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	<title>Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Link victime de violence</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 04:55:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony Lecossois</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Élections McGill l’accuse d’infractions aux règlements; des étudiants l’assaillent physiquement au bar Gert’s.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Stefan Link, candidat à la présidence de l’Association étudiante de l’Université McGill, fait face à des accusations d’infraction de la part d’Élections McGill. Au nombre de celles-ci se trouvent la distribution d’information partisane à l’extérieur des murs de l’Université, et l’écriture à la craie sur l’asphalte près de la bibliothèque McLennan. Il s’en défend pourtant, en affirmant qu’il n’était pas le seul candidat à l’avoir fait. «Par ailleurs, j’avais clairement donné mes instructions à mon équipe électorale, et la personne qui a commis ces infractions ne fait plus partie de mon équipe.» Vendredi, son directeur-général rapportait au <em>McGill Daily</em> que Link a été le candidat le plus délinquant depuis le début de la campagne.</p>
<p>Sarah Woolf, également candidate à la présidence, a réagi aux propos de Link en précisant qu’il aurait été facile pour lui de jeter un coup d’oeil aux trois pages sur lesquelles sont écrites les règlements d’Élections McGill. Stefan Link s’interroge: «pourquoi serait-il interdit de faire campagne à l’extérieur des bâtiments? Je pense que c’est pour empêcher quiconque qui ne fait pas partie de la clique de l’AÉUM d’être élu.»</p>
<h4>Des coups portés au ventre</h4>
<p>En plus de ces allégations de tricherie électorale, Link aurait été victime d’une confrontation physique au bar Gert’s vendredi dernier. José Diaz, VP finances et opérations à l’AÉUM, s’y trouvait lors de l’altercation. Interrogé sur la question, il affirme qu’«il ne s’est rien passé de spécial. » Se reprenant: «à tout le moins rien de physique», en conformité avec ce qu’il avait rapporté au <em>McGill Daily</em> plus tôt dans la journée. Pourtant, dans d’autres propos tenus par la suite, il précise qu’un certain nombre des individus impliqués dans le conflit étaient en état d’ébriété. «Même si je n’en ai pas été le témoin direct, on m’a dit que Stefan Link a été frappé au ventre», reconnaît-il.</p>
<p>En entrevue avec <em>Le Délit</em>, le principal intéressé rapporte qu’il aurait effectivement reçu des coups au ventre, et que la confrontation «avait sans aucun doute à voir avec la campagne électorale», refusant toutefois de préciser si les coupables faisaient partie de l’équipe électorale d’un candidat adverse.</p>
<h4>La neutralité journalistique mise en cause</h4>
<p>De sucroît, Stefan Link indique que le <em>McGill Daily</em> aurait été biaisé en offrant une large couverture aux infractions commises par son équipe de campagne électorale. «Le McGill Daily a fait cela pour détourner l’attention de mon programme, parce qu’ils ont peur que je devienne président. Et ils ont raison parce que je serai élu», conclut le candidat éprouvé par les événements de la semaine. Tous les candidats seront rapidement fixés puisque les résultats seront annoncés jeudi 11 mars.</p>
<p>Ironisant sur les nombreuses controverses qui ont entaché la campagne la VP Clubs et service Sarah Olle a commenté par voie twitterienne que «la seule chose qui manque à la campagne électorale, c’est un scandale sexuel».</p>
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		<title>Référendum: prenez position!</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 03:16:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony Lecossois</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les étudiants sont appelés à se prononcer sur dix questions lors du référendum d’hiver de l’AÉUM.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tous les étudiants, en votant pour les candidats qui composeront le comité exécutif de l’Association des étudiants de l’Université McGill (AÉUM) de l’an prochain, auront également à s’exprimer sur différentes questions référendaires. Parmi les plus déterminantes figurent celles concernant l’indépendance du <em>McGill Tribune</em>, la réforme des assemblées générales de l’AÉUM et la survie de TVMcGill.</p>
<h4>Pro-encadrement</h4>
<p>Le comité en faveur d’un ajout à la constitution de l’AÉUM milite pour un encadrement institutionnel des actions des groupes pro-vie tels Choose Life. Non seulement les principes sous-tendant tous les clubs et associations étudiantes du campus devraient respecter la dignité humaine, selon eux, mais également «la souveraineté du corps».</p>
<p>Au moment de défendre ses idées lors du débat, le comité du Oui a souligné qu’il s’agissait moins de réagir directement aux événements de la session dernière que de «créer un cadre positif, définissant de façon formelle ce que les groupes pro-vie ont le droit de faire, ou non». Il suggère que «la distribution de dépliants de désinformation concernant la santé» serait l’une des activités qui dépasseraient ce cadre.</p>
<h4>Le Tribune veut s’émanciper</h4>
<p>«Publié depuis 1981, le <em>Tribune</em> responsabilise les administrations mcgilloises et aéumiennes», clamait les membres du Comité en faveur de la séparation des liens financiers et légaux entre l’AÉUM et la publication hebdomadaire d’ici 2010. Les membres du comité demandent aux étudiants de contribuer à hauteur de 3$ non-optionnels par semestre afin de maintenir une presse diversifiée sur le campus. En accord avec les règlements constitutionnels d’Élections McGill, tous les membres du comité en faveur de l’indépendance devaient démissionner de leurs postes au journal pour la durée de la campagne référendaire.</p>
<h4>Des AG en mal d’unité</h4>
<p>Membre du comité en faveur d’une réforme des assemblées générales de l’AÉUM, le président de l’association étudiante, Ivan Neilson, explique que l’AG n’est pas le lieu approprié pour débattre des enjeux externes à l’association. «Dans les rares cas où il est absolument nécessaire d’aborder des questions ayant trait aux politiques externes à l’AÉUM, le quorum à atteindre ne sera pas de 100 étudiants, mais de 500», précise-t-il.</p>
<h4>Quelques dollars supplémentaires</h4>
<p>TVMcGill revendique une augmentation de 0,50$ de la cotisation étudiante pour enrayer définitivement les problèmes de ressources récurrents et le manque de visibilité de l’organisation. «TVMcGill est une véritable école pour les étudiants en ce qui a trait à la production audiovisuelle, et on manque d’équipement pour matérialiser toutes nos idées.»</p>
<p>Le comité en faveur du Fond vert cherche également à renouveler l’appui des étudiants aux frais optionnels de 1,25$ utilisés pour «promouvoir une culture verte sur le campus», notamment à travers un financement du Plate Club et du Marché des fermiers.</p>
<p>Toby Davine, membre du comité, expliquait que le Fond vert est différent de celui pour les projets à développement durable (<em>Sustainability Projects Fund</em>) en ce que le premier est complètement supervisé par les étudiants, et que les résultats en découlant sont «déjà tangibles».</p>
<p>Votez au <a href="http://ovs.ssmu.mcgill.ca">ovs.ssmu.mcgill.ca</a></p>
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		<title>Vos candidats à la présidence</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/09/vos-candidats-a-la-presidence/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 02:54:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anthony Lecossois</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Le Délit</em> a choisi de ne pas soutenir de candidat, mais de présenter des extraits d’entrevues réalisées avec les quatre candidats à la présidence de l’AÉUM.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Le Délit</em> (LD): Quelle est votre position au sujet de la renégociation du <em>Memorandum of Agreement</em> (MOA), entente régissant les relations entre l’association des étudiants et l’administration de l’université?</strong></p>
<p>Sarah Woolf (SW): C’est dommage, mais nous n’avons pas de vision à long terme sur le bâtiment Shatner, puisqu’on risque la porte tous les cinq ans. S’il en était autrement, nous investirions, notamment dans l’isolation thermique. Je veux plus d’espaces pour faire la sieste, quoique je ne sache pas exactement ou on puisse la trouver.</p>
<p>Trip Yang (TY): C’est un document confidentiel que je n’ai pas pu consulter. Je veux trouver plus de place pour les services aux étudiants. Je veux que nos relations avec l’adminiwstration soient positives.</p>
<p>Zach Newburgh (ZN): Je voudrais que ce document prévoie qu’on ait la possibilité d’acheter le Shatner.</p>
<p>Stefan Link (SL): Ma connaissance de cette question est assez limitée car ce sont des documents confidentiels. Je voudrais d’ailleurs plus de transparence à ce sujet. Mais je veux ouvrir une cafétéria co-op, le menu serait fait par les étudiants. Pour nos relations avec l’administration, je veux qu’ils comprennent que c’est nous qui sommes en charge. S’ils ne comprennent pas, je leur dirai: «tu sais quoi? Vous faites ce qu’on dit sinon on paye plus.»*</p>
<p><strong><em>LD</em>: Parlez-vous le français ?</strong></p>
<p>SW: Malheureusement mon français parlé n’est pas superbe.* Je le comprends mais ne le parle pas. Ce sera sans doute un handicap pour travailler avec la CAF mais je compte prendre des cours pendant l’été. Jusqu’à présent mon français m’a permis de travailler efficacement avec la TaCEQ.</p>
<p>TY: Oui, je sais dire «Bonjour je m’appelle Trip Yang. Comment ça va?»* Mais pas plus. Je compte prendre des cours pendant l’été. De toute façon, je ne pense pas que ce soit un handicap puisqu’il est suffisant que le VP Affaires externes le parle pour travailler avec la TaCEQ.</p>
<p>ZN [qui est pratiquement bilingue]: Oui j’ai été en immersion français. Je trouve que les étudiants francophones ont été négligés et je veux changer cela.*</p>
<p>SL [qui est totalement bilingue]: Je pense que c’est très important que tous les étudiants puissent communiquer dans leur langue maternelle en français.*</p>
<p><strong><em>LD</em>: Pensez-vous que l’AEUM doive prendre position sur des problématiques externes comme le conflit israélopalestinien?</strong></p>
<p>SW: Je pense que le corps étudiant doit pouvoir prendre position sur des problématiques externes. C’est très important. Je veux juste pouvoir augmenter le nombre d’étudiants consultés. Je ne crois pas en une prétendue neutralité. Un leader politique doit savoir prendre position.</p>
<p>TY: Je pense que ce genre de débat ne devrait pas avoir lieu lors des A.G. parce que l’AÉUM ne peut rien faire à ce sujet. Il faut être pragmatique. </p>
<p><strong><em>LD</em>: Au Sénat, tu seras amené à t’exprimer sur ces questions. Comment comptes-tu représenter l’opinion des étudiants? TY: Je veux embaucher des statisticiens qui interrogent le corps étudiant dans toute sa diversité.</strong></p>
<p>ZN: Je voudrais rassembler tous les étudiants alors que ce genre de question est facteur de divisions. Un petit nombre d’étudiants qui sont engagés politiquement monopolisent le débat. La légitimité de l’AG est en jeu. Les fraternités et le sport sont deux des aspects dans lesquels je veux que l’AÉUM investisse du temps et de l’argent car ils sont apolitiques.</p>
<p>SL: Je pense que si l’on prend des positions externes à l’université, ça ne peut pas être 5% de la population qui prenne ces décisions.*</p>
<p><strong><em>LD</em>: Si tu es élu(e) de quoi as-tu peur?</strong></p>
<p>SW: Décevoir les étudiants.</p>
<p>TY: Je ne pense pas que j’ai peur de quoi que ce soit. Je pense qu’un candidat doit avoir une haute opinion de sa force de caractère.</p>
