<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le Délit</title>
	<atom:link href="http://delitfrancais.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://delitfrancais.com</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Thu, 27 May 2010 19:49:49 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>La recherche universitaire et l’armement</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/la-recherche-universitaire-et-l%e2%80%99armement/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/la-recherche-universitaire-et-l%e2%80%99armement/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 22:52:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Vidal</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3149</guid>
		<description><![CDATA[<em>Demilitarize McGill</em> explore et commente les implications de la nouvelle politique d’éthique de la recherche que McGill veut adopter.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La transparence en matière de recherche sera-t-elle maintenant chose du passé à McGill? Selon la nouvelle politique de recherche adoptée par le sénat mercredi dernier, les professeurs effectuant des recherches subventionnées par l’armée n’ont plus l’obligation de rendre public leur projet de recherche, ni de le soumettre à une évaluation des répercussions néfastes qu’elle pourrait engendrer sur la vie humaine. Certes, la politique qui était en place à McGill depuis plus de vingt ans a été systématiquement violée par l’administration qui l’a mise en place, malgré les nombreuses dénonciations des étudiants. Les professeurs du département de génie mécanique vont donc poursuivre à l’abri des regards leurs travaux sur le développement d’explosifs thermobariques –bombes qui absorbent l’oxygène des espaces clos– pour le compte de l’armée américaine.</em<></p>
<h4>Financer la recherche à tout prix?</h4>
<p>Étant donné son refus d’amender la nouvelle politique de recherche, il semble que l’administration McGill perçoive comme lourde la considération pour l’éthique et la transparence de la recherche universitaire. La quête de financement à la recherche auprès de sources externes au milieu de l’éducation et bel et bien devenue une priorité, au détriment de la volonté exprimée par les étudiants et professeurs de lever le voile sur les répercussions sociales de l’application de ces recherches.</p>
<p>La principale Heather Munroe-Blum se défend de partager cette vision. Elle évoque la lourdeur administrative comme justification de l’absence de considération éthique concernant la recherche: «Nous avons tellement de protocoles gouvernant la recherche à effectuer, que nous nous infligerions un fardeau supplémentaire si nous révisions nos propres propositions de recherche».</p>
<p>Quant à l’ex-vice-principal à la recherche et aux relations internationales, Denis Thérien (en poste au moment de l’entrevue), il se contente d’affirmer que McGill doit aligner ses politiques de recherche sur celles des autres universités canadiennes membres du réseau G-13 [NDLR: le regroupement des treize universités canadiennes les plus actives en recherche au Canada]. Tel que dénoncé ardemment par la sénatrice des arts Sarah Woolf, cette prise de position «reviendrait à faire un pas en arrière, ce qui démontrerait le manque de leadership de la part de l’établissement. McGill essaie d’être un pôle de recherche aussi attrayant pour les bailleurs de fonds de la recherche que le sont les autres membres du G-13, et cela au détriment de notre éthique».</p>
<h4>Jusqu’où doit-on permettre la liberté universitaire?</h4>
<p>Le motif le plus souvent évoqué pour justifier une opposition à l’encadrement éthique de la recherche est celui de la liberté académique. C’est le parti pris que propose Denis Thérien, également vice-président à la recherche du G-13, à son homologue de l’Université Western qui a fait face, lui aussi, à la pression des étudiants de son propre établissement. M. Thérien affirme que: «la liberté universtaire commande que [...] l’on maintienne le droit de nos professeurs de poursuivre la recherche telle qu’ils jugent bon de le faire et que nous nous opposions à toute restriction de ce droit». Ainsi, l’un des fondements de notre système universitaire veut que les chercheurs soient libres de diriger leurs travaux en toute impunité.</p>
<h4>La responsabilité d’un chercheur par rapport à ses propres travaux</h4>
<p>La direction de McGill prétend qu’il est impossible de déterminer quelles recherches peuvent avoir des conséquences négatives pour la vie humaine. L’argument du G-13 reprend cet élément: «Il est souvent extrêmement ardu d’établir un lien de cause à effet entre la recherche militaire et lanuisance de leurs impacts. D’une part, dans le passé, de nombreux projets de recherche non-militaire ont été par la suite adaptés à une utilisation militaire. D’autre part, de nombreux projets de recherche militaire ont apporté des bénéfices considérables à la société.»</p>
<p>Pourtant, l’idée selon laquelle il y aurait une séparation claire entre le développement d’une technologie et son utilisation ne tient pas la route. Tel que démontré par le professeur d’histoire des sciences Robert Proctor dans <em>Value-free Science</em>?, «tout peut être utilisé à bon ou mauvais escient, mais dans le cas de systèmes hautement complexes, les produits sont habituellement conçus pour servir un but précis. Comment peut-on utiliser à bon escient un missile ou une bombe nucléaire? […] Certes, les fusils ne tuent pas les gens, les gens tuent d’autres gens. Par contre, peut-on être surpris lorsqu’une société qui s’entoure d’armes à feu en fasse l’utilisation?»</p>
<h4>La responsabilité d’agir</h4>
<p>Lorsque la finalité est de développer des technologies spécifiques, les chercheurs ne peuvent en aucun cas se départir des conséquences de leurs travaux et doivent en assumer la responsabilité. Lorsqu’une étude universitaire s’effectue au profit de l’armée, soit la seule institution publique qui se spécialise dans l’utilisation de la violence, il est indéniable que ces applications peuvent avoir des impacts sociaux dévastateurs. Il est donc crucial qu’elle fasse l’objet d’un examen approfondi par la communauté universitaire avant d’être autorisée à aller de l’avant. À tout le moins, il est tout à fait irresponsable qu’une université occulte sa responsabilité quant aux répercussions de ses activités de recherche sur la société qui l’entoure.</p>
<p>Lors du vote au sénat la semaine dernière, McGill aurait été en mesure de préserver son rôle de leader du milieu académique canadien en maintenant un minimum de transparence et un souci d’évaluation éthique de ses activités de recherche. L’administration a préféré ignorer le militantisme historique à l’origine de la politique d’encadrement de recherche précédente, d’hausser les épaules et de convenir que l’université doit «aligner ses pratiques sur celles des établissements avec lesquelles elle est en compétition pour l’obtention de financement».</p>
<p>Le message est clair: le corps militaire et ses contractants producteurs d’armement sont plus que jamais les bienvenus à McGill. La prestigieuse institution confirme qu’elle demeure à leur entière disposition pour développer discrètement, et en échange de gros dollars, les technologies nécessaires à la mise au point de leurs nouveaux outils de guerre toujours plus dévastateurs.<br/><br/></p>
<p class="boiteg">Pour en apprendre davantage sur l’histoire de la recherche militaire à McGill, visitez : <a href="http://www.demilitarizemcgill.wordpress.com">www.demilitarizemcgill.wordpress.com</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/la-recherche-universitaire-et-l%e2%80%99armement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le fin mot de l’histoire</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/le-fin-mot-de-l%e2%80%99histoire/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/le-fin-mot-de-l%e2%80%99histoire/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:52:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Dufresne</dc:creator>
				<category><![CDATA[éditorial]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3143</guid>
		<description><![CDATA[C’est la larme à l’oeil mais le poing toujours brandi bien haut que l’équipe 2009-2010 du Délit vous souhaite de passer un été des plus inspirés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les fondateurs du <em>Délit français, back in 1977</em>, auraient-il espéré dans leurs rêves les plus fous voir leur progéniture traverser les années jusqu’à atteindre l’âge adulte? Difficile à dire&#8230; Né dans un contexte pour le moins houleux marqué par les tensions linguistiques, et ayant trouvé sur son chemin de nombreux écueils allant des déchirements internes explosifs jusqu’à l’indifférence presque complète des lecteurs, <em>Le Délit</em> aurait pu rendre l’âme à bien des moments de son histoire. Et pourtant, contre vents et marées, on a fini par y arriver: ce numéro clôt la 33e année d’existence du <em>Délit</em>. Ce n’est pas peu dire, car voilà qu’on a atteint l’âge vénérable du Christ lui-même. Ne reste qu’à espérer qu’on n’aura pas à subir tout le flafla du chemin de croix, crucifixion, résurrection, et alouette pour vous revenir en force pour une 34e saison.</p>
<h4>Transformer l’eau en vin</h4>
<p>Justement, parlant de chemin de croix, la Sainte-Trinité du <em>Délit-Daily-SPD</em> vient de s’en éviter un (pardonnez la métaphore pascale un peu tirée par les cheveux). En effet, la majorité des étudiants qui ont voté ont choisi de renouveler leur support à la <em>Société des publications du Daily</em> (la <em>SPD</em>), qui publie Le Délit et le Daily en lui accordant une contribution supplémentaire de 1$ par session. Chers membres de la em&gt;SPD (vous l’êtes tous, si vous êtes inscrits à McGill), soyez assurés que ce dollar supplémentaire prélevé dans votre portefeuille sera utilisé à bon escient. <em>Le Délit</em> et le <em>Daily</em> ont toujours déployé toutes leurs énergies à produire des journaux de qualité, pertinents et originaux –et croyez nous sur parole, ça tient parfois du miracle tant on tente d’en faire beaucoup avec si peu. Les deniers supplémentaires nous permettront de maintenir un même niveau de qualité tout en maintenant notre indépendance journalistique face aux annonceurs –une combinaison qui se fait de plus en plus rare de nos jours. De surcroît, ces ressources nous permettront de prendre le virage numérique, et ainsi d’assurer notre survie à long terme dans le monde de l’information en pleine mutation.</p>
<h4>Le seul journal francophone de l’Université McGill</h4>
<p>Si les étudiants ont réaffirmé leur support à la presse étudiante indépendante, ce n’est malheureusement pas le cas de l’administration de McGill. Pendant que vous lisiez béatement nos pages au courant de l’année, une série de lettres et de coups de téléphones s’échangeaient en coulisses entre la <em>Société des publications du Daily</em> et l’administration. Ces derniers se font pointilleux sur tout ce qui pourrait associer de près ou de loin les deux publications et l’Université McGill. Leur insistance à se dissocier du <em>Délit</em> et du <em>Daily</em> est parfois si pesante qu’elle peut parfois ressembler à une volonté de mettre des bâtons dans les roues à des institutions étudiantes pourtant établies de longue date. Les journaux étudiants ont toujours fait partie de l’écologie des campus universitaires; ils y jouent un rôle unique, indispensable à l’éclosion d’une expérience étudiante riche et diversifiée. L’administration aurait tout avantage à supporter les initiatives de ses étudiants plutôt que de les accabler de démarches coûteuses en temps et en énergie. Cette tendance ne date pas d’hier (nombre de groupes et clubs ont été sommés de retirer «McGill» de leur nom officiel dans les dernières années).</p>
