Thomas Fridmann - Le Délit https://www.delitfrancais.com/author/thomas-fridmann/ Le seul journal francophone de l'Université McGill Wed, 30 Mar 2022 13:40:11 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.7.2 Un courriel qui fait du bruit https://www.delitfrancais.com/2022/03/30/un-courriel-qui-fait-du-bruit/ Wed, 30 Mar 2022 13:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=48217 Conseil législatif : la Politique en solidarité avec la Palestine ne passe pas inaperçue.

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La rencontre du conseil législatif de l’Association étudiante de McGill (AÉUM) avait lieu par Zoom le jeudi 23 mars au soir. Outre les activités normales, la rencontre a été marquée par des discussions entourant le courriel envoyé par Fabrice Labeau (Premier vice-principal exécutif adjoint) sur la nouvelle Politique de solidarité avec la Palestine (Palestine Solidarity Policy, ndlr) adoptée le 21 mars dernier. Le message de Labeau mentionne que cette politique serait « contraire aux principes mêmes de l’AÉUM » et demande à l’AÉUM de remédier à la situation, faute de quoi le protocole d’entente entre cette dernière et l’Université pourrait être résilié. Au terme de la rencontre, le conseil a approuvé une motion déposée durant la soirée qui proposait l’écriture d’une réponse de l’AÉUM au message de Labeau.

Des débats sur la réponse à apporter face à McGill

La rencontre du conseil a commencé dans le calme, mais il n’a suffi que de 10 minutes pour entrer dans le vif du sujet. Au moment d’approuver l’ordre du jour de la réunion, la représentante de la Faculté des Arts, Yara Coussa, a proposé un point de discussion supplémentaire sur le message de Fabrice Labeau reçu le jour même, seulement quelques heures avant la réunion. Ce message faisait part d’accusations de l’administration mcgilloise comme quoi la Politique de solidarité avec la Palestine polariserait la communauté étudiante et promouvrait une culture d’ostracisation. La Politique avait été adoptée dans le dernier référendum, 71,1% des étudiants s’y étant montrés favorables. Le taux de participation au référendum s’élevait à 16,5%, plus qu’à la dernière élection de l’exécutif de l’AÉUM. Les modifications proposées par la représentante Coussa ont été approuvées avec 16 voix en faveur et trois contre. La présidence du conseil en a ensuite profité pour rappeler les règles parlementaires – comme le fait de ne pas interrompre l’agenda et de ne pas s’adresser directement aux conseillers – aux membres de la galerie, venus en grand nombre afin de questionner leurs représentants sur le message qu’ils avaient eux aussi reçu. En effet, les membres de la gallerie ne savaient pas à qui s’adresser, ni quand intervenir ou pas. 

Bien qu’il ait été absent de la soirée en raison de ses obligations au Conseil des gouverneurs de McGill, le président de l’AÉUM Darshan Daryanani a toutefois publié un communiqué le vendredi 25 mars à l’attention des membres du conseil législatif. Il y a mentionné sa peur que la récente sortie de McGill empiète sur l’autonomie de l’AÉUM tout en soulignant que « l’intention de McGill de mettre fin au protocole d’entente avec l’AÉUM » est préoccupante. 

« Delouvrier et Gurung [expliquaient] par exemple qu’il fallait prendre en compte qu’une “ bataille judiciaire ” contre McGill serait particulièrement coûteuse » 

Lors de la période des questions, le v.-p. aux Affaires externes, Sacha Delouvrier, a mentionné que l’Université mettait de la pression sur l’AÉUM afin de changer le contenu de la Politique, malgré le fait qu’elle ait été approuvée démocratiquement. Il a suggéré une « consultation avec [leurs] avocats quant à la réponse à donner et pour discuter de nos options ». Au sujet de la possible réaction de l’AÉUM, le v.-p. aux Finances, Éric Sader, a rappelé l’importance d’entamer des discussions avec l’administration plutôt qu’adopter une approche frontale. La représentante Yara Coussa a souligné l’importance de ne pas abandonner la Politique, car elle a été approuvée par la majorité des votants. La représentante de la Faculté des Arts, Charlotte Gurung, a quant à elle répondu que la prochaine étape serait une décision du conseil judiciaire sur la constitutionnalité de la Politique en solidarité avec la Palestine. 

Une période de discussion a ensuite eu lieu, prolongée à deux reprises. Plusieurs des intervenants du public ont incité l’AÉUM à répondre immédiatement à la prise de position publique de McGill. Cependant, les différents conseillers et membres exécutifs ont appelé au calme, Delouvrier et Gurung expliquant par exemple qu’il fallait prendre en compte qu’une « bataille judiciaire » contre McGill serait particulièrement coûteuse. Selon les représentants, cette bataille judiciaire utiliserait de l’argent venu de la poche des étudiants dont 83,5% ne se sentent pas suffisamment concernés pour voter. 

L’idée d’écrire une affirmation conjointe avec le mouvement Étudiants de McGill en solidarité pour les droits humains palestiniens (Solidarity for Palestinian Human Rights, SPHR) a été écartée. Toutefois, la motion concernant l’écriture d’une déclaration par l’AÉUM sur le message du McGill Relations Office (MRO) de l’Université a été approuvée par 11 voix en faveur, mais quatre s’y sont opposées et deux se sont abstenues. Elle implique la consultation de SPHR et de l’équipe légale de l’AÉUM avec pour objectif de publier la déclaration le 28 mars. 