<p>ZN: J’ai peur qu’une minorité d’étudiants politisés casse la dynamique de la communauté de McGill.</p>
<p>SL: De mettre tant d’efforts dans l’AÉUM que je rate mes cours.* <br/><br/></p>
<p class="boiteg">*Exprimé en français par le candidat. Votez au ovs.ssmu.mcgill.ca jusqu’au jeudi 11 mars, 17h.</p>
<p><br/></p>

<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/09/vos-candidats-a-la-presidence/n-zachnewburgh1/' title='N-ZachNewburgh1'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/N-ZachNewburgh1-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Zach Newburgh - Photo: Stephen Davis / The McGill Daily" title="N-ZachNewburgh1" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/09/vos-candidats-a-la-presidence/n-tripyang1/' title='N-TripYang1'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/N-TripYang1-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Trip Yang - Photo: Stephen Davis / The McGill Daily" title="N-TripYang1" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/09/vos-candidats-a-la-presidence/n-stefanlink2/' title='N-StefanLink2'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/N-StefanLink2-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Stephen Link - Photo: Stephen Davis / The McGill Daily" title="N-StefanLink2" /></a>
<a href='http://delitfrancais.com/2010/03/09/vos-candidats-a-la-presidence/n-sarahbw/' title='N-sarahbw'><img width="150" height="150" src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/N-sarahbw-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Sarah Woolf - Photo: Stephen Davis / The McGill Daily" title="N-sarahbw" /></a>

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		<title>À la vie, à la mort</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/09/a-la-vie-a-la-mort-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 00:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Geneviève Lavoie-Mathieu</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour Margaret Somerville, professeur en droit et bioéthique à McGill, la légalisation de l’euthanasie réduit la vie à un produit.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Nous sommes tous victimes de quelque chose,<br />
ne fût-ce que d’être en vie.</em> (Paul Auster<br />
dans <em>Moon Palace</em>).</p>
<p>Le débat est sur la table depuis plusieurs années. La légalisation de l’euthanasie est envisagée. En effet, le projet de loi C-384 apporterait une modification au Code criminel afin de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. Ces mesures permettraient aux personnes majeures, éprouvant des douleurs physiques ou mentales aiguës sans perspective de soulagement, et/ou atteintes d’une maladie en phase terminale, de mourir dignement quand elles y consentent de façon libre et éclairée.</p>
<h4>D’où vient la demande pour la légalisation de l’euthanasie?</h4>
<p>Bien que la médecine, la recherche et la technologie nous permettent maintenant une capacité incroyable de soulager la douleur, la demande est croissante pour la légalisation de l’euthanasie. Pourquoi cet engouement pour une telle mesure et pourquoi fait-on de plus en plus référence à la notion de «mort en toute dignité»?</p>
<p>Professeur Sommerville, explique que la sécularisation de la société s’avère être en quelque sorte le moteur de ce courant européen et nord-américain qui revendique la légalité de l’euthanasie en invoquant la primauté des libertés individuelles sur le droit de l’État d’interférer dans la vie privée. Par exemple, le droit à l’autonomie, à la détermination personnelle et à l’atténuation des souffrances sont des raisons invoquées et découlent de cette glorification de l’individualisme.</p>
<p>Le temps est révolu où la religion occupait une place de choix dans la vie politique, où les valeurs étaient partagées, uniformes et basées sur les commandements de Dieu (En l’occurrence le 5e commandement: «Tu ne tueras point.») Selon Somerville, «les droits individuels ne devraient pas toujours avoir primauté dans le cas des décisions d’ordres éthiques en société, puisque cela pourrait ouvrir la porte à de dangereux précédants.»</p>
<p>Plus particulièrement, «reconnaître la mort comme étant une voie acceptable dans le but de se libérer de ses souffrances pourrait encourir une certaine influence sur les personnes envisageant le suicide, sans compter qu’il y a plusieurs manières soulager les souffrances, sans nécessairement enlever la vie.» Dans une société séculaire et pluraliste, la médecine et la justice constituent désormais les deux principales institutions qui à l’instar de la religion maintiennent la valeur du respect des êtres humains en société. L’interdiction de tuer intentionnellement est donc la pierre angulaire de la loi et des relations humaines, selon elle.</p>
<h4>Le cas des Pays Bas</h4>
<p>Au Pays Bas, où l’euthanasie a été légalisée depuis trente ans, les critères de sélection sont déréglés, et selon Somerville rendent l’euthanasie incontrôlable. «La loi ne s’applique plus seulement aux adultes en phase terminale, et souffrant de douleurs qui ne puissent être soulagées», selon Somerville.</p>
<p>Par exemple, des études récentes on démontré que le taux de suicide des hommes d’âge moyen (un groupe ayant un risque de suicide élevé) a baissé mais que le taux d’euthanasie dans ce même groupe d’âge a augmenté. Par exemple, une femme déprimée a été euthanasiée par son psychiatre traitant et l’action a été justifiée par la Cour de justice bien qu’elle ne fût atteinte d’une maladie incurable ou fût en phase terminale.</p>
<h4>Dignité</h4>
<p>Les défenseurs de la cause pro-euthanasie clament qu’en dessous d’un certain niveau de qualité de vie, une personne perd sa dignité. Pourtant, la définition première de la dignité, selon Sommerville, inclut le respect pour la vie.</p>
<p>Des études ont prouvé qu’entre autre la création de «mini espoir» pour les patients en phase terminale et/ou souffrant gravement, a créée une diminution de 90% de la volonté d’euthanasie. Vraisemblablement, la peur de mourir seul, sans être aimé, ou sans avoir le sentiment d’avoir accompli quelque chose constitue des préoccupations universelles et a été plus fortement associée avec des demandes pour l’euthanasie, que la souffrance.</p>
<p>«La thérapie de la dignité» a donc été créée dans le but d’aider les patients à cheminer vers la mort de manière paisible et non de précipiter la fin, et de présenter l’euthanasie comme étant une alternative ou un remède contre des souffrances psychologiques.</p>
<h4>La vie, une obligation?</h4>
<p>Selon Ruth Von Fuchs, qui dirige la Société ‘Right to Die’, la vie n’est pas une obligation et chacun devrait avoir le droit de mettre fin à sa vie quand bon lui semble.</p>
<p>Somerville, affirme quant à elle, que la perte du respect pour la vie, équivaut à la perte de notre humanité, cette qualité qui selon elle «nous distingue des animaux et nous donne ce statut particulier, qui est en fait une manière de reconnaitre et de garantir le respect pour toute autre sorte de vie.»</p>
<p>Le débat reste ouvert, à la reprise des travaux parlementaires la première lecture du projet C-384 se fera, selon toutes attentes à la mi-mars.</p>
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		<title>Saga aux cycles supérieurs</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 00:47:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Dufresne</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Conseil approuve une motion visant à tenir le référendum sur la FCEE en dépit des contestations.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a du nouveau dans la saga politicojudiciaire qui oppose l’Association des étudiantes et étudiants aux deuxième et troisième cycles (AÉÉDTC) de McGill et la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE).</p>
<p>Le 3 mars dernier, quelques heures avant la réunion du Conseil, l’instance décisionnelle suprême de l’AÉÉDTC, l’association a reçu une lettre de Katherine Giroux-Bougard, présidente nationale de la FCEE. Cette lettre s’opposait à une clause du Conseil qui fixerait les dates du référendum de désaffiliation de la FCEE du 29 mars au 1er avril, et ceci même s’il y a litige sur les règles référendaires. Ces dates seraient valides advenant le cas où le Comité référendaire, composé de deux membres de chaque organisation, n’arriverait pas à s’entendre avant le 10 mars. Dans sa lettre, Giroux-Bougard prévient le Conseil «que tout référendum contredisant [les lois de la Fédération] ne sera pas pris en compte comme légitime par la Fédération».</p>
<p>Toutefois, Daniel Simeone, Président de l’AÉÉDTC, affirme qu’un référendum serait néanmoins légitime parce que la Fédération est en rupture de contrat, ayant elle-même enfreint ses propres règlements. «La Fédération affirme qu’elle peut ignorer les règlements qu’elle veut, pour les imposer aux autres plus tard!», déplore Simeone. «Dans un cas de rupture de contrat, il faut aller de l’avant avec un référendum approprié et démocratique. C’est ainsi qu’on procèdera pour donner voix aux membres de l’AÉÉDTC». En dépit des avertissements de Giroux-Bougard, le Conseil a accepté la clause à la quasi-unanimité, avec seulement un vote contre et une abstention.</p>
<h4>Une saga depuis septembre</h4>
<p>Rappelons que l’AÉÉDTC tente depuis début septembre d’organiser un référendum offrant la possibilité à ses membres de reconsidérer son adhésion à la fédération canadienne, qu’elle juge «anti-démocratique», «inefficace» et «déconnectée» de la base étudiante. Les enjeux sont considérables puisque les étudiants aux cycles supérieurs verseraient plus de 68 000$ annuellement en cotisations à la FCEE, en contrepartie de quoi ils n’obtiendraient pas la représentation qu’ils méritent, dixit le président Daniel Simeone.</p>
<p>En septembre dernier, une pétition circulait afin d’exiger de la FCEE qu’elle autorise la tenue d’un référendum de désaffiliation. À la mi-octobre, les dirigeants de l’association ont déposé la liste des signatures de 10% des membres, dans la foulée d’un mouvement de protestation national. Le quorum de 10% était en conformité avec les règlements internes de la FCEE, jusqu’à ce que les règlements de désaffiliation soient modifiés lors de l’Assemblée annuelle de la FCEE le 28 novembre, haussant le quorum à 20% des membres et l’intervalle entre deux référendums de deux à cinq ans.</p>
<p>Les procédures réglementaires, légales et judiciaires se sont alors succédées de part et d’autre afin de retarder ou de forcer la tenue du référendum litigieux. L’AÉÉDTC a intenté une poursuite en bonne et due forme afin d’exiger de la FCEE qu’elle fixe la date du plébiscite. C’est en réaction aux retards de la FCEE à engager les procédures requises pour la tenue du référendum que la motion a été rédigée en prévision de la réunion du Conseil. Un conseiller l’aurait alors soumise à l’attention de la FCEE, qui a rétorqué par l’envoi de la lettre de Giroux-Bougard.</p>
<p><em>Propos recueillis par Laurin Liu.</em></p>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:01:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre, Le Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[sommaire]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[]]></content:encoded>
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		<title>Le Billet de la Bombe</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Émilie Bombardier</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Le billet de la Bombe]]></category>