<p>En entrevue avec <em>Le Délit</em> plus tôt cette année, Morton Mendelson, le même qui signe les lettres (rédigées en anglais –est-ce pour ajouter l’insulte à l’injure?!) envoyées au <em>Délit</em>, affirmait que «la chose la plus importante pour McGill est la qualité de ses étudiants», et que l’Université «veut aider ses étudiants tant sur le plan intellectuel que personnel». Ces beaux principes ne seraient-ils que façade qui s’écroule lorsque vient le temps d’appuyer les initiatives étudiantes qui permettent de créer du lien social, d’exprimer nos besoins, de façonner notre environnement immédiat, de mettre nos valeurs et nos apprentissages en actions, de sortir le nez de nos livres pour se frotter au «vrai monde» –bref, de se développer «tant sur le plan intellectuel que personnel»?</p>
<p>L’écart flagrant entre le discours et les actes de l’administration mcgilloise est tel qu’on peut légitimement se questionner sur leurs réelles motivations. L’administration se préoccupe-t-elle réellement de la qualité de vie de ses étudiants, ou plutôt de sa réputation corporative? Tant qu’à nous, le fardeau de la preuve est dans le camp de l’administration.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Trente-trois ans plus tard, les écueils n’ont donc pas disparus de l’histoire du <em>Délit</em>. Malgré cela, nous avons fait de notre mieux pour faire honneur à la tradition, et nous sommes ainsi échinés toute l’année à vous livrer, semaine après semaine, une nouvelle édition de cet improbable miracle qu’est <em>Le Délit</em>, journal étudiant francophone et indépendant en plein bastion de l’anglophonie montréalaise qu’est McGill. C’est donc avec un inévitable pincement au coeur que l’équipe 2009-2010 vous livre ce dernier <em>opus</em> qui se languira sur les présentoirs sous les grandes chaleurs de l’été qui s’amorce. Vous pourrez le lire et le relire avec délectation et ce, jusqu’à ce qu’une nouvelle génération de fervents «Déliites» reprenne le flambeau (que nos bras meurtris leur tendent bien haut) en septembre prochain. C’est un rendez-vous!</p>
<h2>merci</h2>
<h3>«Le Délit, c’est vous.»</h3>
<p>On le répète souvent: l’existence d’un journal francophone sur le campus de McGill tient véritablement du miracle. Il ne saurait se répéter semaine après semaine sans l’immense contribution en temps et en énergie de tous ses artisans. À tous ceux et celles qui ont contribué, de près ou de loin, à faire du Délit un journal étudiant toujours plus pertinent et de meilleure qualité: <strong>merci</strong>.</p>
<h4>Collaborateurs</h4>
<p>Bertrand Achou, Julien Adant, Marek Ahnee, Andréa Alary-Hoffman, Vincent Allaire, Eric Andrew Gee, Radey Barrack, Marie-France Barrette, Adrien Baudet, Marion Béchéri, Hugues D. Bergeron, Vladislav Bezrukov, Laetizia Binda-Partensky, Elisabeth Boulanger, Jean-Thomas Brière, Terence Byrnes, Geneviève Chantal-Hébert, Martine Chapuis, Erwan Cloarec, Anabel Cossette-Civitella, Laurence Côté-Fournier, Miruna Craciunescu, Guillaume D. Cyr, Geneviève Dauphin, Maxyme G. Delisle, Mélanie Devirieux, Victor Diaz Lamich, Anne-Sophie Doré, Marie-Lise Drapeau- Buisson, Daniel Dubois, Samuel Dubois, Ralph Elawani, Edouard d’Espinay Patricio, Frédéric Faddoul, Klaus Fiedler, Laurence Fredette-Lussier, Jude Freeman, Zoé Gagnon-Paquin, Audrey Gauthier, Fiona Gédéon Achi, Marlène Gélineau-Payette, Raphaël Girard, Niko Goldberg, Marie- France Guénette, Marie-Claude Hamel, Jean-François Hamelin, Habib Hassoun, Laure Henri-Garand, Valérie Héon, William Hodgson, Emanuelle Jacques, Christophe Jasmin, Stéphanie Jasmin, Christophe Jivraj, Bicky Jones, Maese Jose, Miori Lacerte- Lamontagne, Adaée Lacoste, Mylène Lafrenière Abel, Constance Lahuna, Rolline Laporte, François Lapperrière-Racine, Annick Lavogiez, Geneviève Lavoie-Mathieu, Louise Leblanc, François LeClair, Samuel Leduc-Frenette, Eve Léger-Bélanger, Francis Lehoux, Guy L’Heureux, François Le Moine, Jeremy Leopold-Metzger, Annie Li, Kevin Ly, Yanick Macdonald, Justin Margolis, Véronique Martel, Matt May, Daniel Mayer, Marie McCulloch, Margaux Meurisse, Philippe Morin, Ben Ngai, Urooj Nizami, Samuel Pagé-Plouffe, Hannah Palmer, Karine Patry, Xavier Peich, Xavier Phaneuf-Jolicoeur, Daphné B. Pilon, Xavier Plamondon, Catherine Renaud, Jacqueline Riddle, Maya Riebel, Barry Russell, Marie- Odile Samson, Véronique Samson, Zayaan Schock, Julien Stout, Aurélie Sykes, Philippe Teisceira-Lessard, Mathilde Touret, Sara Traore, Michael Vahrenwald, Catherine Viens-Labeaume, Audrey Wilhelmy, la Clinique d’information juridique de McGill, la Commission des Affaires francophones et l’Institut du nouveau monde.</p>
<h4>Équipe de rédaction</h4>
<p>Claudine Benoît-Denault, Vincent Bezault, Émilie Bombardier, Éléna Choquette, Julie Côté, Catherine Côté-Ostiguy, Rosalie Dion-Picard, Guillaume Doré, Stéphanie Dufresne, Emma Ailinn Hautecoeur, Anthony Lecossois, Amélie Lemieux, Julie Leroux, Jimmy Lu, Alexandre Ruiz de Porras Guédon, Mai-Anh Tran-Ho et Julie Turcotte.<br />
<a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/delit-equipe-nb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3144" title="delit-equipe-nb" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/delit-equipe-nb.jpg" alt="" width="440" /></a><br />
Votre dévouée équipe édioriale (et collaborateurs dévoués), dans l&#8217;ordre: Anthony, Jimmy, Vincent, Xavier Plamondon, Amélie, Guillaume, Julie (Leroux), Mai-Anh, Anabel<br />
Cossette-Civitella, Claudine, Stéphanie, Éléna, Émilie, Catherine et Emma (étaient absents: Julie Côté, Rosalie Dion-Picard, Alexandre de Porras Guédon et Julie Turcotte).</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/le-fin-mot-de-l%e2%80%99histoire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Hausse risquée</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/hausse-risquee/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/hausse-risquee/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:32:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Éléna Choquette</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3140</guid>
		<description><![CDATA[Tous les partis concernés par l’éducation au Québec ne s’entendent pas sur la façon dont elle devrait être financée.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le montant exigé des étudiants pour leur éducation post-secondaire continue de faire couler beaucoup d’encre. <em>Le Délit</em> dresse en cette fin de session le portrait des solutions proposées par les différents acteurs en présence, des événements de la dernière session et des dossiers à surveiller l’an prochain.</p>
<h4>Le financement étudiant</h4>
<p>La hausse des frais de scolarité de la Maitrise en Administration des Affaires (MBA) de l’Université McGill illustre bien la possibilité de pallier aux déficits des facultés en se défaussant de la facture sur les étudiants. En janvier dernier, le programme de gestion a annoncé une hausse des frais de scolarité de plus de 1600%, faisant passer le coût d’inscription au programme de 1673$ à 29 500$ en un an. Dans une lettre adressée à la rectrice de l’université  McGill, datée du 15 janvier 2010, la ministre de l’Éducation, des loisirs et des sports, Michelle Courchesne pointe du doigt la décision prise par l’institution académique d’être allée de l’avant avec une telle hausse, puisqu’elle «contreviendrait à l’accessibilité de l’éducation».</p>
<p>McGill se défendait pourtant de réserver 4000$ des 29 500$ à l’aide financière, rendant le programme accessible au 20% qui en a véritablement besoin. La situation inquiétait alors le président de la FEUQ, en cela que cette hausse de frais risque d’encourager d’autres établissements universitaires à emboîter le pas de la hausse.</p>
<p>Les étudiants s’étaient formellement opposés au modèle d’autofinancement tel que suggéré par le programme du MBA. Une motion adoptée en Assemblée générale mandate l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) pour faire pression auprès de l’administration universitaire, des gouvernements provincial et fédéral contre une telle modulation des frais de scolarité, en particulier pour les programmes universitaires à vocation plus professionnelle, tels le droit, la médecine, la dentisterie et l’ingénerie. D’ailleurs, le Pacte pour le financement concurrentiel des universités, signé à la début mars par une quinzaine de personnalités publiques promeut notamment le maintien du niveau actuel du financement public et un déplafonnement des frais de scolarité. La FECQ trouve irréfléchies les idées et les solutions véhiculées par ce texte. «Déplafonner les frais de scolarité amènera une baisse des inscriptions, et bloquera l’accès à l’université aux jeunes de la classe moyenne inférieure», arguait le président de la FECQ. Selon la TaCEQ, le Québec fait déjà face à un problème endémique de décrochage, et une application des principes du pacte ne ferait qu’aggraver la situation. En revanche, le ministre des Finances, M. Raymond Bachand, et la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Mme Michelle Courchesne, en ont pris connaissance avec intérêt. «Ce document reprend de nombreuses idées et propositions entendues dans le cadre des consultations pré-budgétaires et lors de la Rencontre économique 2010», a affirmé le ministre des Finances.</p>
<p>De plus, dans une étude réalisée par Valérie Vierstraete, économiste à l’Université de Sherbrooke, il est énoncé que les étudiants québécois disposent d’un revenu personnel moins élevé et la génération de leurs parents a moins fréquenté l’université que dans les autres provinces canadiennes, deux facteurs qui ont un effet négatif sur la poursuite des études des jeunes. Ainsi, les étudiants québécois seraient plus sensibles à une hausse du coût de l’éducation que leurs homologues canadiens.</p>
<h4>Le financement corporatif</h4>
<p>En réponse à des coupures budgétaires significatives, le Département des Sciences de la terre et des planètes de McGill a fait campagne dans les dernières années pour renflouer ces coffres. La corporation minière Osisko a répondu par la signature d’un contrat de 4,1 millions de dollars. Certains craignent que les dons puissent devenir une avenue supplémentaire pour la formation professionelle intéressée. Les 4 millions servant notamment à l’emploi de deux professeurs en géologie économique, certains s’inquiétent que, dans la cas d’Osisko, le Département ne fasse plus que «assurer l’avenir de l’industrie», comme l’écrivait le président et chef de la direction d’Osisko, par voie de communiqué. D’autres redoutent des brêches à l’éthique.</p>
<h4>Le financement fédéral, et provincial</h4>
<p>À travers une mobilisation sur la colline parlementaire, les fédérations étudiantes (FEUQ et FECQ) réclamaient d’Ottawa un transfert en vue d’un réinvestissement en aide financière aux études, notamment les 118M$ qui, selon eux, «revenaient de droit aux étudiants québécois». En réponse, le ministre fédéral Christian Paradis annonçait un transferts de 125 millions de dollars vers la capitale québécoise. L’argent n’est toujours pas entre les mains des étudiants, selon la FEUQ.</p>
<p>En ce qui concerne les solutions au sous-financement chronique des universités québécoises, on envisage ainsi une hausse des frais de scolarité (modulée ou non), des donations privées, ou un plus grand financement public. Les bénéfices et dangers de ces différentes solutions seront d’ailleurs discutés par Maître Julius Grey, professeur à la faculté de droit de l’université McGill, Françoise David, porte-parole de Québec Solidaire lors d’un panel qui se tiendra ce mercredi 31 mars entre 14 et 16 heures, dans le Lev Buckham du bâtiment Shatner.</p>
<p>Pour plus d’informations, visitez <a href="http://ssmu.mcgill.ca/tuition">ssmu.mcgill.ca/tuition</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/hausse-risquee/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Courons solidaires</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/courons-solidaires/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/courons-solidaires/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:22:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fiona Gedeon-Achi</dc:creator>