Autres sujets d’intérêt

Parmi les points importants soulevés durant la rencontre du conseil législatif, le v.-p. aux Finances, Éric Sader, a fait une courte présentation sur le désinvestissement dans les finances de l’AÉUM. Il a ainsi mentionné la priorisation des compagnies vertes, transparentes, et l’importance de ne pas investir dans des compagnies socialement irresponsables. Il a reconnu que l’institution dans laquelle est placé l’argent de l’AÉUM, la Banque royale du Canada (RBC), n’est pas la meilleure option en raison de ses investissements dans les sables bitumineux. Selon lui, cependant, il serait difficile de transférer vers une autre banque, en prenant l’exemple d’un transfert passé des finances de l’AÉUM de la Banque Scotia vers RBC. 

Deux autres motions ont également été approuvées à l’unanimité. La première visait à confirmer la nomination de FL Fuller Landau LLP comme vérificateur de l’année fiscale 2023. La deuxième touchait à l’accessibilité aux bibliothèques sur le campus, et donnera comme mandat au v.-p. aux Affaires universitaires la responsabilité d’évaluer l’accessibilité dans les bibliothèques et de recommander des changements.

La rencontre du conseil s’est close avec les rapports des différents conseillers et comités. Bon nombre de ces rapports ont été repoussés à la prochaine rencontre.

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Un manque de transparence dans le Programme de prêts et bourses https://www.delitfrancais.com/2022/03/23/un-manque-de-transparence-dans-le-programme-de-prets-et-bourses/ Wed, 23 Mar 2022 13:00:39 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=48021 Le Protecteur du citoyen a publié un rapport spécial mentionnant plusieurs lacunes dans le Programme de prêts et bourses.

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Le 3 mars dernier, le Protecteur du citoyen – un ombudsman indépendant du gouvernement ayant pour mission de s’assurer du respect des droits des citoyens en ce qui a trait aux organismes ministériels – a publié un rapport spécial intitulé «Aide financière aux études: Mieux accompagner les étudiantes et étudiants en faisant preuve de transparence et d’écoute». D’une longueur de 54 pages, le rapport porte sur le service de l’Aide financière aux études (AFE), un organisme du gouvernement provincial chargé de soutenir les étudiants financièrement et de gérer les différentes prestations d’aide aux études. Ce service relève du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec. À la suite de plusieurs plaintes reçues – mais non détaillées dans son rapport – le Protecteur du citoyen s’est chargé d’enquêter sur trois différentes problématiques. En somme, un manque de transparence et d’uniformité concernant différents aspects du processus a été détecté. 

Problèmes saillants

Trois problèmes principaux ont été relevés par le Protecteur du citoyen. Le premier est l’opacité du processus de prise de décision. Le Protecteur a également souligné la confusion entourant la reconnaissance d’une déficience fonctionnelle majeure (DFM) des individus qui postulent pour une aide aux études. Le troisième élément est le manque d’informations données à l’étudiant dans le cas d’une potentielle déclaration mensongère, par exemple sur ses revenus. Ces trois aspects impliquent des lacunes en ce qui concerne la transparence, la communication et l’écoute des étudiants.

Le premier point dénoncé par le rapport est le manque d’accessibilité pour les étudiants quant au processus décisionnel permettant d’allouer des prestations. Par exemple, le site Web de l’AFE ainsi que son guide intitulé «Une aide à votre portée» sont incomplets. En effet, ils ne décrivent pas toutes les règles utilisées par l’AFE pour prendre ses décisions. Ce manque de transparence dans les critères de sélection peut mener certains étudiants à manifester leur incompréhension une fois qu’ils prennent connaissance du résultat de leur demande. De plus, le rapport mentionne que les membres du personnel chargés du traitement des dossiers prennent peu ou pas de notes d’analyse pendant le processus de sélection. En conséquence, il est souvent impossible de fournir à l’étudiant qui le demanderait des informations supplémentaires sur son dossier. 

Par ailleurs, bien que l’AFE ait un Bureau des recours dans le cas où un étudiant souhaiterait contester une décision rendue, cet organe n’est pas une entité indépendante. Pourtant, puisque les décisions rendues par l’AFE ne peuvent pas être contestées devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ), le Bureau des recours devrait avoir un «processus de révision rigoureux et équitable». Le rapport a ainsi dénoncé le manque d’uniformité méthodologique dans le traitement des demandes de révision. De plus, il note de possibles conflits d’intérêts liés au fait que la personne en charge du Bureau n’occupe pas un poste exclusif de direction. En effet, elle cumule aussi les mandats de directeur des programmes d’accessibilité et de responsable des orientations, des politiques et des modifications légales et réglementaires.

