/09/l%e2%80%99arabie-heureuse-en-peril/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre, Le Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Un portrait du Yémen, une nation troublée]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Autrefois surnommé <em>Arabia Felix</em> –l’Arabie heureuse– par les Romains, le Yémen a récemment perdu le sourire. Depuis l’attentat manqué du <em>underwear bomber</em> le 25 décembre dernier, le Yémen a capté l’attention de tous les grands médias occidentaux et est devenu le nouveau bouc-émissaire des problèmes de sécurité mondiale. Cependant, s’il ne profite pas de l’élan offert par la communauté internationale, il pourrait se diriger illico vers la faillite.</p>
<h4>Des bobettes et un réveillon manqué</h4>
<p>Le 25 décembre dernier, Omar Farouk Abdul Mutallab, Nigérian d’origine dans la jeune vingtaine, a tenté de faire exploser l’avion du vol 253 de la <em>Northwest Airlines</em>, reliant Amsterdam à Détroit. Le présumé terroriste avait en effet dissimulé un sachet de poudre explosive dans l’entre-jambe de ses sous-vêtements. Cet évènement malheureux a eu deux importantes conséquences: premièrement, les passagers aériens devront dorénavant pratiquement (ou plutôt virtuellement) se mettre à nu pour les fouilles de sécurité et, deuxièmement, l’enquête a révélé un lien étroit entre le terroriste nigérian et le Yémen.</p>
<p>Omar Mutallab a séjourné pendant plusieurs mois au Yémen pour y apprendre l’arabe et il aurait été en contact avec la branche d’Al-Qaeda dans la Péninsule Arabique (AQPA), qui a revendiqué l’attentat manqué. L’organisation lui aurait fourni la penthrite, un matériel hautement explosif, et l’aurait assisté dans l’élaboration de son plan. Les médias occidentaux n’ont pas attendu longtemps avant de crier haro sur le Yémen.</p>
<h4>Un refuge pour Al-Qaeda?</h4>
<p>Une des principales raisons pour laquelle les groupes terroristes prospèrent dans cette région du monde est que le Yémen est une nation troublée économiquement, socialement et politiquement. Tous les ingrédients sont réunis pour favoriser l’extrémisme religieux.</p>
<p>D’abord, il faut préciser que 70% de la population yéménite est âgée de moins de 25 ans. Et vu que, par le passé, la majorité des organisations terroristes ont recruté des jeunes pour effectuer leurs opérations (par exemple, seulement un des dix-neuf terroristes du 11 septembre avait plus de 30 ans, et les quatre individus responsables de l’attentat de Londres en juillet 2005 avaient entre 18 et 30 ans), il est essentiel de comprendre comment ces jeunes sont au coeur de la dynamique.</p>
<p>Le Yémen est le pays le plus pauvre du Moyen-Orient: 45% de sa population vit avec moins de 2$ par jour et le taux de chômage frôle les 35%. Une telle situation économique peut facilement mener la jeunesse au désespoir. Ainsi, les organisations terroristes ciblent souvent des jeunes en difficulté et leur fournissent les ressources financières dont leur famille a grandement besoin. Elles leur promettent un avenir meilleur et leur donnent un but dans la vie, aussi dramatique soit-il. Même Ali Mohamed Mujuwar, le Premier Ministre du Yémen, reconnaît le problème: «Nous avons un chômage généralisé, et c’est dans ce genre d’environnement que fleurit l’extrémisme».</p>
<p>Un tel désespoir pourrait être exacerbé dans les prochaines années alors que les ressources naturelles du pays s’évaporent à vue d’oeil. Le <em>Yemen Observer</em> prévoit que les ressources d’eau, localisées dans des nappes phréatiques dans la région de la capitale, Sanaa, pourraient disparaître dans moins de dix ans. En effet, en plus du climat qui s’assèche d’année en année, 30% de cette eau sert à la culture du qat, une drogue prétendument stimulante qui nuit à la productivité de la population et qui a remplacé la culture de fruits, de légumes et du café moka, originaire du Yémen. Aussi, la Banque Mondiale prévoit que les ressources de gaz et de pétrole pourraient s’épuiser dès 2017. Étant donné que les revenus provenant de cette activité économique représentent 90% des exportations du pays, cela aurait des conséquences désastreuses sur la dépendance économique et la dette du pays.</p>
<p>Le Yémen est aussi politiquement tourmenté. Le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978, est aux prises avec une insurrection islamique au nord et un mouvement séparatiste laïque au sud. De véritables héritages de la guerre froide, alors que la partie nordiste capitaliste et la partie sudiste communiste ne se sont réunies qu’au début des années 1990. Cette réunification n’a pas été sans peine: une guerre civile a éclaté en 1994, et le gouvernement mène encore à ce jour une intervention militaire contre les rebelles Houthi chiites du nord. Ces derniers dénoncent le peu de place donné aux chiites dans ce pays majoritairement sunnite, tandis que les séparatistes du sud accusent le nord d’être avantagé au niveau industriel et économique.</p>
<p>D’un point de vue extérieur, on est porté à croire que le pays est en pleine guerre civile. La réalité est différente. Le Délit a contacté Mansour Alkaderiun étudiant à l’Université de Sanaa. Ce dernier reproche aux médias occidentaux «de faire une montagne à partir d’un grain de sable. Quand je regarde les nouvelles sur les chaînes britanniques ou américaines, j’ai l’impression de vivre dans un autre pays. Certes, ils sont un défi à la stabilité du pays, mais ces combats sont isolés et n’affectent pas la majorité de la population.»</p>
<p>Monsieur Alkaderi explique aussi que les problèmes concernant Al-Qaeda et les tribulations politiques sont partiellement dus au fait que «le gouvernement a peu d’autorité et de capacité en dehors des grands centres urbains». En effet, dans les régions montagneuses et éloignées, le pouvoir est souvent aux mains de puissants chefs tribaux, les cheikhs, qui imposent leur propre système judiciaire et législatif. Cette absence de gouvernement a ainsi donné de la liberté aux réseaux terroristes qui peuvent errer dans ces régions, «prêchant un message de haine et de terreur». De plus, les jeunes sont souvent aliénés par le gouvernement qui est perçu comme une entité administrative corrompue et inefficace, et cette frustration contribue aux succès des recrutements d’Al-Qaeda dans la région.</p>
<h4>Des solutions pour les jeunes par des jeunes</h4>
<p>Le 27 janvier dernier, une conférence internationale a été tenue à Londres afin d’établir une discussion par rapport aux moyens d’assister le Yémen à surmonter ces défis. Gordon Brown a par ailleurs annoncé la création de l’organisation <em>Friends of Yemen</em>, qui veillerait à ce que ce pays ne sombre pas dans une misère absolue et irréversible. Étant donnés la nouvelle attention portée au Yémen par l’Occident, la menace terroriste sur la sécurité internationale ainsi que les effets possibles des solutions aux défis du pays, la jeunesse yéménite a voulu faire entendre leur voix à cette rencontre. Le groupe <em>Resonate! Yemen</em>, en collaboration avec <em>Bridges Social Development</em>, une ONG canadienne qui «vise à l’émancipation de jeunes hommes et femmes afin qu’ils deviennent des <em>leaders</em> dans le domaine de la santé, du droit, du journalisme, de l’éducation et de la politique», ont tâté le pouls des jeunes yéménites afin de pouvoir cerner les problèmes et apporter des solutions. «Un dialogue international quant aux mesures à prendre afin de contrer la montée d’Al- Qaeda est crucial. Des experts doivent s’asseoir autour d’une table pour évaluer les options», nous explique Donna Kennedy- Glans, directrice exécutive de <em>Bridges</em>. «Ces jeunes sont naturellement motivés et s’inquiètent du futur de leur pays. Ce sont eux qui hériteront de l’aboutissement de ces dialogues.»</p>
<p>Ainsi, <em>Resonate! Yemen</em> est conscient que le Yémen a besoin d’assistance internationale, mais le groupe exige que ce support provienne d’abord de pays musulmans dans le but d’éviter tout méfiance envers les bonnes intentions de l’Ouest, ce qui ne ferait qu’accroître le soutien à Al-Qaeda. Également, cette aide ne devrait pas être fournie sous forme militaire, car toute invasion canaliserait le recrutement d’Al- Qaeda afin de combattre une telle occupation étrangère. L’appui au Yémen devrait plutôt être technique et financier, même si <em>Resonate! Yemen</em> admet qu’une gestion plus transparente et moins corrompue du gouvernement yéménite serait bien entendu nécessaire. De plus, l’organisation croit que la résolution des conflits internes devrait être une priorité pour le gouvernement dans l’espoir qu’Al-Qaeda cesse de profiter de cette instabilité politique. Finalement, le groupe préconise le support d’ONG qui visent à sensibiliser et éduquer la population yéménite, tant dans les régions urbaines que rurales, dans l’intention de contrer la montée de l’extrémisme.</p>
<p>Reste encore à savoir si le pays profitera de l’opportunité qui lui est offerte. Madame Kennedy-Glans conclut que «le Yémen a réussi à surmonter de grands défis par le passé et, selon [elle], il sera capable de résoudre sa situation actuelle. Cependant, il doit être ouvert aux changements. Son peuple a besoin de stabilité et il ne peut pas être coupé du reste du monde. En ce moment, le Yémen est dans les bons derniers dans les palmarès –souvent en ce qui concerne la condition de la femme. Ce sera toute une lutte pour ne pas être entraîné dans le gouffre. Mais les Yéménites sont résistants et déterminés, ouverts; enfin ils savent s’adapter.»</p>
<p><a href="http://www.resonateyemen.wordpress.com">www.resonateyemen.wordpress.com</a><br />
<a href="http://www.canadabridges.com">www.canadabridges.com</a><br />

<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/09/l%e2%80%99arabie-heureuse-en-peril/s-voilee/' title='S-voilee'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-voilee-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Geoff Neuss" title="S-voilee" /></a>
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<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/09/l%e2%80%99arabie-heureuse-en-peril/s-comite/' title='S-comite'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-comite-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Xavier Plamondon / Le Délit" title="S-comite" /></a>
</p>
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		<title>Le souffle de la jeunesse</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/02/le-souffle-de-la-jeunesse/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 02:47:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anabel Cossette-Civitella</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[La jeunesse constitue-t-elle le moteur de la société? Malgré leur peu d’expérience, les jeunes peuvent-ils contribuer à changer l’inchangeable? Peuvent-ils faire de bons leaders? Quel impact ont-ils sur le monde?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>C’était bien mieux dans notre temps!</h4>
<p>L’évolution de l’implication volontaire dans l’histoire de la communauté jeunesse reflète tous les bouleversements connus par la société des années 1960 à nos jours. Au cours de cette période, la jeunesse s’est levée et s’est mobilisée pour l’identité nationale, la souveraineté et la défense de la langue française, prenant une part active dans les changements qui allaient venir.</p>
<p>Le contexte sociopolitique le permettant –poids générationnel inégalé, mouvement global de décolonisation, éclatement des carcans moraux, expansion de l’Étatprovidence, etc.– les jeunes s’engageaient dans des manifestations comme on écrit maintenant sur des blogues: c’était une activité quotidienne qui avait son poids et ses impacts à différentes échelles. La culture hippie et tous les phénomènes de contreculture rendaient plus voyante la contestation sociale de l’époque. En 1968, le festival rock de Woodstock a d’ailleurs été l’apogée de la remise en question du système et des institutions politiques. «Lors de la Révolution tranquille, l’État intervenait d’une manière positive dans la société, tous les espoirs reposaient sur la politique pour transformer et améliorer le monde», rappelle Jacques Hamel, professeur titulaire au département de sociologie de l’Université de Montréal. Pour en faire foi, l’adoption de la loi 101 ou la nationalisation d’Hydro-Québec ont de beaucoup transformé l’identité québécoise et changé la perception que les Québécois avaient de leur potentiel.</p>
<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse-300x250.jpg" alt="" title="lajeunesse" width="250" class="alignright size-medium wp-image-2774" /></a></p>
<h4>Les facteurs du changement</h4>
<p>La vision de la politique a beaucoup changé depuis la Révolution tranquille. Le Québec a vu passer la crise d’Octobre, trois référendums, la victoire des Conservateurs… À l’heure actuelle, suite aux multiples scandales éthiques, sans parler de l’absence de figures charismatiques à la tête des partis, même les plus grands efforts pour redorer le blason de la politique ne sauraient lui redonner la confiance du citoyen. Pour preuve, en 1960 et en 1970, le taux de participation aux élections québécoises a été respectivement de 82% et 84%. En comparaison, le mince 54,3% des dernières élections fait pâle figure… «À qui [les jeunes] peuvent-ils donner leur confiance? Les chefs des partis représentent peu ou pas du tout les valeurs de la jeunesse. On a juste à penser à Mario Dumont, l’ex-chef du parti de l’action démocratique du Québec qui est jeune, mais absolument conservateur, pour comprendre que les jeunes sont bien mal représentés au Parlement», ajoute le sociologue.</p>
<p>Les valeurs de la société sont aussi passées d’un esprit communautaire très fort à des intérêts de plus en plus individualistes. L’engagement est devenu beaucoup plus personnel, on préfère faire sa part individuellement plutôt que de grimper aux barricades avec des milliers d’autres jeunes. En effet, la vision et les motivations ont changé: «Les jeunes veulent montrer qu’eux, personnellement, s’engagent», observe Jacques Hamel. «Ils ne veulent plus être anonymes dans un groupe de manifestants. C’est ce qui fait qu’on a l’impression qu’ils s’impliquent moins puisqu’ils ne descendent pas nécessairement dans la rue pour montrer leur volonté de changer les choses», analyse celui qui suit la trace des jeunes depuis quinze ans.</p>
<p>Jacques Hamel poursuit sur la même lancée: «Le fait que l’implication soit un critère requis pour l’obtention d’un emploi, d’une admission aux études supérieures ou d’une demande de bourse, par exemple, explique l’importance que les jeunes accordent à leur implication. La société de performance dans laquelle ils baignent les oblige à tout afficher. À l’époque, ça avait moins d’importance de faire connaître son engagement. L’individualisme de maintenant fait que c’est important de se définir par ses implications».</p>
<p>Geneviève Bois incarne cette nouvelle orientation. Elle s’implique au niveau communautaire dans le projet Sexpert et au niveau international lors de l’organisation de congrès pour les étudiants en médecine. Vice-présidente aux affaires internes et coordonnatrice nationale du Comité de santé mondiale IFMSA-Québec, étudiante de deuxième année au doctorat en médecine et présidente de la 61e législature du Parlement Jeunesse du Québec à 21 ans, l’implication de Geneviève Bois dépend beaucoup de ses moyens financiers: «On devient des PME [petites-moyennes entreprises]! Je pourrais être plus productive, mais on n’est ni supporté, ni subventionné pour notre implication. […] Par exemple, je dois débourser pour mes billets d’avion lorsque j’assiste à des conférences internationales essentielles aux postes que j’occupe.» Elle soulève ainsi un paradoxe: «depuis la disparition des Bourses du millénaire, il n’existe plus de bourses pour l’implication, un type de récompenses qui génère pourtant l’engagement». L’implication reste donc centrale dans les valeurs de la société québécoise moderne, mais la collectivité ne facilite pas nécessairement la tâche aux intéressés.</p>
<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse2.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse2-253x300.jpg" alt="" title="lajeunesse2" width="253" height="300" class="alignright size-medium wp-image-2775" /></a></p>
<h4>Nouveaux atouts, nouvelle force</h4>
<p>La jeunesse d’aujourd’hui, étiquetée «génération du numérique», se doit d’exploiter d’une main de maître les nouvelles technologies. «Les jeunes ont une position avantageuse: dans cette société du savoir, ils mènent le bal. C’est eux qui éduquent leurs parents» affirme Monsieur Hamel. La principale force des jeunes de maintenant provient de leur habileté à user et à abuser des différentes sources d’information; le pouvoir des communications est entre leurs mains.</p>
<p>Avec de tels outils, les jeunes saurontils prendre leur place dans la société de demain? Jacques Hamel en est certain: «Le vide démographique créé par les Baby-boomers va nécessairement ouvrir des postes clés, des postes de pouvoir et les jeunes vont prendre la relève. Ce qui demeure intéressant de se demander c’est s’ils vont créer un nouveau pouvoir?» La jeune <em>leader</em> Geneviève Bois répond également avec assurance: «Tous les jeunes ont voyagé et même ceux qui ne l’ont pas fait ont une conception du monde différente de celle de leur parents. […] En fait, soit on va redéfinir les anciennes structures, soit on va en créer des nouvelles, mais ça serait surprenant qu’on ne brasse pas la cabane!»</p>
<h4>Le Conseil jeunesse de Montréal</h4>
<p>Les jeunes sont dynamiques, oui, mais encore faut-il qu’on leur donne la place pour s’exprimer. C’est pour cette raison que le 23 septembre 2002, l’administration du maire Tremblay créait le Conseil jeunesse de Montréal (CjM). Sa mission? Donner une voix aux jeunes montréalais et montréalaises de 12 à 30 ans en les conviant à donner leur opinion sur les sujets qui les concernent directement. En conseillant le maire et le comité exécutif, et en assurant la prise en compte des préoccupations jeunesses dans les décisions de l’administration municipale, les quinze représentants siégeant à ce conseil ont la volonté d’améliorer les conditions de vie de leurs communautés. «Ce n’est pas tout ce qui est proposé qui provoque changements, mais s’il n’y avait pas de résultats, on arrêterait tout», assure Claudia Lacroix Perron, présidente du conseil. Et l’immobilisme n’est visiblement pas affaire courante puisque Claudia énumère de nombreux cas dans lesquels la voix des jeunes a été entendue.</p>
<p>En 2007 et 2008, à la suite d’une demande des représentants politiques de la Ville de Montréal, le CjM s’est intéressé à la place occupée par les graffitis dans le décor urbain. En élaborant un dossier complet sur les graffitis –l’évolution du phénomène, les différentes sortes et leurs caractéristiques, etc.– ainsi que sur l’accueil qui leur est réservé par les jeunes, les représentants jeunesse ont pu proposer des pistes d’intervention pour une meilleure intégration de l’art dans les rues. «Nous avons atteint un des objectifs qu’on s’était fixé, soit changer le point de vue des élus qui mettaient tout dans le même panier. Après avoir lu notre dossier, ils étaient prêts à accepter des projets», souligne la présidente. D’ailleurs, les fresques peintes sur les bâtiments près du métro Saint-Laurent résultent de cette consultation. Les Bixi et les téléphones rouges à la sortie de certains métros sont aussi des propositions de l’équipe du CjM.</p>
<p>Claudia assure que les idées du CjM sont prises très au sérieux: «Notre fraîcheur d’esprit favorise la formulation d’idées innovatrices et notre dynamisme réveille les élus». Ainsi, les jeunes ont définitivement un pouvoir dans la politique municipale. Ils ont leur place et, tant qu’ils le voudront, ils pourront influencer les décisions. «En adhérant à des causes particulières à leurs intérêts, comme la politique municipale, les jeunes ont plus de force, car ils s’assurent de garder leur enthousiasme!», ajoute la présidente.<br/><br/></p>
<p class="boiteg"><strong>Le souffle de la jeunesse haïtienne</strong><br/><br />
La jeunesse a une telle force, une telle énergie, qu’elle réussit à se faire entendre même dans un pays comme Haïti où l’histoire politique, animée par des scissions et des coups d’États, affecte durement les conditions de vie de la communauté. Près de 80% des habitants vivent sous le seuil de la pauvreté, faisant d’Haïti une des nations au plus faible indice de développement humain.<br/><br />
Le poids démographique de la jeunesse haïtienne est particulièrement impressionnant. Plus de 50% de la population a moins de vingt ans. Il existe donc un potentiel d’action important. D’après Alexandre Telfort, président du Parlement Jeunesse d’Haïti (PJH), une simulation parlementaire annuelle organisée par et pour des jeunes inspirée du Parlement Jeunesse du Québec, tous ne réalisent pas le potentiel de cette force. Le travail qui lui incombe revient à populariser le PJH afin de mobiliser le plus de talents et d’intérêts possibles. «Éventuellement, la jeunesse haïtienne devrait voir une croissance dans sa confiance et réaliser qu’elle détient le gros bout du bâton, qu’elle peut effectivement faire changer les choses par l’entremise des simulations de l’ordre de celles que nous avons connu deux fois avec le PJH.» L’importance des simulations est évidente, car dès la deuxième législature, du 21 au 25 août derniers, un projet de loi adopté par le Parlement Jeunesse lors de la simulation a été considéré et finalement adopté par le pouvoir en place.<br/><br />
Comment cette jeunesse est-elle reçue par les ministres, les députés, les sénateurs de la vieille génération? En fait, selon les propos du président Telfort, «les autorités en place voient très mal la vague montante de jeunes possédant le pouvoir. Ils considèrent les jeunes comme leurs rivaux.» Malgré sa désillusion sur les autorités, Alexandre Telfort croit fermement en la capacité des jeunes à prendre leur avenir en main, à créer leur propre futur. Il souhaite construire une nouvelle génération non pas de politiciens, mais de volontaires. «Le volontarisme politique sera le souffle nouveau dont a grandement besoin la démocratie haïtienne», assure-t-il. Nouveau pouvoir, dynamisme engagé, leadership vibrant… Le monde croit en la jeunesse, la jeunesse croit en le monde. L’avenir appartient à ceux qui osent prendre la vie à bras le corps et les jeunes savent le faire: ils ont entre leurs mains des outils comme la technologie de la communication pour les aider, ils ont une ouverture sur le monde que n’avaient pas leurs parents et, s’ils désertent la politique, ce n’est que pour mieux s’engager dans leur communauté ou sur la scène internationale. N’est-ce pas inspirant? Ne reste qu’à retrousser vos manches!</p>
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		<title>Faire des enfants ou non?</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 13:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Jasmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Les enfants, c’est l’avenir.
