Ce jeudi 27 mars, l’assemblée générale de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a approuvé, grâce à une majorité écrasante, la motion soutenant la grève étudiante en soutien à la libération de la Palestine. Cette motion, proposée par l’étudiante Rama Al Malah, visait à obtenir le soutien officiel de l’AÉUM envers la grève étudiante de trois jours ayant lieu du 2 au 4 avril. La grève n’est évidemment pas obligatoire : les étudiants décident eux-mêmes de ne pas se présenter en classe, espérant forcer l’Université McGill à désinvestir des fonds d’investissement qui participent au financement de compagnies d’armement soutenant l’invasion militaire de Gaza. Comme précisé dans la motion, on compte parmi les entreprises visées Lockheed Martin, Airbus, Textron, BAE Systems, Safran ou encore Thales. La motion a été adoptée avec 679 voix pour, 10 contre, et 3 abstentions.
L’assemblée générale
L’assemblée générale s’est déroulée à la fois en personne et en virtuel, permettant une partipation massive des étudiants. N’ayant à monter qu’un étage pour atteindre la salle du bal du bâtiment de l’AÉUM, où s’est déroulée l’assemblée, une partie de l’équipe du Délit s’est retrouvée au cœur d’une foule impressionnante. Plus de 300 élèves, nombreux à arborer fièrement un keffieh, s’étaient déplacés pour prendre part à ce moment historique. La motion est en effet la première de l’histoire de l’AÉUM à passer en faveur d’une grève étudiante. Rama Al Malah, dans son discours d’introduction, a présenté la motion comme la revitalisation d’un mouvement à la hauteur des soulèvement étudiants qui ont marqué l’histoire : « Les étudiants ont longtemps été à l’avant-garde du changement, menant la charge contre la guerre du Viêt Nam, se tenant en première ligne du mouvement des droits civiques et menant la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Aujourd’hui, même si le public ne l’a pas encore pleinement compris, ce sont encore les étudiants qui nous guident vers la vérité et la justice (tdlr) » a‑t-elle déclaré.
Elle a également rappelé que le désinvestissement est un objectif tangible et réalisable. En effet, en 2023, l’Université avait déjà accepté de désinvestir d’entreprises majeures dans les combustibles fossiles après plus d’une décennie de mobilisation étudiante, notamment incarnée par l’association étudiante Divest McGill.
L’assemblée générale s’est déroulée dans une atmosphère respectueuse et empreinte d’humilité, malgré quelques interventions contestataires qui ont davantage suscité des rires que de véritables confrontations. À l’adoption de la motion, la salle a explosé de joie : les étudiants, euphoriques et victorieux, se sont levés d’un seul élan, entonnant les chants emblématiques des manifestations pro-palestiniennes. La motion devait encore être ratifiée en ligne pour confirmer son adoption définitive, mais le sentiment du devoir accompli était déjà palpable.
À la sortie, une manifestation de petite ampleur, plus festive que véritablement militante, s’est tenue devant le bâtiment de l’AÉUM. Elle s’est déroulée sous une surveillance policière costaude : les forces de l’ordre étaient mobilisées en nombres conséquents, visibles à travers les fenêtres du bâtiment dès le début de l’assemblée générale. Lundi 31 mars au soir, la motion a définitivement été acceptée, avec un taux de ratification de 72%.