Le deuxième point abordé par le rapport a été les disparités dans le traitement de reconnaissance des déficiences fonctionnelles majeures (DFM). Les DFM sont définies dans le rapport comme des déficiences visuelles, auditives, organiques ou motrices pouvant limiter l’accomplissement des activités quotidiennes. Alors qu’une réforme des critères afin d’identifier les DFM avait été annoncée en 2016 par l’AFE, elle n’a toujours pas eu lieu. Le manque d’uniformisation des critères d’admissibilité est donc souligné dans le rapport. Par exemple, si un médecin atteste à l’AFE qu’un étudiant concerné par une demande de déficience sera capable d’intégrer le monde du travail, l’étudiant en question ne sera pas reconnu comme étant atteint d’une DFM. Tel que mentionné dans le rapport, «ce critère [l’approbation d’un professionnel de la santé, ndlr] n’est inscrit nulle part et il exclut des personnes ayant soumis un certificat médical conforme et respectant tous les critères d’admissibilité».

«Ce manque de transparence dans les critères de sélection peut mener certains étudiants à manifester leur incompréhension»

Le troisième point examiné par le Protecteur du citoyen est lié au traitement d’une potentielle déclaration mensongère venant d’un étudiant lorsqu’il complète son dossier et sa demande. Dans le rapport, il est mentionné que «l’étudiant qui fait une déclaration mensongère à l’Aide financière des études est exclu du Programme de prêts et bourses pendant deux ans». Or, l’avis envoyé à l’étudiant en cas de manquement soupçonné – surtout lié à la déclaration des revenus – est incomplet. En effet, l’AFE ne mentionne ni si le destinataire est soupçonné de mentir, ni quelles sont les possibles conséquences encourues par ce mensonge. En fait, selon le Protecteur du citoyen, l’AFE se contente de dire au potentiel prestataire que «nous vous aviserons des suites qui seront données à votre dossier». Par ailleurs, le délai de 10 jours donné à l’étudiant pour répondre à l’avis est jugé trop court par le Protecteur.

Solutions et recommandations

Le rapport a proposé plusieurs pistes de réflexion afin de régler les problématiques soulevées. Étalées sur trois pages, les 23 recommandations ont, dans la majorité des cas, une date limite d’application fixée au 31 mai 2022. Certaines d’entre elles devront cependant être appliquées avant le 1er octobre 2022. Elles touchent à différentes facettes du processus employé par l’AFE pour décider d’accorder – ou non – une aide financière à l’étudiant qui le demande. 

Ainsi, la recommandation #3 (R‑3) mentionne l’importance pour les membres de l’AFE de noter les raisons derrière leurs différentes actions et décisions durant le processus de sélection. Dans un souci de transparence, le rapport recommande de consigner «les raisons qui ont pu les mener à accorder plus de poids à un élément de preuve ou à rejeter certains renseignements». Dans la continuité de la recommandation #3, la recommandation #5 vise à préciser pour les étudiants les modèles décisionnels utilisés par l’AFE en clarifiant certaines sections, notamment le processus d’appel ou de révision. Ces deux recommandations devront être mises en application au plus tard le 1er octobre 2022. 

Par ailleurs, les recommandations allant de 13 à 19 couvrent les cas de déficiences fonctionnelles majeures. Par exemple, la recommandation #15 conseille l’instauration d’une formation additionnelle pour le personnel impliqué dans le traitement des demandes de reconnaissance d’une déficience fonctionnelle majeure. La recommandation #16, quant à elle, demande d’arrêter «dès le 31 mai 2022, de se substituer à l’opinion médicale émise par le ou la médecin dans le Certificat médical». 

Alors que les demandes décrites plus haut ont été adressées au Ministère de l’Enseignement supérieur, la recommandation #12 a été faite directement à la ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann. Le rapport lui suggère de proposer des modifications législatives «afin de créer un recours au Tribunal administratif du Québec (TAQ) pour les personnes insatisfaites d’une décision du Bureau des recours».

Le rapport conclut principalement que «l’AFE doit adopter des pratiques respectueuses de la Loi sur la justice administrative». D’ici le 4 avril 2022, un plan de travail avec les actions entreprises par l’AFE ainsi qu’un échéancier devront être envoyés au Ministère de l’Enseignement supérieur.

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Le débat des candidats de l’AÉUM https://www.delitfrancais.com/2022/03/14/le-debat-des-candidats-de-laeum/ Mon, 14 Mar 2022 22:11:23 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=47738 Plusieurs candidats ont présenté leurs idées pour les différents postes exécutifs de l’AÉUM.

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Le 9 mars dernier, l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) a tenu un débat virtuel entre les candidats aux positions exécutives pour l’année 2022–2023. Les candidats ont eu l’occasion de présenter leur plateforme électorale en vue des élections qui se tiendront du 14 au 18 mars. Le débat est disponible sur Youtube.

Parmi les six postes en jeu, la moitié ont vu un seul candidat se présenter, alors que le poste convoité de président en a vu trois. Le «débat» a plutôt eu l’allure d’une foire aux questions; les candidats ont notamment pu répondre aux questions du public et de l’exécutant en poste. Les discussions ont surtout traité de la santé mentale des étudiants, de l’accessibilité aux ressources de l’AÉUM, de la transparence de l’Association, ainsi que des allégations d’abus de pouvoir de la part des exécutants. Le Délit a aussi contacté les différents candidats afin d’obtenir davantage d’informations vis-à-vis leur position sur le bilinguisme. En voici le compte rendu.