Alors que la planète étouffe, les politiques natalistes se contredisent. Certains ont des enfants très jeunes, d’autres beaucoup plus tard. Pourquoi faisons-nous encore des enfants? Égoïsme, altruisme? <em>Le Délit</em> expose les discours de ceux qui préfèrent ne PAS avoir d’enfant et de ceux qui pensent d’abord aux ressources planétaires. Notre époque, plus <em>No Baby No Cry</em>?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Ils vécurent heureux… et n’eurent pas d’enfants</h2>
<p><strong>Christophe Jasmin</strong></p>
<p>«Le mini baby-boom se poursuit», «Pour la cinquième année consécutive, le nombre de naissances est en hausse au Québec», «Le Québec, paradis des familles». Voilà le genre de titres qu’on peut apercevoir dans les médias québécois depuis quelques mois. «Enfin une bonne nouvelle pour le Québec!» s’exclament les uns. «Un succès pour la politique nataliste de la province !» exultent les autres. Bref, de quoi se réjouir vous direz-vous.</p>
<p>Et si cette politique nataliste, ces généreux et louangés programmes de congés parentaux, ces crédits d’impôt et toutes ces garderies à sept dollars par jour n’étaient que des moyens de propagande, voire d’oppression? Si, en récompensant de manière si généreuse la maternité et en la promouvant de tous bords, de tous côtés comme il le fait, l’État québécois entravait le succès des femmes qui ont des enfants, tout en stigmatisant celles qui n’en ont pas.</p>
<p>Évidemment, l’idée peut sembler quelque peu extrémiste, à la limite de la théorie féministe du complot. De plus, on peut avoir une vague impression de déjà vu: une élite à la tête de la société québécoise qui fait pression sur les familles pour qu’elles enfantent et qui dénonce fortement celles qui «empêchent la famille». Ça fait un peu <em>Back to the Future</em> qui rencontre la Grande Noirceur tout ça, non? Et ben, pas tant que ça. Pour preuve, une étude de Statistique Canada, intitulée «Choisir de ne pas avoir d’enfants», concluait en 2003 que «notre société “enfantcentrique” [a] tendance à faire en sorte que les couples sans enfants se sentent inadéquats, tenus à l’écart, jugés ou mal compris». Alors, ne pas vouloir d’enfants, nouveau tabou? La nullipare (femme non-mère), nouvelle paria?</p>
<p>Dans <em>No Kid: 40 raisons de ne pas avoir</em> d’enfant<em>, la Française Corinne Maier dénonce</em> la «bébé-mania» et tout le discours très optimiste qui entoure la paternité et la maternité. C’est elle qui accuse l’État (français, en l’occurrence) d’entraver le succès des femmes en les maintenant en marge du marché du travail et en les enfermant dans une «prison de domesticité». Mais elle ne s’arrête pas là: son livre se veut carrément un argumentaire visant à décourager les gens de faire des enfants. En quarante chapitres, qui invoquent autant de raisons, l’auteure explique au lecteur pourquoi il ou elle regrettera inévitablement d’avoir des enfants. «Évitez de devenir un biberon ambulant », «gardez vos amis», «un enfant c’est trop cher» écrit notamment la polémiste, elle-même mère de deux enfants. Comme beaucoup d’autres parents, elle avoue avoir fait des enfants avec l’espoir qu’ils mettent fin à ses moments de solitude. Seulement pour réaliser, plus tard, que la maternité en créait de nouvelles formes.</p>
<p>Dans <em>L’envers du landau</em>, paru récemment aux éditions <em>Tryptique</em>, la professeure de littérature à l’Université d’Ottawa Lucie Joubert aborde elle aussi cette question épineuse, mais sur un ton tout de même moins polémique. L’auteure, qui ne cherche pas à dénigrer la maternité, veut avant tout attirer l’attention sur la pression que subissent les femmes qui, comme elle, ne veulent pas avoir d’enfants. Cette pression provient le plus souvent non pas de la famille ou de l’entourage immédiat, affirme Joubert, mais plutôt d’un discours ambiant dont le message est clair: la réalisation de soi, pour une femme, passe par les enfants. Celles qui résistent et refusent de rentrer dans le rang deviennent en quelque sorte des rebelles d’une société obsédée par le discours nataliste. «Mais ça ne veut pas dire qu’on n’aime pas la famille ou les enfants: on n’est pas des “<em>childhaters</em>” ou des “misopédistes”» d’expliquer l’auteure.</p>
<p>Féministe, elle se dit inquiète de voir que ce qui était considéré comme acquis, c’est-à-dire le choix d’avoir des enfants ou non, est remis en question par toutes ces pressions sociales. C’est en partie pour tenter de sécuriser ce choix pour les générations à venir qu’elle a écrit ce livre. Mais c’est aussi, indirectement, pour toutes ces femmes qui, n’ayant pu donner la vie, souffrent de ne jamais pouvoir atteindre ce qui est projeté comme étant l’aboutissement de la féminité.</p>
<p>Reste que pour la plupart des gens, avoir un enfant sera toujours vu non seulement comme le plus beau cadeau mais aussi le plus véritable don de soi qu’un être humain puisse faire. Ce qui relègue ces femmes, et dans une moindre mesure ces hommes, à un statut public d’individualiste, voire d’égocentrique. C’est pourquoi, à la sortie de son livre, on a souvent accusé Corinne Maier de «faire l’éloge de l’égoïsme». Ce à quoi elle rétorque que son livre est plutôt «l’éloge de la réalisation de son désir individuel, au risque de déplaire à la société».</p>
<p>Mais on peut pousser la réflexion un peu plus loin et se demander si, au contraire, ce ne sont pas les gens qui décident d’avoir des enfants qui sont le plus égocentriques. Idée grotesque? Ça reste à voir. «Quand on fait des enfants, on ne les fait pas pour la société, ni à la rigueur pour l’enfant lui-même. On les fait pour soi», affirme Irène Krymko-Bleton, psychanalyste et professeur à l’UQAM.</p>
<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/02/Feature-1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-2667" title="Feature-1" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/02/Feature-1.png" alt="" width="425" /></a></p>
<h2>Pour le bien de <span style="text-decoration: line-through;">mon enfant</span> la planète</h2>
<p><strong>Marie-Odile Samson</strong></p>
<p>«Si, à 30 ans, avoir deux enfants peut sembler beaucoup, à 60 ans, tout compte fait, c’est peu. écrit Marlène Hyppia, journaliste chez <em>ELLE Québec</em>. Il faudrait plutôt viser cinq ou six héritiers si on veut s’assurer à long terme son lot de bâtons de vieillesse, de visites et, qui sait, de petits-enfants à chouchouter».</p>
<p>Dans l’article «20 bonnes raisons d’avoir des enfants», celle-ci détient la troisième place. Cependant, si l’on élargit à l’échelle mondiale l’idée d’avoir des enfants, on se doit de considérer le taux de remplacement de l’espèce humaine. Celuici, soit le nombre d’enfants qu’une femme doit avoir pour remplacer soi-même et son conjoint, se situe à 2,1 enfants. Mais avant d’envisager engendrer six héritiers, y a-til des contraintes sociales et écologiques qu’un couple devrait considérer?</p>
<p>Faire des enfants demeure un choix personnel. C’est le premier sentiment qu’a exprimé Madhav Badami, professeur à l’École d’environnement de McGill, lorsque <em>Le Délit</em> s’est entretenu avec lui. «Je ne suis pas en position de dire à quelqu’un le nombre d’enfants qu’il devrait avoir. C’est un choix personnel.» Personne ne peut juger la nature de cette décision. La quantité d’enfants désirée, quoique personnelle, devrait cependant être un choix posé rationnellement qui prenne en compte, non seulement ses désirs personnels, mais surtout l’effet sur les ressources planétaires. Avoir une famille de cinq ou six enfants, cela peut sembler satisfaisant en soi, mais si chaque couple se disait la même chose, il faudrait rapidement trouver des solutions aux problèmes de nutrition, de pauvreté et de manque de territoires habitables qui surviendraient. Sans diminuer le bonheur que peut rapporter chaque enfant, il faut tout de même s’assurer de leur léguer une planète potable et durable.</p>
<p>Il y a une grande distinction entre pays industrialisé et pays en voie de développement lorsqu’il s’agit de choisir de faire un enfant ou non. En effet, il y a des coûts économiques et sociaux associés à la procréation, mais ces dépenses existent aussi lorsqu’on choisit de ne pas faire d’enfants. M. Badami nous explique: «les conséquences sociales qui découleraient d’une population en décroissance pourraient être aussi importantes que le coût environnemental associé à la surpopulation mondiale». Les deux revers de la médaille sont importants à considérer, selon si le pays dans lequel nous vivons fait face à un problème de surpopulation ou à une population vieillissante.</p>
<p>Dans certains pays en voie de développement, un nombre élevé d’enfants permet aux familles, non seulement d’assurer le taux de remplacement, puisque le taux de mortalité infantile y est plus élevé, mais aussi de fournir plus de bras au travail de la terre, qui est fondamental à la survie et au mode de vie. L’importance d’avoir des enfants ne relève donc pas seulement d’un désir personnel, mais bien d’une nécessité sociale causée par un problème profondément ancré dans ces sociétés. Ceci a, par conséquent, une grande influence sur le problème de surpopulation, mais aussi sur la qualité de vie économique de ces individus. Le territoire du Kenya fait partie des sols les plus travaillés dans le monde, et sa population parmi les plus denses de la planète. Les deux sont intrinsèquement liés, car le besoin de travailler la terre marginale est nécessaire à la survie de la communauté du Kenya.</p>
<p>Par contre, dans certains pays développés tels le Japon ou l’Allemagne, la population vieillit rapidement. Dans ces pays, on peut remarquer l’ampleur du problème que cause la dénatalité. Comme l’explique Milton Ezrati, dans l’article «Japan’s Aging Economics» du journal <em>Foreign Affairs</em>, les grandes entreprises vont y penser à deux fois avant de s’installer dans un pays qui ne peut fournir et renouveler une main d’oeuvre jeune et dynamique. L’immigration pourrait évidemment être une solution à ce problème, mais elle pourrait tout de même entraîner de sérieuses conséquences. M. Badami confirme: «si l’on prend l’exemple du Japon, il faudrait importer des travailleurs. Mais il faudra ensuite travailler avec les conséquences du mélange des cultures». L’immigration, combinée à une augmentation du taux de natalité, permettrait à ces pays dont la population est en déclin de retrouver leur élan.</p>
<p>Le Québec fait face à une situation semblable. Ayant une population en vieillissement rapide, le Portail du Gouvernement du Québec prévoit qu’en 2031, notre population se classera parmi les plus vieilles des sociétés industrialisées. Mais, comment donc bâtir une famille aujourd’hui en prenant en compte toutes ces circonstances?</p>
<p>L’adoption pourrait être une solution logique. Un pays sous-peuplé, adoptant des enfants d’un pays surpeuplé qui n’attendent que l’amour d’une famille, cela pourrait être un remède incroyable aux problèmes sociaux qui s’étendent d’un pays à l’autre. M. Badami nous propose une vision qui offre encore plus de solutions: «si des gens d’un pays surpeuplé adoptaient les enfants de leur propre pays en leur donnant une bonne maison, cela pourrait résoudre deux des problèmes principaux dans le monde, soit la pauvreté et la croissance rapide de la population». Quelques hics: l’adoption demeure non seulement un procédé long, coûteux et incertain, mais elle est rarement le premier choix de futurs parents.</p>
<p>D’un autre côté, M. Badami nous amène à considérer le point de vue de l’enfant. En grandissant, il est toujours (ou presque toujours!) plaisant d’avoir un frère ou une soeur avec qui partager ses jeux, ses histoires et sa vie. Cela pourrait être une autre motivation qui pousserait une famille à atteindre le taux de remplacement. Toutes les raisons sont bonnes pour vouloir et avoir des enfants, et il est nécessaire de continuer à se reproduire pour assurer la survie de la population. Au-delà de l’aspect romantique d’une vie familiale, assurer la descendance de la race humaine, voilà tout de même le but ultime de «faire des bébés». Finalement, doit-on se sentir responsable de respecter les limites de notre planète? Si un adulte prend la décision de devenir responsable d’un enfant, il devrait donc également se sentir responsable de lui assurer un avenir vivable. Pour un futur parent, ce qui est donc important de garder en tête, c’est qu’il y a des limites sociales et physiques à respecter pour que la Terre conserve son équilibre et puisse assurer la survie de chaque individu naissant.</p>
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		<title>On n’est jamais mieux servi que par soi-même</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 02:17:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Jasmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[DeliXXX]]></category>

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		<description><![CDATA[Pornographie <em>Do-it-yourself</em>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>L&#8217;industrie</h4>
<p>La nouvelle est passée totalement inaperçue ici: le plus vieux sex-shop du monde, la boutique <em>Blue Movie</em>, qui a pignon sur rue à Copenhague depuis 1964, s’apprête à fermer ses portes le 31 mars prochain. Signe qu’avec Internet, les temps changent dans le monde de la pornographie? Oui et non. L’essor de l’Internet n’a pas été instantanément catastrophique au niveau financier pour les commerçants et les artisans traditionnels de la pornographie. Du moins pour ceux qui ont su s’adapter, c’est-à-dire qui ont su offrir à l’amateur de pornographie ce qu’il désire, quand il le désire. C’est d’abord et avant tout ces exigences que l’Internet a transformées. De la même manière que notre façon de regarder la télévision est actuellement en pleine métamorphose, Internet a révolutionné la relation que les gens ont avec la pornographie en leur donnant plus de pouvoir.</p>
<p>Mais n’allez pas croire que cela veut dire que le milieu de la pornographie commerciale soit foncièrement plus innovateur que celui de la télévision. Comme le dit Simon Louis Lajeunesse, professeur associé en travail social à l’Université de Montréal, «la porno est une industrie très conservatrice, elle ne montre que ce que les gens veulent voir. Elle n’innove pas.» Comment expliquer ce côté avant-gardiste alors? C’est simple: puisque certaines personnes n’arrivaient pas à trouver ce qu’ils cherchaient parmi ce que proposait l’industrie, ils ont commencé à produire leur propre porno et à la partager <em>via</em> Internet. «Les gens <em>surfent</em> l’Internet pour voir les fantasmes qu’ils ont déjà dans la tête. Le phénomène va donc des gens vers la porno et non de la porno vers les gens» explique Monsieur Lajeunesse.</p>
<p>Au-delà du simple partage de contenus érotiques entre internautes, cet état des choses a surtout permis à plusieurs non-initiés d’ouvrir leurs propres sites afin de répondre aux désirs spécifiques de certains et, bien évidemment, pour en tirer un profit financier dans la plupart des cas. Globalement, la multiplication de ce genre de sites a rendu le monde de la porno commerciale très fractionné. Concrètement, cela s’est initialement traduit par l’émergence de sites amateurs mais payants comme <em>Realcouples.co.uk</em>, <em>Bangbros.com</em> (où l’action se passe toujours sur la banquette arrière d’une voiture) et <em>Brunob.com</em> (le premier vrai site québécois de porno amateur). Le succès de cette première vague de porno amateur fut tel qu’une école virtuelle a ouvert ses portes en 2001 avec le but de «diplômer» de futurs webmestres de sites pornos. Basée en Australie, la <em>Adult Webmaster School</em> dit «enseigner à ses étudiants à profiter de la très lucrative industrie adulte en ligne». Alors, même si le contenu et l’esprit de ces sites amateurs différent de ceux de l’industrie, le but, lui, reste le même.</p>
<p>En fait, ce n’est qu’avec l’apparition récente de sites d’hébergement de vidéos que la porno amateur s’est véritablement démocratisée et que la pornographie <em>Do It Yourself</em> tel qu’on la connaît maintenant a vu le jour. Fonctionnant sur le même modèle que <em>YouTube</em>, des sites comme <em>Qrtube.com</em> (spécialisé en porno queer), <em>Mybeasttube.com</em> (spécialisé en porno… animale) et les géants <em>Xtube.com</em>, <em>Youporn.com</em> et <em>Redtube.com</em> assurent à tout internaute la possibilité de visionner et de partager des vidéos DIY sans payer.</p>
<h4>Quand ça vient vite, ça part vite&#8230;</h4>
<p>En 2004, une vidéo diffusée sur Internet a transformé la vision que les gens avaient de ce médium en démontrant toute la portée qu’il pouvait avoir. Il s’agit du fameux <em>sextape</em> de Paris Hilton, le quatrième clip le plus vu de toute l’histoire du web. Depuis, et avec la parution de <em>1 Night in Paris</em>, une foule de célébrités (Fred Durst, Kid Rock, Lindsay Lohan, Colin Farrell), de semi-célébrités (l’acteur de <em>Grey’s Anatomy</em> Eric Dane, l’ex-participante de <em>Survivor</em> Jenna Lewis) et même de politiciens (John Edwards, ancien candidat à l’investiture démocrate pour la dernière élection présidentielle) ont emboîté le pas et sont apparus, ou ont fait l’objet de rumeurs selon lesquelles ils étaient apparus dans des <em>sextapes</em> diffusés sur le web. Même si la plupart de ces personnalités ont vu leur vie intime être rendues publiques à leur insu; certaines l’ont fait de manière intentionnelle, sachant que la vidéo ferait parler d’eux. C’est le cas de Jessica Sierra, une ancienne participante de <em>American Idol</em> qui, en manque de visibilité, a sorti son propre <em>sextape</em> en janvier 2008.</p>
<p>Pour certains, toute la récente ferveur autour de la porno DIY est directement liée à la popularité de ces sextapes. C’est le cas de l’écrivain et chroniqueur canadien Stephen Marche. Dans une chronique intitulée <em>What’s with All the Ugly People Having Sex?</em> parue dans Esquire, Marche explique que la porno DIY n’est rien d’autre qu’un moyen contemporain de ressembler aux vedettes que l’on voit dans les <em>sextapes</em>. «La porno amateur, c’est de la célébrité <em>Do-It-Yourself</em>[…], c’est ce qui permet le plus aux citoyens de se sentir comme étant de vraies vedettes». «Pour le prix de votre corps et de votre dignité, vous avez la joie de devenir l’image de laquelle les autres ne peuvent détourner leur regard» résume-t-il.</p>
<p>Dans <em>The Porning of America</em>, les auteurs Carmine Sarracino et Kevin Scott expriment une opinion similaire: «un rapide survol de telles tendances, comme le circuit universitaire de porno amateur ou le déferlement de sites pornos amateurs […] suggèrent que le résultat naturel d’une nation sevrée de pornographie est une nation d’aspirants <em>pornstars</em>». Même s’ils reconnaissent que la porno peut occasionnellement servir comme expression d’une libération sexuelle, voire politique pour certaines minorités sexuelles, Sarracino et Scott insistent sur le fait que la généralisation de la porno a pour conséquence d’amener à la surface les comportements qu’elle véhicule. Et les auteurs de tracer des parallèles entre le succès de la torture porn et la violence faite aux femmes, mais aussi les très médiatisés abus infligés aux prisonniers d’Abu Ghraib par les GIs en Irak.</p>
<p>Ce qui peut surprendre dans ces discours très négatifs, ce n’est pas tant le message que le messager. Il n’est pas étonnant que ce genre de propos trouve un écho négatif chez une grande partie de la population qui voit encore la pornographie comme quelque chose de fondamentalement dégradant, que ce soit lorsqu’elle est regardée ou jouée, il n’y a rien de surprenant. Là où le bât blesse, c’est quand ce sont des universitaires (Sarracino et Scott) ou des penseurs (Marche) qui corroborent de tels jugements, en tenant si peu compte non seulement des vertus potentiellement libératrices de la pornographie sur Internet, mais aussi et surtout des études faites sur le comportement des gens qui regardent de la porno.</p>
<p>Une étude menée par Simon Louis Lajeunesse à ce sujet auprès d’universitaires démontre que les gens «ont besoin de voir des gens qui leur ressemblent et qui vont plus loin qu’ils ne pourraient le faire». «Cela confirme la fonction carnavalesque de la pornographie. Un monde temporaire, à l’envers du monde réel jouant un rôle libérateur des contraintes et des rituels sociaux imposés par la vie en communauté», ajoute Lajeunesse. Pratiquement tous les hommes regardent de la porno. Dire que ça affecte leurs relations avec leur partenaire, c’est aussi logique que de dire que les publicités pour la vodka Smirnoff mènent à l’alcoolisme, conclut le chercheur.</p>
<p>Même si la grande majorité de la pornographie qu’on retrouve sur Internet ne peut prétendre avoir des bienfaits libérateurs ou à participer à une réappropriation de la sexualité, ce phénomène existe bel et bien. Quoiqu’encore marginaux, il se crée un nombre croissant de sites de pornographie DIY qui ne gravitent pas uniquement autour de vidéos ou de photos, mais qui font aussi place à la discussion et à la création de réseaux. Ainsi, les gens qui ont une sexualité atypique et/ou qui vivent dans un milieu conservateur peuvent non seulement regarder du contenu qui ressemble à leurs fantasmes, mais sont de plus amenés à partager leurs pensées et leurs préoccupations de manière collective. Ainsi, ces sites remplissent un double rôle de satisfaction sexuelle et sociale. Une grande partie de ces réseaux fait partie de la mouvance <em>queer</em>, qui rassemble gays, lesbiennes, transsexuels, bisexuels, travestis et transgenres, mais aussi adeptes du BDSM et fétichistes. Par exemple, le site Internet DigiRomp.com, sur lequel on trouve surtout des photos, est «un réseau social lesbien pour partager des expériences érotiques».</p>
<p>Peu de choses ont été écrites sur ce phénomène mais de plus en plus d’activistes <em>queer</em> s’organisent et forment des collectifs, ou mettent sur pied des festivals qui mettent de l’avant le côté libérateur que peut avoir la porno. <em>Sharing is Sexy</em>, basé à San Diego, se veut ainsi être un laboratoire porno <em>open source</em> et un collectif «sexe positif » qui promeut la «positivité sexuelle» et la fluidité des genres. Le petit groupe de <em>guérillas sexys</em>, comme ils se décrivent eux-mêmes, a notamment donné une conférence ici, à McGill au mois de mars 2008. Dans un ordre d’idées similaire, le journal de Seattle <em>The Stranger</em> parraine le festival de pornographie amateur HUMP! qui en est à sa cinquième édition.</p>
