E n tant qu’étudiant, il est souvent difficile de trouver le bon équilibre entre la pression académique, un emploi à temps partiel, la vie sociale et du temps pour l’exercice physique. Inévitablement, lors de la mi-session et de la fin de la session, l’une ou plusieurs de ces priorités sont négligées au profit d’autres. Il est impossible d’avoir un équilibre parfait pendant 24 heures, sept jours sur sept, tout au long de 12 semaines de cours en préservant sa santé. Alors, pour beaucoup en quête de la perfection ou tout simplement dans le but d’accorder une importance égale à toutes ces priorités, il leur arrive de faire des nuits blanches afin d’accomplir toutes leurs tâches, notamment académiques.
C’est cool, faire ça ?
Le concept d’une nuit blanche à l’université est synonyme de panique. C’est une stratégie qui n’est utilisée que lorsqu’une échéance approche, et que chaque heure de travail est cruciale. Remise à midi, examen à huit heures du matin : dans ces situations, il n’y a pas de temps à gâcher à faire autre chose que se consacrer à atteindre l’objectif, et les seules heures restantes sont celles de la nuit. Lors d’une nuit blanche, la performance devient primordiale, quitte à prendre le dessus sur le sommeil. Les éléments clés sont essentiellement un café ou une boisson énergisante et des collations pour éviter de s’endormir. Le lieu idéal est la bibliothèque – notamment McLennan qui est ouverte 24 heures sur 24 lors des périodes d’examen – ou parfois sa chambre, pour se motiver à remettre son travail et aller dormir le plus vite possible. En théorie, passer la nuit sans dormir avec des amis ne semble pas si horrible que cela ; pour certains c’est même une partie intégrante de l’expérience universitaire. La réalité est qu’avoir eu peu d’heures de sommeil impacte le cerveau, la performance académique et l’humeur des étudiants. Qui est heureux après avoir passé la nuit à avoir écrit un travail final ?
Afin d’obtenir un point de vue étudiant sur le phénomène, Le Délit s’est entretenu avec Léa*, étudiante en littérature française, qui a effectué plusieurs nuits blanches lors de ses semestres à l’université. L’étudiante mcgilloise explique que les nuits blanches sont une nécessité pour elle, surtout lors de périodes chargées : « C’est généralement parce que j’ai tellement procrastiné que ça devient ma seule option pour être capable de finir des travaux à temps. » En mettant de l’emphase sur sa propre procrastination, Léa admet que la qualité de ses travaux effectués lors de nuit blanche n’est pas à la hauteur de ceux effectués dans d’autres circonstances. En effet, le manque de sommeil et l’adrénaline associée à la nuit blanche peuvent donner l’illusion que les étudiants réussissent bien sous pression. Cependant, dans ces circonstances, l’état de l’étudiant nuit sans doute à la qualité du travail et à l’attention aux détails normalement effectués par les étudiants. Léa souligne les effets d’une nuit blanche sur sa santé physique et mentale : « Je remarque que je suis plus vulnérable aux situations stressantes, ce qui est normal puisque je n’ai pas dormi. À part cela, je ne me sens généralement pas bien, car j’ingère beaucoup de caféine pour rester éveillée. » Quant à l’idée que faire une nuit blanche est parfois un élément clé de « l’expérience universitaire typique », Léa n’est pas d’accord, car son « expérience universitaire se passe très bien sans avoir à passer 12 heures à la bibliothèque la nuit. »
En général, une nuit blanche est essentiellement due à la procrastination ou à un simple manque de temps pour faire toutes les tâches. Une journée sans sommeil, de nombreuses boissons caféinées et de la concentration à longue durée aboutissent à une combinaison néfaste pour le cerveau et le corps. Il est possible qu’une nuit blanche soit inévitable, mais cela ne fera que diminuer votre qualité de travail, votre productivité et bien-être, rendant difficile de finir sa session en pleine forme. Pensez‑y deux fois la prochaine fois que vous songez à faire une nuit blanche pour rendre un travail scolaire. N’y a‑t-il pas une autre option ?
*Nom fictif