				<category><![CDATA[exclusif web]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3178</guid>
		<description><![CDATA[Vous comptiez participer au semi-marathon, organisé par la Banque Scotia à Montréal, le dimanche 18 avril 2010, ou même venir soutenir ses coureurs?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ingénieurs Sans Frontières Canada (ISFC) a mis sur pied une nouvelle étape de sa Course contre la Pauvreté, donnant ainsi une envergure internationale à ces semi-marathons. Effectivement, dans les semaines à venir, une course semblable aura lieu au Ghana. Le projet consiste à unir les deux continents, Amérique et Afrique, dans la lutte contre l’extrême pauvreté. Cette initiative s’inscrit dans une volonté partagée par de nombreuses organisations non-gouvernementales qui souhaitent faire du développement un projet collectif. Cette visée rassemble l’envie d’aider, le savoir faire, le dynamisme et la créativité à la fois des canadiens et des citoyens africains. L’événement est ouvert à tous , et les coureurs sont invités à sensibiliser leur entourage et à effectuer une levée de fonds. Pour celles et ceux qui ne souhaitent pas transpirer, il est aussi possible de commanditer les coureurs! Comme l’exprime Anaïs Couasnon, membre d’ISF McGill, «La Course contre la Pauvreté vise à soulever un puissant sentiment de solidarité afin que tous ressentent la nécessité d’agir. Elle vise également à faire comprendre aux jeunes le rôle crucial qu’ils y ont à jouer».<br/><br/></p>
<p class="boiteg">
Informations : <strong>Marathon Banque Scotia, Montréal</strong><br />
Dimanche 18 avril 2010<br />
<a href="mailto:mcgill@ewb.ca">mcgill@ewb.ca</a><br />
<a href="http://www.runtoendpoverty.ca">www.runtoendpoverty.ca</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/courons-solidaires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Bilan du français à McGill</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/bilan-du-francais-a-mcgill/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/bilan-du-francais-a-mcgill/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:17:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Marsolais-Ricard</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Capsule d'information de la CAF]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3136</guid>
		<description><![CDATA[L’heure est aux rétrospectives et la Commission des Affaires Francophones (CAF) se penche donc sur ses accomplissements, mais surtout sur le chemin qu’il reste à tracer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’heure est aux rétrospectives et la Commission des Affaires Francophones (CAF) se penche donc sur ses accomplissements, mais surtout sur le chemin qu’il reste à tracer.</p>
<h4>Bilinguisme à McGill</h4>
<p>Cette année, la Francofête a connu un engouement sans précédent, mais peuton dire que le bilinguisme se porte mieux à McGill? Certes, autant par la participation de Justin Trudeau à notre table ronde que par le succès de notre traditionnel vin et fromage, ces dix jours de célébration et de réflexion sur le français ont permis d’effectuer un pas de plus vers la reconnaissance du bilinguisme à McGill. Toutefois, même si plusieurs choses ont changé dans les dernières années, la CAF aspire à plus au point de vue de l’intégration du français au sein de notre université. Par exemple, bien que la modification de la Loi 15, permettant aux étudiants de remettre tout travail écrit en français, ait été un acquis considérable, sa mention dans tous les plans de cours est une autre histoire. Ainsi, la clause à cet effet demeure absente de plusieurs plans de cours, un lacune que la CAF espère pouvoir combler au cours de la prochaine année.</p>
<h4>Travail auprès de l’administration</h4>
<p> Le Groupe d’étude de la principale sur la diversité, l’excellence et l’engagement communautaire a été une belle occasion pour la CAF d’entrer en contact avec l’administration. Ainsi, nous avons pu proposer des mesures concrètes au potentiel innovateur visant à renforcer la place du français au sein de McGill. Les membres du Groupe d’étude ont été d’ailleurs réceptifs aux aspirations de la CAF. En effet, ceux-ci considèrent nos suggestions comme pertinentes. Ils ont également tenté de répondre à certaines préoccupations économiques en proposant d’autres solutions. De ce fait, la relation de la CAF avec l’administration semble évoluer positivement. Quoi qu’il en soit, nous espérons que celle-ci saura aller au-delà, en tentant d’établir également une meilleure communication avec d’autres étudiants impliqués dans la vie universitaire francophone.</p>
<h4>Statut linguistique de McGill</h4>
<p>La CAF note une certaine déconnection de l’Université McGill d’avec sa population locale immédiate, le Québec. Voyant que le pourcentage d’étudiants francophones à McGill a diminué sans cesse au cours des dernières années, nous constatons un éloignement progressif entre la population francophone du Québec et l’Université McGill. Face à ce problème, il nous paraît essentiel que McGill redouble d’efforts quant à l’intégration du français et ce, autant au sein du curriculum –notamment par l’ajout de cours en français comme nous l’avons proposé lors du Groupe d’étude– que par le biais de la vie étudiante. Or, de tels efforts bénéficieraient non seulement aux francophones mais également aux anglophones et allophones qui désirent développer leur apprentissage de la langue française.</p>
<p>Une fois encore, nous vous invitons à nous faire part de vos questions et commentaires à caf@ssmu.mcgill.ca. Pour plus d’informations sur la CAF, vous pouvez également consulter notre page Facebook ou notre site internet: <a href="http://ssmu.ca/caf">ssmu.ca/caf</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/bilan-du-francais-a-mcgill/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>-</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/3133/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/3133/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:12:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre, Le Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[sommaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3133</guid>
		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/3133/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Prose-moi ça&#8230; ou pas!</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/prose-moi-ca-ou-pas-3/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/prose-moi-ca-ou-pas-3/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:11:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Valérie Héon</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-culture]]></category>
		<category><![CDATA[Prose-moi ça! Ou pas.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3166</guid>
		<description><![CDATA[Lorsque la technologie m’emmerde]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est en voyant une fill e dans la vingtaine lire sur un support électronique dans le métro que j’ai compris ce à quoi les librairies si chères à mes yeux feront face: l’extinction. Entre les pandémies de produits Apple (iPod fluos waterproof, iPod Touch je-change-mon-statut-facebookquand- je-veux et iPhone bientôt démontable et rétractable) et les vieilles étagères poussiéreuses de la librairie usagée du coin, il existe un monde. C’est l’affrontement de l’accessibilité rapide et avilissante contre la contemplation des jours heureux, avec tout ce qu’on laisse derrière soi: un héritage qui n’a pas de prix.</p>
<p>On m’a parlé dernièrement de ce nouveau «bijou» de Sony, en vente chez Archambault pour la modique (et regrettable) somme de 200$ (plus taxes, ça va de soi). «Le lecteur de livre numérique de poche SonyMD tactile permet aux lecteurs d’accéder à jusqu’à 350 de leurs livres favoris en tout lieu.» Plutôt efficace. Deux semaines de lecture pour un changement de pile, l’accès à plus de 500 000 titres gratuits sur Google, une encre similaire à celle sur papier, et il peut même être consulté au soleil! Que demander de mieux?Moi, je veux des pages froissées et décolorées, l’odeur des années qui s’évapore à la lecture, des dédicaces de gens que je ne connais pas mais qui m’émeuvent, des commentaires illisibles dans les marges, des taches de café me rappelant qu’il est si bon de lire en après-midi sur une terrasse ensoleillée… Je suis de ceux qui pensent que le livre a son passé, son histoire, son futur, sa matière propre et unique. Les livres et moi nous communions, nous conversons, nous nous énervons parfois (quand les pages partent au vent, par exemple).</p>
<p>J’entends déjà les avant-gardistes immodérés me rappeler à l’ordre en soulevant tous les bienfaits de cette découverte pour le moins révolutionnaire en termes d’argent, de temps, d’espace et d’environnement. Certes, en utilisant le SonyMD de poche je sauve quelques milliers d’arbres (qui, de toute façon, seront utilisés pour construire leur prochain bungalow), je fais de la place dans mon sous-sol pour ma prochaine télévision plasma cinquante pouces et je m’évite de me retrouver coincée dans le métro à l’heure de pointe avec pour seule munition mon petit livre de poche folio de 200 pages, mais je diminue aussi les ventes d’auteurs déjà paumés.</p>
<p>Ce qui m’indigne le plus dans toute cette histoire, c’est l’appel à la disparition des librairies. Comment concevoir la mort de ces endroits mythiques (et je ne parle pas du Renaud-Bray) au profit d’une visite solitaire sur mon petit écran tactile? Le silence des rangées oubliées, le vieux plancher qui craque, les regards de ceux qui partagent votre visite, les discussions inusitées, la joie de découvrir ce livre que vous cherchiez comme une folle dans tout Montréal… Je ne me vois surtout pas engager la conversation avec une fille recluse dans un coin sombre du wagon de métro: «Tu lis quoi? Tu aim…oh pardon! C’est ma station!» Pathétique.</p>
<p>Qu’on se le tienne pour dit, tant que les librairies survivront, je mépriserai du regard tout individu portant sur lui de la lecture électronique pour emporter. L’été arrive, le temps des grands airs, des matinées sur le balcon, des après-midis dans les petits cafés, des soirées au bord de l’eau, le livre à la main. L’authentique livre à la main. Il n’y a pas de «ou pas». L’authentique livre à la main, point final. Bonne lecture!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/prose-moi-ca-ou-pas-3/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Donner voix aux mots</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/donner-voix-aux-mots/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/donner-voix-aux-mots/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 19:07:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annie Li</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3163</guid>
		<description><![CDATA[Le Studio littéraire tente, par une série de lectures publiques, de donner vie sur scène à plusieurs textes littéraires, à la Cinquième Salle de la Place des Arts]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une fois par mois, toujours un lundi, le Studio littéraire invite un artiste à lire une oeuvre sélectionnée pour l’occasion. Le 22 mars dernier, c’était au tour de la comédienne Anne-Marie Cadieux de nous livrer les mots de l’écrivaine Catherine Mavrikakis.</p>
<p>La force et la richesse de la soirée ont véritablement reposé sur le quatrième roman de Catherine Mavrikakis, <em>Le Ciel de Bay City</em>, pour lequel l’auteure a remporté le Grand prix du livre de Montréal, le Prix littéraire des collégiens et le Prix des libraires du Québec. Des récompenses amplement méritées, tant pour la forme que le fond du texte. Catherine Mavrikakis y aborde habilement la grande Histoire à travers la petite, exposant les souvenirs de la narratrice issus de son enfance au Michigan. Au fil des pages reviennent constamment trois thèmes: l’Amérique, le mal de vivre et la mort.</p>