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		<description><![CDATA[Ça arrive rien qu’une fois par année]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Loin de moi l’idée de Me détourner de la sphère culturelle, mais n’est-il pas un meilleur prétexte que la Journée internationale des femmes pour faire digression? Probablement que oui. J’ai maintes fois considéré que les journées mondiales étaient trop nombreuses. Ces commémorations orchestrées par qui veut bien les déclarer ponctuent les mois, les semaines et le quotidien, à tel point qu’elles passent inaperçues dans la plupart des cas. Banque sans fond dans laquelle pigent les médias en manque d’inspiration ou moment idéal pour les politiciens de montrer leur sympathie envers une cause que, souvent, ils ignorent durant le reste de l’année? Grande était ma réticence, chers lecteurs, à saisir cette occasion pour traiter d’un sujet sur lequel je me questionne constamment.</p>
<p>Or, parmi toutes les déclarations et les discours qui ont entouré la Journée internationale des femmes, l’une d’entre elles, ayant suscité bien peu de réactions, m’a beaucoup interpellée. Autant critiquée au sein de son parti que dans l’opinion publique, Pauline Marois a tout récemment confié à la Presse canadienne «qu’être une femme avait nuit à son ascension au pouvoir». L’assertion n’a en soi rien de bouleversant, dévoilant au grand jour ce que l’on peut penser tout bas sur un milieu qui, malgré les apparences, peine à s’adapter à la présence des femmes. Les statistiques nous prouvent bien que le nombre de femmes élues à l’Assemblée nationale augmente d’élection en élection, que de plus en plus de ministères leurs sont attribués. Mais qu’en est-il du sentiment général et du battage médiatique entourant une femme qui aspire à être la prochaine première ministre du Québec?</p>
<p>Sentant toujours une grande «réticence» à son endroit malgré ses trente ans de carrière politique, la chef du Parti québécois prétend avoir été contrainte d’adopter une attitude et une image qui ne lui ressemblaient pas. Longtemps jugée selon sa garde robe colorée et cette étiquette de bourgeoise snob dont elle n’a jamais pu définitivement se départir, elle a déploré pour une des premières fois ce moule dans lequel elle a eu à se placer pour faire entendre ses idées et pour être considérée comme une candidate valable à la chefferie du parti. Elle admet même avoir peiné à adopter «l’uniforme» fade et, admettons-le, assez peu féminin, du politicien. On a souvent évoqué son manque d’agressivité dans les débats et les périodes de questions, mais elle estime que cette attitude va à l’encontre de sa propre nature. Malgré tout ce que l’on peut penser d’un parti qui a probablement grandement besoin de se renouveler et de sa dirigeante, j’ai trouvé le témoignage de Mme Marois prenant de par la sincérité qui s’en dégageait.</p>
<p>Au-delà de la politique, j’ai cru entendre la femme à qui l’on reprochait de ne pas agir «en homme» pour être prise au sérieux dans un milieu qui laisse rarement place à la féminité, quelle qu’elle soit. Sommes-nous donc réellement ouverts à ce qu’il y ait une première ministre à la tête du gouvernement, quelque soit le parti qu’elle représente? Reprocherait-on avec autant d’acharnement à un homme d’afficher une image de bourgeois? Le manque de leadership peut être reproché à bien des chefs de parti, il n’en va cependant pas de même avec le manque d’agressivité…</p>
<p>Si bien peu de gens disent pouvoir s’identifier à Pauline Marois, force est d’admettre que c’est plutôt derrière une femme que le milieu politique ne veut pas se ranger. Si ses propos avaient fait quelques remous sur la colline parlementaire, plusieurs lui auraient reproché de jouer la carte de la féministe éternellement insatisfaite. Mais l’événement sera loin de faire scandale. Au-delà de la fameuse Journée des femmes, il semble que le débat d’idées sera bien vite classé ou du moins, si on a de la chance, calmement relancé le 8 mars prochain.</p>
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		<title>Pellerinage à McGill</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Geneviève Chantal-Hébert</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’occasion du séminaire de création littéraire «Tout doit apparaître», les professeurs Alain Farah et Robert Lalonde recevaient le conteur de Saint-Élie-de-Caxton Fred Pellerin.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Toujours en tournée pour la présentation de son dernier spectacle <em>L’Arracheuse de temps</em>, Fred Pellerin a fait, vendredi dernier, un petit détour par Montréal pour parler de sa démarche artistique et semer un peu de magie dans nos quotidiens aseptisés. La salle très boisée du Cercle Universitaire (<em>Faculty Club</em>), où se tenait la rencontre, inspirait un respect presque solennel alors que la présence du conteur, fidèle à l’idée que l’on se fait de lui, appelait plutôt une fébrilité bon enfant.</p>
<p>Après une brève présentation de Robert Lalonde, Alain Farah s’est lancé dans une comparaison touchante entre la grand-mère de Fred et la sienne –comparaison s’articulant autour de la bouche édentée de l’une et de la dentition complète de l’autre– établissant ainsi un lien fraternel entre les oeuvres des petits- enfants. Entre deux gorgées de café, Fred a commencé à conter. Pris d’une irrésistible envie de se lever debout, il a expliqué à la tranquille audience d’où lui venait le désir de raconter et la manière dont il prépare ses histoires. Il a confié qu’il façonne ses récits de soir en soir, s’imposant parfois des contraintes langagières ou thématiques, et réajuste, transforme certains passages selon la réaction des foules. Il a avoué ne pas aimer rester dans «ses <em>trails</em>», et demeurer dans des zones déjà explorées et confortables. C’est ce qui le pousse à constamment se réinventer. C’est là aussi qu’il trouve son plaisir de conteur.</p>
<p>Sa grande originalité et ses récits mêlant humour et merveilleux, rendant la frontière entre le réel et la fiction véritablement floue, ne nous permettent pas de le classer dans une catégorie précise. Il n’est pas conteur au sens traditionnel du terme, surtout pas humoriste, mais cette situation ne le dérange pas le moins du monde. Au contraire, l’entre- deux lui convient bien.</p>
<p>Malgré sa peur de la fixité inhérente à la pratique de l’écriture, les livres et les spectacles de Fred Pellerin sont en fait des vases communicants qui, même s’ils s’opposent dans la forme, se nourrissent l’un l’autre. La langue se travaille différemment lorsqu’elle est placée dans un contexte où règnent la spontanéité et l’improvisation que lorsqu’elle est le fruit d’un effort de la rédaction, où l’on peut remanier les mots autant qu’il nous plaît, mais dont le résultat doit ultimement se réduire, se conclure à une construction figée sur papier. Quoiqu’il en soit, la langue de Pellerin, qui émousse la grammaire, poétise et déforme le réel, en est une «qui vernacule», donnant tout sons sens à l’expression qui qualifie la langue française de «langue vivante».</p>
<p>C’est en réclamant une «petite dernière» (question) que la rencontre s’est close –trop rapidement–, nous laissant l’agréable sensation que cet ailleurs de «paparmanes» roses évoqué par Pellerin est sûrement réel. «Oui: Saint-Élie, ça existe vraiment!»<br/><br/></p>
<p class="boiteg"><em>À surveiller: la prochaine rencontre de «Tout doit apparaître», avec l’auteur et metteur en scène Olivier Kemeid et les acteurs de la pièce L’Énéide, adaptée d’après le texte original de Virgile. La discussion aura lieu après la représentation du 19 mars à 18h30 à l’Espace Libre.</em></p>
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		<title>Sans relâche</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Dufresne</dc:creator>
				<category><![CDATA[éditorial]]></category>

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		<description><![CDATA[Nul besoin de vous taper la brique de 646 excellentes pages du Collectif Clio sur l’histoire des femmes au Québec pour réaliser l’ampleur du chemin parcouru depuis un siècle. On a tous une vague idée de ce que pouvait être la vie d’une femme il y a à peine quelques décennies, pratiquement sans aucun droit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nul besoin de vous taper la brique de 646 excellentes pages du Collectif Clio sur l’histoire des femmes au Québec pour réaliser l’ampleur du chemin parcouru depuis un siècle. On a tous une vague idée de ce que pouvait être la vie d’une femme il y a à peine quelques décennies, pratiquement sans aucun droit politique, sans statut civique, sans autonomie financière. En m’arrêtant quelques minutes, en cette Journée internationale des femmes, pour imaginer ce qu’aurait été ma vie si j’étais née à cette époque, je ne peux qu’être envahie d’un profond sentiment de reconnaissance à l’égard de mes aînées.</p>
<p>Car tous ces changements ne sont pas arrivés par magie, loin de là. Il n’y a aucun mystère: la condition des femmes s’est améliorée là où des efforts constants, patients, souvent héroïques ont été déployés. Si «le féminisme» a perdu ses lettres de noblesse quelque part dans les années 80, il serait fort ingrat de ne pas reconnaître et célébrer ce qu’il a légué à la société d’aujourd’hui. Il a fallu une bonne dose de courage, peutêtre même de rage, à des milliers de femmes pour sortir de leurs cuisines et oeuvrer activement à enfoncer des portes closes que leurs filles et leurs petites filles franchissent tous les jours sans même les remarquer.</p>
<p>Mais le progrès est un édifice fragile et instable; il n’y a pas d’architecte pour en vérifier les plans avant que la construction ne soit achevée. Et puis ça part dans tous les sens: rien à voir avec l’«autoroute» du progrès, c’est plutôt un chemin embroussaillé que l’on trace au fur et à mesure qu’on avance (ou recule!).</p>
<p>Il suffit d’ouvrir les journaux du 8 mars 2010 pour constater que sur bien des plans, une partie du chemin reste encore à tracer. Outre les dossiers traditionnels de l’équité salariale, de la représentation politique, de la conciliation travail-famille, de la féminisation de la pauvreté, et tant d’autres où les avancées ont fait place à une stagnation tenace, les dernières années ont également été le théâtre d’attaques répétées envers des droits que l’on croyait pourtant acquis.</p>
<p>Il n’y a qu’à penser à la décision du gouvernement Harper de changer la mission du Conseil du statut de la femme sous prétexte que «l’égalité est acquise», et celle de couper le financement des groupes qui font du militantisme politique et légal. Ou encore aux assauts de plus en plus fréquents des groupes chrétiens pro-vie au Québec même, alors qu’on les croyait relégués dans quelques lointains États du Sud des États-Unis. La dernière décennie a aussi été témoin de l’apparition des groupes masculinistes, caractérisés par une haine viscérale du féminisme et qui établissent un lien de causalité simpliste et douteux entre les avancées des femmes et le malaise de l’homme québécois. Il y a également la recrudescence des fondamentalistes religieux, question épineuse s’il en est, dont le droit des femmes est la clef de voûte.</p>
<p>Bref, malgré toute la charge négative qu’on lui a mis sur les épaules dans les deux dernières décennies, «le féminisme» –quelque soit le sens qu’on lui donne– reste encore criant d’actualité en 2010.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>Alors bon anniversaire, mesdames, nous méritons bien d’être célébrées. Et maintenant, retroussons nos manches –tous, qu’on s’identifie comme femme, homme, trans, queer, etc.– car le progrès ne se mettra pas en marche sans «les efforts infatigables et l’inquiétude passionnée d’individus dévoués». Au boulot!</p>