→ Voir aussi: La course à la présidence de l’AÉUM

Plusieurs candidatures incontestées

En suivant la tendance des dernières années, plusieurs postes exécutifs n’ont reçu qu’une candidature. D’abord, Marco Pizarro s’est présenté pour le poste de vice-président aux Finances. Le v.-p. aux Finances est tenu d’assurer la stabilité administrative de l’AÉUM, en se chargeant, entre autres, de préparer les budgets de l’Association – dépassant les trois millions de dollars en 2019–2020. Pizarro a notamment fait part de son expérience passée dans des rôles similaires – comme trésorier de camps de vacances lorsqu’il étudiait en France. Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de rendre les processus financiers de l’AÉUM plus transparents. 

Ensuite, Kerry Yang a été la seule à présenter sa candidature pour le poste de vice-présidente aux Affaires universitaires. Si elle est élue, elle jouera le rôle de défenseuse des droits de la communauté étudiante vis-à-vis des autres instances de la gouvernance universitaire. En vue de cette responsabilité, Yang a souligné l’importance de la force collective des étudiants avant de reconnaître l’intérêt de garder les étudiants motivés quant aux enjeux abordés par l’AÉUM. Elle a aussi proposer de redonner la possibilité aux étudiants ayant bien performé dans des cours S/U d’obtenir une note. 

Finalement, pour le poste de vice-présidente aux Affaires externes, la seule candidature soumise a été celle de Val Mansy. Le v.-p. aux Affaires externes se charge de coordonner les activités de l’Association et des divers groupes étudiants, organisations communautaires et syndicats ouvriers du campus. Durant la soirée, Mansy a mis la priorité sur la facilitation d’accès aux ressources de l’AÉUM pour les différentes communautés étudiantes. Elle mise sur la construction de liens solidaires avec les autres associations étudiantes universitaires de Montréal, sans donner davantage de détails.

Un champ contesté pour les Affaires internes

Pour le rôle de v.-p. aux Affaires internes, dont la responsabilité principale est de coordonner les communications de l’AÉUM et de planifier des événements sociaux, trois candidates se sont présentées. Jaz Kaur, étudiante de troisième année en sociologie et en psychologie, a insisté sur les enjeux d’accessibilité au sein de l’AÉUM, relevant au passage le travail qu’il restait à faire pour promouvoir le bilinguisme dans les différents services étudiants. Ananya Seth, l’actuelle co-présidente de l’Association des étudiants indiens de McGill (Indian Students Association, ISA), a quant à elle fait ressortir la nécessité d’améliorer les communications entre l’AÉUM et les étudiants à travers les réseaux sociaux, sans préciser les problèmes concrets rencontrés. Elle a souligné le manque de représentation des étudiants internationaux à l’AÉUM. La troisième candidate, Cat Williams, étudiante en psychologie, a dit vouloir donner davantage d’opportunités de travail et de stages aux étudiants à travers l’AÉUM, tout en encourageant une plus grande implication au sein-même de l’Association. Elle a également suggéré la création d’une nouvelle application mobile afin de faciliter les échanges entre les exécutants de l’AÉUM et les étudiants.

Lorsque questionnées sur leurs intentions vis-à-vis de la communauté francophone à McGill, les trois candidates ont, dans l’ensemble, mis l’accent sur un meilleur apprentissage du français pour les anglophones. Kaur a ainsi suggéré un système de mentorat afin de jumeler étudiants francophones et anglophones, dans le but de faciliter l’apprentissage du français pour les anglophones. De son côté, Seth a proposé un programme de mentorat, tout en donnant davantage d’importance à l’apprentissage du français – au moyen de cours de langue – afin de mieux communiquer dans le milieu francophone montréalais. Williams a prôné des moyens plus « détendus » – sans donner d’exemples – pour les étudiants anglophones de s’impliquer dans les cultures francophones et québécoise. Les trois candidates ont insisté sur l’importance du bilinguisme dans l’AÉUM.

Quel futur pour la vie étudiante?

Un autre poste disputé a été celui de v.-p. à la Vie étudiante, chargé de mener les relations entre l’AÉUM et les clubs, services et groupes étudiants de l’Université. Le v.-p. à la Vie étudiante se doit aussi d’aborder plusieurs problèmes concernant les étudiants tels que la santé mentale et l’accès aux services. 

La première candidate, Hassanatou Koulibaly, a manifesté son désir de «revigorer la vie étudiante» et de «prioriser une approche active en ce qui concerne la santé mentale dans les classes». Elle souhaite également utiliser les avantages offerts par les ressources technologiques pour l’organisation d’événements parascolaires, tout en facilitant l’accès à des espaces universitaires pour organiser des activités en personne. 

La deuxième candidate, Olivia Bornyi, s’est elle aussi dite prête à «prioriser l’accès aux services de santé mentale» en rétablissant une «relation positive et productive entre les membres de l’AÉUM et ses exécutants». Elle a insisté sur l’importance d’atteindre tous les étudiants mcgillois, peu importe leur langue. 