<p>Alors, la porno DIY: un quinze minutes de célébrité ou un nouveau moyen de libération sexuelle?</p>
<h4>Sexy sweet home</h4>
<p>Après les cadeaux, le resto et les longs regards langoureux, vous rentrez enfin chez votre valentin(e). Tout y est: la traînée de pétales de roses, le corridor de bougies, les chocolats, la bouteille de champagne et… la caméra! Certains trouveront sûrement l’idée déplacée, mais, si l’on y réfléchit bien, voilà une façon peu coûteuse et amusante de rendre votre Saint-Valentin <em>véritablement</em> unique et inoubliable. Pensez à la prochaine fois où, loin l’un de l’autre, votre valentin(e) vous manquera terriblement. Qu’allez vous préférez regarder: sa vieille photo de finissant(e) qui est dans votre portefeuille depuis des mois ou votre torride vidéo de la Saint-Valentin?</p>
<p>Avant que vous ne couriez acheter un kit d’infirmière ou de pompier pour l’âme soeur en prévision du grand soir, quelques conseils s’imposent. Inspirés de ceux donnés par les experts du très sexy blogue <em>Tryst</em>, voilà les quatre bases d’un bon porno <em>Do It Yourself</em>:</p>
<p>Utilisez vos talents de cinéaste: si vous comptez utiliser une webcam ou une caméra fixe, assurez-vous que le cadrage et la luminosité soient adéquats. Un lieu sombre, un cadrage brouillon et des cris épars, ça fait plus <em>Blair Witch Project</em> que <em>Deep Throat</em>. Mettez-y du son et exprimez-vous: ça ajoute au plaisir, mais aussi à la qualité de la vidéo. Sinon, le résultat risque de ressembler à une game de hockey sans commentaire. Distrayant, mais pas captivant.</p>
<p>Expérimentez: depuis le temps que vous attendez une occasion pour ressortir votre Kâma-Sûtra et vos accessoires érotiques, ça ne rendra la chose que plus plaisante. Restez vous-même et amusez-vous: le but n’est pas de concurrencer Jenna Jameson et Rocco Siffredi mais de vivre cette expérience pleinement en profitant du moment présent sans trop penser au résultat final.</p>
<p>Bien sûr, si vous voulez amener l’expérience un peu plus loin, vous pouvez toujours rendre la vidéo publique. Ici, les blogueurs de <em>Tryst</em> suggèrent d’éditer votre vidéo si votre but est que votre soirée de Saint-Valentin connaisse le plus grand succès possible une fois sur la toile. De la même façon que vous mettez vos films de famille sur <em>YouTube</em>, vous pourrez mettre le résultat final sur <em>YouPorn</em> ou <em>Redtube</em>, deux sites d’hébergement de vidéos érotiques.</p>
<p>Rien ne vous y oblige bien sûr. D’ailleurs les spécialistes tendent à dire que vous avez de grandes chances de le regretter tôt ou tard. «Quand on met une image sur Internet, on en perd totalement le contrôle. Réfléchissez pour savoir si vous pensez que dans quelques années la circulation de votre image dans des situations intimes vous conviendra toujours» avertit Simon Louis Lajeunesse.</p>
<p>Mais si vous faites fi de ce conseil et décidez de passer à l’acte, deux choses demeurent certaines: vous ne serez pas les premiers à le faire, loin de là. Et même si vous poussez l’expérience très loin, votre vidéo risque de paraître peu original à côté de ce qu’on trouve sur le Net. Mais ça, de toute façon, vous le saviez déjà. Bienvenue dans le merveilleux monde de la porno <em>Do It Yourself</em> (DIY). Un petit porno pour la Saint-Valentin?</p>
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		<title>Penser l’impensable: la décroissance et la simplicité volontaire</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 13:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-Odile Samson</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le siècle dernier, les ressources de la Terre s’épuisent; un nouveau mode de vie s’impose. Deux mouvements qui tentent de remodeler nos moeurs oeuvrent pourtant en sourdine depuis plusieurs années: la décroissance et la simplicité volontaire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Geneviève Lavoie-Mathieu</strong></p>
<p>«Les humains sont méchants et la terre est cruelle». On pourrait croire, en écoutant les nouvelles, que les vers qu’écrivaient Leloup en 1996 étaient prophétie: crise économique, crise environnementale, crise du système de l’éducation, la santé qui flanche, le taux de dépression, de suicide, d’obésité qui montent en flèche, le décrochage scolaire, les horreurs de la guerre et les missiles nucléaires. Tout est en hausse, en chute libre, en voie d’extinction, les jeux sont faits et rien ne va plus. Dans ce tumulte, plusieurs mouvement ont émergés en réponse à cette crise de société, l’un d’eux, encore marginal, est le mouvement de la décroissance. <em>Le Délit</em> a rencontré Serge Mongeau, objecteur de croissance et militant actif pour le mouvement de la décroissance conviviale au Québec.</p>
<h4>Une lente émergence</h4>
<p>Contrairement à la France, où le mouvement de la décroissance est mieux connu et y forme d’ailleurs un parti politique depuis 2005, au Québec, il reste un mouvement ignoré des médias et peu connu du public. On nous rebat plutôt les oreilles avec des expressions telles que reprise de croissance au sortir de la récession, croissance du PIB, indice de croissance, etc. Croissance, croissance, croissance… Alors pourquoi la décroissance?</p>
<p>Le mouvement québécois pour une décroissance conviviale dont Serge Mongeau est l’un des membres fondateurs et signataire du manifeste, défini le mouvement ayant comme but de «provoquer dans la population du Québec la prise de conscience de l’impossibilité de poursuivre la croissance économique et travailler à la mise en place d’une société équitable, autonome, solidaire et frugale».</p>
<p>À l’ère du développement durable, de l’économie verte et du progrès technologique le discours sur la décroissance s’inscrit en marge, avec des arguments qui vont à l’encontre de ces concepts sur-utilisés en politique.</p>
<h4>Qu’est-ce que la décroissance?</h4>
<p>Le mouvement de décroissance repose sur quatre principes, explique Mongeau: la justice sociale, la production locale, la notion de collectivité et la sobriété. En d’autres termes, la diminution du gaspillage qui passe entre autre par l’adoption de la simplicité volontaire, un mode de vie qui valorise le bien-être plutôt que le paraître.</p>
<p>Concrètement, on y prône une réduction de la consommation pour diminuer la pollution. Mais ceci nécessite aussi d’être jumelé à une prise de conscience, une démarche de (re)définition de la société, de nos buts individuels et collectifs. Pour reprendre les mots de Serge Latouche, économiste et penseur du mouvement de la décroissance en France, il faut «décoloniser notre imaginaire» et repenser ces mythes du productivisme, de la surconsommation, du développement, du progrès et de la technologie. La notion de qualité doit surpasser notre désir insatiable pour la quantité et les efforts devraient être mis sur la coopération plutôt que la compétition.</p>
<h4>Produire moins aujourd’hui ou mieux demain?</h4>
<p>Toutefois, le professeur Chris Green du département d’économie de l’Université McGill, affirme que contrairement à ce que le mouvement cautionne, un manque de compétition et une tendance vers la décroissance mènerait assurément vers une économie défaillante, moins efficace et à une perte d’emplois certaine. En ce sens, M. Green, à l’instar du discours populaire et politique de la droite comme de la gauche, voit la solution à la crise écologique ailleurs: la promotion de la croissance économique au service des nouvelles technologies dites vertes, de même que la stimulation du marché de l’emploi.</p>
<p>Mais le mouvement pour une décroissance remet en question cette idée reçue. En effet, selon eux, l’économie actuelle est irrationnelle et hors de toute logique, puisqu’elle prend appui sur la promotion d’une impossible croissance infinie dans un monde fini. D’un autre côté, comme l’explique le professeur Green, la recherche en nouvelles technologies et les possibilités qu’offrent l’imagination et la capacité humaine à s’adapter et se renouveler est elle infinie. La technologie arriverait ainsi à combler le manque, et même la disparition de certaines ressources et à diriger l’économie vers un avenir durable.</p>
<h4>Préparer la transition</h4>
<p>Les inquiétudes sont légion du fait que la récession se fait ressentir et les emplois viennent à manquer. Selon Mongeau, il existe deux alternatives. Soit, le changement peut être effectué en douceur, de manière démocratique, d’un mouvement de masse et non par l’imposition de mesures gouvernementales. Soit, le changement pourrait être forcé en réaction à un épuisement des ressources naturelles. On peut penser, argumente Mongeau, au cas du pétrole. En effet, l’épuisement de cette ressource mènerait selon lui les consommateurs à un brusque changement dans leurs habitudes de vie, de consommation, leur mode de transport, etc.</p>
<p>La clé du succès, selon les objecteurs de croissance, se trouve dans la décroissance économique jumelée à une réforme sociale. Celle-ci faciliterait la transition et minimiserait la perte d’emplois, en favorisant une économie axée sur l’entreprise locale, à petite échelle, artisanale et qui prévient le gaspillage. Il faudrait aussi réapprendre à payer les biens et services que nous consommons à leur juste prix, c’est-à-dire un prix qui reflète leurs coûts environnementaux et sociaux.</p>
<p>En bref, la décroissance ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas un pas à reculons mais pourrait plutôt être décrit selon les signataires du manifeste pour la décroissance conviviale comme étant le cheminement logique vers une société équitable, solidaire, où le partage règne dans une communauté tissée serrée. C’est une société dans laquelle les semaines sont moins chargées pour les travailleurs, puisqu’on ne rêve point de biens matériels ou d’un voyage dans le Sud, mais de temps pour se remplir l’esprit, pour aller voir un concert, peindre, être présent dans sa communauté, jardiner, être avec les enfants, prendre le temps de vivre.</p>
<p>Une grande question s’impose: à quand l’action jumelée aux idées? Le manque de cohésion est un obstacle. Il manque cette force, ce lien qui unit tous ces groupes qui forment la société civile: le coeur de la démocratie. C’est ce qui explique que des mouvements comme celui de la décroissance ou de la simplicité volontaire soient encore marginaux, méconnus ou souvent victimes de préjugés.</p>
<p>Si on reconnaît le problème, il faut aussi savoir que «[l]’on ne le résout pas […] avec les modes de pensées qui l’ont engendré» comme l’avait dit Einstein. Décroissance ou pas, il est temps d’une mise au point, d’un souffle nouveau au Québec comme ailleurs. Les jeux sont faits mais la roulette n’a pas finit de tourner. Il est temps d’abattre de nouvelles cartes.<br/><br/></p>
<p class="boiteg">Mouvement québécois pour la décroissance: <a href="http://www.decroissance.qc.ca">www.decroissance.qc.ca</a></p>
<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/02/S-simplicité-volontaire-2.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/02/S-simplicité-volontaire-2.jpg" alt="" title="S-simplicité-volontaire-2" width="425" class="aligncenter size-full wp-image-2462" /></a></p>
<h3>La simplicité volontaire:moins de possession, plus de bonheur?</h3>
<p><strong>Marie-Odile Samson</strong></p>
<p>La simplicité volontaire est un mode de vie animé par deux principes fondamentaux. Telle qu’expliquée par Louis Chauvin, président du Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV), celleci consiste, au départ, à privilégier le temps plus que l’argent, et ensuite, à privilégier les relations –avec soi-même, ainsi qu’ avec les autres. Professeur à la faculté de gestion de l’Université McGill, M. Chauvin présente une vision différente de l’économie de marché, et précise que la simplicité volontaire, en mettant l’accent sur le développement personnel, permet à l’individu la pratiquant de s’armer des moyens nécessaires pour résister aux désirs qui nous poussent à consommer.</p>
<p>Le système économique mondial est basé sur l’idée de croissance continue. Mais la Terre n’a pas les capacités pour supporter un tel système. Notre planète s’essouffle: nous sommes aux prises avec une population constamment grandissante dans un contexte de ressources limitées. La survie ne serait possible qu’en réduisant de manière significative la consommation des ressources. La simplicité volontaire vise à atteindre une vie «matériellement plus simple et intérieurement plus riche» explique M. Chauvin. C’est un changement qui se fait graduellement chez un individu qui réalise l’importance de développer les côtés spirituel et psychologique de sa vie, avant le côté matériel.</p>
<p>Le Réseau québécois pour la simplicité volontaire fête cette année ses dix ans. Auparavant, on pouvait y trouver plus de 560 membres, mais on n’en compte aujourd’hui que 200. Ce sont les groupes régionaux et locaux, dont deux sont montréalais, qui sont à la base de cet organisme. Selon le président du RQSV, le Québec est la province la plus active en ce qui concerne des moyens d’action développés et accessibles, mais le Canada pourrait très bien être parsemé de «simplicitaires anonymes» tels que les décrit M. Chauvin, c’est-à-dire quiconque pratiquant le mode de vie sans se joindre à un organisme. En Belgique, le mouvement est présent à travers l’association environnementale Les amis de la Terre, parrainée par le RQSV, et qui a réussi à former au-delà de quarante groupes dans les dernières années.</p>
<p>Qu’en est-il de la simplicité volontaire face au contexte actuel? Crise économique, déceptions face à l’environnement, et surconsommation flagrante: ces facteurs, combinés, influencent-ils les adeptes de la simplicité volontaire? «Le XXe siècle a été un siècle de développement et d’amélioration des conditions matérielles dans le monde, mais celles-ci ne sont qu’une facette de ce qu’est une bonne qualité de vie» soutient Iowa Hirose, professeur au département de philosophie de McGill. «Le nouveau siècle doit voir de grandes améliorations dans les conditions non-matérielles de la vie. La simplicité volontaire pourrait bien nous aider à réussir ceci.»</p>
<p>On ne peut nier que le matériel et le superficiel sont au centre de notre mode de vie actuel: les individus sont poussés à construire leur identité à travers ce qu’ils possèdent. Se détacher volontairement des surplus et des excès semble être un mal non-nécessaire, surtout lorsqu’ils nous sont aussi facilement accessibles. Mais c’est l’aspect moral, au-delà du bienêtre matériel, que les simplicitaires tentent de développer, soutient M. Chauvin. Pour lui, réduire la consommation ne contribuerait donc pas à la perte de l’identité, mais représenterait une manière autre de se définir et d’exploiter la bonne volonté et le potentiel des humains. Un retour à l’état de nature, dirait Jean-Jacques Rousseau.</p>
<p>M. Hirose croit qu’il doit y avoir un effort commun. «La société –c’est-à-dire le gouvernement, la communauté, les employeurs– se doit de créer une situation dans laquelle les gens peuvent choisir facilement une vie simple et réduite en consommation», explique-t-il.</p>
<p>Il est néanmoins fondamental que ce changement dans les habitudes de consommation vienne de l’intérieur de l’individu. Si le changement spirituel ne se fait pas avant le changement matériel, la société ne pourra pas s’en voir fondamentalement améliorée, avance M. Chauvin. «Partir d’un endroit de paix de l’intérieur pour se donner les moyens de réduire les émotions négatives» dit-il, est la base d’une vie menée simplement. À partir d’une transformation individuelle, l’action collective pourra donc être menée à bien. Prendre conscience de l’impact de tous les actes posés, c’est la clef de la simplicité volontaire.</p>
<p>Elle serait la seule réponse aux malaises contemporains, affirme M. Chauvin. Par contre, même avec tout l’optimisme du monde, on ne peut s’attendre à une prise de conscience généralisée dans le monde occidental. La simplicité volontaire est un mouvement graduel, une transformation qui prend place avec, au tout départ, un constat de la nécessité de changer. Ce constat est omniprésent. On sait qu’on veut changer, mais on ne sait pas quoi, comment, et par où commencer. Gandhi l’aura bien expliqué: il faut commencer par changer en soi ce que l’on veut changer autour de soi.</p>
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		<title>Pause-thé</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Jan 2010 13:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Plamondon</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[À chaque seconde, 25 000 tasses de thé sont bues dans le monde. Le thé est la deuxième boisson la plus courante après l’eau. Sa popularité est aussi séculaire qu’universelle. Malgré ses effets bénéfiques sur la santé, plusieurs lui trouveraient un goût amer s’ils connaissaient les conditions de travail auxquelles font face ces ouvriers qui s’activent tout au long de l’année dans certains de ces champs tropicaux. <em>Le Délit</em> a décidé de lire le thé avant de boire la tasse.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Le thé et la santé</h4>
<p>William Gladstone, ancien premier ministre britannique, avait dit: «Si tu as froid, le thé te réchauffera. Si tu as chaud, ça te détendra. Si tu es dépressif, ça te réconfortera. Si tu es excité, ça te calmera.» Des recherches ne cessent de démontrer les effets bénéfiques du thé sur la santé. Le <em>UK Tea Council</em> rapporte que le thé aide à l’hydratation du corps humain, en plus de lui fournir vitamines et minéraux. De plus, vu qu’il contient de 50 à 65% moins de caféine que le café, les amateurs peuvent se permettre d’en prendre plusieurs tasses par chaque jour.</p>
<p>D’autres recherches, dont plusieurs menées par le <em>Tea Advisory Panel</em> (TAP), confirment que le thé est une source d’antioxydants, qui sont digérés, absorbés et métabolisés dans l’organisme, contribuant à un corps en bonne santé. Le rôle des antioxydants n’est pas négligeable: le Docteur André M. Cantin, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et actuel président du comité consultatif médical et scientifique de la Fondation canadienne de la fibrose kystique, est arrivé à la conclusion que «les antioxydants peuvent réussir à freiner les radicaux libres engagés dans la fibrose pulmonaire et la fibrose kystique». Docteure Nathalie Jobin, directrice de la nutrition et des affaires scientifiques chez Extenso, un centre de référence sur la nutrition humaine affilié à l’Université de Montréal, vante aussi les bienfaits des antioxydants puisqu’ils aident à prévenir l’apparition de certains types de cancer et de maladies cardiovasculaires.</p>
<p>«Pour ce qui est des antioxydants, il faut cependant demeurer prudent» remarque toutefois Docteur Victor Gavino, professeur à la Faculté de médecine et au Département de nutrition de l’Université de Montréal. «Nos croyances varient d’une semaine à l’autre, et les conclusions des scientifiques se contredisent, surtout en ce qui concerne la biodisponibilité. […] Même si le thé existe depuis 5000 ans et que l’on a accumulé de la documentation, des histoires, des anecdotes, il reste cependant bien des choses à prouver.»</p>
<h4>ABC thé</h4>
<p>Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), les cinq plus grands pays producteurs: la Chine, l’Inde et le Sri Lanka, le Kenya et la Turquie, représentent 75% de la production mondiale de thé. On retrouve plus de 1500 types de thé aujourd’hui, et tous proviennent de la même plante, la <em>Camellia Sinensis</em>, originaire de l’Empire du Milieu. Ainsi, qu’il soit noir, vert, <em>oloong</em>, blanc, comprimé ou bien aromatisé (les six grandes catégories selon le <em>UK Tea Council</em>), le thé est obtenu en traitant d’une façon différente les feuilles et les bourgeons issus de la récolte.</p>
<p>De plus, un peu comme la viniculture, le goût du thé est empreint du sol, du climat et de l’altitude de sa région de provenance. Toujours similairement au vin, son procédé de fabrication est un art ancestral très complexe dont les détails sont très bien gardés. On peut toutefois décrire en grandes lignes la méthode de préparation du thé.</p>
<p>Premièrement, le dépérissement consiste à couper et déchirer les feuilles de thé dans des grands tonneaux à air chaud pendant dix à seize heures, ce qui aide à faire évaporer l’eau qui est contenue dans les feuilles. Une fermentation suit, contribuant à faire oxyder les feuilles pour leur donner un arôme particulier. Les feuilles de thé sont ensuite envoyées au séchage sous air chaud, et parfois une cuisson accompagne cette phase. Le temps accordé à chaque étape (et les nombreuses déclinaisons de ces procédés) varient selon le type de thé désiré. Ainsi, une fermentation partielle est le secret du thé <em>oloong</em>, alors qu’une exposition des morceaux de feuilles à la vapeur avant la fermentation produira un thé vert. Toutefois, si sa consommation s’avère bénéfique pour la santé humaine et sa production aussi noble que celle du vin, les conditions de travail du paysan par rapport à sa culture et sa récolte dans certaines régions ainsi que plusieurs impacts environnementaux notables ne méritent guère d’éloges.</p>
<h4>Problèmes de thé</h4>
<p>Le thé ne fait pas exception et des problèmes sociaux et environnementaux touchent l’industrie. Dans certaines plantations, «les fermiers abandonnent leurs terres, les négligent et ne reçoivent pas un prix juste pour leur travail», explique Philippe Gaston, directeur général d’Équita d’Oxfam- Québec. L’Organisme Équiterre critique le manque d’uniformité des conditions de travail, puisqu’elles varient de pays en pays, et de régions en régions à l’intérieur même de ces pays. S’il semble évident que les conditions de travail sont plus aisées au Japon, il est néanmoins plutôt difficile de dresser un portrait juste de celles pratiquées sur l’immense territoire indien par exemple. On peut cependant remarquer quelques similarités dans certaines plantations de plusieurs pays en voie de développement.</p>