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		<title>Tapis rouge pour la musique émergente</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audrey Gauthier</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Le Délit</em> vous propose de découvrir la 14e édition des Francouvertes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La musique francophone a envahi le Lion d’Or et le Club Soda depuis le 8 février. Plusieurs artistes, musiciens, groupes et amateurs s’y retrouvent pour découvrir un nouveau son, mais aussi des nouveaux visages. La 14e édition des Francouvertes en est déjà à la moitié de son périple. Plusieurs artistes ont déjà fait entendre leur passion et plusieurs autres les suivront jusqu’à la fin mars.</p>
<p>Les Francouvertes, c’est un concours où la musique alternative francophone est à l’honneur. D’abord apparues sous le nom de «Faites de la musique» en 1995, c’est en 2005 que les Francouvertes sont revenues en force sur la scène montréalaise grâce à l’initiative de leur directrice, Sylvie Courtemanche. Il s’agit du premier concours québécois dont l’évaluation est assurée à parts égales par un jury formé de membres de l’industrie et par le public. Depuis sa création, plus de 2 718 dossiers ont été soumis par des artistes provenant des quatre coins du pays. Plusieurs groupes désormais connus du grand public ont fait leur début grâce à ce concours, dont Loco Locass, les Cowboys Fringants, Alfa Rococo, Karkwa, La Patère Rose et, plus récemment, la formation Ariel.</p>
<p>Chaque lundi, jusqu’au 22 mars, trois artistes s’affrontent dans la ronde préliminaire. Les gagnants de ces soirées auront alors la possibilité de s’affronter lors des finales, qui auront lieu au mois d’avril. C’est toutefois le 3 mai que le gagnant sera annoncé, et que lui sera décernée la bourse de 10 000$ de Sirius Radio Satellite. Outre le grand prix, ce concours permet d’étroites collaborations avec l’ensemble de l’industrie musicale. Des photographes, graveurs de disques, imprimeurs, diffuseurs, représentants de festivals, d’associations et d’organismes gouvernementaux sont présents et offrent leurs services et une aide financière en plus d’être membres du jury.</p>
<p>Les porte-paroles de l’édition de cette année sont David Marin et les membres de la formation Karkwa. Tous ont participé à une édition antérieure des Francouvertes et ils ne sont aucunement déçus de leur aventure. Ils disent apprécier beaucoup les prix offerts lors du concours, mais soulignent que la première chose qui les a marqués est le contact avec le public. Louis-Jean Cormier de Karkwa décrit le concours comme «la chance de faire endosser son travail par la réaction d’un public». David Marin ajoute que c’est un des principaux avantages des Francouvertes, car il est possible de se faire «plein de nouveaux fans». Les deux musiciens emploient le même mot pour décrire les Francouvertes: «famille». «C’est une famille qui prend soin de ses artistes et qui les épaule pendant toute l’aventure», explique Louis- Jean Cormier. David Marin ajoute: «la grande famille des Francouvertes, qui travaille douze mois par année pour la musique émergente, qui adopte littéralement ses artistes et les supporte durant bien des années, croyez-moi.»</p>
<p>Tous les lundis jusqu’au 3 mai, il est possible de connaître les futurs artistes de la scène musicale. Allez-y et peut-être direz-vous, un jour: «Je les ai découverts en premier… aux Francouvertes.»<br/><br/></p>
<p class="boiteg"><em>Prochaine soirée de préliminaires avec Max Ricard, Violett Pi et Bernard Adamus</em><br />
<strong>Où:</strong> Lion d’Or, 1676, rue Ontario Est<br />
<strong>Quand:</strong> 15 mars<br />
<strong>Combien:</strong> 6$</p>
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		<title>L’Arabie Heureuse en péril?</title>
		<link>http://delitfrancais.com/2010/03/09/l%e2%80%99arabie-heureuse-en-peril/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre, Le Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Un portrait du Yémen, une nation troublée]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Autrefois surnommé <em>Arabia Felix</em> –l’Arabie heureuse– par les Romains, le Yémen a récemment perdu le sourire. Depuis l’attentat manqué du <em>underwear bomber</em> le 25 décembre dernier, le Yémen a capté l’attention de tous les grands médias occidentaux et est devenu le nouveau bouc-émissaire des problèmes de sécurité mondiale. Cependant, s’il ne profite pas de l’élan offert par la communauté internationale, il pourrait se diriger illico vers la faillite.</p>
<h4>Des bobettes et un réveillon manqué</h4>
<p>Le 25 décembre dernier, Omar Farouk Abdul Mutallab, Nigérian d’origine dans la jeune vingtaine, a tenté de faire exploser l’avion du vol 253 de la <em>Northwest Airlines</em>, reliant Amsterdam à Détroit. Le présumé terroriste avait en effet dissimulé un sachet de poudre explosive dans l’entre-jambe de ses sous-vêtements. Cet évènement malheureux a eu deux importantes conséquences: premièrement, les passagers aériens devront dorénavant pratiquement (ou plutôt virtuellement) se mettre à nu pour les fouilles de sécurité et, deuxièmement, l’enquête a révélé un lien étroit entre le terroriste nigérian et le Yémen.</p>
<p>Omar Mutallab a séjourné pendant plusieurs mois au Yémen pour y apprendre l’arabe et il aurait été en contact avec la branche d’Al-Qaeda dans la Péninsule Arabique (AQPA), qui a revendiqué l’attentat manqué. L’organisation lui aurait fourni la penthrite, un matériel hautement explosif, et l’aurait assisté dans l’élaboration de son plan. Les médias occidentaux n’ont pas attendu longtemps avant de crier haro sur le Yémen.</p>
<h4>Un refuge pour Al-Qaeda?</h4>
<p>Une des principales raisons pour laquelle les groupes terroristes prospèrent dans cette région du monde est que le Yémen est une nation troublée économiquement, socialement et politiquement. Tous les ingrédients sont réunis pour favoriser l’extrémisme religieux.</p>
<p>D’abord, il faut préciser que 70% de la population yéménite est âgée de moins de 25 ans. Et vu que, par le passé, la majorité des organisations terroristes ont recruté des jeunes pour effectuer leurs opérations (par exemple, seulement un des dix-neuf terroristes du 11 septembre avait plus de 30 ans, et les quatre individus responsables de l’attentat de Londres en juillet 2005 avaient entre 18 et 30 ans), il est essentiel de comprendre comment ces jeunes sont au coeur de la dynamique.</p>
<p>Le Yémen est le pays le plus pauvre du Moyen-Orient: 45% de sa population vit avec moins de 2$ par jour et le taux de chômage frôle les 35%. Une telle situation économique peut facilement mener la jeunesse au désespoir. Ainsi, les organisations terroristes ciblent souvent des jeunes en difficulté et leur fournissent les ressources financières dont leur famille a grandement besoin. Elles leur promettent un avenir meilleur et leur donnent un but dans la vie, aussi dramatique soit-il. Même Ali Mohamed Mujuwar, le Premier Ministre du Yémen, reconnaît le problème: «Nous avons un chômage généralisé, et c’est dans ce genre d’environnement que fleurit l’extrémisme».</p>
<p>Un tel désespoir pourrait être exacerbé dans les prochaines années alors que les ressources naturelles du pays s’évaporent à vue d’oeil. Le <em>Yemen Observer</em> prévoit que les ressources d’eau, localisées dans des nappes phréatiques dans la région de la capitale, Sanaa, pourraient disparaître dans moins de dix ans. En effet, en plus du climat qui s’assèche d’année en année, 30% de cette eau sert à la culture du qat, une drogue prétendument stimulante qui nuit à la productivité de la population et qui a remplacé la culture de fruits, de légumes et du café moka, originaire du Yémen. Aussi, la Banque Mondiale prévoit que les ressources de gaz et de pétrole pourraient s’épuiser dès 2017. Étant donné que les revenus provenant de cette activité économique représentent 90% des exportations du pays, cela aurait des conséquences désastreuses sur la dépendance économique et la dette du pays.</p>
<p>Le Yémen est aussi politiquement tourmenté. Le président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978, est aux prises avec une insurrection islamique au nord et un mouvement séparatiste laïque au sud. De véritables héritages de la guerre froide, alors que la partie nordiste capitaliste et la partie sudiste communiste ne se sont réunies qu’au début des années 1990. Cette réunification n’a pas été sans peine: une guerre civile a éclaté en 1994, et le gouvernement mène encore à ce jour une intervention militaire contre les rebelles Houthi chiites du nord. Ces derniers dénoncent le peu de place donné aux chiites dans ce pays majoritairement sunnite, tandis que les séparatistes du sud accusent le nord d’être avantagé au niveau industriel et économique.</p>
<p>D’un point de vue extérieur, on est porté à croire que le pays est en pleine guerre civile. La réalité est différente. Le Délit a contacté Mansour Alkaderiun étudiant à l’Université de Sanaa. Ce dernier reproche aux médias occidentaux «de faire une montagne à partir d’un grain de sable. Quand je regarde les nouvelles sur les chaînes britanniques ou américaines, j’ai l’impression de vivre dans un autre pays. Certes, ils sont un défi à la stabilité du pays, mais ces combats sont isolés et n’affectent pas la majorité de la population.»</p>
<p>Monsieur Alkaderi explique aussi que les problèmes concernant Al-Qaeda et les tribulations politiques sont partiellement dus au fait que «le gouvernement a peu d’autorité et de capacité en dehors des grands centres urbains». En effet, dans les régions montagneuses et éloignées, le pouvoir est souvent aux mains de puissants chefs tribaux, les cheikhs, qui imposent leur propre système judiciaire et législatif. Cette absence de gouvernement a ainsi donné de la liberté aux réseaux terroristes qui peuvent errer dans ces régions, «prêchant un message de haine et de terreur». De plus, les jeunes sont souvent aliénés par le gouvernement qui est perçu comme une entité administrative corrompue et inefficace, et cette frustration contribue aux succès des recrutements d’Al-Qaeda dans la région.</p>
<h4>Des solutions pour les jeunes par des jeunes</h4>
<p>Le 27 janvier dernier, une conférence internationale a été tenue à Londres afin d’établir une discussion par rapport aux moyens d’assister le Yémen à surmonter ces défis. Gordon Brown a par ailleurs annoncé la création de l’organisation <em>Friends of Yemen</em>, qui veillerait à ce que ce pays ne sombre pas dans une misère absolue et irréversible. Étant donnés la nouvelle attention portée au Yémen par l’Occident, la menace terroriste sur la sécurité internationale ainsi que les effets possibles des solutions aux défis du pays, la jeunesse yéménite a voulu faire entendre leur voix à cette rencontre. Le groupe <em>Resonate! Yemen</em>, en collaboration avec <em>Bridges Social Development</em>, une ONG canadienne qui «vise à l’émancipation de jeunes hommes et femmes afin qu’ils deviennent des <em>leaders</em> dans le domaine de la santé, du droit, du journalisme, de l’éducation et de la politique», ont tâté le pouls des jeunes yéménites afin de pouvoir cerner les problèmes et apporter des solutions. «Un dialogue international quant aux mesures à prendre afin de contrer la montée d’Al- Qaeda est crucial. Des experts doivent s’asseoir autour d’une table pour évaluer les options», nous explique Donna Kennedy- Glans, directrice exécutive de <em>Bridges</em>. «Ces jeunes sont naturellement motivés et s’inquiètent du futur de leur pays. Ce sont eux qui hériteront de l’aboutissement de ces dialogues.»</p>