Quant à la question d’exiger que les exécutants de l’AÉUM soient bilingues, brièvement abordée durant le débat, les deux candidates se sont dites d’accord pour ne pas le rendre obligatoire. Koulibaly a relevé le besoin des membres exécutifs «d’être représentatifs […] et conscients des langues parlées par les étudiants». Bornyi, quant à elle, a mentionné la nécessité «d’utiliser davantage la langue française durant les rencontres et dans les méthodes de publication et de communication de l’AÉUM».

La course à la présidence

Le dernier poste présenté pendant l’événement a été celui de président de l’AÉUM. Ce dernier est le dirigeant principal de l’Association et se charge d’assister tous les autres portefeuilles. Trois candidats se sont relayés la parole afin de présenter leur plateforme électorale.

Julian Guidote, actuel coordonnateur du Plaidoyer à la Santé mentale de l’AÉUM, a notamment proposé la mise en place d’une transcription en français des réunions de l’AÉUM, dans une optique d’accessibilité. Il s’est d’ailleurs efforcé de répondre à la plupart des questions en français et en anglais. De plus, la Commission des Affaires Francophones (CAF) a décidé de soutenir sa candidature.

La deuxième candidate, Risann Wright, qui a occupé plusieurs rôles au sein de l’AÉUM allant de sénatrice de la Faculté des arts à commissaire aux Affaires noires, s’est plutôt concentrée sur l’amélioration de la transparence de l’AÉUM et la protection des étudiants vulnérables au moyen d’accommodements. Par ailleurs, elle a proposé d’allouer davantage de ressources au Bureau de soutien aux étudiants en situation de handicap de McGill.

Le dernier candidat, président de l’AÉUM entre 2019 et 2020, Bryan Buraga, a de son côté mis l’accent sur le besoin des étudiants de rester soudés et de poser des gestes collectifs afin d’obtenir des changements concrets de la part de McGill. Son dicton préféré : l’AÉUM devrait «arrêter les conneries» et servir ses étudiants convenablement.

→ Pour une liste plus détaillée des candidats et de leurs plateformes, consultez ce lien.

Les résultats des élections seront annoncés le vendredi 18 mars à 18h.

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Un conseil législatif remuant https://www.delitfrancais.com/2022/02/23/un-conseil-legislatif-remuant/ Wed, 23 Feb 2022 13:26:32 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=47502 Le retour du président Daryanani centralise l’attention.

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Le 19 février dernier au soir avait lieu une rencontre du conseil législatif de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) avec le retour du controversé président de l’AÉUM, Darshan Daryanani. On y a appris que celui-ci avait été préalablement suspendu de ses fonctions pendant cinq mois pour des raisons à ce jour inconnues. La prise de parole de Daryanani a mené à un débat houleux entre les différents directeurs, représentants et conseillers sur l’environnement de travail supposément toxique de l’AÉUM. Elle a ainsi généré une longue discussion sur les comportements sexistes allégués de certains membres de l’exécutif. 

Retour remué et remuant

La rencontre du conseil législatif, plus longue que d’habitude, a exceptionnellement duré plus de quatre heures. Cela s’explique notamment par le retour du président de l’AÉUM, Darshan Daryanani. Depuis le 23 septembre, soit pour une durée de cinq mois correspondant à la moitié de son mandat, le président était absent de ses fonctions et du conseil législatif. Dans son discours, il a révélé avoir été suspendu par le conseil d’administration pour des raisons qui lui seraient à ce jour inconnues. Au bout d’à peine trois minutes, son discours de retour a été coupé par la vice-présidente aux Affaires internes Sarah Paulin qui a invoqué un bris de confidentialité. S’en est suivi 20 minutes d’attente, dans un silence complet, durant lesquelles une discussion privée a eu lieu en salle de conférence entre Paulin et Daryanani. Le président a ensuite pu reprendre son discours dans lequel il a mis l’accent sur sa «suspension unilatérale». Il en a profité pour souligner sa «coopération avec le conseil d’administration, malgré le fait que les raisons de sa suspension n’ont pas été dévoilées». S’estimant «victime d’une injustice», il a réitéré son «souhait de poursuivre son mandat de président jusqu’au bout».

Les questions n’ont pas tardé à fuser, à la fois de membres curieux, mais aussi et surtout de conseillers et directeurs. Lorsque questionné sur son salaire (qui lui avait été versé malgré son incapacité à remplir ses fonctions) et s’il serait prêt à le rendre, le président s’est contenté d’un «non». La discussion sur son retour a ensuite tourné, au fil des heures, à de multiples critiques venant notamment de directrices quant aux conditions de travail présumément toxiques au sein de l’AÉUM et à des commentaires racistes et sexistes. La vice-présidente Claire Downie a ainsi mentionné qu’il était «très difficile de travailler à l’AÉUM en tant que femme». Elle a continué en parlant de la «culture d’impunité pour les hommes travaillant à l’AÉUM», lorsque questionnée sur l’environnement de travail de l’AÉUM. En conséquence, le président Daryanani a reconnu que «l’AÉUM n’était pas parfaite» et qu’il restait du travail à accomplir. À la suite d’une question sur de possibles solutions à adopter, les vice-présidents Sacha Delouvrier aux Affaires externes et Éric Sader aux Finances se sont quant eux dits ouverts à la possibilité de démissionner dans l’éventualité où certaines de leurs collègues ne se sentiraient pas en sécurité en leur présence. 