<p>Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), déplore le traitement réservé aux femmes: leur dextérité leur permet de participer avec une grande efficacité à la récolte, mais leur salaire est moindre que celui des hommes. De plus, les paysans travaillent toute la journée, sept jours sur sept. L’UNESCO rapporte également qu’au Kenya, jusqu’à 30% des cueilleurs ont moins de 15 ans. Le journal <em>Labor File</em> rapporte que la pauvreté règne bien souvent dans les plantations, celle- ci étant expliquée par la présence de travailleurs temporaires, des rémunérations infimes, ainsi que par le peu d’investissement dans les installations dédiées à la santé ou à l’éducation.</p>
<p>La Rainforest Alliance, quant à elle, s’inquiète de l’exposition des travailleurs à l’usage intensif de pesticides qui, en plus de causer des troubles à l’écosystème, endommage grandement le système respiratoire des cueilleurs. De plus, puisque la culture du thé s’effectue dans les régions équatoriales, la déforestation de la forêt tropicale est fréquente, afin d’augmenter la taille des plantations, facilitant l’érosion et l’augmentation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.</p>
<h4>L’équitable à la rescousse?</h4>
<p>Heureusement, le mouvement équitable a pris de l’ampleur au cours des années. Kevin Gascoyne, un des fondateurs de la maison de thé Camellia Sinensis, a été le premier à obtenir une certification «équitable» au Canada pour le thé. «Nous nous rendons en personne dans les plantations, et nous achetons directement aux producteurs afin de collecter des thés de classe mondiale», nous explique-t-il. «Ceci est l’essence même du commerce équitable: réduire le nombre d’intermédiaires et donner la juste part des revenus aux producteurs, qui décideront comment disposer de cet argent perçu.»</p>
<p>Par exemple, Titus Pinto, directeur du <em>United Nilgiris Tea Estates</em> en Inde, certifié équitable, précise qu’il y a, dans sa plantation, «un corps composé à 90% de travailleurs qui décide comment l’argent doit être dépensé». Ce ne sont par contre pas tous les producteurs qui utilisent l’argent d’une façon démocratique, «et là demeure la complexité du commerce équitable», ajoute Monsieur Gascoyne. «Mais malgré cela, je crois au mouvement équitable car c’est le seul système qui ultimement respecte les travailleurs». Monsieur Gaston nous assure que dans la plupart des coopératives les profits sont réinvestis dans des projets liés à l’éducation et à la santé et que le suivi est devenu plus strict au cours des cinq dernières années: «Il est bon, maintenant que le commerce équitable soit bien parti, de pouvoir dire que tout n’est pas parfait et qu’on travaille à mieux traiter les producteurs. Mais c’est un travail de longue haleine. Les sceptiques et ceux qui ont intérêt à ce que le commerce équitable ne se développe pas, vont tenter de plus en plus de détruire la confiance et la crédibilité, si précieuses, établies au cours de longues années de travail», conclut-il.</p>
<p>Au Québec, la popularité du thé supplantera- t-elle celle du café? Monsieur Gascoyne, né au Royaume-Uni, pays où il se boit 165 millions de tasses de thé par jour, nous répond que rien n’est impossible. «Tous les jours, sans exception, des gens viennent dans la boutique afin de trouver une alternative au café. Et la semaine d’après, ils reviennent et nous remercient: ils sont contents d’avoir arrêté de boire du café et se sentent plus en santé et plus heureux!» William Gladstone avait raison. </p>

<a href='http://delitfrancais.com/2010/01/26/pause-the/the-15/' title='the-15'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/01/the-15-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="the-15" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/01/26/pause-the/the-14/' title='the-14'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/01/the-14-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Photo: Frédéric Faddoul" title="the-14" /></a>
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		<title>Le drapeau québécois est-il trop vieux?</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 13:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Jasmin</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Provincial]]></category>

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		<description><![CDATA[Des célébrations commémorent le 62e anniversaire du drapeau québécois.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce jeudi 21 janvier, le drapeau québécois fête ses 62 ans. Pour l’occasion, une cérémonie de levée du fleurdelisé ainsi qu’un défilé avaient lieu ce samedi à Montréal. Organisés par la Société Saint-Jean-Baptiste, ces évènements avaient pour but de célébrer et de promouvoir notre drapeau national.</p>
<p>Officiellement adopté par l’Assemblée Législative sous Duplessis, le fleurdelisé remplaça le très britannique Union Jack en janvier 1948 comme emblème officiel de la province. En plus de représenter une victoire pour le mouvement nationaliste québécois, ce changement exprimait un désir de rupture avec la monarchie britannique. Les Québécois voulaient que cet emblème reflète l’histoire et le caractère distinctif de la province. Sans surprise, on se tourna vers des symboles rappelant la religion catholique et la France.</p>
<p>En effet, la croix blanche qui divise le drapeau en quatre carrés renvoie au catholicisme, élément distinctif de la société québécoise en 1948, alors que le fond bleu royal rappelle la couleur du blason des souverains de France. De la même manière, les fleurs de lys, symbole historique de la monarchie française, évoquent l’origine du peuple québécois, et la couleur blanche, le catholicisme.</p>
<p>Force est donc de constater que le fleurdelisé présente un très fort symbolisme religieux. C’est précisément cet aspect qui en a amené plusieurs à remettre sa pertinence en question. Dans une société québécoise post-Révolution tranquille, multiculturelle et très largement laïcisée, est-ce légitime d’avoir un emblème national qui peut sembler dépassé? La connotation catholique n’estelle pas exclusive? Bref, le drapeau québécois reflète-t-il encore adéquatement la population qu’il représente?</p>
<p>Il y a un peu plus d’un an, le coloré Richard Martineau révélait dans sa chronique du Journal de Montréal que la professeure du nouveau cours d’éthique et de culture religieuse de sa fille avait demandé à ses élèves de redessiner le drapeau québécois. «Le prof dit qu’il n’est plus représentatif de la nouvelle réalité parce qu’il y a une croix dessus» lui avait expliqué sa fille. Le chroniqueur, en profond désaccord, mit la démarche sur le compte d’un «multiculturalisme gnangnan». Certains, pourtant, se sont sérieusement et ingénieusement penchés sur la question.</p>
<p>En janvier 2008, le collectif Identité québécoise (IQ), comptant une dizaine de jeunes adultes parmi ses rangs, entreprit de créer un nouveau drapeau québécois à l’occasion de ses 60 ans en se basant sur des principes de communication moderne voulant que la simplification des symboles optimise l’échange d’information tout en restant collé sur l’histoire du Québec et sur ses nouvelles réalités sociales. Résultat: un seul rectangle bleu avec un seul lys blanc au centre. D’après IQ, la suppression de la croix rend non seulement le fleurdelisé plus laïc, mais enlève aussi l’image d’un Québec «divisé» au profit d’un seul lys plus grand et fort.</p>
<p>Bien sûr, il est très peu probable qu’une telle refonte se produise dans un futur proche. Il faut donc chercher ailleurs dans le symbolisme québécois afin de trouver un emblème indubitablement rassembleur de tous. Le fameux «Je me souviens» est-il un plausible candidat? La devise semble effectivement plus inclusive puisque le «je » désigne tout le monde, indépendamment de sa religion ou sa langue.</p>
<p>Dans son documentaire <em>Un certain souvenir</em>, le cinéaste belge Thierry Lebrun va à la rencontre d’une multitude de personnes qui forment le Québec d’aujourd’hui afin de leur demander ce que signifie pour eux la devise d’Eugène- Étienne Taché, architecte qui fit inscrire les 3 mots sur le parlement à Québec. Mis à part la grande diversité des réponses qu’obtient Lebrun, on remarque le rejet total de la devise par certains, particulièrement des Mohawks et des Anglo-Québécois qui ne s’y identifient pas. Le dramaturge québécois René-Daniel Dubois abonde dans le même sens. Pour lui le «Je» exclut la multiplicité et la complexité alors qu’un «Nous» impliquerait plusieurs façons de se souvenir.</p>
<p>Le Québec est-il voué à n’avoir que des emblèmes qui, même s’ils font l’objet d’un large consensus, peuvent tout de même paraître exclusifs? L’inclusion universelle devrait- elle transparaître à tout prix? La sainte flanelle du Canadien de Montréal, quant à elle, semble toujours convenableou du moins, jusqu’au retour des Nordiques. </p>
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		<title>André Moreau existe-t-il?</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 13:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mai Anh Tran-Ho</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous avez fréquenté les cafés et les commerces du ghetto et du plateau dans les derniers mois, vous avez peut-être remarqué les nombreuses affiches qui annoncent la tenue de «Cabarets jovialistes». Intrigué, <em>Le Délit</em> a cherché à faire la lumière sur le mouvement jovialiste dans une discussion avec son surprenant fondateur, André Moreau.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Le bonheur né du Québec des années 1960 et de la contre-culture?</h4>
<p>En 1948 apparaît le manifeste <em>Refus Global</em> écrit par Paul-Émile Borduas et co-signé par plusieurs artistes. Ce manifeste ne proposait pas de programme politique, mais une anarchie resplendissante. Il dénonçait avec violence la mise en vase clos du Québec par l’Église. C’était le retour de Maurice Duplessis et l’époque de la Grande Noirceur.</p>
<p>En 1962, Pierre Vadeboncoeur publie <em>La Ligne du risque</em>. Le désir de se dissocier du passé, vu comme une contrainte et un poids, émane de cet essai. La parole est un acte et le risque était de prendre parole publiquement.</p>
<p>Ces deux écrits parmi d’autres ont influencé les pensées de la Révolution tranquille dans les années 1960 au Québec. On avait substitué à la morale traditionnelle, celle qu’on retrouve dans le roman <em>Maria Chapdeleine</em>, une morale du bonheur et de l’épanouissement personnel.</p>
<p>Cet air de changement était planétaire: révolte des Noirs aux États-Unis, révolte des étudiants et des ouvriers en Europe et mouvement de décolonisation en Afrique. En Amérique, une mouvance contre-culturelle a pris forme notamment dans les idées de peace&#038;love, de pot, des Beatles, explique Yvan Lamonde, historien des idées du Québec.</p>
<p>«Que c’est ça, la contre-culture? Que c’est qu’ça mange en hiver, la contre-culture? Que c’est qu’c’est les attributs de c’te bibitte-là?» dites-vous sur le même ton que Victor-Lévy Beaulieu? La contreculture, apparue autour des années 1970, est issue des mouvements beatnik et hippie. Elle n’a pas de but ou de démarche bien définis, et englobe beaucoup de phénomènes marginaux tels le psychédélisme, les recherches spirituelles, l’occultisme, le végétarisme. Bref, tout ce qui puise dans la marginalité fait partie de la contre-culture et s’inscrit en faux contre les normes.</p>
<p>Pour Victor-Lévy Beaulieu, la contreculture c’est des hommes qui se sont révoltés contre une manière de vivre américaine: «tu travaillonnes quarante heures par semaine pour gagner des bidous qui vont t’parmett’e d’oublier qu’tu travaillonnes. […] Ça fait qu’y reste pus d’homme en toi, seul’ment une p’tite bibitte qui mange ses chips pis qui boit son coke en r’gardant la tivi pis en attendant d’mourir d’un cancer ou bedon d’une crise du coeur. Comme c’tes p’tits poulets bar-b-q engraissés aux hormones pis qu’on tue avant qu’y tombent d’eux-mêmes dans leur mort raide.» Les hommes de la contre-culture se sont donné des rêves, disait Beaulieu, des projets. André Moreau aussi: il a créé le jovialisme, un mouvement pour le bonheur, la joie et le plaisir.</p>
<h4>Le jovialisme, un grand mouvement passé inaperçu?</h4>
<p>Le mouvement jovialiste est né le 14 décembre 1970, en plein coeur des années peace &#038; love. Mais c’est plus précisément le 15 décembre 1973 qu’André Moreau aurait vécu une expérience mystique. Il a rencontré le golem, figure centrale de la kabbale juive qui, dit-il, est «comme une zone d’ombre qui annonce la lumière». Après cette «nuit du destin» duquel il n’en sort pas fou, affirme-t-il, il était le grand jovialiste, le nouveau Christ. Il avait perdu tout goût de travailler, il n’avait plus d’idéal, de besoin ni même de but. «Je suis un homme inutile. Je ne sers à rien.»</p>
<p>C’est à ce moment là, explique-t-il, qu’il est possible de rentrer dans un état de «bonheur permanent, sans raison parce que si votre bonheur a une raison, il a une dépendance.»</p>
<p>Au début des années 1970, le mouvement avait pignon sur rue au 75 Sherbrooke Ouest et comptait 3000 membres (Moreau le sait, car il vendait des cartes de membre à l’époque). Il dit que le mouvement était «bien établi», que «l’argent rentrait». Pourquoi avait-il besoin d’argent? Moreau explique qu’un «mouvement est une institution sociale avec une structure. Il faut la participation des membres pour créer des événements, telles des réunions et des célébrations, donc il faut de l’argent et des philanthropes qui subventionnent tout ça sinon le mouvement s’écroule». Pourtant, André Moreau ne s’est pas enrichi. Il a tout réinvesti dans le mouvement et dans la publication de ses nombreux livres, souligne-t-il.</p>
<p>Selon Yvan Lamonde, André Moreau n’a pas eu le coup de poing que d’autres mouvements ont eu à la même époque; Moreau n’aurait pas marqué l’Histoire du Québec. «On ne le recrute pas pour avoir son avis sur tel ou tel phénomène» dit Lamonde. Selon le professeur au Département de littérature et traduction françaises de McGill, le philosophe de formation est un «<em>self-representation man</em>». On ne peut nier la très forte créativité personnelle de Moreau, ajoute-t-il. Mais Moreau démontre aussi un besoin de visibilité et de reconnaissance publiques. Il veut être un grand philosophe.</p>
<p>André Moreau, de son côté, dit qu’il a fait plus de 2000 émissions de télévision et de radio en vingt-cinq ans. «Mais mon étoile a pâli, c’était probablement une mode. Peu à peu, le mouvement a fait faillite» dit-il.</p>
<p>Le jovialisme n’a pas été un mouvement social aussi important, affirme Lamonde. Il est vrai que le mouvement jovialiste n’est pas enseigné dans les écoles, ni en philosophie, ni en histoire, ni en sociologie. Mais M. Moreau veut-il qu’on le cite dans les anthologies? «C’est arrivé ainsi. Je ne veux rien. Je suis quelqu’un qui est permanent sur la scène publique depuis quarante ans, on pensait m’avoir oublié mais vous êtes là aujourd’hui.»</p>
<p>Pour savoir si le mouvement a eu un impact sur la société québécoise, il faudrait pouvoir le comparer. Mais la tâche semble difficile, car le philosophe dit se distinguer de tout autre mouvement. Selon Yvan Lamonde, le jovialisme est «un mouvement de recherche, d’expression personnelle et de thérapie individuelle», et c’est en cela qu’il s’inscrit parmi d’autres courants de la contre-culture. Lamonde croit que le jovialisme s’inspire de divers mouvements anciens et contemporains.</p>
<p>Par exemple, Moreau se rapprocherait de l’Infonie de Raôul Duguay et de Walter Boudreau, ce mouvement qui voulait marier chant, danse, poésie et art visuel et qui a créé son propre cosmos de dieux et de lois autour des années 1970. Mais Moreau rappelle que Duguay est un poète et un musicien, et qu’il n’a pas de diplôme en philosophie. Lamonde avait aussi proposé le mouvement de produits naturels de Jean-Marc Brunet, mais Moreau n’y voit pas de similarité. L’historien des idées dit que le philosophe jovialiste rappelle en particulier les gourous de l’Inde. Moreau s’inspire bel et bien de religions indiennes telles que l’hindouisme, le sikhisme, le bouddhisme ou le jainisme, notamment dans ses notions de plaisir et de jouissance reliées à l’expérience des plaisirs sexuels, mais le jovialisme ne propose aucun interdit.</p>
<p>Ce qui démarque André Moreau, comme il se plaît à le rappeler, c’est son cheminement. Il a fait une thèse de doctorat en philosophie avec Paul Ricoeur à la Sorbonne sur les superstructures de l’immatérialisme. Il voulait démontrer que la matière n’existe pas. Ses directeurs n’étaient pas convaincus de sa démonstration, mais il a tout de même obtenu son doctorat en philosophie «pour le bel effort» rapporte-t-il. Après avoir touché à la phénoménologie, il poursuit des études postdoctorales en épistémologie à l’Université de Montréal.</p>
<p>«Je m’adresse à des gens qui veulent faire des études avec moi. Si quelqu’un qui n’a pas de formation veut me lire, c’est comme quelqu’un qui ouvre la Bible et lit qu’Abraham a tué son fils, et croît que Dieu lui demande de tuer son fils. Est-ce que la Bible est responsable? Non. Moi, j’expose des idées vastes, profondes, précises. Si quelqu’un se sert de mes écrits pour commettre un crime, je ne suis pas responsable. Pour me lire il faut être intelligent.»</p>
<h4>Un bonheur qui choque à moins d’être intelligent</h4>
<p>Moreau dit que le public est souvent choqué par ses propos car il «leur enlève leur dieu, leur béquille, la matière». Les écrivains des années soixante avaient acquis un rôle politique, leur parole importait. Mais ce rôle, André Moreau n’en a que faire. Il se fout aussi du nationalisme, qui a pris toute sa force durant les années de la Révolution tranquille, car c’est de la politique. «Je suis anti-politique» affirme-t-il. Le philosophe veut libérer les gens de leurs obligations «celle d’élever ses enfants, celle envers l’État et envers Dieu» explique-t-il. Nombre de ses idées rappellent celles d’antan: la révolte contre l’Église, le refus du passé, l’importance accordée au bonheur. Pour lui, le passé ne pèse plus, tout est possible. «En réalité, tout est permis. Jusqu’à ce qu’on se heurte à quelque chose qui fait mal. Alors on se retient. Quand c’est bon pour tout le monde, on continue.»</p>
<p>Le mouvement jovialiste, dit Moreau, se distingue des autres parce qu’il ne dresse pas de règles à suivre pour orienter la conduite humaine. «Il appelle à transgresser les interdits –joyeusement. «Il n’y a pas de révolte politique, de rancoeur, de vengeance envers les institutions ou d’attaque envers les hommes. On essaie de se passer des institutions: je n’ai pas de compte en banque, de carte de crédit, je ne vote pas, et je ne paie pas mes impôts. André Moreau n’existe pas.» En effet, c’est son éditeur, qu’il a aussi nommé son agent et son cessionnaire qui s’occupe de tout. «C’est lui qui a les problèmes, moi je n’ai que des projets» dit Moreau.</p>
<p>André Moreau dit qu’il n’avait pas le désir de créer une communauté. «Ça s’est fait tout seul» explique-t-il en donnant l’exemple de Nicolas Lehoux qui est venu vers lui et qui dirige à présent le mouvement. «Je le bénis et, moi, je m’en vais jouer.» Le jovialisme apparaît comme un art de vivre. Toutefois, Moreau affirme qu’il ne croit pas que sa façon de vivre peut fonctionner pour tout le monde. «Je ne m’intéresse pas aux autres. Je ne dis pas aux gens comment ils devraient vivre. Je leur dis: vous cherchez une solution, regardez comment je vis»</p>
<p>Moreau explique qu’il est possible de vivre en se passant du système qui passe par le travail, l’argent et les banques, et prendre le chemin de ce qu’il appelle «l’abondance de l’infini». «Tu ne travailles pas, tu vis dans la facilité et tu ne manques jamais de rien. Si tu n’es pas intelligent, tu n’y arriveras pas. L’intelligence est une clé pour le bonheur.»</p>
<p>Moreau ne nie pas devoir, comme tout le monde, payer son loyer, mais comment y parvient-il? «Je fais des conférences pour gagner ma vie. Je leur dis n’importe quoi, la majorité se jette par les fenêtres. Les gens se trouvent provoqués dans leurs convictions intimes parce que je suis un esprit libre et je leur enseigne à ne rien respecter sauf eux-mêmes.»</p>
<p>Mais n’est-ce pas notre société qui lui permet de vivre ainsi? Il affirme que non, que la société québécoise actuelle ne lui permet pas de vivre ainsi, pas plus que la société russe soviétique ou la présente société chinoise ne le feraient. «Lorsque vous vivez ainsi, c’est par une décision de votre part, et non parce que les autres vous en ont donné la permission. Je pourrais vivre ainsi sur la lune. Je suis organisé. Organisez vous sinon vous aller vous faire organiser!» </p>
<h4>Et l’amour alors?</h4>
<p>L’amour et les femmes, prennent beaucoup d’importance dans les écrits et pensées d’André Moreau. «Elle ouvre la voie du plaisir.» Moreau prône la polygamie. Il vit avec Jackie et leur chien Caprice là ou il a accueilli <em>Le Délit</em>. Il vit aussi avec deux autres compagnes, Andrée et Louise Éva qui, elles, se partagent Jean-Marie. Jackie, de son côté a Lucas, un marquis italien ruiné. Tout ceci semble très romanesque, mais le philosophe demeure très sérieux en détaillant tout cela. «Nous vivons dans une tribu métaphysique inspirée.» Il rappelle que le jovialisme pousse à transgresser les interdits. L’interdit ici est «tu ne prendras pas la femme de ton voisin». «Mais si le voisin vous dit prends ma femme, je t’aime beaucoup, on vient de transgresser un interdit. Joyeusement. Je joue avec les lois.»</p>
<p>Il y a alors une émancipation sexuelle de la femme? Non, dit Moreau. «La femme a fait une révolution, mais sa situation est pire qu’autrefois. Elle a encore des enfants, son appartement et en plus elle travaille. Elle vit dans une grande servitude. Avant, elle avait beaucoup de temps à elle.» Mais ce n’est pas qu’elle, tous sont des esclaves. «Nous évoluons vers une société à numéro, dirigée par des ordinateurs et on nous traite comme des machines. Et lorsqu’on a été des esclaves, on a peur de la liberté.»</p>