<p>Le lecteur est confronté aux difficultés d’une famille de Juifs émigrés, pour qui l’Amérique représente véritablement un Nouveau monde. Là, toutes les horreurs vécues au temps de la guerre sont enfouies sous des montagnes de vacuités banlieusardes débordantes de joie: K-Mart, sécheuse, vaporisateur Glad, enfants asthmatiques, GM, Ford, arbres chétifs, bungalows-bunkers, fesses collées au sofa du <em>TV room</em>. À travers cela, c’est le mal-être de l’héroïne qui transparaît. L’héritage refoulé de la Shoah n’est pas étranger à ce mal de vivre: effluves des camps, Auschwitz, impuissance et déni d’un héritage juif hantent la vie de la narratrice. <em>Le ciel de Bay City</em>, c’est une écriture efficace, des mots redoutables, des phrases posées, une structure équilibrée, c’est un ciel «mauve saumâtre» qui nous poursuit longtemps.</p>
<p>La série de lectures publiques du Studio littéraire a débuté en janvier 2003 sous la direction de Michelle Corbeil et de Stéphane Lépine. La volonté de propager la littérature par la voie orale, une tradition qui se perd peu à peu en Occident, est louable et permet au spectateur de faire voyager son imaginaire, dégustant un à un les mots racontés.</p>
<p>Il faut toutefois souligner que la lecture d’Anne-Marie Cadieux était plutôt statique. La comédienne était assise à une table en bois massive, placée en plein milieu de la scène, avec une lampe et un verre d’eau pour toute mise en scène. On pourrait compter sur les doigts d’une main le nombre de fois que la lectrice a daigné lever le nez de son livre pour jeter un coup d’oeil vers le public. Si les intonations et l’expression de la comédienne étaient justes, presque sans accrochages, et suivaient bien le texte, ils étaient également sans surprise et l’interprétation a été d’un calme plat pendant les cinquante-sept pages lues, à l’exception d’un bref refrain chanté <em>a capella</em>. Une lecture qui ne rendait pas justice au talent scénique certain dont Anne-Marie Cadieux sait faire preuve, ni au texte de Mavrikakis. Bien que l’actrice ait voulu s’effacer pour laisser toute la place à l’essence des mots, son minimalisme ne parvient pas à séduire le public.</p>
<p>À l’ère des films en 3D, il est tout de même réconfortant de savoir que le Studio littéraire ose nous ramener au plaisir simple de la lecture, laissant toute la place à une voix claire et à une histoire authentique et touchante de coeurs écorchés et de mise à nu. Il est bon de déguster tranquillement un roman dans un monde d’émotions à la sauce prêt-àporter.<br/><br/></p>
<p class="boiteg">Prochaines lectures publiques du Studio littéraire:<br />
René-Daniel Dubois lit Albert Camus (12 avril)<br />
Carte blanche à Dany Laferrière (10 mai).<br />
<strong>Coût:</strong> 10$ étudiant</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/donner-voix-aux-mots/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Billets de scalper</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/billets-de-scalper/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/billets-de-scalper/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 18:52:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Morin</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Billets de scalper]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3159</guid>
		<description><![CDATA[Manifeste pour les coups à la tête]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Catherine Pogonat signait la semaine dernière un beau billet, un «Manifeste pour le bruit». Elle en appelait à plus de mouvement, de folie dans la ville, notamment dans le Quartier des spectacles. Selon elle, les plaintes de résidents et les interventions de la police rendaient la ville plate.</p>
<p>Plus près de nous, dans le cadre de l’émission de radio que j’animais à CKUT, j’ai reçu un membre de l’équipe de <em>quidditch</em> de McGill. Oui, oui, <em>quidditch</em>, le jeu de balais dans Harry Potter. L’idée d’imiter des personnages d’Harry Potter en courant après quelqu’un en lycra jaune en tenant un balai entre ses jambes est complètement débile. Débile, mais je l’aime bien. Et c’est un peu ce qui manque à ce campus: de la folie, de l’exubérance.</p>
<p>Je n’aime pas faire mon donneur de leçons, donc je ne vous critiquerai pas. Disons que c’est une autocritique. Nous sommes plates. Sédentaires. Solitaires.</p>
<p>Cet hiver, en revenant d’une marche sur le Mont-Royal, je passe par les résidences. Une vision mignonne: de gentils petits étudiants mcgillois jouent au hockey. Ça m’a attendri. J’ai été m’acheter des patins pour finalement comprendre que dorénavant l’hiver montréalais ne dure que deux mois.</p>
<p>Mais au-delà de cette constatation déprimante, force est de constater que la spontanéité liée au fait de se rendre au terrain de basket ou sur une glace extérieure et de rencontrer des amis improvisés avec qui se défouler momentanément, a quelque chose de profondément humain et social. C’est un réseau social.</p>
<p>Vous avez vu la finale de hockey olympique masculin? Avez-vous remarqué les visages des pauvres joueurs américains en recevant leur médaille d’argent? Des larmes. Il y avait quelque chose de magnifique dans cette image. Pas tant de voir des Américains pleurer mais de voir ces professionnels si tristes à cause d’une <em>puck</em>.</p>
<p>Or, la lutte politique, les mouvements sociaux, c’est un peu comme le hockey <em>pick-up</em>. On y entre souvent sans trop savoir exactement ce qui nous attend. On y fait des rencontres, bonnes et mauvaises. On s’investit. On se défonce. Et on pleure. Pas en mettant un «Vous aimez» sur facebook. Pour le vrai. C’est d’ailleurs pour comprendre les larmes des anarchistes que Francis Dupuis-Déri a écrit Lacrymos. <em>Récits d’anarchistes face aux pleurs</em>, un livre qui sera probablement très rafraîchissant. Il y a quelques années une amie me parlait de l’étrange sentiment cathartique qu’elle avait ressenti dans une manifestation. L’énergie collective, la puissance qui s’en dégage, provoquent un réel <em>buzz</em>. C’est le même phénomène que m’ont décrit des amis qui étaient à l’UQAM pendant la grève de 2005. Une intensité des relations humaines inouïe couplée à la tentative de parvenir à un monde plus juste, du moins pour l’accessibilité aux études.</p>
<p>Micah White, un auteur du magazine <em>Adbusters</em>, écrivait récemment un autre billet contre l’activisme virtuel. Il y citait ces beaux mots de Micheal Hardt, «la révolution est une transformation de la nature humaine qui rend possible une transformation de la société».</p>
<p>Essayez pour voir. Faites du sport mais surtout engagez-vous pour «changer la vie». Vous en sortirez transformés.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/billets-de-scalper/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Re: «We don’t need no education»</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/re-%c2%abwe-don%e2%80%99t-need-no-education%c2%bb/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/re-%c2%abwe-don%e2%80%99t-need-no-education%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 18:44:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre, Le Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre ouverte]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3153</guid>
		<description><![CDATA[Lettres ouvertes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À plusieurs occasions, j’ai observé la curiosité et l’empathie du professeur Norman Cornett pour ses sujets, qualitées traduites par Alanis Obomsawin dans son film <em>Professeur Norman Cornett</em>: «Depuis quand différencie-t-on la bonne réponse d’une réponse honnête?» La spiritualité, l’art, la science et la politique exigent pour leur compréhension profonde des approches inédites et ouvertes à la complexité préconisées par le professeur. L’université est un lieu d’éducation à cette ouverture et il est surprenant que les pédagogues qui s’aventurent dans des voies hors du commun soient sanctionnés sans explication par une institution dite de «savoir» comme l’Université McGill.</p>
<p style="text-align: right;"><em>- MJ Musiol</em></p>
<p><br/></p>
<p>J’ai vu le documentaire deux fois à la cinémathèque et à McGill, bien que je ne sois pas une étudiante de McGill.</p>
<p>J’ai rencontré le Dr Cornett dans le milieu des arts au Gésu, au Belgo lors de mon vernissage et plusieurs fois et grâce à lui j’ai fais des rencontres exceptionnelles –comme celle du sculpteur John Greer– des rencontres fascinantes, enrichissantes et très humaines. Grâce à lui et à sa méthode de dialogue je me sens transformée, j’ouvre toutes les portes que j’avais peur d’ouvrir, je suis devenue 100% moi-même et je baigne dans la joie.</p>
<p>J’aurais aimé avoir un prof comme lui! Je ne comprends pas pourquoi le Dr Cornett a été congédié. Pour moi, il est une personne exceptionnelle que l’on gagne à connaître car  il est authentique.</p>
<p>Ce documentaire m’a touchée au coeur, m’a bouleversée; je vous invite à le voir et à ouvrir le Dialogue…</p>
<p style="text-align: right;"><em>- Sylvie Carole Turcotte</em></p>
<p><br/></p>
<p>J’ai assisté à deux classes du professeur Cornett avant qu’il ne soit congédié de façon si peu éthique. J’ai été étonnée par le degré et la qualité de la participation des étudiants dans la classe. Il y avait un tel engagement, une telle vitalité dans la classe. Je m’étais dit que j’aurais bien aimé avoir eu un tel professeur moimême, pendant mes années à l’université McGill. Qu’elle congédie un des très rares professeurs qui comprennent de façon profonde ce que c’est que l’éducation est une grande perte, non seulement pour McGill, mais pour l’éducation et pour notre société en général. Les enseignants et professeurs ont beaucoup à apprendre de lui. Et puis, que ça se soit passé de manière si brutale, lâche, et privée de toutes considérations éthiques, c’est abominable. Pas de réponse, après trois ans, mais ils sont prêts à acheter son silence. Si on se veut une société libre, on devrait tous s’engager dans cette lutte pour la justice, et pour la liberté d’expression. On ne devrait pas cesser de demander à McGill des explications.</p>
<p style="text-align: right;"><em>- Mira Khazzam</em></p>
<p><br/></p>
<p>Merci pour la publication de cet article. Un ou une écrivain(e) de nos voisinages devrait, à l’instar d’Eugène Sue au XIXe siècle, se lancer dans la rédaction des <em>Mystères de Montréal</em>, dont le contexte social serait la bourgeoisie et non le petit peuple. Un des personnages parviendrait à percer le secret autour du congédiement du brave Professeur Cornett, au grand chagrin des autorités académiques, mais à la joie des masses universitaires. Roman ou pas, j’attends l’heureuse réunion des étudiants et d’un professeur admiré par ses élèves et passionné par sa profession.</p>
<p style="text-align: right;"><em>- Mary Ellen Davis, chargée de cours, Université Concordia</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/re-%c2%abwe-don%e2%80%99t-need-no-education%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Flagrant délit de tendresse</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/flagrant-delit-de-tendresse-21/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/flagrant-delit-de-tendresse-21/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 16:47:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Renaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[Flagrant délit de tendresse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3172</guid>
		<description><![CDATA[DERNIER ÉPISODE
Résumé de l’épisode précédent:
Steeve est troublé par l’attirance indéniable qu’il éprouve envers Emma. En quête de réconfort et de réponses à ses questions, il se dirige vers le Café Chaos, où l’attend une copie de Trente Arpents. Delilah annonce à sa mère qu’elle est enceinte; cette dernière vient la rejoindre à Montréal et prend la situation en main. Francis, apprenant la nouvelle de la grossesse de Delilah, ressent un déchirement intérieur qu’il s’explique mal.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Margaret avait engagé le plus instruit historien de la Société généalogique canadienne-française pour mener une recherche discrète sur les origines de Francis. Au comble de la stupeur et, au même moment, du soulagement, elle apprit que Francis cachait, sous son allure prolétaire, deux quarts de noblesse irlandaise. Margaret pourrait donc faire l’annonce officielle, d’abord à ses amies du Daughters of the American Revolution, puis à la presse, du grand mariage en blanc qu’elle organisait pour Delilah. Elle composa le numéro de son majordome-chauffeur, qu’elle conservait sur <em>speed dial</em>, et lui ordonna de mettre en branle les préparatifs; Delilah serait mariée avec la première éclosion de fleurs, <em>with no baby bump in sight</em>, pensa Margaret.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Une sonnerie lancinante sort Francis du sommeil chimique dans lequel il était plongé.</p>
<p>«… Allô…», marmonne-t-il, la bouche sèche comme le fond d’un vieux cendrier.</p>
<p>- Francis, est-ce que tu dors? demande Delilah d’une petite voix.</p>
<p>(longue pause)</p>
<p>- Nenon, je suis toute là, dit Francis de sa voix cassée par la fumée.</p>
<p>- J’aimerais ça qu’on parle… des bébés. <em>What do you think of Blanche and Scarlett for girls?</em></p>
<p>- Euh… Francis se gratte la tête, tentant de stimuler ses neurones encore endormis par ce qu’il avait pris la veille. Ah ouin… j’vais être papa.</p>
<p>- <em>So?</em></p>
<p>- J’pense que ça me plaît… un nom français et un nom anglais, ça marche bin.</p>
<p>- C’est ça exactement ce que j’avais en tête. <em>I want our babies to represent the union of our two cultural heritages. And I’ve always liked the name Blanche…</em></p>
<p>Le choix du nom Blanche était venu naturellement à Delilah, puisqu’elle avait vu se transposer les traits de Roy Dupuis à ceux de Francis, et ce, depuis le premier jour. La voix virile de Charlebois retentit soudainement et avec violence dans l’appartement.</p>
<p>- Faut que je te laisse, je pense que Steeve file pas. Je te rappelle plus tard mon amour, dit Francis en raccrochant.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Francis pénétra dans la cuisine emboucanée et se dirigea, sur le pilote automatique, jusqu’à la cafetière. Steeve, attablé, badtrippait littéralement depuis la veille. Emma ne cessait de le surprendre. Honteux, mais cédant à ses désirs, il l’avait ramenée chez lui, c’est-à-dire dans son sous-sol glauque de Longueuil, au plancher recouvert d’un tapis brun-de-gris marqué de brûlures de cigarettes, aux murs inégaux, graisseux et mal peinturés, et aux meubles plus qu’élimés. À la vue des lieux, l’excitation d’Emma crut à vue d’oeil. Elle fit passer sa robe par-dessus sa tête et la lança dans un recoin poussiéreux de l’appartement. Elle lui fit signe de la suivre dans le salon et, trouvant qu’il ne s’approchait pas assez rapidement, elle saisit le col de son chandail et le lui déchira sur le corps. Elle s’étendit sur le vieux futon Ikéa et poussa un soupir s’apparentant à un rugissement. Steeve n’attendit pas plus longtemps pour se précipiter sur elle. Il lui arracha sa culotte et plongea, langue première, dans sa faille de San Andreas. Au fond y coulait un ruisseau; il ne demandait mieux que de remonter à sa source. Il employait sa rame, d’un bois dur, pour y naviguer. Elle, comme des flots tumultueux, le faisait tanguer d’avant en arrière. Il sentit enfin qu’il touchait au but lorsque le corps d’Emma, comme la mer pendant l’orage, fut secoué de soubresauts. Il jaillit tel un geyser, inondant sa faille d’une douce liqueur.</p>
<p>Bref, ils avaient eu une christie de bonne baise, pensait Steeve. Mais le sexe, c’est pas tout. Il peinait à surmonter le conflit identitaire que cette relation faisait surgir en lui. Lésait-il ses convictions et ses valeurs québécoises en s’unissant à une anglo? Il se rappelait le discours qu’il avait fait à Francis quand ce dernier lui avait annoncé qu’il sortait avec son Américaine. Mais il se remémorait très graphiquement le plaisir qu’avait pris Emma dans son salon hier… Les deux arguments pesaient aussi lourd dans la balance.</p>
<p>De l’autre côté de la table, Francis ressentait un déchirement semblable à celui de Steeve. Sirotant un mauvais café filtre, il songeait à son futur en tant qu’Américain. Perdrait-il son français après quelques années là-bas? Demeurerait-il, au fond de lui-même, un vrai Québécois? «Au moins, se dit-il, j’vais améliorer mon anglais pis je vais avoir l’air moins con quand je vais parler avec Delilah.» La question était tranchée et il se sentit serein d’avoir pris une aussi bonne décision. Steeve et Francis émergèrent de leurs pensées à ces mots de Charlebois: «Entre deux joints tu pourrais faire quequ’chose, entre deux joints tu pourrais t’grouiller l’cul.» Ils furent frappés de la vérité des paroles de cette chanson et, se regardant dans les yeux, ils comprirent qu’ils avaient tous deux fait leur choix, le bon.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Ils se tenaient près de la porte d’embarquement 26. Delilah s’accrochait à sa valise comme à une bouée de sauvetage. La tristesse donnait un air plus petit, plus fragile à son visage. Francis lui caressa la joue doucement. Comme ces deux semaines seraient longues et déchirantes! Francis tenta de prendre une voix virile pour rassurer sa fiancée, mais les mots se perdirent dans sa gorge.</p>
<p>Deux semaines avant que je te revoie… dans ta belle robe blanche, t’avançant vers moi dans l’église, dit Francis d’un ton qu’il voulait poétique. Delilah leva des yeux emplis de larmes vers lui; elle l’aimait si profondément, elle en avait mal à l’âme. Ou était-ce un coup de pied d’un des bébés?</p>
<p>-<em>I really don’t care about the wedding right now. All I want is to be with you… sanglota Delilah.</em></p>
<p>- Je sais, mon amour, mais pour qu’on puisse être vraiment ensemble, on doit se marier, répondit Francis, qui assumait maintenant pleinement son futur rôle de mari et de père de famille.</p>
<p>On appela les passagers du vol de Delilah; le moment si redouté était venu. Delilah marcha d’un pas flageolant vers le quai d’embarquement.</p>
<p>Dans l’avion, Delilah sortit un mouchoir blanc de son sac à main. Sentant l’appareil prendre de la vitesse et décoller de terre, elle secoua son mouchoir frénétiquement devant le hublot, comme le faisaient les personnages des films romantiques qu’elle affectionnait tant. Elle vomit dans son mouchoir alors que l’avion atteignait son altitude de croisière. «<em>Goddamned morning sickness!</em>»</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/flagrant-delit-de-tendresse-21/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La capsule sonore</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/30/la-capsule-sonore-6/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/30/la-capsule-sonore-6/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 16:44:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amélie Lemieux</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-culture]]></category>
		<category><![CDATA[La capsule sonore]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3169</guid>
		<description><![CDATA[À gorge déployée]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion de cette dernière chronique, chers fidèles, je passe aux aveux. Pour ce faire, j’ai jugé bon de relater quelques soirées mémorables passées à contempler, béate comme une barre de savon, les groupes qui ont toujours su m’émouvoir. Consolez-vous et surestimez-moi, je ne fais pas référence au concert épique de Carmen Campagne à la Maison des arts de Laval, le 3 mars 1999. Je vous offre plutôt la chance de connaître la crème de (ma) crème niveau spectacles et de vous dévoiler sur quels parterres vous pourrez me trouver cet été. Attention, seul le <em>top notch</em> peut se frayer une place ici. L’Excellence avec un grand E. La suprématie du son. Vous m’avez comprise?</p>
<p>Tout ce charivari remonte au mois d’avril 2003. Mise en contexte: je traversais une phase pseudo-punk, c’est-à-dire que je me costumais à la Avril Lavigne en fredonnant de manière approximative des airs de Josie and the Pussycats. Je bouillonnais à l’idée de recevoir une guitare électrique rose en cadeau. À défaut de la rose, on m’en a offert une noire. Même si j’ai eu l’impression qu’on me flanquait des fettuccine alfredo dans la gueule alors que je voulais ardemment manger du macaroni au fromage, j’adore encore et toujours ma YAMAHA EG-112. Aucun troc possible, ni de paiements par Visa. Elle vaut cher parce qu’elle est mienne. Fin de la parenthèse. Point suivant.</p>
<p>Donc, j’assistai à cette époque à mon premier concert poppunk à l’auditorium de Verdun, métro De l’Église. Le groupe en question? Good Charlotte. Je portais pour la première fois mes Converse bleu marine en suède, ma mère disait qu’ils me donnaient des pieds de clown, et elle avait bien raison. En une soirée, je réussis à être trempée (de sueurs chaudes et froides) de la tête aux pieds, à perdre mes amies dans la foule endiablée et à rentrer à la maison avec un début de pharyngite. Peu importe le dénouement, un premier spectacle est toujours inoubliable.</p>
<p>Rarement ai-je pleuré de ne pas avoir assisté à un spectacle. À vrai dire, ce n’est arrivé qu’à deux reprises. La première fois, c’est lorsque j’étais dans la file d’attente pour me procurer des billets du concert double Coldplay/U2, en 2005. L’année suivante, c’était différent: mon ordinateur s’est magiquement déconnecté du Réseau Admission, sur lequel j’avais attendu un nombre d’heures incalculable pour avoir en (cyber) main mes billets de la tournée <em>Confessions</em> de Madonna.</p>
<p>Autre point d’intérêt: chaque fois que je vais voir Metric en spectacle, pour une raison qui m’est encore inconnue, je me retrouve à l’avant, accotée sur la barrière, et je ressors avec un pick du guitariste James Shaw, qui me regarde toujours avec le même air niais. Je dis «chaque fois», mais en réalité ça m’est arrivé à deux reprises. Coup de chance ou habitude? Allez, coup de chance. On verra le 10 avril: j’y retourne, Metric sera à Laval. Oui, vous avez bien lu, à LAVAL! Avis aux intéressés. Et comme je sais pertinemment que vous avez une envie folle de me rencontrer, chers lecteurs, je vous confie un dernier secret odieux. À moins d’un tsunami ou d’un tremblement de terre impressionnant, vous pourrez me trouver aux concerts suivants: Sia (30 avril, @Club Soda), Lady GaGa (28 juin, @Centre Bell, si Dieu le veut), Black Eyed Peas (31 juillet, @Centre Bell). C’est tout pour l’instant, mais vous me rappellerez de déblatérer majestueusement sur ce que je pense du Centre Bell.</p>
<p><em>See you at the show!</em><br/><br/></p>
<p class="boiteg">Twittez-moi @amelielemieux</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/30/la-capsule-sonore-6/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cahier création</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/cahier-creation/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/cahier-creation/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 04:59:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;équipe du Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cahier Création]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3058</guid>
		<description><![CDATA[<table border="0" width=100%>
  <tr>
    <th><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/cover-creation.jpg" alt="cover creation" title="cover-creation" width="175" height="245" align=right /></th>
    <th>«L’art est un mensonge qui nous permet de dévoiler la vérité.»
Pablo Picasso<br/>
«Créer, c’est vivre deux fois.»
Albert Camus<br/>
«La poésie n’a d’autre but qu’elle-même.»