Contacté par Le Délit, le président Daryanani a allégué «avoir passé une grande partie de ces derniers mois à s’assurer que ses droits étaient respectés» avant de souligner que «le conseil d’administration ne s’était pas conformé à ses propres obligations ou ses conditions de suspension», d’où son sentiment d’injustice. En effet, le conseil d’administration ne lui aurait supposément pas indiqué les raisons de sa suspension, la renouvelant à plusieurs reprises sans lui indiquer une date de fin précise, ce qui serait à l’encontre de l’article 10.10 de la Constitution de l’AÉUM. Par ailleurs, il reproche au conseil d’administration un manque de transparence dans ses prises de décisions ainsi que plusieurs abus de pouvoir, en violation de l’article 16.1 de la Constitution. 

La période de questions, initialement consacrée au retour du président, a ainsi été prolongée à de multiples reprises, faisant en sorte que les motions n’ont été abordées que tard dans la nuit, soit peu après 22h. 

Motions adoptées, rejetées et repoussées

Parmi les faits notables, plusieurs motions ont été adoptées. Celle sur la création de frais d’accessibilité du français a par exemple été approuvée à l’unanimité. Elle entraînera l’abolition du plan de francisation actuel et la mise en place d’une question référendaire sur la création de frais sans droit de retrait de 0,25$. Une autre motion concernant l’augmentation des frais associés à l’adhésion à l’AÉUM a aussi été adoptée, avec 17 voix en faveur, 2 contre et 6 abstentions. L’augmentation sera de 1,20$ et entrera en vigueur à la session d’automne 2022. Son objectif est d’offrir un meilleur salaire aux conseillers et sénateurs étudiants travaillant pour l’AÉUM. Ces frais seront soumis au référendum de la période d’hiver 2022.

Deux motions ont été repoussées. Le conseil a d’abord repoussé une motion visant à ratifier la nomination de quatre nouveaux directeurs au conseil d’administration afin d’arriver au total de 12 membres requis par la Constitution. Le conseil a également reporté une deuxième motion qui aurait donné lieu à un référendum sur la réintroduction des frais de 10$ pour l’amélioration des infrastructures athlétiques. En effet, certaines d’entre elles, telle que la piscine du Mémorial, seraient en train de se dégrader et nécessiteraient d’importants travaux selon le conseiller du département sportif, Sedami-Habib Djossou. Cette motion a été repoussée pour une durée indéterminée.

Une autre motion rejetée traitait d’un amendement aux frais accessoires et demandait au conseil législatif que le moratoire adopté en 2019 afin de soutenir le mouvement Désinvestissement McGill (Divest McGill) ne limite plus le département sportif de McGill. En effet, la motion empêche le département de demander une augmentation des frais accessoires de la part de l’AÉUM. La motion a longuement été débattue, notamment par Bryan Buraga, ancien président de l’AÉUM, qui s’y est formellement opposé, soulignant l’importance de la pression financière afin d’amener McGill à arrêter d’investir dans les énergies fossiles. Certains arguments mis de l’avant par le conseiller Djossou soulignaient le manque de collaboration de Désinvestissement McGill pour arriver à un terrain d’entente ainsi qu’un manque de moyens accordés par McGill. La majorité des différents directrices et directeurs ainsi que les conseillères et conseillers présents se sont prononcés en faveur du mouvement Désinvestissement McGill en refusant d’adopter la motion à 15 voix contre huit, avec une abstention. 

Le conseil s’est clos sans avoir pu aborder toutes les motions présentées. Elles seront repoussées au prochain conseil du 24 mars.

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La réponse de l’AÉFA sur le retour en présentiel https://www.delitfrancais.com/2022/02/16/la-reponse-de-laefa-sur-le-retour-en-presentiel/ Wed, 16 Feb 2022 13:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=47237 Au terme d’une assemblée générale, la motion de grève présentée à l’AÉFA n’est pas passée, mais a vu plusieurs amendements être proposés.

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L’Association étudiante de la Faculté des Arts (AÉFA) a tenu le 2 février dernier une assemblée générale de grève. L’assemblée avait été convoquée après qu’une pétition déposée par l’ancien président de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) Bryan Buraga ait dépassé le nombre requis de 200 signatures de membres de l’AÉFA. Les étudiants présents ont pu délibérer sur l’adoption d’une motion de grève en opposition au retour en présentiel dans les conditions jugées insatisfaisantes qu’impose l’Université McGill. La motion n’a ni été adoptée, ni soumise au vote, car le quorum requis de 500 personnes n’a pas été atteint. Les amendements proposés n’ont pas été ratifiés, puisque la participation minimale de 8% des membres de l’AÉFA n’a pas été franchie.

Cette assemblée faisait suite à d’autres consultations de l’AÉFA, qui avait notamment tenu le 21 janvier dernier une assemblée publique virtuelle afin de répondre aux questions et d’entendre les préoccupations des étudiants sur le retour en présentiel. Une nette opposition au retour en présentiel avec les modalités instaurées par l’Université s’était ainsi démarquée auprès de la cinquantaine d’étudiants présents – 76% contre, 24% pour. C’était quelques jours après cette assemblée que Bryan Buraga a soumis une pétition à l’AÉFA demandant la convocation d’une assemblée générale de grève le 31 janvier.