<p>Moreau défini ses relations amoureuses comme un «<em>partneurship</em> amoureux ouvert poly-érotique avec option privilégié et intensité variable, c’est précis mais ça fonctionne comme un moteur de rolls royce». Il dit que sa façon de vivre choque, car de nos jours la communication entre homme et femme est difficile. «Je me fais plaisir alors qu’ils sont incapables de se faire plaisir.»</p>
<p>Enfin, André Moreau ajoute qu’il faut que le nombre soit impair en toutes choses. «Tout ce qui est pair finit par la guerre. Ce qui est impair appelle l’harmonie. Thèse, antithèse, synthèse.» Mais la tribu ne forme-t-elle pas un chiffre pair avec Moreau? «Je ne me compte pas là, André Moreau n’existe pas. Ne l’oubliez pas, ce n’est pas un jeu de mots.»</p>
<h4>Le jovialisme aujourd’hui</h4>
<p>Le mouvement jovialiste parle d’un changement. «Je vois un changement radical en 2012. Une nouvelle race d’enfant. Jovialistes. Différents par leur essence. Ils sont axés vers le futur. Ils ont des pouvoir de guérison, psychique» dit Nicolas Lehoux. Cette nouvelle génération, ils l’appellent les enfants indigos ou arc-enciel ou cristal. C’est une génération née à l’ère de la communication. «C’est la première fois que c’est les jeunes qui savent tout» avec Google par exemple.</p>
<p>Quelle est cette ère nouvelle? Moreau explique qu’il y a d’abord eu l’ère du père, avec des figures patriarcales telles Jupiter et Yahvé. Puis, il y eut l’ère du fils avec Jésus. La troisième ère serait celle de l’esprit et des femmes. «Judaïsme, christianisme, jovialisme» dit-il.</p>
<p>«Nous ne naissons pas de nos parents. Nous naissons à nos parents. Nous ne venons pas du passé. C’est ce que nous avons à être qui nous met au monde. Il faut tenir compte des futurs qui s’organisent devant nous et qui nous poussent et nous attirent en avant. Le pare-brise est très grand et vous aide à voir en avant. Le rétroviseur est tout petit. Nous ne devrions pas accorder au passé une importance plus grande que celle que le rétroviseur nous permet d’avoir sur la route.»</p>
<p>Le mouvement est même sur Facebook. Il compte 200 membres sur le groupe. Est-ce bien officiel? «Je ne sais pas si c’est officiel, mais ils démontrent un intérêt et je leur envoie des courriels» dit Nicolas.</p>
<p>Les capsules jovialistes sur Youtube se terminent sur l’exclamation: «M’a-t-on compris!» Le comprend-t-on vraiment? Il raconte que l’archevêque de Montréal lui avait demandé de le faire rire. Moreau lui aurait dit: «Écoutez, il y a beaucoup de chrétiens et pas assez de christ». «Beaucoup de gens ont ri parce qu’ils ne comprennent pas mes mots.»</p>
<p>«Je suis un homme qui essaie de se faire oublier.» Il cite Ulysse: «L’immortalité, c’est quand tu oublies les hommes, et que les hommes t’oublient. C’est là que je me situe.»</p>
<p>Pourtant, à la manière des philosophes antiques qui recevaient leurs disciples dans leur jardin, André Moreau organise des rencontres les mardis dans son salon.</p>
<p>Pourquoi le mouvement jovialiste réussit-il à fédérer? Les pensées métaphysiques sont-elles bien fondées? Donnentelles au jovialisme une légitimité supérieure à celle d’un quelconque mouvement, à celle d’un site de rencontre en ligne? À vous de juger.</p>
<p><a href="http://www.civilcad.ca/jovial.htm ">www.civilcad.ca/jovial.htm </a></p>
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		<title>Ah! comme la neige a neigé!</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/01/12/ah-comme-la-neige-a-neige/</link>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 00:22:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Plamondon</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Pourquoi diable sommes-nous surpris à chaque année par la première tempête? Pourquoi chiââââââle-t-on constamment sur les conditions climatiques québécoises? La Floride est-elle encore notre Eldorado collectif? Et que faire pour combattre ce froid?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ces vers d’Émile Nelligan nous reviennent souvent à l’esprit à chaque bordée de neige: «Ah! comme la neige a neigé, ma vitre est un jardin de givre! Ah! comme la neige a neigé! Qu’estce que le spasme de vivre? Ah! La douleur que j’ai, que j’ai!». Cette célèbre strophe évoque plutôt bien l’état d’âme de nombreux Québécois vis-à-vis de notre hiver. Alors que plusieurs y voient une occasion de sortir leurs skis et leurs patins, beaucoup maudiront les excès de Dame Nature. Ils se plaindront de la mauvaise qualité de déneigement de la ville de Montréal qui cause l’enlisement de voitures, ils regretteront le verglas qui crée maints accidents sans le moindre avertissement, les températures extrêmes qui ralentissent leurs déplacements. Alors, notre relation avec l’hiver québécois, c’est de l’amour ou de la haine? Court arrêt sur la psyché québécoise et sa relation avec l’hiver.</p>
<h4>Chiâleurs, ces Québécois!</h4>
<p>Il faut tout de même avouer que les Québécois ont une réputation mondiale d’experts en «chialâge» collectif. En été, le mercure est toujours soit trop haut, soit trop bas. Quand il pleut trop, comme l’été dernier, ce sont les vacanciers qui se plaignent, alors que quand le temps est sec, c’est le tour des agriculteurs. La saison froide n’échappe pas non plus aux critiques des Québécois. Si les amateurs de sports d’hiver tels que les skieurs et les raquetteurs accueillent à bras ouverts l’annonce d’une accumulation de trente centimètres de neige, les automobilistes, au contraire, ragent, prennent leur mal en patience et leurs balais à la main.</p>
<p>Mais qu’y a-t-il de si mauvais avec le froid? Au fond, pour se garder au chaud, il suffit de porter plus de couches de vêtements, bref, de s’habiller en oignon! En été, pendant les canicules, une fois nu, on ne peut plus rien enlever! Simple logique. Le meilleur moyen d’apprécier l’hiver est donc de s’équiper d’une façon appropriée: chandails de laine, foulard, mitaines, chapeau, bottes et, sa popularité vous le garantira, la meilleure façon d’affronter les rudesses de l’hiver est le manteau en duvet d’oie Canada Goose, encore faut-il qu’il soit attaché!</p>
<h4>Les nouveaux arrivés</h4>
<p>«Ce qu’on m’a raconté lorsque j’étais en France était horrible! Qu’il faisait -40 tous les jours, qu’on ne voyait le soleil que quelques heures par jour! J’étais bien contente de voir que ce n’était que des exagérations!» raconte Alice Jennings, étudiante française en première année. Ainsi, il ne faut pas se fier aux rumeurs. La féérie et la magie qu’apporte l’arrivée de la neige aux étudiants qui vivent l’hiver pour la première fois est une expérience inoubliable. «C’était si beau! Et froid!», témoigne Sasha D’lima, étudiante d’origine indienne. La plupart s’entendent pour dire que la première bordée est magnifique. Mais avec le temps, plusieurs changent d’opinion. «La première journée, j’adorais la neige. Maintenant, je la déteste!», explique Zohaib Wahid, étudiant du Pakistan. Guanyi Ho, originaire de Singapour, raconte qu’avant d’arriver au Canada, sa famille et ses amis lui disaient que l’hiver était terrible, très froid, bref, plus un désagrément qu’autre chose. Il avait toutefois vu plusieurs photos et vidéos de l’hiver canadien dans les médias, et s’attendait à une expérience merveilleuse. Qu’en pense-t-il à présent, la première tempête étant passée? Il adore. «J’avais vu la neige pour la première fois à l’âge de douze ans. Neuf ans plus tard, j’ai toujours hâte que tombe de la neige fraîche. J’ai surtout hâte de voir ce que ça donne à l’extérieur de la ville.» </p>
<h4>Le stéréotype de la Floride</h4>
<p>Plusieurs Québécois, pris au désespoir et près de la dépression, ne voient qu’une solution au long hiver québécois: se ressourcer dans le sud! Ces centaines de retraités quittent ainsi la belle province au profit de la Floride, et souvent les membres de leur famille les rejoignent pendant la semaine de relâche.</p>
<p>La Floride est ainsi entrée dans l’imaginaire québécois comme un bout de chaleur et d’espoir au milieu d’un long hiver rigoureux. Cependant, avec le temps, elle a pris une connotation péjorative puisque les plus nantis préfèrent l’Amérique centrale ou bien les îles des Caraïbes, la Floride étant réservée aux Québécois «quétaines». Pensons à Elvis Gratton… Cette perception a d’ailleurs été accrue par la sortie en 1993 du film La Florida, qui rappelle la lente américanisation du peuple québécois. Cette satire de George Mihalka raconte l’histoire d’une famille montréalaise tannée de la brutalité de l’hiver qui décide d’acheter un motel délabré de Hollywood Beach et d’en faire un objet d’ambition grandiose et irrationnelle. Cependant, leur rêve américain sous le soleil de la Floride fini par échouer lamentablement.</p>
<p>Alors comment survivre à l’hiver québécois? Bien s’habiller et bien se tenir occupé! On ne cessera de maudir notre existence dans ce pays de neige si nous n’acceptons pas la réalité climatique. Comme l&#8217;explique Bernard Arcand dans son essai Abolissons l&#8217;hiver, «il est assez inquiétant de songer au sort d’un peuple qui chante: “Mon pays, c’est l’hiver” et qui, du même souffle, ajoute que cet hiver est détestable.»<br />
<br/><br/></p>
<p class="boiteg">Afin de mieux apprécier cette saison mal-aimée <em>Le Délit</em> vous suggère cinq choses à faire cet hiver pour apprivoiser le froid québécois:<br/><br />
<strong>Danser</strong> au rythme de différents DJs les jeudis, vendredis et samedis du mois de janvier organisés par <strong>Igloofest </strong>au quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal. <a href="http://www.igloofest.ca">www.igloofest.ca</a><br/><br />
<strong>Skier</strong> sur différentes montagnes du Québec et du Vermont avec <strong>Express-Ski</strong>, un service d’autobus amical qui ne coûte qu’un peu plus que le billet de remonte-pente. <a href="http://www.express-ski.com">www.express-ski.com</a><br/><br />
<strong>Visiter</strong> la capitale et monter sur le taureau mécanique en plein hiver pendant le <strong>Carnaval de Québec</strong> du 29 janvier au 14 février. <a href="http://www.carnaval.qc.ca/2010/fr">www.carnaval.qc.ca/2010/fr</a><br/><br />
<strong>Optimiser</strong> les plus longues nuits de l’année avec les différents spectacles du <strong>Festival Montréal en Lumière</strong>, du 18 au 28 février. <a href="http://www.montrealenlumiere.com">www.montrealenlumiere.com</a><br/><br />
Ou, plus simplement, aller à la <strong>Patinoire du Bassin Bonsecours</strong>, faire une excursion jusqu’au haut du <strong>Mont-Royal</strong> pour contempler la ville enneigée, se réchauffer au chalet de la montagne et lire <em>Vivre l’hiver au Québec</em> de <strong>Normand Cazelais</strong> et terminer la journée avec un bon chocolat chaud de <strong>Juliette et Chocolat</strong> ou de <strong>Suite 88 Chocolatier</strong> sur St-Denis ou tout autre artisan de chocolat de la métropole.</p>
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		</item>
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		<title>Quelle place pour le français à McGill</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2009/11/30/quelle-place-pour-le-francais-a-mcgill/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 14:30:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Forest</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[A plea for reconciliation of the two solitudes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le problème de la faible proportion de francophones n’est pas nouveau à McGill. Certains y voient la logique expression de la nature de notre université, de son histoire… pas nous! À notre sens, compte tenu de la situation géographique de McGill dans notre province d’irréductibles francophones de l’Amérique du Nord, il est impensable qu’aussi peu d’efforts soient mis en oeuvre l’avant afin de favoriser le bilinguisme de manière concrète dans la vie étudiante. À notre avis, la situation actuelle doit changer! Mais n’ayez crainte, nous ne nous contentons pas de nous plaindre: des solutions pouvant réconcilier les deux solitudes sont à portée de main…</p>
<h4>Une seule langue… ça embrasse mal !</h4>
<p>L’histoire de l’Université McGill est intimement liée à la communauté anglophone de Montréal. Venu faire fortune dans le commerce des fourrures suite à la Conquête, plusieurs britanniques et loyalistes ont eu l’opportunité de prospérer au Québec. James McGill, l’un de ces commerçants, a décidé de laisser sa fortune en héritage pour la création d’une université.</p>
<p>L’effervescence intellectuelle de l’Université McGill au cours de son histoire a mené à plusieurs découvertes et contributions majeures sur le plan académique, ce qui a participé au développement d’une réputation d’excellence qui se maintient toujours aujourd’hui.</p>
<p>L’Université McGill est donc un des établissements scolaires les plus prestigieux en Amérique du Nord, et probablement l’établissement québécois le plus reconnu à l’étranger. Ainsi, McGill, emblème du Québec dans le monde, est un établissement unilingue anglophone. A l’exception de la faculté de droit et bien sûr du département de langue et littérature françaises, l’université québécoise la plus reconnue n’offre pas à ses étudiants la possibilité d’étudier en français.</p>
<p>Le français devrait-il être offert dans tous les programmes?</p>
<p>Il faut rappeler que le français est la seule langue officielle du Québec. Malgré cela, seulement 17.5% des étudiants de McGill ont le français pour langue maternelle, un pourcentage qui a été en baisse constante au cours des dix dernières années. On peut sans doute prétendre qu’une plus grande place faite au français rapprocherait McGill des Québécois francophones, mais il s’agit de savoir jusqu’où aller pour ne pas toucher les éléments qui sont essentiels à la prestigieuse réputation de McGill.</p>
<h4>Qui a de meilleures performances ?</h4>
<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/bilingualismSASHA.png"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/bilingualismSASHA-300x168.png" alt="bilingualismSASHA" title="bilingualismSASHA" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-2079" /></a> Le bilinguisme en milieu universitaire n’est pas une voie inconnue. La plus célèbre institution bilingue est l’Université d’Ottawa, qui s’est auto-proclamée «l’Université canadienne». Tous les programmes de cette université sont offerts dans les deux langues. De par une loi provinciale, l’Université d’Ottawa s’engage à «favoriser le développement du bilinguisme et du biculturalisme» et à «préserver et développer la culture française en Ontario». Tous les étudiants peuvent ainsi compléter leur programme dans la langue de leur choix et le bilinguisme est la norme dans toutes les communications et tous les services offerts par l’université. La dualité linguistique est même encouragée par des programmes d’immersion française au premier cycle et des exigences linguistiques aux cycles supérieures. Une commission permanente des affaires francophones et des langues officielles, élue par le Sénat de l’université, veille au respect de la mission de bilinguisme de l’université. Malgré un recul continu du pourcentage d’étudiants francophones dans l’université, celle-ci entretient tout de même un équilibre qui permet aux deux communautés linguistiques de fréquenter une institution dans laquelle un anglophone se sent aussi à l’aise qu’un francophone.</p>
<p>L’Université d’Ottawa, un idéal inapplicable au Québec et à McGill, êtes-vous tentés de répondre? Pourtant McGill a un joyau de bilinguisme au pied de la montagne: sa propre faculté de droit! En effet, la faculté possède une politique de bilinguisme passif: chaque étudiant se doit de pouvoir comprendre le français s’il est de langue maternelle anglaise et vice-versa. Dès la première année, tous les cours sont offerts dans les deux langues et le choix revient à l’étudiant. Par la suite, certains cours restent offerts dans les deux langues, mais la majorité est proposée dans une langue ou dans l’autre exclusivement. Concrètement, cette politique fait en sorte que l’étudiant peut en tout temps poser des questions, écrire ses travaux et rédiger ses examens en français ou en anglais et ce, peu importe la langue d’enseignement du cours. Le professeur lui répondra dans la langue du cours et les questions des examens seront, elles aussi, dans cette même langue. Qui a dit que les deux solitudes linguistiques étaient vouées à un dialogue de sourds?</p>
<p>Quels sont les effets d’une telle politique sur le corps étudiant? On peut tout de suite confirmer que les résultats sont très positifs! En effet, chaque année, dans le prestigieux palmarès du magazine <em>MacLean’s</em>, la faculté de droit de l’Université McGill et le Osgoode Hall, faculté de droit de l’Université York à Toronto (unilingue anglophone, évidemment), s’échangent le premier rang des facultés de droit à travers le pays. Mais il y a plus que les résultats. Plusieurs étudiants sont charmés par cette opportunité de prendre un ou deux cours dans leur langue seconde, tout en gardant cette possibilité d’écrire ses examens et de poser des questions dans leur langue maternelle. Cela permet une immersion progressive où l’étudiant est le seul maître de cette progression. La liberté de choix reste totale, un étudiant pouvant réussir à boucler son cursus sans avoir suivi un seul cours en français. Il s’agit, en fin de compte, du meilleur des deux mondes! Deux langues pour une expérience… enrichissante ! L’université bilingue est un carrefour où se rencontrent deux communautés linguistiques, qui à défaut resteraient isolées. Les quatre universités montréalaises reflètent cette division, chaque communauté linguistique ayant deux universités. Y aurait-il de la place pour une université bilingue à Montréal? Il nous semble qu’à tous points de vue, l’université qui serait la première université bilingue du Québec aurait un avantage significatif sur les autres. Elle serait celle où les deux communautés québécoises (et même trois avec les allophones) se rencontreraient. De ce mélange des cultures, basé sur un principe d’égalité, naîtrait une dynamique unique à McGill. On pourrait donc croire qu’une plus grande place faite au français pourrait permettre à McGill de se positionner avantageusement comme le carrefour des communautés du Québec et du Canada.</p>
<p>Ces deux exemples où se côtoient français et anglais portent à croire qu’il faut augmenter la présence des francophones à l’Université McGill afin qu’elle soit ce lieu de rencontre pour deux communautés linguistiques vivant dans des systèmes parallèles. Augmenter le nombre de cours en français serait le premier signe à envoyer à la communauté francophone qu’elle est la bienvenue à McGill. Si la majorité des cours de première année, dans tous les programmes, pouvaient être offerts en français, on permettrait aux étudiants francophones de faire la transition entre le cégep francophone et l’Université McGill. De plus, si le tiers des professeurs pouvaient comprendre le français et que l’on indiquait au moment des choix de cours qu’un étudiant francophone pourrait leur poser des questions dans sa langue, on rassurerait encore davantage les étudiants qui osent sortir du confort du système francophone pour tenter l’expérience McGill. A long terme, il serait intéressant de voir McGill se démarquer comme étant le point de rencontre des différentes communautés linguistiques du Québec.<br />
<br/></p>
<p class="boiteg">Alexandre Forest est commissaire francophone et Julien Adant est membre de la Commission des affaires francophones (CAF). Écrivez leur à caf[à]ssmu[point]mcgill[point]ca dans la langue de votre choix. </p>
<p>Aussi disponible <a href="http://mcgilldaily.com/articles/23418">en anglais</a></p>
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		<title>Une université qui roule</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 14:30:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Doré</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[L’espace]]></category>

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		<description><![CDATA[Abordable et écologique, le vélo n’est pas qu’un sport, c’est aussi un moyen de transport de plus en plus populaire, mais McGill est-elle l’université rêvée pour les vélos?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>S’il est question de parler de l’université rêvée, il semble bien que la question du financement et de l’accès à une éducation de niveau supérieur est primordiale. Par contre, je décide aujourd’hui d’éviter de vous présenter ma vision utopiste de l’université et de diriger ma discussion vers un autre enjeu actuel de notre société qui touche aussi nos campus: l’environnement.</p>
<p>Si la ville de Montréal a de quoi être fière de l’installation des vélos BIXI, pour les étudiants, aller à l’école à vélo n’est toujours pas la solution de transport la plus simple. En fait, l’idée des BIXI est fantastique, mais peu réaliste comme moyen de transport efficace: il faut trouver un vélo à la station de départ et un espace libre à l’arrivée, ce qui n’est pas garanti. Pour éviter ces contraintes, mieux vaut acheter un vieux vélo et l’enchainer à tout ce qui peut nous tomber sous la main; clôture, panneau de signalisation, arbre et avec beaucoup de chance, un bon vieux <em>rack</em> à vélo –bien trop rare sur le campus à mon avis. Je vous propose donc un petit voyage au Japon afin de chercher une solution possible.</p>
<p>Le 16 juillet 2008, je suis à Sapporo et la famille qui m’héberge me laisse utiliser un vélo pour me rendre jusqu’au métro, qui se trouve tout de même à un kilomètre de la maison. Sur mon vélo, le trajet se fait rapidement et arrivé à la station de métro, je suis sous le choc: il y a ce que j’appellerais un… stationnement incitatif… pour vélo. J’avais déjà vu un grand nombre de vélos près d’une gare à Tokyo, mais là, j’étais vraiment stupéfait. Je laisse donc mon vélo dans ce stationnement, en prenant soin de bien le verrouiller… à la japonaise: il suffit de tirer un levier pour lever la selle et barrer la roue arrière; aucun besoin d’enchainer son vélo à une structure bien ancrée au sol.</p>
<p>Je prends le métro pour aller à l’Université de Hokkaidô et arrivé là-bas, je réalise que là aussi les vélos sont omniprésents. Près de la porte de chaque bâtiment, il y a des vélos, et de nombreux espaces de stationnement sont aménagés. La preuve que les vélos sont populaires, il m’arrive de croiser une longue file de vélos alignés les uns à côté des autres, le long de la rue.</p>