Charles Baudelaire</th>
  </tr>
</table>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_3059" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/cover_creation.jpg"><img class="size-full wp-image-3059" title="cover_creation" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/cover_creation.jpg" alt="" width="440" height="306" /></a><p class="wp-caption-text">Dessin : Jimmy Lu</p></div><br />
<br/></p>
<h3>Sommaire</h3>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/le-plateau/">Le plateau</a> &#8211; Miruna Craciunescu</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/brise-feminine-etreinte-citadine/">Brise féminine // Étreinte citadine</a> &#8211; Margaux Meurisse</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/flare-comes-from-the-heart/">Flare Comes From the Heart</a> &#8211; Hannah Palmer</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/nos-sexes-d%E2%80%99equinoxe/">Nos sexes d’équinoxe</a> &#8211; Valérie Héon</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/sans-titre-2/">Sans titre</a> &#8211; Catherine Côté-Ostiguy</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/aujourd%E2%80%99hui/">Aujourd’hui</a> &#8211; Xavier Phaneuf-Jolicoeur</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/visages/">Visages</a> &#8211; Maxime Fortin</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/il-faut-comme-toujours-attendre-quelque-temps/">Il faut, comme toujours, attendre quelque temps</a> &#8211; Rosalie Dion-Picard (Photo : Léa Grantham-Charbonneau)</p>
<p>- Let’s dance  &#8211; Daphné B. Pilon (Dessin : Claudine Benoit-Denault)</p>
<p>- Gourmandise &#8211; Mathilde Touret</p>
<p>- Le paradis &#8211; MVR (Photo : Catherine Côté-Ostiguy)</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/kanda-myojin-tokyo/">Kanda-myôjin, Tokyo</a> &#8211; Guillaume Doré</p>
<p>- <a href="http://delitfrancais.com/2010/03/23/l%E2%80%99equateur/">L’équateur</a> &#8211; Xavier Phaneuf-Jolicoeur</p>
<p>- Mouvement &#8211; Léa Grantham-Charbonneau</p>
<p>- This Is What I See // Memories &#8211; Jacqueline Riddle</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/cahier-creation/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Brise féminine // Étreinte citadine</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/brise-feminine-etreinte-citadine/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/brise-feminine-etreinte-citadine/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 04:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;équipe du Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cahier spécial]]></category>
		<category><![CDATA[Cahier Création]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3072</guid>
		<description><![CDATA[&#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/briseféminine.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/briseféminine.jpg" alt="" title="briseféminine" width="440" class="aligncenter size-full wp-image-3073" /></a><br />
<a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/étreinte-citadine.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/étreinte-citadine.jpg" alt="" title="étreinte citadine" width="440" class="aligncenter size-full wp-image-3074" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/brise-feminine-etreinte-citadine/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le plateau</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/le-plateau/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/le-plateau/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 04:50:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;équipe du Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cahier spécial]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3067</guid>
		<description><![CDATA[&#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les lumières rectilignes suaient une sorte de halo fantomatique en forme de bavure à la Méphistophélès. On imaginait bien un type vêtu d’une cape noire apparaître sur la chaise, des cornes de plastique sous une capuche achetée au rabais à un vieux magasin d’Halloween, sourire bêtement en montrant des canines trempées dans du jus de groseille. Mais non, au lieu de ça, un type vêtu de noir traversa rapidement le couloir comme un ancien mannequin surpris dans un runway.</p>
<p>-Christophe! Qu’est-ce que tu fous sur le plateau?</p>
<p>-On m’avait demandé des cappuccino glacés…</p>
<p>-Ça tourne! Imbécile!</p>
<p>Les lumières s’ouvrirent d’un coup et les bavures disparurent sous les néons bleutés. Et c’est alors que le café apparut dans toute sa merveilleuse banalité.</p>
<p>-La chaise.</p>
<p>-Quelle chaise?</p>
<p>-Celle que tu viens de déplacer en venant nous apporter ces putains de cafés. Ça t’arrangerait de la replacer?</p>
<p>-Ça t’arrangerait de sourire de temps en temps? L’homme se rua sur la table, tira la chaise, trois quarts de tour vers la droite, dix degrés vers la gauche, vérifia le pied, puis:</p>
<p>-Rien à faire. C’est raté.</p>
<p>-Tu rigoles? c’est qu’une chaise…</p>
<p>-Bon, maintenant elle correspond plus du tout à mon découpage.</p>
<p>La grande blonde qui boitait, pas de naissance mais à cause d’un orteil cassé, je l’ai appris plus tard, vint calmer les choses, et prit un cappuccino glacé exactement comme les grands-mères offrent des brownies à leur petit-fils qui vient de se casser un bras en jouant au hockey, mais mamie j’ai arrêté le but, oui je sais tiens, merci.</p>
<p>-T’es un amour Christophe! Ils sont tellement rafraîchissants!</p>
<p>Un amour, un amour. Le type rochigna, hésitant entre lui donner un pourboire plutôt ou lui foutre une baffe. C’est vrai que ce serait plus viril, elle serait peut-être impressionnée, mais en même temps il pourrait me poursuivre, Dieu sait qu’on intente un procès pour n’importe quoi de nos jours, mais un procès ça fait toujours un peu de publicité. L’amour eau fraîche marchera peut-être mieux si les journalistes s’emparent de cette histoire, parce qu’un café la nuit où l’on sert de l’amour et de l’eau fraîche, bof c’est pas si génial finalement comme idée,et je me serais jamais engagé dans ce foutu projet si j’avais pas reçu la bourse du Conseil des Arts.</p>
<p>-Alors, ces lumières?</p>
<p>-Tu sais, je crois pas qu’on devrait tourner la scène de la rencontre comme ça.</p>
<p>-Comment, comme ça?</p>
<p>-Ces lumières, on dirait un strip-club paumé d’un quartier pauvre de Las Vegas. Ça fait pas du tout, Amour eau fraîche.</p>
<p>-Écoute Cristèle, c’est pas comme ça que ça marche le cinéma, on peut pas tout changer à la dernière minute, ça ne se fait pas. C’est comme pour la chaise, ton client devait s’asseoir face à la caméra dans un angle bien spécifique, et là tu devais lui chuchoter ta première réplique à l’oreille, de biais…</p>
<p>-Pourquoi de biais?</p>
<p>-Parce que l’équipe de production a décidé ça la semaine dernière.</p>
<p>-L’équipe de production. Tu veux dire toi et Charlie.</p>
<p>-On perd du temps là. Tu veux jouer, oui ou merde?</p>
<p>-C’est bon, j’ai accepté de prendre mon samedi pour t’aider avec ton projet, mais franchement tu te prends un peu trop au sérieux.</p>
<p>En posant le cappuccino glacé de travers sur la table, elle fit tomber le couvercle qui n’avait pas été enfoncé (encore Christophe qui, soucieux de ne pas perturber le plateau par une arrivée tardive, avait exécuté les ordres à la va-vite), et le contenu se répandit sur la table comme du vomi à un party de Noël. On moins, là, ça marchait un peu avec l’éclairage. Plus tard :</p>
<p>-Qu’est-ce qui t’a pris de t’engueuler avec notre seule actrice?</p>
<p>-Actrice, tu parles. Sa seule expérience de jeu, c’était au lit qu’elle l’avait acquise. Et puis de toute façon elle avait une grande gueule, elle aimait pas tes lumières.</p>
<p>-Elle avait pas dit on dirait des chandelles? Ou des sabreslaser?</p>
<p>-Non, des capotes fluos. Elle a rectifié.</p>
<p>-…</p>
<p>-…</p>
<p>-Alors, on fout quoi pour le tournage? On a même plus d’actrice!</p>
<p>-C’est un détail.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/le-plateau/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>HALTE-LÀ!</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/halte-la/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/halte-la/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 03:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Morin</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3042</guid>
		<description><![CDATA[Que l’on aime ou pas le hockey, il faut se rendre à l’évidence: le Canadien est un phénomène social majeur au Québec. Il rend les gens heureux (et dépressifs). Il contribue à l’intégration des immigrants. Il unit les Francos aux Anglos. Il fait partie de nos vies.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En 1998, Frank Trovato de l’Université de Calgary publie un article au titre pour le moins intriguant: <em>The Stanley Cup of Hockey and Suicide in Quebec, 1951-1992</em>. Lorsque la Sainte-Flanelle est éliminée au début des séries éliminatoires, la tendance aux comportements d’autodestruction augmente. Explications: les séries éliminatoires renforcent le tissu social. Des inconnus se parlent, on aborde nos voisins, les chauffeurs d’autobus nous saluent, les contacts informels sont plus fréquents. Une élimination hâtive du Canadien provoque l’éclatement de cet éphémère tissu. <em>Le Délit</em> enquête sur le Canadien, pour le bien public.</p>
<h3>MATHIEU DARCHE</h3>
<p>Le grand numéro 52, Montréalais d’origine et ancien joueur des <em>Redmen</em> de McGill.</p>
<div id="attachment_3043" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-mathieu-darche.jpg"><img class="size-full wp-image-3043" title="S - mathieu darche" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-mathieu-darche.jpg" alt="" width="440" /></a><p class="wp-caption-text">Gracieuseté du Canadien de Montréal</p></div>
<p><strong><em>Le Délit</em> (<em>LD</em>): Mathieu, tu joues maintenant pour le Grand Club, comment peut-on être certain que tu es un vrai fan des Habs?</strong></p>
<p>Mathieu Darche (MD): Je suis un fan du CH depuis que je peux m’en rappeler. J’ai grandi en adorant les Canadiens, en lisant sur le Canadien</p>
<p><strong><em>LD</em>: On te croit sur parole. Que penses-tu des fans du Canadien? La passion pour l’équipe n’est-elle pas exagérée? </strong></p>
<p>MD: Moi j’adore ça, c’est quelque chose de spécial de jouer à Montréal. Y’a rien de comparable. Quand je jouais à Tampa Bay, il y avait deux journalistes qui couvraient l’équipe. Ici, le vestiaire est toujours plein. C’est tellement différent. Tu va avoir une ovation parce que tu bloques un lancer! Les amateurs de Montréal sont des connaisseurs de hockey. Même certains pensent en connaître un peu trop…</p>
<p><strong><em>LD</em>: Est-ce qu’il y a des mauvais fans?</strong></p>
<p>MD: 98% des fans à Montréal sont d’excellents fans. C’est seulement une petite minorité qui s’en prend personnellement à un joueur, à la famille d’un joueur. C’est pas correct. Les fans ont droit de manifester leur mécontentement. Mais c’est une minorité de fans qui va insulter ta famille et ainsi de suite.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Comment expliquer que certains joueurs, par exemple Steve Bégin, se soient attirés un respect inconditionnel des partisans alors que d’autres se font huer dès qu’ils remettent les pieds au Centre Bell?</strong></p>
<p>MD: À Montréal y’aiment beaucoup les travaillants. Tsé, l’expression «manger les bandes», les fans montréalais aiment ça. Steve était comme ça. Il faut donner tout ce que tu as à donner. Des fois, le joueur fait des mauvais commentaires sur l’équipe ou la ville quand il est échangé. Ça les fans ne l’oublient pas.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Tu as joué quatre ans pour McGill. Selon toi, pourquoi personne ne suit les performances des <em>Redmen</em>?</strong></p>
<p>MD: Si c’est pas les Canadiens, c’est dur de créer un engouement. Dans la culture québécoise et canadienne le monde aime le junior majeur. Dans le circuit universitaire c’est souvent des gars pour qui ça a pas marché le junior. C’est du très bon hockey quand même.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Price ou Halak?</strong></p>
<p>MD: (…) On a deux très bons gardiens.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Arghhh!</strong></p>
<h3>DOMINIC PERAZZINO, alias Ménick</h3>
<p>Barbier constructeur de liens sociaux</p>
<div id="attachment_3046" class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0584.jpg"><img class="size-full wp-image-3046" title="IMG_0584" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0584.jpg" alt="" width="440" /></a><p class="wp-caption-text">Photo: Frédéric Faddoul</p></div>
<p><strong><em>LD</em>: Ménick, tu gères un salon de barbier depuis maintenant 50 ans. Tu as reçu chez toi René Lévesque et Chuck Norris mais surtout à peu près tous les amateurs de sports de la ville et d’ailleurs. Pourquoi les fans du Canadien viennent chez toi?</strong></p>
<p>Ménick (M): Je sais pas. Ça a commencé tranquillement. Au début, j’étais pas connu comme LE barbier des sportifs. J’ai joué au hockey jusqu’à <em>midget</em>. C’est là que j’ai connu Michel Bergeron (ancien coach des Nordiques, ndlr) et Ghislain Delage. Pis j’ai ouvert mon salon de barbier mais eux ils ont continué à jouer. C’était ma gang. Le monde venait au salon pour jaser. Moi, je dis toujours oui. Pis le monde me le rend. À date, j’ai eu la Coupe Stanley trois fois dans mon salon.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Ton salon c’est un peu un refuge pour ceux qui veulent parler de hockey?</strong></p>