<p>Ainsi, <em>Resonate! Yemen</em> est conscient que le Yémen a besoin d’assistance internationale, mais le groupe exige que ce support provienne d’abord de pays musulmans dans le but d’éviter tout méfiance envers les bonnes intentions de l’Ouest, ce qui ne ferait qu’accroître le soutien à Al-Qaeda. Également, cette aide ne devrait pas être fournie sous forme militaire, car toute invasion canaliserait le recrutement d’Al- Qaeda afin de combattre une telle occupation étrangère. L’appui au Yémen devrait plutôt être technique et financier, même si <em>Resonate! Yemen</em> admet qu’une gestion plus transparente et moins corrompue du gouvernement yéménite serait bien entendu nécessaire. De plus, l’organisation croit que la résolution des conflits internes devrait être une priorité pour le gouvernement dans l’espoir qu’Al-Qaeda cesse de profiter de cette instabilité politique. Finalement, le groupe préconise le support d’ONG qui visent à sensibiliser et éduquer la population yéménite, tant dans les régions urbaines que rurales, dans l’intention de contrer la montée de l’extrémisme.</p>
<p>Reste encore à savoir si le pays profitera de l’opportunité qui lui est offerte. Madame Kennedy-Glans conclut que «le Yémen a réussi à surmonter de grands défis par le passé et, selon [elle], il sera capable de résoudre sa situation actuelle. Cependant, il doit être ouvert aux changements. Son peuple a besoin de stabilité et il ne peut pas être coupé du reste du monde. En ce moment, le Yémen est dans les bons derniers dans les palmarès –souvent en ce qui concerne la condition de la femme. Ce sera toute une lutte pour ne pas être entraîné dans le gouffre. Mais les Yéménites sont résistants et déterminés, ouverts; enfin ils savent s’adapter.»</p>
<p><a href="http://www.resonateyemen.wordpress.com">www.resonateyemen.wordpress.com</a><br />
<a href="http://www.canadabridges.com">www.canadabridges.com</a><br />

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</p>
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		<title>Flagrant délit de tendresse</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre, Le Délit</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[roman feuilleton]]></category>
		<category><![CDATA[Flagrant délit de tendresse]]></category>

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		<description><![CDATA[ÉPISODE 19
Résumé de l’épisode précédent: Delilah doit remplacer son directeur de maîtrise pour le cours qu’il donnait, celui-ci étant hospitalisé pour une durée indéterminée. Elle annonce à Francis qu’ils ne peuvent pas recommencer à se fréquenter.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Francis se sentait ivre. Et pourtant, il n’avait rien bu, ni aujourd’hui, ni la veille. Il était dans un état de confusion extatique, ses oreilles n’entendant qu’avec un certain décalage le son qui sortait des lèvres roses et gonflées de Delilah, qui goûtaient sans doute les fraises des champs. Depuis le début du cours, il ne savait plus où poser le regard. Ses yeux suivaient la couture de ses bas de nylon, de bas en haut, jusqu’à l’intérieur de sa jupe légèrement fendue à l’arrière. À ce point, Francis poursuivait l’ascension de la couture dans sa tête, du rondement des fesses jusqu’à la culotte ambrée. Quelqu’un, quelque chose, le tira douloureusement de sa fantaisie et il se concentra, mais pour un moment seulement, sur le contenu du cours. Delilah était superbe. Elle portait une petite jupe noire, style tailleur, à laquelle elle avait agencé un chandail à rayures. Ses cheveux roux cascadaient en boucles souples sur ses épaules, et une mèche indiscrète reposait sur sa poitrine claire, dévoilée par la large encolure de son chandail. Francis ne pouvait que fuir son regard, car il savait que si leurs yeux se croisaient, la tension sexuelle entre eux deviendrait insoutenable.</p>
<p>Delilah s’habituait tranquillement à ses nouvelles tâches de chargée de cours. Elle devait offrir des heures de bureau, guider les étudiants dans leurs travaux, corriger les copies d’examen, en plus de préparer la matière des cours suivants. Perdue dans ses pensées, elle cherchait la clé de son bureau dans ses poches quand elle le vit, l’attendant devant la porte. Son coeur fit un bond inhabituel dans sa poitrine, mais elle se concentra sur la tâche, maintenant difficile, de débarrer la porte.</p>
<p>- <em>Hello Francis…</em>, dit-elle, à bout de souffle, en s’engouffrant dans son bureau. <em>You need help with your essay topic?</em></p>
<p>- <em>Yes… I think I want to work on the concept of beauty</em>, répondit-il en lui emboîtant le pas.</p>
<p>- <em>Yes, anything specific about this concept?</em>, demanda Delilah, toujours dos à lui, fourrageant dans son sac.</p>
<p>- <em>Your legs</em>, murmura Francis d’une voix devenue soudainement rauque.</p>
<p>Bien que ces mots aient été à peine audibles, Delilah avait parfaitement entendu ce que Francis venait de dire. Un frisson partit de sa nuque et emplit son corps entier de vibrations. Elle fit toutefois comme si de rien n’était et se retourna vers lui en lui tendant un poème de John Donne. «<em>I think it may be interesting for you to work on the metaphysical poets in relation to your essay topic.</em>»</p>
<p>- Francis lut la première strophe de «<em>The Flea</em>»:</p>
<p>- <em>Marke but this flea, and marke in this,</em></p>
<p>- <em>How little that which thou deny’st me is;</em></p>
<p>- <em>Me it suck’d first, and now sucks thee,</em></p>
<p>- <em>And in this flea our two bloods mingled bee;</em></p>
<p>- <em>Confesse it, this cannot be said</em></p>
<p>- <em>A sinne, or shame, or losse of maidenhead,</em></p>
<p>- <em>Yet this enjoyes before it wooe,</em></p>
<p>- <em>And pamper’d swells with one blood made of two,</em></p>
<p>- <em>And this, alas, is more than wee would doe.</em></p>
<p>Il ne comprenait pas tous les mots, mais se sentait troublé à l’idée du sang des deux amants se fusionnant à l’intérieur de l’insecte. La seule chose à laquelle il pouvait penser à ce moment était à quel point il avait envie de se fusionner à Delilah.</p>
<p>Il se sentit très viril à cet instant et avança d’un pas décidé vers elle. Avant qu’elle ne puisse dire un mot, ses lèvres étaient déjà sur les siennes. Francis prit entre ses doigts la mèche coincée entre ses deux seins, mèche dont il avait été jaloux pendant tout le cours, et la respira. L’effluve délectable qui en émanait faillit le rendre fou. Il retira, autoritaire, le chandail de Delilah pour découvrir, non pas un Wonderbra beige, mais un délicat soutien-gorge de dentelle blanche, cachant à peine les auréoles roses. Il sut alors qu’elle n’avait pu s’empêcher de penser à lui. Delilah, les yeux enflammés, s’étendit sur le bureau d’acajou. Ils vécurent alors un moment magique…</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>- Devine qui a scoré cet après-midi! cria Francis à S teeve en entrant dans l’appartement.</p>
<p>- Toé, j’imagine, répondit laconiquement Steeve. Là là, si c’est pour devenir sérieux vo’ deux, va falloir que tu m’a présente, que j’vois si ça vaut le coup de vendre son âme pour une anglo.</p>
<p>- J’peux te la montrer tu suite, elle est sur Facebook, dit Francis, d’un ton amoureux.</p>
<p>Francis ouvrit la page Facebook de Delilah et exhiba fièrement sa belle. Delilah était souvent accompagnée d’Emma, sur ses photos, et cette dernière ne passa pas inaperçue aux yeux de Steeve. Sans se l’avouer, il craquait pour son look bobo et ses yeux rêveurs. «Ouin, j’avoue qu’est belle là», marmonna Steeve, les yeux toujours fixés sur Emma.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>À l’autre bout du cyberespace, Emma venait de compléter un quiz sur le site de Cosmo intitulé «<em>What you never knew about yourself… in bed</em>». Cette étudiante en psychologie lisait, depuis longtemps, des <em>self-help</em> books en cachette. Ce soir-là, elle eut une épiphanie digne de James Joyce: elle n’était pas attirée, comme elle le croyait, par les intellectuels sensibles, mais plutôt par les rebelles révolutionnaires. «<em>God, I’ve been looking in all the wrong places!</em>», se mumura- t-elle.</p>
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		<title>Pop-punk amélioré ou l’Art d’être Truly Yours</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis L-Racine</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le premier album du quatuor de Laval Truly Yours, <em>Between The Lines</em>, est la découverte musicale anglophone de l’année.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour bien des groupes de jeunes musiciens, l’espoir de percer dans l’industrie musicale est souvent bien irréaliste. Malgré cela, les membres du groupe Truly Yours viennent à peine de faire paraître leur premier album intitulé <em>Between The Lines</em>, un ensemble brillant d’authenticité et de nouveauté, dont le succès les a propulsés directement vers les étoiles.</p>
<p>Constitué de Marc-Olivier Langlois à la voix, Marc-André Morin à la basse, Alexandre Poirier à la guitare et Jonathan Bélanger à la batterie, le groupe, qui écrit et compose lui-même ses chansons, réussit avec brio à créer une nouvelle formule musicale d’inspiration pop-punk et à charmer son auditoire. La complicité des membres du groupe y est pour beaucoup. «Nous nous connaissons depuis le secondaire II et nous travaillons ensemble sur Truly Yours depuis environ trois ans» a confié Alexandre Poirier. Lorsqu’on les interroge sur l’origine du nom de la formation, les membres expliquent, dans une harmonie presque mozartienne, que «Truly Yours est une vieille formule de signature anglophone classique référant à la dualité qui existe dans notre groupe: des textes riches et poétiques jumelés à une musique pop-punk».</p>
<p>Il ne faut pas oublier que ces jeunes francophones chantent et écrivent leurs chansons en anglais, mais que «le but n’est pas de renier le Québec et la francophonie» a confié Jonathan Bélanger. «Il s’agit plutôt d’aller rejoindre le plus de personnes possible pour ainsi faire rayonner la culture québécoise et l’ensemble du potentiel culturel du Québec, autant ici dans la Belle-Province qu’au Canada et à l’étranger.»</p>
<p>La chimie du quatuor ne s’arrête pas à l’amitié qui lie ses membres, mais peut se lire dans l’ensemble de leur création artistique. Les quatre musiciens expliquent que, malgré les liens qui les unissent, chacun amène son bagage et ses influences. Le résultat musical est des plus intéressants: l’inspiration pop-punk est teintée de blues, de rock classique et d’électronique. Une recette gagnante qui fait en sorte que le groupe ne se fond pas dans la masse et qui lui permet de se démarquer grâce à son authenticité.</p>
<p>L’authenticité, voilà la ligne directrice de l’album <em>Between The Lines</em>. Chaque chanson a été composée par Marc-André Morin et la richesse des paroles est saisissante. La maîtrise de la musicalité des mots et le choix de ceuxci permettent la création d’une grande harmonie musicale au sein de l’ensemble des chansons, et ce malgré le fait que «chaque chanson reflète des expériences différentes».</p>
<p>L’art d’être Truly Yours, c’est donc une nouvelle approche plus personnelle de la musique, et cette nouvelle vague ne manquera pas de frapper de plein fouet le <em>show business</em>. <em>Between the Lines</em> est un album à découvrir. Merci. Ovation. <em>Truly yours</em>.</p>
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		<title>Cadrage médiatique</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Zoe Gagnon-Paquin</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Des «bouts de tissu»?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le niqab strikes back?&#8230; En Égypte même, où il est interdit dans les écoles, on en traite comme d’une simple question de sécurité publique. Au Québec pourtant, le cadrage médiatique opéré sur le port du niqab élève sa signification au rang de symbole de l’obscurantisme, et par conséquence traite le dossier comme un chapitre de plus dans la lutte de notre peuple pour achever la grande oeuvre de la Révolution tranquille. En dénonçant ce vêtement de la culture musulmane comme signe de la dégradation des femmes, les médias d’ici se veulent le porte-étendard des «valeurs québécoises», et le signe certain des lumières de notre esprit, opposé à l’ombre faite sur les visages de femmes étrangères.</p>