<p>Bien que j’ai souvent vu des sportifs à vélo à Montréal depuis que j’y habite, il ne m’a jamais semblé que le vélo était un moyen de transport très commun dans la métropole. S’il faut féliciter Montréal pour les BIXI et pour la création de pistes cyclables dans la ville, cette dernière ne semble pas avoir songé à installer des espaces de stationnement raisonnables pour les vélos près des stations de métro. Les universités non plus ne semblent pas avoir compris: pour que les étudiants utilisent un vélo, il faut leur donner des outils pour faciliter son utilisation. Au Japon, certaines compagnies vont plus loin et proposent des primes pour les utilisateurs de vélo, et des centres proposant des espaces de stationnement, des vestiaires et des douches pour les cyclistes ouvrent leurs portes.</p>
<p>Il y a encore beaucoup à faire ici, mais installer des <em>racks</em> à vélo en grand nombre sur le campus est une action simple qui permettrait de faire un pas vers l’université rêvée, une université qui prône un mode de transport sain pour le corps et pour l’environnement.<br />
<br/></p>
<p class="boiteg">Partagez avec nous vos stationnements favoris à Montréal et sur le campus. Si vous avez des photos, evoyez les à <em>web [à] delitfrancais [point] com</em> et elles seront ajoutée à la galerie d&#8217;images.</p>

<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/30/une-universite-qui-roule/bicyclette/' title='bicyclette'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/bicyclette-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="À l’Université de Hokkaidô, le vélo est roi et les stationnements ne manquent pas. Photo Guillaume Doré" title="bicyclette" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/30/une-universite-qui-roule/mcgill/' title='mcgill'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/mcgill-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Quelques places pour les vélos entre le Bronfman Building et le Bookstore. Google Street" title="mcgill" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/30/une-universite-qui-roule/metro-sapporo-2/' title='metro-sapporo'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/metro-sapporo1-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Stationnement près d&#039;une station de métro à Sapporo. Google Street" title="metro-sapporo" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/30/une-universite-qui-roule/mont-royal/' title='mont-royal'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/mont-royal-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="La station Mont-Royal est l&#039;une des quelques stations qui possède un bon nombre d&#039;espace pour les vélo. Google Street." title="mont-royal" /></a>

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		<title>Premier coup de cloche</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 15:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédéric Faddoul</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[À la recherche des cents clochers
Un dossier sur les lieux de culte à ne pas manquer à l’hiver 2010!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/24/premier-coup-de-cloche/s-notre-dame-de-bon-secours_ext/' title='S-Notre-Dame-de-Bon-Secours_ext'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Notre-Dame-de-Bon-Secours_ext-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours" title="S-Notre-Dame-de-Bon-Secours_ext" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/24/premier-coup-de-cloche/s-notre-dame-de-bon-secours_int/' title='S-Notre-Dame-de-Bon-Secours_int'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Notre-Dame-de-Bon-Secours_int-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours" title="S-Notre-Dame-de-Bon-Secours_int" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/24/premier-coup-de-cloche/s-ndame-de-bon-secours-plafond/' title='S-NDame-de-Bon-Secours-plafond'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-NDame-de-Bon-Secours-plafond-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours" title="S-NDame-de-Bon-Secours-plafond" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/24/premier-coup-de-cloche/s-saint-john_ext/' title='S-Saint-John_ext'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Saint-John_ext-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Église Saint-John The Evangelist" title="S-Saint-John_ext" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/24/premier-coup-de-cloche/s-saint-john_int/' title='S-Saint-John_int'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Saint-John_int-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Église Saint-John The Evangelist" title="S-Saint-John_int" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2009/11/24/premier-coup-de-cloche/s-saint-andrew-saint-paul/' title='S-Saint-Andrew-Saint-Paul'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Saint-Andrew-Saint-Paul-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Église Saint-Andrew &amp; Saint-Paul" title="S-Saint-Andrew-Saint-Paul" /></a>

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		<title>La grande séduction</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 15:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Éléna Choquette</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Montréal est-elle trop densément peuplée? Certainement pas autant que nos régions sont vides. En réaction à l’exode rural auquel assiste le Québec, plusieurs acteurs clés opèrent à contre-tendance. Il reste encore beaucoup de Montréalais à convaincre de plier bagages pour ne les déplier qu’une fois hors de la métropole.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année, autant d’immigrants qu’il y a d’habitants dans la ville de Val-d’Or s’ajoutent à la population québécoise. De ce nombre, une proportion grandissante s’installe hors de la grande région de Montréal; dans celle de la Capitale- Nationale mais aussi dans les autres régions du Québec. Si c’est le cas, pourtant, ce n’est pas le fruit du laissez-faire. Plusieurs y travaillent avec ardeur, à coup de subventions et de brochures, pour parvenir à contrebalancer la force des pôles d’attraction que représentent les centres urbains. «On travaille à contre-tendance», indique Claude Fradette, directeur des affaires publiques et des communications du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec (MICC), «mais c’est nécessaire».</p>
<h2>L’attraction inhérente des agglomérations</h2>
<p>«On est conscient du fait que les plus grandes villes sont les mieux connues, et c’est une des raisons pour lesquelles les immigrants s’y installent davantage», commente M. Fradette. Ce n’est pas un phénomène propre au Québec pour autant. Le mouvement vers les centres urbains est une tendance mondiale, notamment parce qu’on croit trouver plus facilement du travail dans les villes. Les nouveaux arrivants croient également y trouver plus de gens qui y soient passés avant, qui leur ressemblent et qui pourront les aider.</p>
<p>Mme Spomenka Adzic, citoyenne de la municipalité de Piopolis, dans la région des Cantons-de-l’Est, en sait quelque chose. Elle a étudié et vécu en Serbie, où elle a notamment lu sur la géographie et l’histoire du Québec. De façon générale, pourtant, elle connaissait «Montréal parce qu’on y avait tenu les Jeux Olympiques, et la ville de Québec de par son caractère historique». Outre ces deux centres urbains, presque rien; et cette situation est un problème, selon le MICC. Il faudra mieux faire connaître les régions pour notamment mieux les (re)peupler.</p>
<p>Ce n’est généralement pas un problème pour Montréal de recevoir beaucoup d’immigrants. Le problème réside plutôt dans le fait qu’un Montréal accueillant un nombre trop grand de nouveaux Québécois créerait «deux Québec» selon M. Fradette. D’un côté, le Québec de Montréal, cosmopolite et multiculturel, et de l’autre, le Québec des régions, homogène et vieillissant. «Et cette dualité est hautement indésirable»; c’est pourquoi il y a urgence de dynamiser nos régions.</p>
<h2>Petites et moyennes séductions</h2>
<p>Comment fait-on, donc, pour inciter les immigrants à habiter les régions, sans les contraindre à le faire? Quoique ce ne soit pas une mince affaire, il s’avère néanmoins nécessaire, d’abord et avant tout, de les faire connaître. Selon le MICC, «il faut s’adresser aux immigrants potentiels, et ce, alors qu’ils sont encore à l’étranger.» D’ailleurs, on leur offre présentement la possibilité d’entrer en communication avec des habitants des régions québécoises et d’échanger avec eux sur une foule de sujets. «On cherche à les intéresser», commente le porte-parole du MICC.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1804" title="S-immigrant" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-immigrant.png" alt="S-immigrant" width="150" height="183" /> En 1996, Mme Adzic faisait partie de ces citoyens potentiels. Considérant les besoins et intérêts de sa famille, on lui avait suggéré de s’établir dans la ville de Sherbrooke au moment où elle s’était adressée à l’ambassade du Canada à Belgrade. «Ma famille et moi ne connaissions pas cette ville au départ, on a même dû prendre une carte pour la repérer.» On l’avait informé qu’il s’agissait d’une ville universitaire, et qu’il y avait des parcs. «Ça a suffit pour nous enthousiasmer.»</p>
<p>Il s’agit également pour le MICC de poursuivre la promotion des régions auprès des immigrants une fois qu’ils sont installés au Québec, surtout lorsqu’ils choisissent de s’établir à Montréal. M. Fradette souligne qu’un petit pourcentage d’entre eux font un «deuxième saut» et déménagent en région après leur arrivée dans la grande ville. C’est pourquoi sont organisées toutes les semaines, à la Grande Bibliothèque, des séances d’information sur les différentes régions du Québec en collaboration avec les services Immigration-Québec des régions concernées. Dans ces rencontres d’information ou ailleurs, les Québécois fraîchement arrivés ont la possibilité de consulter des offres d’emploi, ce qui constitue un des incitatifs les plus forts pour le déménagement en région. Ça a d’ailleurs été le cas pour Mme Adzic. «Dès qu’on a vu une offre d’emploi s’afficher pour Bestar, une entreprise installée à Lac-Mégantic dans les Cantons-de-l’est, on a voulu y déménager.» Et finalement, la région a plu à la famille. «Je préférais le calme par dessus tout, et c’est pourquoi j’ai aimé Lac-Mégantic dès que j’y ai mis les pieds. Les gens s’y promènent tranquillement et se saluent.»</p>
<p>Tous les immigrants ne se persuadent pas aussi facilement de déménager hors des grands centres pour y rester. Dans cette optique, il faut aussi miser sur autre chose que l’emploi. Il est nécessaire d’amener les municipalités à préparer l’arrivée des immigrants pour qu’elles constituent un milieu propice à l’établissement permanent de nouveaux citoyens pas nécessairement francophones. M. Fradette explique que traditionnellement, le Ministère adoptait des mesures uniformes d’une région à l’autre et celles-ci avaient conséquemment «l’impression de recevoir des immigrants de la part de la ville de Montréal». Maintenant, le ministère signe plutôt des ententes initiées et élaborées avec ces mêmes municipalités: elles rendent notamment compte du nombre d’immigrants qu’elles peuvent accueillir chaque année, jusqu’au nombre de places qu’elles offriront dans leurs écoles. «De cette façon, les régions se responsabilisent par rapport à l’accueil et l’intégration des nouveaux Québécois. Ça fonctionne beaucoup mieux.» Selon lui, les villes ont une meilleure rétention.</p>
<p>En tout, ce sont vingt-deux de ces ententes qui ont été signées entre le Ministère et les municipalités ou les Conférences régionales des élus (regroupements de quelques municipalités trop petites pour conclure indépendamment des ententes).</p>
<p>Ces nouvelles mesures ont permis une progression du pourcentage de nouveaux immigrants qui s’installent hors de la région métropolitaine, comprenant non seulement la ville de Montréal, mais celle de Longueuil et de Laval. S’il y a eu une nette progression entre les années 2001 et 2006, le taux s’élève maintenant à 18,5%, et connaîtra une augmentation faible mais constante dans un avenir proche, assure le MICC.</p>
<p>La communauté immigrante n’est pas la seule clientèle potentielle pour les régions québécoises qui connaissent trop bien ce qu’est l’exode rural. On mise aussi sur l’ensemble des Québécois, qu’ils soient étudiants, diplômés, ou professionnels.</p>
<h2>Les études exo-montréalaises</h2>
<p>Pour contrer la force d’attraction qu’exercent les grandes villes universitaires sur les étudiants, le Québec met sur pied l’Université du Québec (UQ) en 1968, à la suite des recommandations du rapport Parent sur la démocratisation de l’éducation. Depuis sa création, le réseau UQ s’emploie notamment à «retenir la jeunesse dans les régions et [à] l’empêcher de s’exiler dans les grandes villes d’où elle ne revenait pas», indique le Dr. André Lemieux, professeur en organisation scolaire à l’UQAM. En effet, le «développement des régions» demeure encore aujourd’hui l’un des trois volets de sa raison d’être.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1803" title="S-etudiant" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-etudiant.png" alt="S-etudiant" width="150" height="251" /> L’UQ compte maintenant neuf établissements, dont huit hors de la région de Montréal et veut «attirer et retenir des masses critiques de chercheurs, de professeurs et d’étudiants dans des domaines diversifiés correspondant [aux meilleurs atouts des régions québécoises]», comme le dicte sa mission constitutionnelle.</p>
<p>Dans le but de remplir cette mission pas si évidente, le réseau universitaire a d’abord pris corps avec les Universités de Chicoutimi et de Trois-Rivières en septembre 1969, suivi par Rimouski quatre années plus tard.</p>
<p>L’Université du Québec à Chicoutimi, au Saguenay, exploite ses atouts régionaux par l’entremise de ses ressources naturelles, l’aluminium et la production d’hydroélectricité. Si son centre de recherche est articulé autour de ces ressources, c’est aussi dû à la présence d’Alcan dans la région, un géant de l’industrie de l’aluminium au Québec qui a, à Chicoutimi, plusieurs de ses installations énergivores.</p>
<p>L’Université du Québec à Rimouski est connue «pour ses travaux de recherche sur l’océanographie et ses composantes parce qu’elle est situé près du fleuve», indique M. Lemieux. C’est ainsi que les sciences de la mer participent au développement régional.</p>
<p>Les 65 000 kilomètres carrés du territoire boréal sur lequel est établie l’Université du Québec en Abitimi-Témiscamingue font partie des raisons qui expliquent le domaine de recherche de ses chercheurs: les mines et la foresterie. Pareillement, l’Université du Québec à Trois-Rivières mise sur ses avantages comparatifs que sont les arbres pour approfondir ses recherches notamment en matière de pâtes et papiers.</p>
<h2>Le bon exode rural</h2>
<p>Tout n’est pourtant pas rose avec le réseau UQ. Le jeune réseau qui navigue entre la centralisation et la décentralisation depuis sa création se fait pointer du doigt par sa plus grosse constituante, l’Université du Québec à Montréal. «L’UQAM, avec la moitié de ses programmes et la moitié de ses étudiants, subventionne les universités en région à 50%», souligne M. Lemieux. Les coûts élevés du maintien des installations des établissements hors de la région de Montréal sont en grande partie assumés par l’Université de la métropole et ses étudiants plus nombreux. Cette situation est injuste, d’après le professeur de l’UQAM, essentiellement parce que l’établissement pour lequel il enseigne n’a pas accès à la totalité du montant amassé par ses propres étudiants. Ce montant «est partagé avec les autres établissements du réseau, alors que ce devrait être assumé par toutes les universités du Québec, pas seulement l’UQ.»</p>
<p>C’est pourquoi il indique qu’avec la dernière grève de l’UQAM, en mars dernier, l’Université a tenté d’appliquer un principe analogue à celui de souveraineté-association pensé par René Lévesque pour le Québec au sein du Canada, mais cette fois pour l’UQAM au sein du réseau universitaire. Au lieu de faire partie intégrante d’une seule et même Université du Québec, l’UQAM souhaite plutôt une personnalité juridique et financière autonome.</p>
<h2>Une fois le diplôme en poche</h2>
<p>Non seulement faut-il offrir aux étudiants de la province d’entreprendre leurs études à l’extérieur de l’îlot montréalais, mais il importe d’autant plus de les informer sur la possibilité d’y utiliser les compétences que leurs diplômes leur confèrent. Et ce, pour une autre bonne raison: il existe un danger supplémentaire à l’exode rural. M. Benjamin Bussière, directeur général de Place aux Jeunes du Québec, pointe celui de l’étalement urbain et de ses conséquences désastreuses en termes écologiques. Les écologistes sont nombreux, en effet, à croire qu’une dilatation croissante des agglomérations conduit à une disparition des terres agricoles, une raréfaction de certaines espèces animales, une augmentation de la dépendance envers l’automobile et une augmentation des dépenses énergétiques en raison de la faible densité de la population de ces quartiers.</p>
<p>Comment devrait-on s’y prendre pour ramener les cerveaux à la maison? Selon M. Bussière, la solution passe irrémédiablement par la dynamisation des régions, et donc, par le retour des jeunes. Il ne s’agit pourtant pas pour lui de les empêcher de quitter, mais plutôt de «faciliter leur retour». Pour la moitié de ces jeunes qui s’établissent en région, il ne s’agit pas tellement d’un retour, précise- t-il, mais plutôt d’une migration; 50% d’entre eux n’y sont pas nés, et n’y ont pas grandi.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1805" title="S-professionnelle" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-professionnelle.png" alt="S-professionnelle" width="150" height="271" /> Pour arriver à convaincre la jeunesse du bien-fondé de l’exode urbain, il faudra d’abord procéder à l’embellissement de l’image des régions québécoises. Si l’on croit généralement que l’économie des régions repose sur les secteurs primaires, il en est tout autrement. «On trouve plusieurs entreprises de technologie avancée qui sont aussi loin que la Gaspésie. Les entreprises qui effectuent des troisièmes et quatrièmes transformations y sont monnaie courante,» rapporte M. Bussière. L’immobilier en région est également plus accessible, l’embauche y est plus facile, le trafic et le stress, quasi-absents et les perspectives familiales, meilleures. Voilà le message qu’il faudrait diffuser par l’entremise des journaux.</p>
<p>Bien entendu, «les petites municipalités ne pourront jamais offrir la même qualité de services en termes de transport en commun, ou de programmation culturelle, par exemple. Il faut se rendre à l’évidence. Pourtant, plus il y aura de jeunes, plus il y aura de projets et plus les régions seront dynamiques, créatrices. Bref, attirantes». C’est précisément cette logique qu’il importe de construire et de maintenir dans les régions québécoises, selon M. Bussière.</p>
<p>À défaut de discréditer les régions sur de mauvaises bases, il faut plutôt miser sur les avantages comparatifs des milieux ruraux, c’est à dire la qualité de vie propice à la famille, l’emploi abondant et le faible coût de la vie. C’est d’ailleurs ce qu’il entend donner comme mission à Place aux Jeunes du Québec. Effectivement, M. Bussière coordonne l’organisme québécois qui administre chaque année 17 millions de dollars provenant essentiellement des coffres du gouvernement du Québec dans le cadre de sa stratégie d’action jeunesse. Des quatre mandats de Place aux Jeunes, le plus ambitieux prévoit l’exploration de soixante-dix régions par quelques quinze jeunes diplômés pour leur permettre de développer un réseau de contact, de rencontrer des élus, etc. La formule est tellement bien structurée, souligne le directeur, que «les autres provinces canadiennes, la France et, tout récemment l’Espagne, s’inspirent du modèle proposé par le Québec.»</p>
<p>Le Service de planification de carrière de McGill (CaPS) offre le service d’inscription à ces séjours exploratoires. Quoique «peu d’étudiants mcgillois y participent », selon Janice Tester, conseillère en carrière au CaPS, cette possibilité est offerte aux étudiants année après année. Elle reconnaît pourtant que l’Université pourrait en faire plus. «Certains étudiants tiennent à faire carrière en région. Pour chacun de ces étudiants, en fait, il y a toujours une raison en lien avec la famille. Soit il veut y retourner parce que sa famille s’y trouve, soit il veut y aller parce qu’il a l’intention d’y en fonder une.»</p>
<p>Les régions sont présentement dépeintes, injustement, dans des couleurs quelque peu ternes. Elles gagneraient beaucoup à avoir une image enjolivée, ne serait-ce qu’à hauteur de ce qu’elles sont vraiment. Reste à espérer qu’elles sauront charmer ceux parmi nous, immigrants, étudiants et professionnels, qui ont tant apprendre du terroir.</p>
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		<title>Slow Food ou renaissance de la gastronomie artisanale</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 15:11:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amélie Lemieux</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[«Acheter, c’est voter»: c’est ce que bon nombre d’activistes répliquent lorsque vous leur demandez leur conception de la consommation alimentaire. Ils n’ont pas tort: se procurer des ananas scellés sous vide et bourrés d’agents de conservation entretient la logique complaisante des multinationales. C’est aussi s’alimenter d’une manière moins saine qu’on ne le fait avec des produits du Québec.
Fini les produits transformés. Faisons place à ce contre-courant qui rejette l’ubiquité du Fast Food. Cette semaine, <em>Le Délit</em> vous invite à passer à table. Au menu? Tomates de serre écologiques, oignons biologiques, jeunes pousses et graines germées, plateau de fromages de chez-nous. Un guide d’initiation pour l’étudiant pressé!