L’article 17.4 de la constitution de l’AÉFA établit que le nombre de d’étudiants membres requis pour atteindre quorum pour une assemblée générale est de 150. Puisque ce nombre oscillait entre 140 et 160 étudiants présents lors de l’assemblée du 2 février, la motion de grève ne pouvait pas être soumise à un vote. «Malheureusement, il n’y avait pas assez de personnes pour faire passer la grève. Mais cela ne veut pas dire que les étudiants ne sont pas intéressés de réformer le plan de réouverture de l’Université», a expliqué Bryan Buraga au Délit. Cependant, les délibérations ont permis d’amener des modifications à la motion. Parmi les amendements proposés se trouvent plusieurs clauses actionnables: une clarification de la position de l’AÉFA, laquelle s’oppose au plan de réouverture actuel de McGill, une déclaration de solidarité avec les étudiants en grève et un mandat pour la création d’un comité de mobilisation de la sécurité COVID. Ce comité de mobilisation aurait été chargé d’organiser une manifestation avant le 18 février afin de soutenir les revendications de la Faculté de droit, de celle des sciences de l’éducation, de l’École de travail social ainsi que des étudiants en grève. 124 membres ont voté en faveur de la motion amendée, 30 se sont abstenus, et 9 s’y sont opposés. 

Ces amendements ont été soumis à une ratification au reste des membres de l’AÉFA à travers un bulletin de vote qui était disponible en ligne entre le 7 et le 10 février. Toutefois, le quorum requis de 8% dans l’article 17.6.2 de la Constitution pour une ratification virtuelle n’avait pas été atteint, avec seulement 7,2% des membres de l’AÉFA ayant voté.

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Une perle de créativité https://www.delitfrancais.com/2022/02/02/une-perle-de-creativite/ Wed, 02 Feb 2022 13:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=46765 La série Arcane transcende son médium.

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La série d’animation Arcane, alliant le genre «steampunk» et le fantastique, est un miracle et une bénédiction. Un miracle, parce qu’il s’agit tout de même d’une adaptation qui aura été en préparation durant six longues années, basée sur quelques pages d’histoire parsemées dans le jeu vidéo League of Legends. Miraculeuse aussi est la collaboration entre une vaste entreprise américaine, Riot Games, et un humble studio d’animation français, Fortiche, de laquelle résulte une vraie œuvre artistique, originale, sombre et courageuse, faisant office de bénédiction pour le domaine du divertissement grand public largement dominé par des super-héros à toutes les sauces. À travers une histoire sombre qui n’hésite pas à explorer des thèmes comme les liens familiaux, l’exploitation juvénile ou la santé mentale, Arcane présente des personnages variés, troublés et troublants. Loin d’un typique produit aseptisé, la série est élevée à un autre niveau grâce à un style d’animation exceptionnel (mélange de 2D et de 3D), une esthétique particulière et une superbe bande-son. C’est bien simple, Arcane est l’une des meilleures séries de l’année 2021.

Des mots, des humains, des larmes… 

Rassurez-vous, aucune connaissance du jeu vidéo n’est requise afin d’apprécier la série à sa juste valeur. La trame narrative principale d’Arcane suit les péripéties de deux sœurs, Vi (Hailee Steinfield) et Powder (Ella Purnell), tantôt unies puis séparées, aux personnalités diamétralement opposées. D’autres personnages plus ou moins secondaires viennent compléter le tableau, tels que deux jeunes scientifiques idéalistes, des frères d’armes désormais ennemis, et une ambitieuse jeune femme luttant contre l’ombre oppressive de sa mère. Le principe de la dualité est ici roi, se déclinant notamment dans l’opposition séparant la ville où évoluent les personnages: d’un côté la riche et hautaine Piltover, et de l’autre Zaun et ses quartiers mal famés dans lesquels évoluent criminels en tout genre. 

«Résulte une vraie œuvre artistique, originale, sombre et courageuse, faisant office de bénédiction pour le domaine du divertissement grand public largement dominé par des super-héros à toutes les sauces»

La première réussite du scénario est d’éviter avec succès le piège manichéen en présentant de multiples points de vue. À coups de dialogues travaillés et variés, il en résulte une histoire moralement grise où aucun personnage ne semble caricatural ou enfermé dans un carcan moral statique. Les moments comiques sont rares, mais bien placés, et n’enlèvent rien à la gravité de l’histoire. Les raccourcis scénaristiques sont absents, et les actions des personnages – et conséquences de celles-ci – dictent l’intrigue plutôt que le contraire. Le tout rend le monde vivant et les péripéties organiques.

Les personnages, d’ailleurs, sont tous, sans exception, bien écrits et distincts les uns des autres; c’est là une deuxième réussite. Par-dessus tout, ils ne sont pas unidimensionnels, et il est possible de constater une véritable évolution de chacun d’entre eux à travers les arcs narratifs qui s’entrecroisent continuellement. Pas de gentils, pas de méchants, seulement des humains animés par des intentions plus ou moins louables, mais toujours compréhensibles. 