<p>Et si, tapie derrière notre fière promulgation de l’égalité entre hommes et femmes, laquelle est entonnée à répétition à chaque fois que la coutume étrangère nous en offre l’opportunité, se cachait une insécurité profonde quant à nos valeurs et notre pouvoir de les affirmer? Craignons-nous l’étranger? Si oui, à quel titre?</p>
<p>Le discours actuel met de côté les aspects pratiques de la question du voile intégral, et la reporte vers une dénonciation à tous vents de l’obscurantisme attribué à celles dont la culture, la vision du monde et la sensibilité esthétique les portent à croire que la modestie peut aller jusqu’à vouloir se couvrir le visage. On ne parle pas d’utilité publique, bien que le besoin de voir le visage d’individus dans certaines situations en relève, lors d’un vote par exemple. Car ce à quoi nous faisons face lorsque nous sommes confrontés au niqab, c’est une vision du monde autre que la nôtre, qui n’associe pas nécessairement voilement et dégradation.</p>
<p>Nous avons une tendance marquée à nous décerner le titre de gens civilisés, de justes et de raisonnables. Et par implication, nous réservons, à demi-mot, à ces étrangers qui ne partagent pas nos coutumes, l’épithète de «barbares». N’est-il pas barbare de brimer le droit des femmes? Sans doute, mais pourquoi sommes-nous si prompts à faire l’équation entre voile et oppression? Il est reconnu que dans la majorité des cas, le port du niqab relève d’un choix personnel, tout comme celui du g-string porté au-dessus du jeans. Ce sous-vêtement moderne est singulièrement analogue au niqab: réservé aux femmes, il constitue une référence à leur sexualité et a le pouvoir d’attirer notre attention sur le corps féminin au point où la personne qui le porte en est momentanément oubliée.</p>
<p>Ce qui est véritablement à l’oeuvre dans la dénonciation québécoise des vêtements féminins à connotation religieuse, ce n’est pas seulement, comme on voudrait le croire, un bon esprit laïc et universel. Il s’y agite une vision du monde qui nous appartient et qui possède son propre système de référents, sa propre esthétique et sa propre cosmogonie, au même titre qu’une culture «authentiquement» religieuse.</p>
<p>La burqa et le niqab, parce qu’ils empêchent l’identification des personnes, doit être proscrit par la loi dans des lieux tels que des édifices gouvernementaux et des écoles, et peut-être même dans la rue. Mais a-t-on besoin pour légiférer d’émettre en surplus un jugement moral sur ce que <em>La Presse</em> insiste pour appeler un «bout de tissu»? Cette qualification du niqab révèle les contradictions de notre discours. D’un côté, nous l’appelons «bout de tissu», comme pour démentir l’importance que peuvent lui accorder les musulmans, et de l’autre, nous le jugeons comme une atteinte à notre religion. L’égalité des hommes et des femmes m’est chère. Mais, dès lors que le port d’un signe distinctif de la féminité relève du choix personnel, cette égalité n’est-elle pas préservée? Confondons-nous égalité et uniformité? Une femme voulant être modeste –selon ses propres référents culturels– est-elle nécessairement soumise?</p>
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		<title>Au fil des pages</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Côté-Ostiguy</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[L’écrivain québécois Jacques Godbout publie aux Éditions du Boréal le sinueux parcours d’un lecteur passionné.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jacques Godbout, en plus d’avoir enrichi le paysage littéraire québécois de nombreux romans devenus célèbres, de plusieurs essais et de quelques poésies, s’est également fait chroniqueur entre les pages de <em>L’actualité</em>. Aujourd’hui, l’auteur de <em>Salut Galarneau!</em> revient sur trente années durant lesquelles il a partagé avec les lecteurs de la revue ses découvertes littéraires et, en même temps, ses impressions, ses réflexions et un peu de lui-même.</p>
<p>La plume de Godbout nous propose un voyage à travers des milliers de pages parcourues, des centaines de titres, nous ramenant au moment de leur publication. Il nous raconte sa lecture d’un Milan Kundera en exil, d’un Hubert Aquin tourmenté, d’une Françoise Sagan à l’intensité maladive. Il nous fait le récit incroyable d’une rencontre avec Roman Polanski dans les rues de Paris, sur la banquette arrière de sa rutilante Mercedes, il entre dans l’esprit excentrique du cinéaste Stanley Kubrick et cerne en quelques mots l’homme complexe qu’était Albert Camus. Il dresse également des portraits teintés d’admiration de certains auteurs d’ici, notamment François Ricard et Gil Courtemanche.</p>
<p>Amateur de biographies, Godbout choisit de faire découvrir à ses lecteurs celles qui l’ont particulièrement marqué. C’est ainsi qu’il évoque avec beaucoup de puissance la folie autodestructrice d’Elvis Presley, abordant de manière unique une vie que les médias nous ont pourtant rendue familière. L’écrivain nous offre également le récit sensationnel de la lecture qu’il a faite d’une biographie des Beatles, retraçant leurs bon coups mais surtout leurs écarts. Il le fait avec une telle adresse que si le lecteur a tout de suite envie de jeter un oeil au livre en question, il ne peut s’empêcher de craindre que l’auteur n’ait pas su mettre dans sa narration autant de verve et d’habileté que ne l’a fait le chroniqueur. C’est dire à quel point ses comptes- rendus sont réussis.</p>
<p>Plusieurs des textes que choisit de présenter Godbout abordent des enjeux politiques, économiques, religieux et sociaux qui révèlent certaines préoccupations de l’époque de leur publication. Le recueil nous propose ainsi un survol des mouvements politiques, sociaux et intellectuels qui ont façonné les trente dernières années, de l’ère de la psychanalyse à celle des nouveaux médias. Le lecteur est ainsi amené à revivre avec Godbout les changements qui ont touché le Québec et le reste de la planète, tout en constatant que, malgré le passage du temps, plusieurs des sujets abordés sont toujours d’actualité.</p>
<p>À travers plus d’une centaine de chroniques, l’écrivain dresse un portrait du monde dans lequel il vit, un monde habité par les mots et par leurs auteurs, un monde qui se construit et se modifie au fil des lectures et des réflexions qu’elles ont provoquées. Il le fait toujours sur un ton unique, alliant simplicité et intelligence, et c’est avec plaisir qu’on retrouve l’écriture fluide et savoureuse de Godbout, qui sait être toujours juste dans le choix des mots. L’auteur, dont l’objectif était de donner envie à ses lecteurs d’aller fouiller dans leurs vieux bouquins, a indéniablement réussi son pari. <em>Lire, c’est la vie</em> coule de source, se savoure, se lit par petits bouts, sans se presser. Mais, plus que tout, il donne envie de lire.</p>
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		<title>Fortune Cookie</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 13:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Doré</dc:creator>
				<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[chronique-nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[Fortune Cookie]]></category>

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		<description><![CDATA[Accepter son identité... et celle des autres]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«Pourquoi est-ce que j’ai un corps de garçon quand je suis une fille». Ce sont les propos d’un jeune Japonais de 8 ans qui souffre de trouble d’identité sexuelle. Si cela semble anecdotique, il faut aussi dire que ce petit «garçon» va maintenant à l’école en jupe d’écolière, comme les filles. Cette histoire a fait du chemin car une autre école au Japon s’est inspirée de ce cas pour permettre à une jeune fille de 13 ans de se présenter à l’école en uniforme de garçon. Il est donc à espérer que la société japonaise sera en mesure de faire face à cette réalité et de l’accepter. En lisant ces histoires dans les journaux japonais en anglais, je suis resté perplexe. J’essaie de comprendre, mais quelque chose m’échappe.</p>
<p>Le Japon est une société extrêmement normative, et dans les écoles, les enfants qui ne correspondent pas à la norme risquent d’être victime d‘hacèlement de la part des autres élèves&#8230; et parfois même des professeurs. Ainsi, les enfants jugés différents sont ciblés, que ce soient à cause de leur originalité, de leur situation familiale, de leur origine ethnique ou de leur orientation sexuelle.</p>
<p>Dans le cas du jeune «garçon» de 8 ans, il souffrait entre autre d’insomnie et refusait d’aller à l’école en raison d’un malaise relié à son identité sexuelle. Accepter qu’il y retourne comme une petite fille est donc une bonne chose. Paradoxalement, de nombreux jeunes refusent d’aller à l’école car ils sont victime de leur différence, aussi involontaire soit-elle, ce qui mène parfois jusqu’au suicide. J’espère donc que le milieu dans lequel ce jeune va grandir sera garant de sa différence et ne se contentera pas de la rejeter ou de l’écraser, car s’il est bien dans sa peau aujourd’hui, son bien-être dépend du comportement de ses pairs.</p>
<p>Les exemples de ce paradoxe font légion. Ainsi, malgré l’androgynie de nombreux jeunes garçons et de nombreux exemples de <em>crossdressing</em>, cette pratique n’est pas encore tout à fait socialement acceptée. Malgré l’existence de mangas homoromantiques pour jeunes filles, l’homosexualité reste mal vue. Malgré l’existence d’une culture <em>otaku</em> importante, ces individus sont mal perçus par la société à cause de leur différence. Après tout, c’est aussi au Japon que l’on retrouve le phénomène des <em>hikikomori</em>, ces jeunes qui décident de s’enfermer dans leur chambre, étant incapables de vivre en raison de l’étouffement sociétal. Leurs familles tentent souvent de cacher leurs enfants «anormaux», afin de dissimuler une «faiblesse génétique», mais ce n’est bien sûr pas une solution viable.</p>
<p>Dans la dernière année, je me souviens avoir lu des articles traitant du fait que les hommes japonais urinent de plus en plus en position assise, ou encore qu’une compagnie a inventé des brassières pour hommes. On note que cette brassière aide entre autre a avoir une bonne posture et a un effet relaxant. Si ces cas font parler d’eux, ils sont peut-être significatifs et révélateurs de la pression qui pousse les hommes à assumer leur masculinité admettant ainsi que les hommes et les femmes ont un rôle prédéterminé auquel ils doivent se conformer. On a peur pour la virilité des hommes, mais à raison ou à tort?</p>
<p>Il ne reste qu’à espérer que la différence et les sentiments de chaque individu pouront, un jour, être acceptés ou, au minimum, respectés.</p>
<p>Le fortune cookie de la semaine, «Patient: Est-ce un garçon ou une fille? Obstétricien: Je crois qu’il est un peu tôt pour commencer à lui imposer un rôle, vous ne croyez pas?» – <em>Monty Pythonx</em></p>
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		<title>Cachez ce corps que je ne saurais voir</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 02:54:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anabel Cossette-Civitella</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>1,5-1,5</em>, titre pour le moins énigmatique, signifie «corps» dans le langage des sujets qui participent au projet. Bienvenue dans un monde où même la communication s’avère différente.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Du 26 février au 4 mars, le Centre des arts actuels Skol présente le travail photographique de Christophe Jivraj, un artiste qui flirte avec les tabous de la sexualité et du corps dysfonctionnel. Portrayant des sujets atteints de dysfonctions physiques mais cognitivement lucides, l’exposition <em>1,5-1,5</em> traite ce qui est rarement abordé à voix haute, glorifie ce qui est difficilement acceptable.</p>