<em>Slow Food, Slow Lecture</em>: prenez le temps de bien lire cet article, avec un verre de jus de pommes brun à la main!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Les origines du Slow Food</h4>
<p>Le Slow Food voit le jour à Paris en 1989, lorsque Carlo Petrini, journaliste et critique gastronomique, mobilise des citoyens de quinze pays et leur fait signer le manifeste fondateur du mouvement. «Son propos visait la promotion de produits italiens typiques afin d’améliorer les conditions socioéconomiques des petits producteurs», explique David Szantos, fervent activiste de la cause et président d’Icebox Studios, une entreprise de communications dans le domaine agroalimentaire.</p>
<p>Au Québec, l’avènement du Slow Food remonte à février 2001, lorsque Paul Caccia de Slow Food Canada et son équipe de bénévoles ont proclamé le mouvement. Comme son nom l’indique, le Slow Food n’a rien du «tout cuit dans le bec». Il relève encore moins de la consommation d’aliments emballés, expédiés à toute allure jusqu’aux tablettes de votre supermarché. Il refuse donc le rythme de vie trop précipité que propose l’omniprésente industrie du Fast Food à travers le monde. Il suggère également de se renseigner sur l’origine des aliments, d’assortir sa cuisine de produits locaux et saisonniers et de tout goûter avec sa tête.</p>
<p>Pour Gabriel Riel-Salvatore, président de Slow Food Québec, il s’agit d’«une philosophie, [d’]un mode de vie qui promeut la consommation et la production de produits locaux». Un des buts premiers du mouvement est de renseigner la population urbaine sur le vaste réseau de distribution des produits locaux, que ce soit par des sites Web, des prospectus ou des conférences citoyennes. Autrement dit, le consommateur s’informe d’abord des lieux de production et peut ensuite se procurer les produits dans divers marchés saisonniers, dans quelques épiceries fines de la métropole ou, même mieux, directement chez le producteur. </p>
<h4>Mangez local</h4>
<p><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Champignon.png" alt="S-Champignon" title="S-Champignon" width="150" height="124" class="alignleft size-full wp-image-1656" /> Commencez par comparer le goût du potage de courges d’automne de votre grand-mère à celui d’une soupe en conserve. Rien à voir, n’est-ce pas? Comment intégrer le premier dans son assiette? Avant même d’allumer le four, il faudrait prendre conscience de la richesse que nous procure cette terre sur laquelle on piétine. Il est primordial de reconnaître les produits locaux à leur juste valeur et de s’instruire grâce aux idées que prône la philosophie du Slow Food, parce que chaque bouchée, rappelons-le, s’avère être un nouvel apprentissage de la cuisine.</p>
<p>Derek Dammann, chef et associé du restaurant DNA dans le Vieux-Port de Montréal, souligne l’importance de la biodiversité alimentaire en participant à la semaine canadienne du Slow Food, qui prenait justement place la semaine dernière. DNA se réclame d’une vocation agroalimentaire qui encourage le mouvement Slow Food: «Il faut comprendre que c’est une façon plus intelligente de concevoir la nourriture», affirme Dammann. Son entreprise de restauration y arrive d’une manière très simple, mais essentielle: «C’est en faisant la promotion de nos vins canadiens et de nos produits locaux que nous parvenons à transmettre l’essence de notre patrimoine culinaire.» Il explique que cette expérience est d’autant plus intéressante qu’elle relève de la surprise: par exemple, ils offrent «une large variété de champignons que la plupart des gens ne connaissent pas: c’est nouveau pour eux».</p>
<p>Manger Slow Food, c’est aussi adapter ses choix alimentaires en fonction des mois de l’année. Cueillis à maturité, les produits de saison ont davantage de saveur, contrairement aux produits hors-saison, cueillis plus tôt pour des raisons de transport. La crème des fruits et légumes ne traverse pas un océan ni ne parcourt des milliers de kilomètres pour arriver dans notre assiette: elle est cultivée à Saint-Constant, Saint-Hilaire, Rimouski, Oka. De plus, elle est abordable: les prix baissent avec ce type de consommation, vu l’absence d’intermédiaires entre le consommateur et les producteurs.</p>
<h4>Commencez jeune</h4>
<p><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Tomate.png" alt="S-Tomate" title="S-Tomate" width="150" height="159" class="alignleft size-full wp-image-1659" /> Szantos veut étendre l’influence du Slow Food à la jeunesse étudiante par l’inauguration internationale du <em>Youth Food Movement</em> (<a href="http://www.youthfoodmovement.org">www.youthfoodmovement.org</a>) et l’instauration du programme <em>Pangea: The Ark of Knowledge</em>. «C’est un programme qui vise à établir des échanges entre jeunes stagiaires et artisans, fermiers ou producteurs agroalimentaires, dans le but de transmettre ce savoir à la prochaine génération.» Trop souvent, selon lui, les enfants de ces producteurs ne veulent pas poursuivre l’entreprise de leurs parents: il n’y a donc pas de transmission d’héritage et, dans certains cas, pas de diffusion du «savoir-faire alimentaire».</p>
<p>La voix de la jeunesse demeure celle de l’avenir: pour Szantos, «l’intégration des jeunes dans le mouvement est nécessaire pour son évolution et pour sa durabilité dans le temps». Riel-Salvatore se range du même côté que Szantos. De même, il conçoit le Slow Food comme un enrichissement avantageux pour les étudiants: «Pour eux, c’est une belle occasion de se familiariser avec les produits du Québec et d’apprendre à cuisiner eux-mêmes.»</p>
<p>Toutefois, pour Nikki Petropoulos, étudiante à l’Université de Montréal, «le mouvement ne peut pas entrer dans la norme à l’heure actuelle. Le problème, c’est “l’instantanéisme” et le besoin que l’on se crée de toujours vouloir rentabiliser notre temps». «Pour un étudiant, entre la vie sociale, l’école, le boulot… c’est souvent la santé qui écope», renchérit-elle. Cette tendance incite les jeunes consommateurs à chercher des produits qu’ils ont immédiatement à portée de main.</p>
<p>Conséquemment, l’omniprésence de la chaîne alimentaire industrielle écrase les petits producteurs agricoles. En revanche, si le mouvement mobilise une partie de la population et que les produits locaux sont courus, il peut y avoir un renversement de la donne: «Le marché Jean-Talon a tout en son pouvoir pour tuer le IGA du coin, parce que les citoyens sont prêts à payer pour des produits de chez nous. Simplement, ces prix doivent battre la compétition», souligne Vanessa DeFelice, étudiante aux HEC de Montréal.</p>
<p>Tout compte fait, la décision ultime est laissée entre les mains des consommateurs. Consciemment ou non, ils décident de leurs achats alimentaires, et donc de la fluctuation de l’économie régionale dans le secteur agroalimentaire. Heureusement, il existe diverses sources d’information et d’inspiration pour ceux qui désirent développer ce sens du goût. Par exemple, David Szantos guide ses étudiants en les «amenant à se questionner, pour qu’ils puissent redécouvrir leur identité gastronomique, et ce faisant, prendre responsabilité de leurs actions comme consommateurs». Ainsi, les étudiants peuvent élargir l’éventail de leurs possibilités au lieu d’être confinés à la consommation rapide et artificialisée.</p>
<p>Il est possible de consulter <em>Les plaisirs du Slow Food</em> de Corby Kummer, <em>Slow Cooker Comfort Food</em> de Judith Finlayson ou encore <em>Le Fruit de ma passion</em> de Daniel Vézina pour débuter sur la bonne cuillère.</p>
<h4>Freinez l’accéléré</h4>
<p><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Mais.png" alt="S-Mais" title="S-Mais" width="150" height="194" class="alignleft size-full wp-image-1657" /> Oui, le mouvement prône la lenteur. Que dire de son rapport avec notre économie qui carbure à toute vitesse? Jon Kabat-Zinn, professeur émérite à l’Université du Massachussets, affirme que le mouvement «est la façon ultime de se concentrer sur notre restauration d’énergie qui, elle, s’efforce de nous rappeler qui sommes vraiment, c’est-à-dire des êtres humains et non des exécutants».</p>
<p>Mais soyons honnêtes: notre position d’étudiant implique un horizon, nécessaire, de permissions et de récompenses diverses que l’on s’accorde. L’une de ces concessions est de s’autoriser à consommer sur le pouce, dans une cafétéria du campus –ou pire, de se procurer les produits médiocres d’une machine distributrice. La vérité est que le manque de temps et d’argent a souvent raison de notre volonté.</p>
<p>Ainsi, au lieu d’investir dans une alimentation saine et économique à long terme, certains finissent par dépenser leur faible revenu sur des produits faits à la chaîne. Le Slow Food propose une alternative contraire: un rapport personnel à l’alimentation, par l’éducation au goût. </p>
<h4>Pensez global</h4>
<p><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/11/S-Pomme.png" alt="S-Pomme" title="S-Pomme" width="150" height="164" class="alignleft size-full wp-image-1658" /> Manger local n’est pas synonyme d’isolement régional. Le mouvement Slow Food s’étend sur 110 pays, mais à Montréal «la production est très faible, vu la faible disponibilité des terrains destinés à l’agriculture», affirme Szantos. Ce manque d’espace complique l’accessibilité aux produits agroalimentaires parce que «la production locale pendant l’hiver est inexistante, même dans les régions les plus productives», ajoute-t-il.</p>
<p>«Le domaine gastronomique au Québec est fortement influencé par plusieurs cultures: les Premières Nations, la France, l’Angleterre, l’Irlande et les États-Unis, pour ne nommer que ceux-là», ce qui rend difficile de cerner la question des traditions alimentaires québécoises. Adhérer au mouvement Slow Food, ce n’est pas que promouvoir notre cuisine locale, c’est donc aussi s’intéresser aux produits des autres cultures.</p>
<p>Alors soyez <em>slow</em>, partout, toujours. Réjouissez-vous, il est possible d’adopter un mode de vie <em>slow</em> sous d’autres formes: le <em>slow living</em>, le <em>slow travel</em>, les <em>slow schools</em> et même le <em>slow sex</em>!</p>
<p>Tout compte fait, Slow Food cherche à combler nos désirs, nos plaisirs, notre soif d’apprendre et notre bonne conscience d’écocitoyen. C’est une question à plusieurs volets: porter un intérêt aux fruits d’une nation, connaître les producteurs et leurs produits, se responsabiliser dans notre quotidien et refuser le rythme effréné que nous impose la société. Tout ça dans le but d’adopter un style de vie alimentaire plus conscientisé et d’influencer positivement sa communauté. La prochaine fois que vous verrez une publicité de Kraft sur l’autobus de la ville, rappelez-vous le verre de jus de pommes dégusté lors de la lecture de cet article. On verra qui fera le poids dans votre estomac.<br />
<br/></p>
<p class="boiteg"><strong>Slow Food vs. Fast Food : Contrer l’incurable</strong><br />
<br/><br />
Le mouvement Slow Food trouve d’autant plus de sens que le nombre de cas d’obésité et de cancer dans les pays industrialisés est en croissance fulgurante. Les docteurs Denis Gingras et Richard Béliveau, auteurs du livre <em>Les aliments contre le cancer</em>, ont été les premiers au Québec à dénoncer publiquement l’incidence de la malbouffe sur la propension à développer un cancer. «De mauvaises habitudes alimentaires, principalement générées par le Fast Food et les aliments issus des multinationales, seraient responsables de 40% des cas de cancer.» Les statistiques démontrent l’urgence de trouver une solution à ce problème de société. Deux personnes sur cinq paieront le prix des méfaits du Fast Food. Quand 80% des cas de cancer du côlon sont provoqués par l’ingestion de malbouffe, il n’est pas surprenant de voir se mettre en place un contre-phénomène, témoin des anomalies de notre monde trop pressé.</p>
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		<title>Parmi les cadavres</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2009/11/03/parmi-les-cadavres/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 17:30:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annie Li</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[On vous a refusé l’accès à la Faculté de médecine? <em>Le Délit</em> vous ouvre ses portes.
Les professeurs d’anatomie expliquent en quoi il demeure important d’étudier les morts pour mieux comprendre les vivants, les étudiants, confrontés à cette réalité, témoignent de leur expérience et finalement les Archives de McGill révèlent combien les temps ont changé pour les étudiants en médecine. Visite à tombeau ouvert jusqu’au coeur d’une Faculté convoitée.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>La Faculté de médecine</h2>
<p>En 1821, le prospère commerçant de fourrures qu’était James McGill a non seulement légué les terres sur lesquelles se tient l’actuel campus du centre-ville, mais a également avancé la quasi-intégralité des fonds nécessaires. Ça ne s’est pourtant pas fait sans conditions; il exigeait que l’Université soit sur les rails à l’intérieur des dix années suivant sa mort, sans quoi l’argent et les terres seraient retournées aux enfants de sa femme.</p>
<p>Les choses se sont donc rapidement mises en place: quatre physiciens et praticiens formés à l’Université d’Édimbourg ont vite fait d’intégrer l’Institution médicale de Montréal, qui leur appartenait alors, au Collège McGill qui portera dès lors le nom de son mécène et fondateur. L’Université McGill pouvait désormais compter sur une faculté de médecine en bonne et due forme, tout en s’assurant que le coffre offert par James McGill conserve ses fins éducatives. La faculté devenait la première en son genre au Canada, et la seule à l’Université à détenir le pouvoir de décerner des diplômes à ses étudiants.</p>
<p>La faculté s’installe d’abord dans le Pavillon des Arts que l’on connaît aujourd’hui. Montréal, pourtant, ne s’étendait pas encore jusque là. Les professeurs et étudiants devaient ainsi trouver le moyen de venir par des chemins bosselés et embourbés, ce qui était particulièrement ambitieux pendant les rudes hivers que l’on connaît à Montréal.</p>
<p>En 1907, un incendie détruit les murs d’un bâtiment qui se tenait exactement là où se trouve aujourd’hui l’édifice James de l’administration. «Lord Strathcona, un ami de toujours de l’Université, ne tarde pas à offrir son aide en achetant un terrain sur lequel il fait construire un nouveau bâtiment pour la faculté déracinée», peut-on lire dans les Archives de McGill. Un nouvel immeuble, donc, qui se situera sur le coin sud-ouest de l’avenue des Pins et de la rue de l’Université, juste en face de l’Hôpital Royal Victoria et qui portera son nom. Son architecture s’inspire de l’entrée de l’hôpital, créant ainsi un effet miroir. L’immeuble contenait alors un dôme magnifique fait de vitraux, un musée ethnologique et une salle de lecture pour les étudiants qui elle, existe toujours.</p>
<p>Un des noms inévitablement lié au prestige de la Faculté est celui de Sir William Osler, étudiant à McGill avant qu’il ne parte pour la Pennsylvanie. À sa mort, il lègue à l’Université son importante collection de livres et de documents sur l’histoire de la médecine. C’est en 1921 que la bibliothèque Osler ouvre ses portes, déménagée pièce par pièce lors de la construction du Pavillon MacIntyre, cette tour en béton de forme circulaire de seize étages au nord du pavillon Stewart, où elle se trouve toujours. Devenu une véritable icône et parfois appelé le «père de la médecine moderne», Osler est surtout connu pour avoir institué la résidence en médecine (stage postdoctoral que doivent dorénavant suivre les futurs médecins pour obtenir leur droit de pratique au Canada) et pour sa théorie de l’apprentissage, selon laquelle les étudiants doivent apprendre par la pratique. L’idée s’est répandue à travers le monde et c’est pour cette raison qu’aujourd’hui un grand pourcentage des praticiens hospitaliers sont des internes.</p>
<p>La Faculté de médecine reste peut-être celle à l’histoire la plus prestigieuse. «Elle était et demeure aujourd’hui l’une des plus vénérée à McGill, et c’est pour lui rendre hommage que Lord Strathcona s’est appliqué à travailler chaque détail de l’architecture du bâtiment», peut-on lire sur le site Web de la Collection d’Architecture Canadienne. Après avoir récemment ouvert le premier centre de simulation entièrement intégré du Canada, la Faculté compte bientôt ouvrir le «Complexe des sciences de la vie», qui devrait concentrer un nombre important de chercheurs en biomédecine.</p>
<h3>Afin de mieux comprendre la logistique entourant les sujets d’étude des étudiants en médecine, c’est-à-dire les cadavres, <em>Le Délit</em> a posé quelques questions à des professeurs d’anatomie, Dr Miller et Dr Bennett.</h3>
<p>Tout d’abord, il faut savoir que les donations de corps sont régies par le Ministère de la Santé du Québec et qu’un corps peut être affecté soit à l’Université McGill, à l’Université Laval, à l’Université de Sherbrooke ou au Cégep de Rosemont, qui offre une technique en thanatologie. McGill n’a pas proprement de programme d’acquisition de cadavres. Dr. Miller explique que «les cadavres utilisés proviennent de morts naturelles [comprenant toutes les maladies], mais pas de morts accidentelles, puisque ce seraient des corps mutilés, donc moins adaptés à l’étude de l’anatomie par les étudiants. Nous n’acceptons pas non plus les cas d’obésité extrême, qui compliquent aussi l’étude anatomique.»</p>
<p>Lors de la première année, les étudiants abordent l’histoire de la médecine. Puis, pendant un mois, ils étudient les bases de la biochimie et de la biologie cellulaire. C’est ensuite que commence l’étude pratique, celle-là même qui nécessite les cadavres. McGill demeure l’une des seules écoles de médecine au Canada à privilégier cet enseignement concret plutôt qu’avec des spécimens prédisséqués ou simplement par la technologie multimédia (i.e. photos et vidéos). «La préservation des corps requiert beaucoup de dépenses en matériel et beaucoup de temps de technique», explique Dr. Miller, ce qui explique que cette forme d’enseignement soit en perte de popularité. Il note néanmoins que ce genre d’étude est au coeur des valeurs du département de McGill, et que «l’opportunité qu’a l’Université d’ouvrir les portes de la salle d’opération est unique: les étudiants se retrouvent face à face avec de véritables être humains ayant toutes sortes d’anomalies, et ce, en trois dimensions.»</p>
<p>Par groupes d’environ quatre ou six (avec un étudiant en médecine dentaire), les étudiants dissèquent le cadavre conservé par la méthode d’embaumement. Cette technique «qui consiste à injecter des produits chimiques dans le corps» donne à la peau une texture semblable au cuir, explique Dr Bennett. Une nouvelle technique, préservant les corps dans des réservoirs d’aluminium remplis de liquide, permet de conserver la texture naturelle des tissus humains, mais est plus coûteuse et n’est pas nécessaire pour les étudiants en première année de médecine.</p>
<p>À ce stade, ils ne savent rien de l’identité des cadavres –pas de nom, pas de cause de mortalité. La biographie des défunts demeure confidentielle aux étudiants tout comme aux professeurs. Seul le responsable du programme de dons de corps et le technicien de laboratoire en savent davantage. Un morceau de tissu cache le visage de tous les cadavres, et la classe ressemble davantage à une salle d’opération.</p>
<p>Dr. Miller précise «qu’habituellement, les personnes décédées sont âgées, francophones, catholiques et issues de classe moyenne». Passant du thorax, à l’abdomen, jusqu’au pelvis, les étudiants apprennent à disséquer, à identifier différentes parties du corps (organes, muscles, nerfs, etc.), et à les associer à des fonctions. Ils découvrent aussi la condition de santé de la personne: ils peuvent apercevoir des poumons noircis par la cigarette ou une implantation mammaire. Les cadavres sont gardés pendant un an. Par la suite, ils sont enterrés ou incinérés. Quant aux parties disséquées, elles pourraient être préservées indéfiniment, mais après dix ans, elles finissent par sécher ou par être détruites à la suite des manipulations par les étudiants.</p>
<p>Qu’en est-il de l’éthique, est-ce que tout peut se faire sur le cadavre? Dr Bennett souligne que les cadavres sont soumis à «une étude anatomique» et non à des «expériences». Cette façon d’enseigner peut permettre de développer de «nouvelles approches en chirurgie». Dr Miller explique qu’il y a une différence à faire entre les écoles médicales et la recherche médicale. «L’éthique est plus sévère en Amérique du Nord et en Europe qu’en Extrême-Orient. Par exemple, il y a une controverse entourant les cadavres venant de la Chine dans l’exposition <em>Body Works</em>» –certains cadavres proviendraient de prisonniers exécutés.</p>
<p>Au mois de mai, la Faculté organise une rencontre à l’intention de tous les étudiants en médecine et des familles des défunts. C’est l’occasion pour les étudiants d’exprimer leur sentiment et de témoigner de leur expérience par des chansons, des poèmes et des textes.</p>
<h3><em>Le Délit</em> a interrogé quatre étudiants en médecine et une étudiante en médecine dentaire pour connaître leurs impressions et l’importance de l’enseignement cadavérique.</h3>
<p><strong><em>Le Délit</em> [<em>LD</em>]: En un mot, définissez votre relation avec le-s cadavre-s.</strong></p>
<p>Jad Abou Khalil [JAK]: Académique.</p>
<p>Maxim Ben-Yakov [MBY]: Étrange.</p>
<p>Cindy Nagel [CN]: Respectueuse.</p>
<p>Jessica Nehmé [JN]: Ça m’a prit un peu de temps avant de développer une relation à la fois d’apprentissage et de respect envers notre cadavre: il était devenu un enseignant muet et de ce fait un excellent enseignant d’ailleurs puisqu’il avait toutes les réponses, mais nous les faisait chercher sans relâche.</p>
<p>Stephan Ong-Tone [SOT]: C’est une relation de professeur à étudiant.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Aviez-vous une peur ou une affection envers ces cadavres? Leur parliezvous, ou leur donniez-vous un nom?</strong></p>
<p>JAK: Il ne s’agit pas de peur. Le rapport avec le mort n’est ni sacré ni personnel, mais exclusivement académique. Le malaise provient du fait que tu brises les tabous sociaux qui régissent notre comportement autour du cadavre. La relation avec le défunt reste très respectueuse. Ce sont des personnes qui ont volontairement donné leurs dépouilles pour notre éducation. C’est très noble comme action, et ça affecte la relation au cadavre, qu’on appelle «donneur».</p>
<p>MBY: J’avais beaucoup de respect pour ces personnes. Ces cadavres ont été des humains, ils parlaient et marchaient. Il m’est arrivé de les saluer, mais ce n’était jamais «mon» cadavre. C’est une expérience qui rend très modeste.</p>
<p>CN: Aucun des deux, mais je dirais «peur» plutôt qu’«affection». Notre groupe n’a pas donné de nom à «notre» cadavre.</p>
<p>JN: Je les respectais énormément; j’admirais la décision qu’avaient prise ces individus de leur vivant. Je ne parlais pas au cadavre. Lui donner un nom aurait par ailleurs été un manque de respect à mon avis. Un nom est accompagné de toute une personnalité lorsqu’on connaît la personne qui le porte, et ne connaissant pas ces individus de leur vivant, je ne pouvais pas leur attribuer une identité fictive.</p>
<p>SOT: Je ne leur ai jamais donné de nom. Je connais des gens qui, eux, nomment leur cadavres, et je suppose que c’est une façon pour eux de gérer la situation, et de développer une relation avec leur cadavre.</p>
<p><strong><em>LD</em>: En quoi l’étude sur un cadavre estelle différente de celle sur un vivant? Et pourquoi est-elle alors pertinente?</strong></p>
<p>JAK: Je trouve que le programme de dissection crée une continuité avec l’histoire de la médecine, on se sent un peu comme Jean- Martin Charcot ou Harvey Cushing. Ça concrétise la mort et la maladie, et surtout ça démystifie le côté intouchable du corps humain. Ça a aussi des désavantages un peu plus puérils: une odeur persistente qui te suit pendant des jours, et on a paradoxalement une faim de loup juste après –apparemment c’est un effet des effluves de formol.</p>
<p>MBY: Pouvoir apprendre sur ces cadavres nous permet réellement de découvrir l’anatomie humaine sans s’inquiéter de blesser la personne. On peut plus ou moins faire ce qu’on veut. Travailler avec des vivants, entre camarades de classe par exemple, est aussi extrêmement important, car il y a des réactions et des impressions. En médecine, le toucher est essentiel. Mais travailler d’abord avec des cadavres permet de développer une confiance par rapport à nos connaissances et au corps humain.</p>
<p>CN: Le cadavre nous donne l’opportunité d’étudier des parties du corps qui seraient autrement impossibles à examiner. Je crois que cet apprentissage aide beaucoup à se rappeler des détails.</p>
<p>JN: L’imagerie ne talonnera jamais la puissance de l’expérience sensorielle colorée, texturée et contextuelle qu’offre l’exploration d’un cadavre.</p>
<p>SOT: Vous pouvez retirer certains organes et les examiner isolément. Travailler sur un cadavre offre beaucoup de pratique, et de la marge pour faire des erreurs, parce que souvent il s’agit d’essayer les mêmes techniques plusieurs fois.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Combien de temps passiez-vous en moyenne par semaine avec votre cadavre? Préfériez-vous être seul ou accompagné?</strong></p>
<p>MBY: Avec un baccalauréat en physiothérapie, je passais de deux à six heures par semaine. J’y allais seul le plus souvent, mais il faut souligner que le cadavre est «partagé». Une seule personne peut couper telle ou telle partie.</p>
<p>CN: Honnêtement, aussi peu de temps que possible. J’ai surtout utilisé les démonstrations par vidéo pour étudier. J’aimais étudier avec un ou deux autres étudiants, surtout parce que si tu n’es pas sûr d’identifier une partie, les autres le savent ou nous pouvons la trouver ensemble.</p>
<p>JN: Je n’avais aucune difficulté à travailler seule avec le cadavre. J’avais beaucoup plus de facilité à me concentrer et les foules en sarrau blanc s’affairant autour des tables me donnaient toujours étrangement l’impression que nous manquions de sensibilité. Lorsque j’étais seule avec un cadavre, c’était comme aller aux heures de disponibilité après la fin des cours.</p>
<p>SOT: Quand je travaillais avec les cadavres on était avec eux près de dix heures par semaine. Être seul avec un cadavre est plutôt rare, parce que la plupart du temps les étudiants y vont avec au moins un camarade, pour se tester mutuellement et réviser, s’ils se préparent pour un examen.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Comment vous sentiez-vous après avoir disséqué le cadavre? Sentiez-vous un accomplissement, une connaissance?</strong></p>
<p>JAK: On se sent surtout privilégié de pouvoir acquérir ce savoir. Quelqu’un t’a donné son corps pour que tu puisses apprendre. On est très reconnaissants.</p>
<p>MBY: C’est une expérience très enrichissante; ça ne peut être plus réel. C’est une vraie opportunité.</p>
<p>CN: Je me sentais parfois assez mal, d’autres fois, je me sentais triomphante parce que j’apprenais quelque chose de nouveau.</p>
<p>JN: Une des plus grandes satisfactions de tout ce processus fut de rencontrer les familles dont ces individus faisaient partie de leur vivant et de leur communiquer notre reconnaissance avec humilité ainsi que, dans certains cas, de parvenir à les apaiser quant au choix des être aimés.</p>
<p>SOT: Je ne dirais pas que je ressens un accomplissement, mais peut-être le sentiment d’avoir gagné en connaissance. C’est peutêtre plus une satisfaction comme quand vous finissez un bouquin et que vous avez une meilleure compréhension de l’histoire qui a été racontée. De cette même façon, les cadavres nous proposent une histoire personnelle, que vous pouvez inventer à travers vos propres observations. Mais c’est aussi l’histoire de l’anatomie du corps humain. </p>
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		<title>La tournée des bars</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2009/10/27/cest-notre-tournee/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 17:14:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Plamondon</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques semaines, <em>Le Délit</em> vous ouvrait la porte de trois restaurants à vocation particulière. Cette semaine, nous vous proposons de découvrir l’esprit qui anime quatre bars montréalais. Après avoir bien mangé, il est toujours agréable de digérer avec un bon verre!