<p>M: Écoutes, quand Michel Thérien (ancien coach du Canadien, ndlr) s’est fait renvoyer, sa première sortie publique ça a été ici. Moi j’accueille tout le monde. Le monde y vient ici, je leur offre un café, on jase. C’est pas compliqué.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Te rappelles-tu la dernière fois où tu as passé une journée sans parler du Canadien?</strong></p>
<p>M: C’est jamais arrivé. Pis ça arrivera jamais. Tsé, en ce moment y’a une crise économique. Y’a du monde qui perdent leur job, qui ont pas beaucoup d’argent. Ils viennent parler de sport. C’est un baume sur leur plaie pendant la crise. Ça les tient occupés.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Donc, chialer fait du bien aux gens.</strong></p>
<p>M: Chialer c’est thérapeutique! Pis quand on gagne, ben on est fier.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Mais ça fait presque 20 ans que le Canadien n’a pas gagné. Il passe même pas proche. Pourquoi les partisans continuent d’idolâtrer les joueurs et l’organisation?</strong></p>
<p>M: Le hockey c’est notre sport national. C’est pas le soccer, pas le baseball. On aime le Canadien pis le Canadien nous le rend bien. Il prend soin de son public. Regarde la tension que les séries suscitent, l’intérêt. Quand Canadien fait une conférence de presse, tout s’arrête. 17 ans qu’on a pas gagné mais c’est toujours sold-out. Les gens espèrent encore. C’est l’espoir.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Est-ce que les partisans du Canadien sont trop fanatiques?</strong></p>
<p>M: On applaudit Kovalev, un Russe, pis on hue Daniel Brière. C’est comme dans le temps de la rivalité avec les Nordiques. Michel Bergeron, on l’haïssait. On l’haïssait pour de vrai. Mais en même temps on l’aimait. On écoute notre coeur, c’est ça la beauté du sport.</p>
<h3>FAITS D’HIVER</h3>
<p>En 2009, le sport a occupé un poids médiatique 25 fois supérieur à celui de la pauvreté des aînés et des autochtones réunis.</p>
<p>Le poids médiatique de 3,7 parties du CH équivaut à l’ensemble des nouvelles publiées au Québec sur l’Afrique en une année.</p>
<p>Google référence 48 800 articles pour «Carbonneau, cravate».</p>
<p>Le 24 mai 1986, le Canadiens, mené par Patrick Roy, remporte une 23e coupe Stanley. Des émeutes éclatent… à Roberval.</p>
<p>Le 9 juin 1993, le CH élimine Wayne Gretzky et boit du champagne dans sa 24e coupe Stanley. Résultat: 168 blessés dont 49 policiers.</p>
<h3>ANN-SOPHIE BETTEZ</h3>
<p>Joueuse de 5’4’’ des <em>Martlets</em> l’équipe féminine de hockey de McGill<br />
<a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-ann-sophie-bettez.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/S-ann-sophie-bettez-200x300.jpg" alt="" title="S - ann-sophie bettez" width="200" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-3048" /></a></p>
<p><strong><em>LD</em>: Les Canadiens ont conquis six victoires de suite et la ville est devenue folle. Les <em>Martlets</em> ont réussit l’exploit d’atteindre 86 victoires de suite et personne n’en a parlé. À cause?</strong></p>
<p>Ann-Sophie Bettez (ASB): Comparé à des universités dans des petites villes comme St.Lawrence (où a joué Jacques Martin, ndlr) ou Clarckson, Montréal c’est une grande ville où le monde peut faire d’autres choses que d’aller voir des matchs de hockey universitaire. Au hockey féminin, il y a moins de partisans qu’au masculin. Le jeu masculin est plus physique, il y a plus de batailles. Nous, c’est pas la même chose. On a plus de temps pour préparer des jouer, pour faire circuler la rondelle.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Quand tu étais plus jeune, suivais-tu déjà le hockey professionnel masculin?</strong></p>
<p>ASB: J’ai toujours été une partisane des Canadiens. Moi et mon frère. Mon grand-père, lui, prenait pour les Nordiques. Ça a donc toujours été une compétition entre nous et notre grand-père. Quand le CH faisait des buts on criait. C’était drôle. Quand j’étais plus jeune, je n’aimais pas ça écouter le hockey quand ce n’était pas le Canadien qui jouait. Je ne connaissais pas les autres joueurs. Maintenant, je peux regarder Vancouver contre Ottawa et quand même apprécier le match.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Au sein des équipes nationales, ou même chez les <em>Martlets</em>, il y a des filles d’un peu partout au Canada. C’est possible de vivre avec des partisanes de d’autres clubs s’en s’arracher la tête?</strong></p>
<p>ASB: Haa! (Rires). C’est sûr qu’il y a une grosse rivalité avec les filles qui aiment les <em>Leafs</em>. Parfois dans le vestiaire il y en a qui nous demandent si les <em>Maple Leafs</em> ont gagné la veille. Nous, on répond «sûrement pas!» (Rires). J’habite avec deux filles d’Ontario. Quand il y a un match de Toronto et de Montréal en même temps à deux postes de télé différents, on a des conflits pour savoir qui va regarder qui. On s’ostine. Mais on va pas commencer à se battre non plus pour ça. C’est pas comme une religion, «je dois absolument regarder les Canadiens». Si j’ai un travail à faire pour le lendemain, je vais sauter le match. C’est pas plus grave. Je vais juste regarder les <em>highlights</em>.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Price ou Halak?</strong></p>
<p>ASB: Les deux ont leurs forces et leurs faiblesses.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Arghh!!!</strong></p>
<h3>MARTIN SASSEVILLE</h3>
<p>Fan de hockey, auteur <em>über-geek</em> du blogue <em>Puck ta vie</em> et sociologue qui travaille dans un organisme de défense des droits des personnes handicapées. Rencontre avec un maniaque de hockey capable de citer Roland Barthes et Maxime Lapierre dans la même phrase.<br />
<div id="attachment_3050" class="wp-caption alignleft" style="width: 209px"><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0896.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0896-199x300.jpg" alt="" title="IMG_0896" width="199" height="300" class="size-medium wp-image-3050" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Frédéric Faddoul</p></div></p>
<p><strong><em>LD</em>: Comment expliques-tu que le Canadien soit si populaire au Québec?</strong></p>
<p>Martin Sasseville (MS): Il y a trois ans, le <em>lock-out</em> a fait réaliser aux gens qu’ils s’ennuyaient du hockey. Le département de marketing du Canadien a fait le reste. Tsé, c’est pas très subtil mais <em>La ville est hockey</em>, c’est majestueux. C’est un peu étrange au Québec de s’enorgueillir d’être un peuple de hockey. C’est pas vrai. C’est le Canadien et c’est tout.</p>
<p><strong><em>LD</em>: Certaines personnes dénoncent le hockey professionnel comme étant un spectacle de masse.</strong></p>
<p>MS: Mais c’est dénonciable! Mais moi j’embarque dans la <em>game</em>. Quand j’y vais au Centre Bell je l’achète la bière à 12$. Et ça me fait vraiment <em>chier</em> de voir le salaire de Scott Gomez. Le hockey ça fait avoir des trips stupides. T’es avec tes chums, tu prends un verre de trop: ça te rend heureux. C’est une belle satisfaction et ça fait pas de mal à personne. C’est pas si sérieux, c’est juste du hockey.</p>
<p><strong><em>LD</em>: C’est pas sérieux mais tu es en train d’écrire un livre sur le hockey et ça fait maintenant deux ans que tu animes un blogue sur le hockey…</strong></p>
<p>MS: J’aime ça le savoir stupide. Je retiens des petits détails anodins. C’est pas sérieux mais c’est ça le fun. C’est mieux que de parler de la météo. Moi quand je rencontre quelqu’un, avant de lui dire que je fais un doctorat, j’aime mieux dire que je trippe sur le Canadien. Le hockey tu peux en parler avec quelqu’un de n’importe quel statut social. Au pire, la personne te dit que c’est un sport de cons. Pis elle a raison.</p>
<p><strong><em>LD</em>: C’est pas exagéré toute cette attention?</strong></p>
<p>MS: Ça reste qu’on est tous, à l’intérieur, le petit cul qui joue au hockey. Ici, dans Côte-des-Neiges, je trouve ça beau de voir des <em>flos</em> de pleins de nationalités. Un petit Indien qui échange des cartes de hockey avec un petit Chinois ça me rend heureux. D’un autre côté, les gens connaissent mieux l’actualité du Canadien que la politique. Le PQ vient de virer à droite: c’est grave. Les gens s’en fouttent. Le seul débat de société qu’on a c’est: Price ou Halak!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/halte-la/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Flagrant délit de tendresse</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/flagrant-delit-de-tendresse-20/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/flagrant-delit-de-tendresse-20/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 02:13:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-France Barrette</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[Flagrant délit de tendresse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=2966</guid>
		<description><![CDATA[ÉPISODE 21
Résumé de l’épisode précédent: Delilah baigne dans le bonheur avec Francis, mais se rappelle des souvenirs douloureux de son passé pas aussi virginal qu’on aurait pu le croire. Elle fait un rêve prémonitoire: toujours le chiffre «2», une dualité qui la rend confuse. Emma et Steeve se retrouvent au cinéma, où ils découvrent leurs passions communes. C’est devant le grand écran qu’ils s’embrassent pour la première fois, mais c’est dans les toilettes qu’ils s’enlacent fougueusement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme à chaque fois qu’il était déprimé, Steeve se rendit au Café Chaos. Généralement, le temps de quelques bières, le malheur passait et il reprenait ses esprits. Mais cette fois, l’image d’Emma, la fille bourgeoise, persistait malgré les heures et l’alcool. Il ne parvenait pas à oublier ses lèvres et les folies qu’elle avait murmurées au creux de sa nuque, entre deux soupirs passionnés. Il aperçut un livre sur la table devant lui. Trente arpents. Ça ne lui disait rien. Il l’ouvrit et lut un passage au hasard: «Sur la terre, on se comprend sans presque jamais se parler; tandis que dans les villes, on se parle sans presque jamais se comprendre.» C’est fou comme cela résumait bien ce qu’il sentait avec Emma. Ils s’étaient à peine parlé, mais Steeve se sentait lié à elle d’une manière presque inexplicable. Et pourtant, Emma n’était pas québécoise; elle n’était pas «une vraie fille d’icitte». Il continua de feuilleter le livre, distrait. Un autre passage l’accrocha: «La patrie c’est la terre, et non le sang.» Il s’arrêta un moment. Si Emma acceptait de rester au Québec, elle deviendrait tout de même québécoise…</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>- <em>Mom? You need to come to Montreal. I, I… I don’t know what to do</em>, balbutie enfin Delilah au téléphone.</p>
<p>Deux jours plus tôt, Emma, qui avait eu une nuit particulièrement mémorable avec Steeve après leurs ébats dans les toilettes du Cinéma du Parc, s’était rendue à la pharmacie pour se procurer un test de grossesse, car malgré ses précautions habituelles, elle savait les femmes de sa famille très fertiles. Elle en avait pris deux, à cause du rabais. Le test lui avait annoncé en clair et en rose qu’elle n’était pas enceinte.</p>
<p>De son côté, Delilah couvait le désir d’essayer un test de grossesse. Chaque fois qu’elle regardait les comédies romantiques d’Hollywood, les yeux rivés sur l’écran, elle attendait le moment où tout allait changer, celui où la vie des personnages serait bousculée par les nombreuses péripéties déclenchées par la nouvelle d’un enfant à naître. Elle s’emporta en lisant l’emballage. Elle avait l’intention d’en racheter un, de cacher son petit dérapage irrationnel à Emma, mais quand la deuxième barre est apparue, elle n’a pu s’empêcher de hurler. Emma était accourue, l’avait calmée, consolée, conseillée. Emma avait aussi dit qu’il était impératif que Delilah appelle sa mère, la seule personne qui l’aimait inconditionnellement.</p>
<p>- <em>Sweetie? What’s wrong? What’s going on?</em></p>
<p>Margaret était une bonne maman, une femme dévouée au bien-être de sa fille.</p>
<p>- <em>Mom, I don’t know how to say this. I can’t find the words, I just can’t cope.</em></p>
<p>- <em>Sweetie, whatever it is, I’m here for you, I love you, and I can help you. Just tell me.</em></p>
<p>- <em>I’m pregnant.</em> &#8211; <em>Oh dear! Stay put, I’ll be on the next flight to Montreal.</em></p>
<p>Femme autoritaire et quelque peu agressive, Margaret avait agi de manière remarquable. Celle qui avait toujours été le bras de fer de la famille avait comme devise: «C’est le coq qui chante, mais c’est la poule qui pond les oeufs.» Inutile de dire qu’elle n’attendait jamais l’approbation d’un homme ou, à bien y penser, de qui que ce soit pour se placer à la tête de l’action. Dès son arrivée, elle et sa fille étaient allées à une clinique privée où:</p>
<p>la gynécologue avait confirmé lagrossesse;</p>
<p>le radiologue avait souri: «des jumeaux»;</p>
<p>Delilah avait failli s’évanouir;</p>
<p>Margaret avait poussé un cri de joie;</p>
<p>Emma avait eu une larme;</p>
<p>et où les embryons s’étaient retournés dans leur liquide amniotique.</p>