<p>Français d’origine, après avoir grandi à Toronto et étudié à Concordia, Christophe Jivraj a présenté son travail à travers le Canada, notamment à la Harcout House d’Edmonton et à la New Gallery de Calgary. OEuvrant depuis cinq ans auprès d’adultes handicapés physiquement, d’abord comme soignant puis comme artiste, Jivraj sait assembler en peu de clichés la déconstruction de ces corps lourdement handicapés.</p>
<p>Allongés sur leur lit, les modèles prennent tous des positions qui se veulent sensuelles, la plupart exhibant des jambes et un torse nus. L’artiste joue avec la texture de l’arrière-plan, tantôt chargé, tantôt dénudé, pour rappeler l’univers familier des participants. La composition des photos varie elle aussi, mais le point central de chacune demeure le corps et l’expression du sujet.</p>
<p>À première vue, l’exposition paraît malingre avec ses huit photos portrayant quatre sujets seulement. Pourtant, les quelques clichés libèrent un tel amalgame d’émotions – énergie, lourdeur, souffrance, force, candeur – qu’ils rassasient les esprits et les préparent à plusieurs heures de discussion post-exposition. Un visiteur commente: «Moi, [...] voir des personnes dans de telles positions, avec de tels corps, ça me met vraiment mal à l’aise.»</p>
<p>En effet, tout est déstabilisant dans le travail de l’artiste. Il existe un tel contraste au sein d’une même photo qu’il est surprenant qu’elle conserve son unité. Le corps, la posture, l’expression et l’environnement sont des éléments qui s’opposent si vivement entre eux que chaque image demande un temps d’adaptation. La pose lascive, semblable à celle que prennent les mannequins de Playboy, se détraque au contact de la difformité des sujets. L’environnement de chaque modèle, quant à lui, ramène à la dure réalité: le lit d’hôpital éteint l’étincelle de l’érotisme. Le tableau de contrastes se complète avec le visage du modèle, qui arbore une expression particulière à sa personnalité, donnant ainsi vie à l’instant.</p>
<p>Le concept de l’identité est central au travail de Jivraj. C’est en prenant des poses qui leur sont propres que les participants tentent de réaffirmer leur personnalité. Cette tentative de redéfinition de soi est compréhensible et nécessaire dans le processus de valorisation de chacun des participants.</p>
<p>Ainsi, à l’intérieur d’une fraction de seconde, Christophe Jivraj sait livrer le paradoxe d’un corps déstructuré, placé pour séduire dans un environnement réfractaire à toute avance. De quoi troubler même les esprits les plus ouverts!<br/><br/></p>
<p class="boiteg"><em>1,5-1,5</em><br />
<strong>Où:</strong> Galerie SKOL, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 314<br />
<strong>Quand:</strong> jusqu’au 3 avril<br />
<strong>Combien:</strong> Gratuit</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>C’est pas la faute à Yoko</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 02:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Côté-Ostiguy</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Billet d'humeur]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai les nerfs en boule, ces jours-ci. J’ai envie de chiâler, je ne sais pas trop pourquoi. C’est peut-être la grogne qui a entouré les cérémonies d’ouverture des Jeux de Vancouver et la mémorable performance de notre Quasimodo national qui me font cet effet-là. Toujours est-il que, cette semaine, le Délit sera mon département des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai les nerfs en boule, ces jours-ci. J’ai envie de chiâler, je ne sais pas trop pourquoi. C’est peut-être la grogne qui a entouré les cérémonies d’ouverture des Jeux de Vancouver et la mémorable performance de notre Quasimodo national qui me font cet effet-là. Toujours est-il que, cette semaine, le <em>Délit</em> sera mon département des plaintes. Il y a certaines choses qui me tapent sur les nerfs depuis longtemps, et c’est aujourd’hui que ça sort.</p>
<p>Ma première montée de lait sera littéraire, amis lecteurs. Parce que j’en ai marre de l’autofiction. Marre de voir se publier, année après année, une multitude de romans qui se ressemblent tous et qui mettent en scène des jeunes gens tourmentés en quête d’amour et d’un sens à leur vie. Marre que n’importe qui puisse s’improviser écrivain en romançant un peu son quotidien et en y ajoutant quelques «dit-il» et quelques «rétorqua-telle». Marre, marre, marre. Bon, je l’avoue, c’est peut-être un peu par jalousie que je m’emporte. Parce que moi aussi je rêve de publier un joli petit roman, avec mon nom sur la jaquette et mes mots imprimés, noir sur blanc, sur chacune des pages. Je suis jalouse et ça m’enrage. En fait, je suis à un cheveu de m’y mettre, moi aussi, à l’autofiction. En désespoir de cause, j’inventerai une héroïne attachante malgré sa complexité, lui donnerai mon nom et l’affublerai d’un passé tumultueux. Je la ferai flirter avec la drogue, lui mettrai sur les bras une famille dysfonctionnelle et m’arrangerai pour qu’elle soit vaguement dépendante affective. À moi la gloire!</p>
<p>Et tant qu’à me débarrasser de toutes mes vieilles rancoeurs, qu’est-ce qu’ils avaient d’affaire à nous enlever notre Spectrum? Je m’ennuie du Spectrum. D’accord, il s’était transformé en une véritable dompe, il tombait en morceaux, mais il me semble que la Ville aurait pu intervenir. On ne cesse de prétendre que Montréal est la Mecque culturelle d’Amérique du Nord. C’était le temps de le prouver, nom de Dieu! Et quelle meilleure manière de le prouver, justement, qu’en ne laissant pas s’éteindre cet endroit mythique? Cela fera trois ans cet été que l’établissement a fermé ses portes, et malgré tout le faste déployé pour nous faire oublier la tragédie en nous en mettant plein la vue avec le Quartier des spectacles, il y a un vide. Certaines erreurs ne peuvent pas être réparées. Il est trop tard et c’est bien dommage.</p>
<p>Ensuite, qu’on se le dise, la séparation des Beatles, c’était pas la faute à Yoko! Je sais que ce n’est pas une préoccupation très actuelle, mais il y a longtemps que je veux en parler. J’en parlerai donc. Oui, d’accord, elle n’avait pas l’air trop commode, la copine de Lennon. Mais est-ce qu’on peut s’entendre sur une chose? De passer, en moins de dix ans, de pur inconnu à vedette planétaire, de ne plus pouvoir aller nulle part sans que des dizaines de filles s’évanouissent à tes pieds, ça te gonfle l’amour-propre de manière assez exceptionnelle. Multipliez ça par quatre et pensez-y une minute. Le choc de ces quatre égos, ça a dû être assez terrible par moments! Vers la fin, les Bealtes, ils devaient être plutôt insupportables, au fond! Ça ne leur enlève rien, remarquez. Ils étaient géniaux, ces garçons! Seulement, je ne suis pas sûre que Yoko ait eu grand chose à voir làdedans.</p>
<p>Voilà, c’est dit.</p>
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		<title>Le souffle de la jeunesse</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 02:47:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anabel Cossette-Civitella</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[La jeunesse constitue-t-elle le moteur de la société? Malgré leur peu d’expérience, les jeunes peuvent-ils contribuer à changer l’inchangeable? Peuvent-ils faire de bons leaders? Quel impact ont-ils sur le monde?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>C’était bien mieux dans notre temps!</h4>
<p>L’évolution de l’implication volontaire dans l’histoire de la communauté jeunesse reflète tous les bouleversements connus par la société des années 1960 à nos jours. Au cours de cette période, la jeunesse s’est levée et s’est mobilisée pour l’identité nationale, la souveraineté et la défense de la langue française, prenant une part active dans les changements qui allaient venir.</p>
<p>Le contexte sociopolitique le permettant –poids générationnel inégalé, mouvement global de décolonisation, éclatement des carcans moraux, expansion de l’Étatprovidence, etc.– les jeunes s’engageaient dans des manifestations comme on écrit maintenant sur des blogues: c’était une activité quotidienne qui avait son poids et ses impacts à différentes échelles. La culture hippie et tous les phénomènes de contreculture rendaient plus voyante la contestation sociale de l’époque. En 1968, le festival rock de Woodstock a d’ailleurs été l’apogée de la remise en question du système et des institutions politiques. «Lors de la Révolution tranquille, l’État intervenait d’une manière positive dans la société, tous les espoirs reposaient sur la politique pour transformer et améliorer le monde», rappelle Jacques Hamel, professeur titulaire au département de sociologie de l’Université de Montréal. Pour en faire foi, l’adoption de la loi 101 ou la nationalisation d’Hydro-Québec ont de beaucoup transformé l’identité québécoise et changé la perception que les Québécois avaient de leur potentiel.</p>
<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse-300x250.jpg" alt="" title="lajeunesse" width="250" class="alignright size-medium wp-image-2774" /></a></p>
<h4>Les facteurs du changement</h4>
<p>La vision de la politique a beaucoup changé depuis la Révolution tranquille. Le Québec a vu passer la crise d’Octobre, trois référendums, la victoire des Conservateurs… À l’heure actuelle, suite aux multiples scandales éthiques, sans parler de l’absence de figures charismatiques à la tête des partis, même les plus grands efforts pour redorer le blason de la politique ne sauraient lui redonner la confiance du citoyen. Pour preuve, en 1960 et en 1970, le taux de participation aux élections québécoises a été respectivement de 82% et 84%. En comparaison, le mince 54,3% des dernières élections fait pâle figure… «À qui [les jeunes] peuvent-ils donner leur confiance? Les chefs des partis représentent peu ou pas du tout les valeurs de la jeunesse. On a juste à penser à Mario Dumont, l’ex-chef du parti de l’action démocratique du Québec qui est jeune, mais absolument conservateur, pour comprendre que les jeunes sont bien mal représentés au Parlement», ajoute le sociologue.</p>
<p>Les valeurs de la société sont aussi passées d’un esprit communautaire très fort à des intérêts de plus en plus individualistes. L’engagement est devenu beaucoup plus personnel, on préfère faire sa part individuellement plutôt que de grimper aux barricades avec des milliers d’autres jeunes. En effet, la vision et les motivations ont changé: «Les jeunes veulent montrer qu’eux, personnellement, s’engagent», observe Jacques Hamel. «Ils ne veulent plus être anonymes dans un groupe de manifestants. C’est ce qui fait qu’on a l’impression qu’ils s’impliquent moins puisqu’ils ne descendent pas nécessairement dans la rue pour montrer leur volonté de changer les choses», analyse celui qui suit la trace des jeunes depuis quinze ans.</p>
<p>Jacques Hamel poursuit sur la même lancée: «Le fait que l’implication soit un critère requis pour l’obtention d’un emploi, d’une admission aux études supérieures ou d’une demande de bourse, par exemple, explique l’importance que les jeunes accordent à leur implication. La société de performance dans laquelle ils baignent les oblige à tout afficher. À l’époque, ça avait moins d’importance de faire connaître son engagement. L’individualisme de maintenant fait que c’est important de se définir par ses implications».</p>