Second dossier d’une série de trois.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Whisky Café</h2>
<h4>5800, boul. Saint-Laurent (coin Bernard)</h4>
<p><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/10/s-whisky-1.jpg" alt="wisky" /> Fêtant ses vingt ans cette année, le Whisky Café a été un des premiers <em>lounges</em> à Montréal et demeure un lieu de rencontre encore tout à fait à la mode. Il est bien fréquenté des amateurs de spiritueux, de leur femme, de leurs amis, des amis de leurs amis et des voisins d’en face qui, eux, ne sont pas nécessairement des fins connaisseurs en la matière. Il suffit d’un peu de curiosité et de bien vouloir prendre le temps pour raffiner ses goûts pour l’alcool, un verre à la fois.</p>
<p>Alexandre Wolosiansky, propriétaire du Whisky Café, explique que l’esprit qu’il souhaitait créer dans son bar vient de sa préférence pour les verres pris dans les restaurants plutôt que dans les bars. Une ambiance plus posée, inspirée des brasseries européennes, d’où le nom de «café», plutôt que «bar», pour neutraliser le «whisky».</p>
<p>Offrant plus de 450 produits, avec un large éventail de whiskies, le Whisky Café n’a rien du <em>pub</em> d’à côté: le lieu est propice à la dégustation, littéralement. Il offre trois verres de 1/2 once chacun, avec des fiches explicatives, afin que vos papilles puissent lentement reconnaître tous les arômes. Autrement, le prix d’un verre seul peut varier entre 8 et 20$. On en ressort fraîchement cultivé et on comprend, enfin, que le Davidoff Grand Cru #3 n’a rien à voir avec le parfum du même nom. Un des seuls <em>cigar houses</em> à Montréal, souligne Wolosiansky, le Whisky Café vous permet également d’apprécier (ou de découvrir, à défaut d’apprécier) cette fumée si différente de celle de la cigarette. Le cigare se caractérise par les mêmes termes que le café: léger, médium, corsé; cubain, mexicain, dominicain, jamaïcain; il y en a pour tous les goûts. Mais ne pensez pas économiser en chipant le cigare du placard de votre père pour le fumer au café: des frais de 10$ vous seront réclamés pour la coupe. Mieux vaut s’en tenir à la vaste sélection du <em>lounge</em>. Nez sensibles, n’ayez crainte: le salon, adjacent à la salle principale, est pourvu d’un système de ventilation efficace.</p>
<p>L’âme de ce bar est unique et se reflète dans le décor, la musique et les visiteurs. Une musique jazz, <em>lounge</em> ou contemporaine donne d’emblée le ton. Les mêmes murs et fauteuils de cuir meublent le café depuis 1989, lui conférant cette chaleur classique associée aux années 1920-1930, lorsque les hommes quittaient la table et leur femme pour s’isoler entre eux afin de siroter leur verre et de fumer leur cigare. Mais depuis, cette expérience s’est ouverte à tous, et le Whisky Café en est la preuve. Wolosiansky raconte qu’une fois, il a fait asseoir un jeune homme d’une trentaine d’années accompagné d’une jeune femme. Quelques minutes plus tard, le propriétaire a remarqué que ce couple discutait avec des hommes dans la cinquantaine assis à la table d’à côté. Le jeune homme a alors demandé à Wolosiansky de leur assigner une autre table… l’un des trois hommes étant son père! Wolosiansky affirme qu’il a su à ce moment-là que son bar avait atteint son objectif.</p>
<p>Ceux d’entre nous qui n’ont jamais trempé la langue dans un scotch ou qui se demandent encore comment distinguer un whisky d’un gin seront enchantés de pouvoir se libérer de leur ignorance et d’épater la galerie au souper de famille à Noël. Ou encore de déguster autre chose que du Jack Daniel’s! Expérimenter le Whisky Café, c’est donc s’instruire d’une façon singulière.</p>
<p><em>Par Amélie Lemieux; propos recueillis par Mai Anh Tran-Ho </em></p>
<h2>Le Réservoir</h2>
<h3>Brasserie artisanale &amp; Bistro</h3>
<h4>9, Duluth Est (coin Boul. Saint-Laurent)</h4>
<p><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/10/s-reservoir.jpg" alt="reservoir" /> L’éclosion d’une multitude de microbrasseries dans la métropole au cours des dernières années est un phénomène remarquable. Ces établissements se distinguent les uns des autres grâce à la diversité et à la qualité de la bière qu’ils produisent, et le concept même de microbrasserie les rend beaucoup plus attrayants et chaleureux qu’un simple bar. En effet, le client se sent un peu comme un invité distingué: le personnel se doit d’être qualifié et de connaître dans les détails toutes les subtiles saveurs de leurs bières afin d’être en mesure de recommander la variété idéale pour chaque consommateur. Depuis quelques années déjà, Le Réservoir, qui a pignon sur la rue Duluth près de la rue Saint-Laurent, connaît un franc succès.</p>
<p>Les raisons qui expliquent sa popularité? «Nous produisons nous-mêmes notre bière et nous offrons aussi une cuisine bistro élaborée», rapporte Julie Talbot, gérante du Réservoir. Il ne s’agit pas uniquement d’une brasserie: on y propose un excellent menu pour les <em>lunchs</em> du midi, les <em>brunchs</em> du samedi et du dimanche, et des <em>snacks</em> qui sont servis jusqu’à 23h. On y retrouve beaucoup de poissons et fruits de mer tels que des calmars, de la morue, de la pieuvre et de la raie, mais aussi du boudin, du boeuf et du poulet. Chacun y trouvera son compte, et les prix –très raisonnables– varient entre 10 et 15$ pour un plat principal. La particularité de ces plats réside dans le fait que leurs ingrédients sont des produits du Québec. «Nous avons quelques ententes avec des producteurs biologiques de la région de Montréal», précise Mme Talbot. La sensibilisation à l’environnement est-elle donc intrinsèque au Réservoir? «Avoir une philosophie verte est essentiel de nos jours, et nous voulons seulement être responsables. D’ailleurs, nous sommes l’un des seuls établissements à Montréal à avoir un dispositif à compost dans la cuisine.»</p>
<p>Le Réservoir produit donc une dizaine de bières différentes: mais lesquelles sont des incontournables? «La India Pale Ale, la Noire et la Blanche sont parmi nos plus populaires.» De plus, puisqu’elles sont préparées sur place, l’absence d’intermédiaires permet de réduire les coûts: une pinte de bière ne vous en coûtera que 5,50$. Ceux qui ne sont pas férus de bière sont tout de même les bienvenus, puisque des cocktails classiques tels que le «gin tonic» et le «vodka canneberge» sont également offerts, et qu’on y propose aussi une variété impressionnante de vins d’importation privée.</p>
<p>Le jour, l’ambiance du Réservoir est plutôt décontractée, favorable aux conversations et à l’atmosphère bistro. Toutefois, lorsque la nuit tombe, l’établissement revêt une personnalité beaucoup plus animée. La brasserie artisanale devient le repère parfait pour les gens de 20 à 35 ans qui veulent y prendre un verre, et même pour des personnalités du cinéma et de la télévision québécoise. «Les deux étages se remplissent assez rapidement et il n’est pas rare de voir des <em>lines-up</em>!», poursuit Julie Talbot. Cependant, que ce soit le jour ou bien le soir, Le Réservoir est un endroit authentique qui sait satisfaire sa clientèle.</p>
<p><em>Par Xavier Plamondon </em></p>
<h2>Baldwin Barmacie</h2>
<h4>115, Laurier Ouest (coin Saint-Urbain)</h4>
<p><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/10/s-baldwin.jpg" alt="baldwin" /> Le Baldwin Barmacie, ce n’est pas que le rêve réalisé d’Alexandre Baldwin d’ouvrir son propre bar pour ses trente ans. C’est aussi un hommage à ses souvenirs et au Mile-End.</p>
<p>Son histoire n’est plus secrète. Il grandit dans ce quartier où abondent les manufactures, dans «le monde pharmaceutique et d’entreprise». Il dit être «allé à la bonne école pour apprendre le métier»: il développe un souci pour la qualité au Whisky Café et acquiert une solide expérience dans la gestion de bar et de foule au Gogo Lounge.</p>
<p>Baldwin trouvait prétentieux d’ouvrir un bar à son nom et a alors décidé de s’inspirer de sa grandmère, Mariette Baldwin, car «c’est un peu grâce à elle que je suis là où je suis maintenant», affirme-t-il. Il la retrouvait souvent à la pharmacie où elle travaillait, se rappelle Alexandre Baldwin, lorsqu’il plaçait les produits sur les étagères de sorte que «ça ait l’air plus vendeur». Ce sens de l’esthétique, il l’a donc toujours eu. «On se force toujours un peu plus quand il y a de la visite », dit-il. Se retrouver au Baldwin Barmacie, ce n’est pas qu’aller voir son médecin de famille, c’est aussi se retrouver dans le salon chez des copains.</p>
<p>Le décor, «conçu maison», comme le souligne son propriétaire, réunit harmonieusement le propre épuré –comme dans une clinique– à la chaleur et au confort de la maison. Le Baldwin Barmacie découle de ses souvenirs de la pharmacie comme un lieu de rencontre, où sa grand-mère insufflait «l’ambiance», dit-il. Cette femme travaillante et appliquée, dont le mari est mort à la guerre en 1943 et qui a élevé toute seule ses deux enfants, avait toujours le sourire pour accueillir les clients. De son portrait accroché au mur, face au bar, grand-maman Baldwin veille au bon déroulement de la soirée. Ce tableau, qui peut surprendre lors de votre première visite, est l’élément qui donne à chaque détail son sens. Elle aimait les fleurs, d’où la décoration florale du Barmacie: des lampes «quenouilles» au bar, un lustre rappelant l’intérieur d’une fleur, des «tulipes» à la banquette, et un éclairage tamisé jaune-orange. Le blanc pharmaceutique du comptoir se fond avec le blanc du mur de briques, et les tabourets au bar –semblables à des sièges de dentiste– contrastent avec les fauteuils taillés dans des barils de whisky et la banquette au toucher sixties.</p>
<p>Le passé est revisité même dans le menu. Aux côtés des martinis, des pétillants, de la bière et du vin, il y a «sous ordonnance» le Mile-End d’autrefois et d’aujourd’hui, pour la somme de 8$: «Miss Baldwin» c’est grandmaman Baldwin; «Dr Ho», la médecin généraliste au-dessus de la pharmacie; «Lionel», un autre pharmacien; et «Mr Mo», le chien d’Alexandre Baldwin. Au Baldwin Barmacie, vous pouvez concocter votre propre boisson dans des flacons de six ou huit onces, comme ceux d’antan. Ces plus petits formats, c’est aussi pour ceux qui sortent le lundi ou le mardi soir et qui ne veulent pas dépenser une fortune pour de la qualité, et parce que «finir la bouteille n’est pas une obligation», rappelle Alexandre. Un grilledcheese, avec ou sans jambon, et du macaroni au fromage sont aussi offerts. Vraiment, c’est comme à la maison. Mentionnons aussi les toilettes écologiques qui recyclent l’eau des lavabos, et le fumoir, un préau séparé de la salle principale. La musique au Baldwin?</p>
<p>Une «assiette de viande», explique Baldwin. «Le poisson serait du <em>indie</em>-rock, les petits pois du électro rock», le tout rehaussé «de vieux rock, d’électro, de hip-hop». «C’est fini le temps d’aimer une seule affaire», affirme Baldwin, c’est l’époque «des gougounes, jeans, chemises». Ceci, on le voit tout à fait chez ceux qui fréquentent le bar: que l’on soit décontracté ou en veston-cravate après le travail, on est entre de bonnes mains au Balwin Barmacie. Un remède aux maux de la vie quotidienne.</p>
<p><em>Par Mai Anh Tran-Ho </em></p>
<h2>Buvette chez Simone</h2>
<h4>4869, avenue du Parc (coin Saint-Joseph)</h4>
<p><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2009/10/s-buvette.jpg" alt="buvette" /> Campée sur l’avenue du Parc depuis juin 2008, légèrement au sud de Saint- Joseph, la Buvette Chez Simone se veut un bar à vin sympathique dans l’esprit du Mile-End. Ce qu’on y fait? Initier nos papilles aux différents cépages dans l’espoir de découvrir notre vin fétiche. Et, surtout, on apprécie la vie.</p>
<p>Avant tout, il faut choisir sa bûche: que ce soit au comptoir, sur la banquette ou aux billots de bois vernis, l’ambiance est «amicale et sans prétention» selon un habitué. On s’installe autour de la cuvée de notre choix, la carte des vins griffonnée sur deux grands tableaux qui encadrent le lieu. La Buvette innove avec sa formule «Encercle, commande et régale-toi». C’est simple, un plateau d’assortiments de votre choix vous est servi, il ne reste qu’à le partager entre amis. En bons démocrates, on tente bien sûr d’«encercler», mais l’abondance des choix complique la chose, alors on hésite et on parle. Le serveur revient, l’ambiance a vu retarder notre quête: on parle encore parce qu’on s’y plaît. Une fois la commande déposée sur la table, on festoie jusqu’aux belles heures du matin. Voilà comment se passe une soirée Chez Simone.</p>
<p>Ce bar-refuge se distingue non seulement par son concept à la carte, mais aussi par son «rapport qualité-prix sans pareil », comme le mentionne Éric Bélanger, co-propriétaire de la Buvette chez Simone. «Et nous proposons un concept original: un bar à vin où il est possible de grignoter dignement.» Dignement, c’est-à-dire sans s’empiffrer: la modération a bien meilleur goût. Les étudiants au modeste appétit se réjouiront d’une demi-portion de salade grecque accompagnée de quelques cubes de Stilton ou de quelques tranches de rosette de Lyon. Pour ceux dont l’estomac gargouillerait davantage, un menu souper est à leur disposition.</p>
<p>Merlot, Sauvignon ou Syrah, il y en a pour toutes les papilles, et chaque visite peut devenir l’objet d’une dégustation. En plus de sa gamme de cépages recherchés -le verre autour de 7$, la bouteille, plus coûteux, entre 40$ et 60$-, la Buvette chez Simone tient un bon lot de pompes à bière variées. La polyvalence de l’endroit transformera votre conception du 5 à 7 traditionnel.</p>
<p>Tous se retrouvent, journée de travail terminée, dans un décor signé Zébulon Perron (American Apparel, Plan B). Au plafond, les lampes alimentées par des fils électriques oranges capteront sans nul doute votre attention, mais ce n’est qu’un des éléments de cette esthétique post-industrielle amalgamée à un ameublement tout de bois vieilli. Ceci ne s’étend toutefois pas jusqu’aux toilettes, minuscules il faut le dire. Chez Simone, l’ordre ne prime pas sur la convivialité. Des tables à droite, dans le fond, sur la petite mezzanine: le lieu se prête au «tire ta chaise et assis-toi». La musique va de pair avec les buveurs, le tempo variant du <em>indie</em> au populaire et à l’électro, et ce n’est pas surprenant de voir des gens se lever, danser et chanter le temps d’une chanson, comme dans une taverne. La Buvette chez Simone, pour des fins de journées non planifiées et bien arrosées.</p>
<p><em>Par Amélie Lemieux </em></p>
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