<p>Après les premières réactions, Margaret avait regardé sa fille et lui avait dit: «<em>I need to meet him. Invite him to High Tea. We’ll go to the Ritz.</em>» Delilah avait appelé Francis, lui avait donné rendezvous. Au Ritz, elle lui avait expliqué ce qui lui était arrivé. Elle avait précisé qu’elle ne savait pas encore ce qu’elle voulait faire, mais que sa mère était prête à tout pour l’aider.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Francis était rentré perplexe. Il voulait parler à quelqu’un, mais Steeve n’était pas là. Il remarqua un livre sur la table du salon: Trente arpents. Ça ne lui disait rien. Il regarda l’affiche de Che et lui demanda: «Toi, Che, tu ferais quoi?» Pour se changer les idées, il se prépara du popcorn et s’assit devant The Motorcycle Diaries, un des films préférés de Steeve. Les images défilaient, mais rien ne parvenait à lui faire oublier la mère de Delilah et la déception qui transparaissait dans son regard lorsqu’il lui tendit la main. Il ne se sentait pas à sa place au Ritz-Carlton. Son seul pantalon propre était malheureusement un peu sale (il n’avait pas eu le temps de le déposer chez le nettoyeur). À la fin de l’après-midi, Margaret lui avait dit: «<em>You’re a good kid, but stay in school.</em>» Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire, alors qu’elle avait parlé de mariage blanc à Boston, de ramener Delilah avec elle à Boston, d’aider avec les enfants?</p>
<p>Avec ses yeux plus bleus que le bleu des cieux, Gael García Bernal avait résumé le dilemme de vie de Francis: «<em>What do we leave behind when we cross each frontier? Each moment seems split in two; melancholy for what was left behind and the excitement of entering a new land.</em>»</p>
<p>Francis poussa un soupir avant de se mettre à pleurer. «Je serai papa.»</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/flagrant-delit-de-tendresse-20/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cadrage médiatique</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/cadrage-mediatique-2/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/cadrage-mediatique-2/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 02:07:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zoe Gagnon-Paquin</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Cadrage médiatique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=2964</guid>
		<description><![CDATA[Tout le monde se cramponne]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Presse elle-même admettait dans un article du jeudi 18 mars dernier que normalement, une rencontre entre un représentant de groupe d’intérêt québécois et un ministre provincial ne constitue pas en soi l’objet d’une couverture médiatique. Et pourtant, le même jour, la convocation du président de la Fédération des Travailleurs du Québec (FTQ) par le Ministre Sam Hamad était relatée par tous les quotidiens québécois.</p>
<p>Ces temps-ci, tout ce qui peut être associé, même de loin, à la FTQConstruction, à l’attribution de contrats publiques, aux finances du Parti Libéral ou à la possibilité d’une enquête publique sur l’un de ces trois thèmes est tenu comme <em>a priori</em> pertinent pour la publication. Mais sur quoi ce sentiment est-il fondé? Il y a longtemps qu’une vraie nouvelle ne nous est parvenue à propos de l’un ou l’autre de ces trois sujets.</p>
<p>Pour la FTQ-Construction, la dernière a été celle des comptes de dépenses de Jocelyn Dupuis en 2009; pour les contrats, la nouvelle la plus récente est celle des compteurs d’eau datant elle aussi de l’an dernier; et quant aux finances du Parti Libéral, on pense bien sûr à l’autre salaire de Jean Charest.</p>
<p>Tant d’allégations –probablement fondées, il faut dire– ont été faites l’an passé sur l’existence d’une toile obscure reliant ces sujets en apparence distincts qu’il s’est créé, dans et par la sphère médiatique, l’illusion qu’il se passe en permanence «quelque chose» et, donc, qu’il y a toujours quelque chose à dire. Si l’on y regarde bien, la tempête médiatique que nous avons traversée dans les deux dernières semaines n’a été construite que sur des allégations, des rumeurs et des réponses à ces dernières. Cela a commencé avec la sortie de Pierre Brassard de la CSN-Construction, selon laquelle il y aurait eu un employé dans un chantier qui en aurait intimidé un autre. Normalement, ce genre de commentaire n’est pas relevé par la presse, ou alors ne fait les frais que d’un entrefilet sans lendemain.</p>
<p>Si chaque journal et chaîne de télévision a bondi sur l’occasion Brassard, c’est qu’il y avait là une occasion de réveiller quelque chose comme un débat national, assez flou j’en conviens, mais tournant autour de la question des enquêtes publiques. Il s’est ensuite trouvé des lecteurs pour rédiger des lettres d’opinions louant l’avalanche médiatique faite sur les sujets mentionnés plus haut, comme si elle allait nécessairement, d’elle-même, mener à la mise en lumière d’escrocs vampirisant le Québec et aussi à leur désintégration par le biais… d’une enquête publique éblouissante.</p>
<p>L’opinion publique perçoit les médias comme un citoyen vaillant qui se porte à la défense des autres parce qu’il croit faire lumière sur quelque chose d’important. Mais pourtant, les médias ne font qu’imiter ceux dont ils parlent: ils se cramponnent à leurs intérêts, coûte que coûte. Peu importe s’il n’y a pas eu d’événements et que rien n’a changé, au fond. Ce genre d’histoires remplit admirablement des pages, lesquelles se multiplient par ellesmêmes car la diversité des acteurs en lice en garantit la fécondité. Sans compter qu’une enquête publique garantirait des mois de nouvelles et rebondissements. Mais il y a plus grave. Pendant que des éléments de la FTQ, de la CSN, du PLC et du PQ se cramponnent sur leurs prises de positions, le dossier de l’heure sombre dans l’obscurité: qu’advient-il du Front Commun et des négociations dans le secteur public?</p>
<p>Faudrait-il également demander une enquête publique sur les salaires de plus de 450 000 employés de l’État, d’au moins 13% inférieurs à ceux du privé, pour que l’on accorde à ce dossier touchant la vie de milliers de québécois l’attention qu’il mérite?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/cadrage-mediatique-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Fortune Cookie</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/fortune-cookie-11/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/fortune-cookie-11/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 02:04:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Doré</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Fortune Cookie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=2960</guid>
		<description><![CDATA[Festivités pour célébrer l’été]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le mois d’août au Japon est marqué non seulement par les vacances d’été, mais aussi par le Obon (prononcer o-bonne). Il s’agit d’une fête bouddhiste honorant les esprits des morts, car au Japon, on croit que l’esprit des ancêtres revient visiter la terre, le temps d’une journée.</p>
<p>Le Obon est maintenant fête nationale du 13 au 15 août, ce qui permet à de nombreuses personnes de se réunir en famille, de visiter un temple, de retourner sur la tombe de leurs ancêtres ou encore de participer aux festivités. Cette fête prend parfois la forme d’un véritable festival (du moins, véritable festival japonais) où il est entre autre possible de voir des groupes de danses qui pratiquent le bon-odori (littéralement: danse du bon).</p>
<p>Les matsuri, qui ont souvent lieu pendant la période estivale, sont également des festivités importantes au Japon. Ils sont normalement associés au shintoïsme, puisque la fête est centrée autour d’un temple particulier.</p>
<p>Lors de ces célébrations, il est souvent possible de voir des mikoshi, un temple portatif dans lequel on transfert l’esprit du kami (divinité) qui est vénérée au temple, et ce pour le temps d’une parade dans le voisinage. Il ne faut pas croire pour autant que les matsuri sont des fêtes à caractère religieux, loin de là. En fait, il s’agit plutôt de fêtes populaires permettant de rassembler une communauté. Chaque matsuri est unique, mais une chose est certaine, il est toujours possible de trouver, dans les rues et ruelles, un nombre considérable de kiosques de nourriture, de boissons et de jeux.</p>
<p>Si toutes les villes et villages au Japon ont leur matsuri, eh bien Montréal ne fait pas exception. Je profite donc de cette dernière chronique pour vous inviter à participer à la neuvième édition du festival Matsuri Japon, qui aura lieu le 14 août sur l’Île Bonsecours du Vieux-Port de Montréal. C’est une occasion unique de découvrir la culture japonaise, d’écouter un spectacle de taiko, de danser le bonodori, de porter un yukata (kimono d’été, en location sur place), et de manger des mets japonais avec une bonne bière, japonaise elle aussi, il va sans dire. L’entrée au festival est gratuite, donc aucune raison de ne pas en profiter. Pour plus d’information: <a href="http://festivaljapon.com">festivaljapon.com</a></p>
<p>En guise de conclusion pour cette chronique, je vous propose un retour sur quelques enjeux clés de l’année. Au Japon, Hatoyama est toujours au pouvoir, mais sa popularité a diminué depuis les élections. Celui-ci est toujours en discussion avec les États-Unis en ce qui concerne la relocalisation de la base militaire américaine de Futenma. La Corée du Nord est toujours communiste et Kim Jong-Il, toujours officiellement au pouvoir.</p>
<p>Que nous réserve l’avenir, une Union Est-Asiatique, un missile Nord-Coréen ou la libération du Tibet? À vous de suivre les nouvelles de l’Asie, en mon absence.</p>
<p>Le fortune cookie de la semaine «En toute chose, il faut considérer la fin.» &#8211; Jean de La Fontaine</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/fortune-cookie-11/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Aider à aider</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/23/aider-a-aider/</link>
		<comments>http://delitfrancais.com/2010/03/23/aider-a-aider/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 01:15:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Éléna Choquette</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://delitfrancais.com/?p=3038</guid>
		<description><![CDATA[Des étudiants de McGill militant pour <em>End Poverty Now</em> passent la nuit dehors pour aider la cause des sans abris.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cinq étudiants ont passé cinq nuits dans leur sac de couchage la semaine dernière dans le cadre de l’événement «5 jours pour les sansabris». Quelques quinze autres ont également pris part à l’initiative pendant une ou deux nuits.</p>
<p>Rosa Gaia Saunders, étudiante de troisième année en études culturelles, et Albert Klein, étudiant en quatrième année en entrepreneuriat, mène une campagne pour le chapitre mcgillois de End Poverty Now, une ONG qui, revendiquant son indépendance de toute organisation politique ou partisane, lutte contre la pauvreté au niveau local comme international. Ils récoltaient de l’argent et des aliments non-périssables, notamment pour le centre d’hébergement montréalais Projet Autochtone du Québec. «On goûte à la vie de l’errance», racontait Rosa Gaia Saunders, habillée d’un dossard conçu pour l’occasion, en arrêtant les étudiants qui passaient près des l’entrée Milton. «On cherche essentiellement à attirer l’attention des étudiants et professeurs.» Elle admet qu’il est facile d’ignorer les besoins de ceux qui dorment dans les rues, mais «pas quand ils se trouvent dans notre cour». C’est pour cela que dans le but d’attirer l’attention de la communauté mcgilloise, ils se sont installés et endormis au beau milieu du campus.</p>
<p>«Ce sont les conditions les plus près de la véritable pauvreté, telle que vécue par plusieurs, dans lesquelles ont a choisi de vivre cette semaine», confie Albert Klein. En plus de dormir à l’extérieur, les participants se nourrissent exclusivement des denrées apportées par les passants et dorment sans autre équipement qu’un modeste sac de couchage. Et ce, dans le but de «rappeler aux étudiants que la pauvreté existe et continue d’exister». Selon le groupe, il est essentiel de réveiller la conscience des citoyens vis-à-vis les causes de la pauvreté telle qu’elle existe ici, au Canada.</p>
<p>Les participants auraient pu organiser «une soirée chic» pour amasser des fonds pour les organismes en lesquels ils croient, expliquait Gaia Saunders. «Mais ça aurait été en complète contradiction avec la réalité qu’on tente de dépeindre ainsi qu’avec les principes de la campagne de End Poverty Now», précise-t-elle.</p>
<p>Les retombées de l’exercice sont telles qu’un sans-abri est venu les trouver lors de la deuxième journée de la campagne. M. Klein explique que «certains d’entre nous étions un peu apeurés à son approche, mais la crainte s’est dissoute en moins d’une minute. Il voulait seulement être avec nous, et discuter entre égaux», ajoute-il.</p>
<p>L’organisation vise également à «aider les étudiants à aider». À cet effet, ils ont conçu une brochure faisant état des divers organismes oeuvrant déjà à la tâche, pour donner un point de départ aux McGillois désirant faire leur part pour lutter contre la pauvreté.</p>
<p>À son terme, la campagne «5 jours pour les sans-abris» avaient amassé presque 4 900$, ce qui est aux dires de Mme Saunders «plus d’argent qu’ils auraient pu croire être capables d’amasser»</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://delitfrancais.com/2010/03/23/aider-a-aider/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