<p>Geneviève Bois incarne cette nouvelle orientation. Elle s’implique au niveau communautaire dans le projet Sexpert et au niveau international lors de l’organisation de congrès pour les étudiants en médecine. Vice-présidente aux affaires internes et coordonnatrice nationale du Comité de santé mondiale IFMSA-Québec, étudiante de deuxième année au doctorat en médecine et présidente de la 61e législature du Parlement Jeunesse du Québec à 21 ans, l’implication de Geneviève Bois dépend beaucoup de ses moyens financiers: «On devient des PME [petites-moyennes entreprises]! Je pourrais être plus productive, mais on n’est ni supporté, ni subventionné pour notre implication. […] Par exemple, je dois débourser pour mes billets d’avion lorsque j’assiste à des conférences internationales essentielles aux postes que j’occupe.» Elle soulève ainsi un paradoxe: «depuis la disparition des Bourses du millénaire, il n’existe plus de bourses pour l’implication, un type de récompenses qui génère pourtant l’engagement». L’implication reste donc centrale dans les valeurs de la société québécoise moderne, mais la collectivité ne facilite pas nécessairement la tâche aux intéressés.</p>
<p><a href="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse2.jpg"><img src="http://delitfrancais.com/wp-content/uploads/2010/03/lajeunesse2-253x300.jpg" alt="" title="lajeunesse2" width="253" height="300" class="alignright size-medium wp-image-2775" /></a></p>
<h4>Nouveaux atouts, nouvelle force</h4>
<p>La jeunesse d’aujourd’hui, étiquetée «génération du numérique», se doit d’exploiter d’une main de maître les nouvelles technologies. «Les jeunes ont une position avantageuse: dans cette société du savoir, ils mènent le bal. C’est eux qui éduquent leurs parents» affirme Monsieur Hamel. La principale force des jeunes de maintenant provient de leur habileté à user et à abuser des différentes sources d’information; le pouvoir des communications est entre leurs mains.</p>
<p>Avec de tels outils, les jeunes saurontils prendre leur place dans la société de demain? Jacques Hamel en est certain: «Le vide démographique créé par les Baby-boomers va nécessairement ouvrir des postes clés, des postes de pouvoir et les jeunes vont prendre la relève. Ce qui demeure intéressant de se demander c’est s’ils vont créer un nouveau pouvoir?» La jeune <em>leader</em> Geneviève Bois répond également avec assurance: «Tous les jeunes ont voyagé et même ceux qui ne l’ont pas fait ont une conception du monde différente de celle de leur parents. […] En fait, soit on va redéfinir les anciennes structures, soit on va en créer des nouvelles, mais ça serait surprenant qu’on ne brasse pas la cabane!»</p>
<h4>Le Conseil jeunesse de Montréal</h4>
<p>Les jeunes sont dynamiques, oui, mais encore faut-il qu’on leur donne la place pour s’exprimer. C’est pour cette raison que le 23 septembre 2002, l’administration du maire Tremblay créait le Conseil jeunesse de Montréal (CjM). Sa mission? Donner une voix aux jeunes montréalais et montréalaises de 12 à 30 ans en les conviant à donner leur opinion sur les sujets qui les concernent directement. En conseillant le maire et le comité exécutif, et en assurant la prise en compte des préoccupations jeunesses dans les décisions de l’administration municipale, les quinze représentants siégeant à ce conseil ont la volonté d’améliorer les conditions de vie de leurs communautés. «Ce n’est pas tout ce qui est proposé qui provoque changements, mais s’il n’y avait pas de résultats, on arrêterait tout», assure Claudia Lacroix Perron, présidente du conseil. Et l’immobilisme n’est visiblement pas affaire courante puisque Claudia énumère de nombreux cas dans lesquels la voix des jeunes a été entendue.</p>
<p>En 2007 et 2008, à la suite d’une demande des représentants politiques de la Ville de Montréal, le CjM s’est intéressé à la place occupée par les graffitis dans le décor urbain. En élaborant un dossier complet sur les graffitis –l’évolution du phénomène, les différentes sortes et leurs caractéristiques, etc.– ainsi que sur l’accueil qui leur est réservé par les jeunes, les représentants jeunesse ont pu proposer des pistes d’intervention pour une meilleure intégration de l’art dans les rues. «Nous avons atteint un des objectifs qu’on s’était fixé, soit changer le point de vue des élus qui mettaient tout dans le même panier. Après avoir lu notre dossier, ils étaient prêts à accepter des projets», souligne la présidente. D’ailleurs, les fresques peintes sur les bâtiments près du métro Saint-Laurent résultent de cette consultation. Les Bixi et les téléphones rouges à la sortie de certains métros sont aussi des propositions de l’équipe du CjM.</p>
<p>Claudia assure que les idées du CjM sont prises très au sérieux: «Notre fraîcheur d’esprit favorise la formulation d’idées innovatrices et notre dynamisme réveille les élus». Ainsi, les jeunes ont définitivement un pouvoir dans la politique municipale. Ils ont leur place et, tant qu’ils le voudront, ils pourront influencer les décisions. «En adhérant à des causes particulières à leurs intérêts, comme la politique municipale, les jeunes ont plus de force, car ils s’assurent de garder leur enthousiasme!», ajoute la présidente.<br/><br/></p>
<p class="boiteg"><strong>Le souffle de la jeunesse haïtienne</strong><br/><br />
La jeunesse a une telle force, une telle énergie, qu’elle réussit à se faire entendre même dans un pays comme Haïti où l’histoire politique, animée par des scissions et des coups d’États, affecte durement les conditions de vie de la communauté. Près de 80% des habitants vivent sous le seuil de la pauvreté, faisant d’Haïti une des nations au plus faible indice de développement humain.<br/><br />
Le poids démographique de la jeunesse haïtienne est particulièrement impressionnant. Plus de 50% de la population a moins de vingt ans. Il existe donc un potentiel d’action important. D’après Alexandre Telfort, président du Parlement Jeunesse d’Haïti (PJH), une simulation parlementaire annuelle organisée par et pour des jeunes inspirée du Parlement Jeunesse du Québec, tous ne réalisent pas le potentiel de cette force. Le travail qui lui incombe revient à populariser le PJH afin de mobiliser le plus de talents et d’intérêts possibles. «Éventuellement, la jeunesse haïtienne devrait voir une croissance dans sa confiance et réaliser qu’elle détient le gros bout du bâton, qu’elle peut effectivement faire changer les choses par l’entremise des simulations de l’ordre de celles que nous avons connu deux fois avec le PJH.» L’importance des simulations est évidente, car dès la deuxième législature, du 21 au 25 août derniers, un projet de loi adopté par le Parlement Jeunesse lors de la simulation a été considéré et finalement adopté par le pouvoir en place.<br/><br />
Comment cette jeunesse est-elle reçue par les ministres, les députés, les sénateurs de la vieille génération? En fait, selon les propos du président Telfort, «les autorités en place voient très mal la vague montante de jeunes possédant le pouvoir. Ils considèrent les jeunes comme leurs rivaux.» Malgré sa désillusion sur les autorités, Alexandre Telfort croit fermement en la capacité des jeunes à prendre leur avenir en main, à créer leur propre futur. Il souhaite construire une nouvelle génération non pas de politiciens, mais de volontaires. «Le volontarisme politique sera le souffle nouveau dont a grandement besoin la démocratie haïtienne», assure-t-il. Nouveau pouvoir, dynamisme engagé, leadership vibrant… Le monde croit en la jeunesse, la jeunesse croit en le monde. L’avenir appartient à ceux qui osent prendre la vie à bras le corps et les jeunes savent le faire: ils ont entre leurs mains des outils comme la technologie de la communication pour les aider, ils ont une ouverture sur le monde que n’avaient pas leurs parents et, s’ils désertent la politique, ce n’est que pour mieux s’engager dans leur communauté ou sur la scène internationale. N’est-ce pas inspirant? Ne reste qu’à retrousser vos manches!</p>
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		<title>Rire noir</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 02:44:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eve Leger-Belanger</dc:creator>
				<category><![CDATA[arts & culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[Solitude et rire s’allient avec brio à l’Espace Go jusqu’au 13 mars.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est au sein d’un décor disparate et familier que s’ouvre Porc-Épic, une pièce qui a pu être appréciée dans plusieurs pays en tant que créationclé de David Paquet, mise en scène ici par Patrick Dubois. Des cartons de bières côtoient une immense affiche de Coca-Cola, des supports à postiches, un jeu de twister et de vieux appareils électroménagers.</p>
<p>Ce décor scindé, mais uni par son aspect banal, montre trois vies séparées mais toutes aussi solitaires les unes que les autres. Il y a Cassandre (Marika Lhoumeau), dans sa cuisine, qui simule un anniversaire pour ne plus être seule; il y a Sylvain (Jean-Pascal Fournier), le propriétaire d’un dépanneur qui suit une thérapie pour troubles de confiance en lui et son amie (Dominique Quesnel), qui a perdu son goût pour la vie; il y a finalement Théodore (Antoine Bertrand) et Noémie (Geneviève Schmidt) qui, en apparence, semblent s’entendre, mais qui vivent une rupture difficile. Ces trois chemins s’unissent sur scène, mettant ainsi en lumière toute la solitude de l’homme et le profond échec de sa communication avec autrui.</p>
<p>Le titre de la pièce fait référence à une parabole de Schopenhauer: les hommes sont comme des porcs-épics, ils ont froid de vivre et ils se rapprochent les uns des autres, mais lorsqu’ils sont trop proches, ils se blessent avec leurs piquants et doivent s’éloigner, créant un mouvement d’aller-retour perpétuel. La symbolique est d’ailleurs omniprésente tout au long de la pièce, où tous les moyens sont bons pour combler la solitude: les femmes deviennent tour à tour enceinte d’un même rejeton, Cassandre se transforme en couverture réconfortante pour un enfant…</p>
<p>La pièce plonge le spectateur dans un univers noir, qui propose une réflexion sur les relations interpersonnelles et sur le fait que chaque être est emprisonné dans une prison de verre, sans fusion possible avec ses semblables. Afin de mieux transmettre ce message, David Paquet a choisi l’humour, et Patrice Dubois l’a suivi dans cette voie. Cette approche donne au spectateur la sensation d’être un équilibriste, hésitant sans cesse entre le rire et les pleurs. Le texte et les amusantes mimiques des personnages font parfois bien rire, mais le fond reste profondément troublant. Le rire devient alors un moyen de se libérer du malaise provoqué par la lourdeur de la solitude. Il est en outre important de noter la performance brillante et nuancée d’Antoine Bertrand, connu entre autres grâce au rôle qu’il tient dans la série télévisée <em>Les Bougons</em>.</p>
<p>Le rire est déjà présent avant même que la performance ne commence: le programme distribué à l’entrée contient une touche d’humour, abordant les multiples utilisations du symbole du porc-épic dans la société, mais ne fournissant par ailleurs aucun résumé de la pièce. Malgré le rire et la légèreté, qui sont certainement au rendez-vous, c’est une pièce marquante qui nous est offerte. Elle restera sans doute longtemps gravée dans les esprits grâce à son aspect réflexif, doublé d’une expression simple de la solitude humaine.<br/><br/></p>
<p class="boiteg"><em>Porc-Épic</em><br />
<strong>Où:</strong> Espace Go, 4890, boul. Saint-Laurent<br />
<strong>Quand:</strong> jusqu’au 13 mars<br />
<strong>Combien:</strong> 24$ (30 ans et moins)</p>
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