La troisième réussite de l’écriture de la série a trait aux thèmes qu’elle n’hésite pas d’aborder à travers ses personnages. L’amour, la haine, la vengeance, les liens familiaux ainsi que la lutte sociale font figure de grands classiques, mais viennent s’y greffer une exploration douce-amère de l’idéalisme scientifique, une représentation nuancée de la santé mentale, ainsi qu’une relation particulièrement toxique entre une enfant et un adulte. Arcane ne mâche pas ses propos et va jusqu’au bout de ses idées, quitte à parfois proposer des scènes assez troublantes et lourdes de sous-entendus mais qui mènent invariablement à une réflexion. Impossible, notamment, de ne pas penser à la scène où Powder aide son père adoptif à s’administrer un remède, adoptant une attitude plus proche d’une amante que d’une fille. Le tout est élevé par une tension scénaristique jusqu’à produire un dénouement toujours satisfaisant et logique. Le résultat: une sorte de catharsis. Ici, le spectateur est considéré comme un être pensant, et on ne cherche pas à lui tenir la main. 

«C’est une histoire magistralement racontée, chargée d’émotion, avec des personnages variés et différents les uns des autres»

Une image vaut mille mots

Si tout ce qui est mentionné plus haut est aussi efficace, c’est en grande partie grâce à la présentation artistique de la série. Chaque plan est coloré et chamarré, offrant souvent des métaphores et des symboles à déchiffrer. Le tout donne un style visuel exceptionnel s’apparentant à la peinture. L’usage de certaines couleurs semble aussi servir à attirer l’attention du spectateur sur des éléments du décor ou des objets importants. Par exemple, les teintes vertes et mauves sont omniprésentes dans les quartiers criminels, alors que la haute ville est baignée de lumière aux teintes blanchâtres et dorées. De plus, la direction cinématographique est léchée, la caméra restant le plus souvent terre-à-terre et ne s’affolant que pour les brefs combats répartis sur neuf épisodes. Le résultat est saisissant de fluidité. 

Les tics d’un personnage stressé, les larmes d’un autre en état de choc, ou bien la folie passagère d’un dernier paraissent absolument réels. Cela permet à la série d’utiliser des images plutôt que des mots pour souligner des traits de caractère ou des indices scénaristiques. Consciente de cette force, Arcane multiplie les gros plans sur les visages des personnages, à l’affût de la moindre expression magnifiée par un doublage vocal réussi. Le tout est accompagné d’une bande-son mélangeant des tonalités plus électriques avec des instruments plus classiques, comme le violon, et de quelques chansons originales souvent placées à des moments clés de l’intrigue afin de donner une dimension émotionnelle supplémentaire à ce qui se passe sur l’écran. Difficile de croire qu’il ne s’agit que d’une série d’animation tant les visages et les mouvements des personnages sont semblables à ceux des séries télévisées avec prises de vue réelles. Il y a fort à parier qu’il s’agira du nouveau standard à atteindre pour les futures productions d’animation de Netflix. 

Arcane est bien plus qu’un simple produit dérivé d’un jeu vidéo. C’est une histoire magistralement racontée, chargée d’émotion, avec des personnages variés et différents les uns des autres. Ces derniers permettent de s’intéresser à des thématiques souvent survolées dans le divertissement grand public. Difficile de ne pas ressortir du visionnement vidé, lessivé, et profondément impressionné par cette petite perle de créativité. 

Arcane est disponible sur Netflix.

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Un ras-le-bol généralisé https://www.delitfrancais.com/2022/02/02/un-ras-le-bol-generalise/ Wed, 02 Feb 2022 13:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=46801 Point de vue d’un étudiant tanné.

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Par où commencer exactement? Peut-être tout simplement en mentionnant que ce texte ne se veut en aucun cas argumentatif ou même objectif. C’est plutôt le contraire. Cher lecteur, chère lectrice, faites-moi le simple plaisir de considérer ce texte pour ce qu’il est: un texte d’opinion, fondamentalement biaisé et imparfait, mais nécessaire. À une époque où l’on cherche bien trop souvent à faire plaisir aux uns et aux autres plutôt qu’à dire réellement ce que l’on pense à voix haute et en s’assumant, ce texte fera sans aucun doute figure d’OVNI et d’anomalie. Voilà votre introduction.

Commençons par nommer les victimes. Étudiants, étudiantes, levez-vous. Bien. Maintenant, désignons les coupables. J’ai nommé le gouvernement de François Legault et son ineptie, son incompétence, ainsi que son manque complet de transparence. J’ai nommé les universités qui, malgré certaines conditions atténuantes, font figure de bonnes et dociles collaboratrices, incapables de prendre des décisions dans l’intérêt de leurs élèves. Accusés, levez-vous!

«Câlisse, est-ce que quelqu’un comprend ce que je ressens?»

Livrons-nous désormais à un petit et simple exercice créatif. Imaginez-vous dans les chaussures d’un étudiant. Rajeunissez-vous un tout petit peu si nécessaire, ressortez votre costume ou robe de bal, ou bien feuilletez de façon mélancolique vos interminables notes d’histoire et d’exercices de participes passés, peu m’importe. Vous êtes dedans? Parfait. Rajoutons les ingrédients COVID-19 à la recette: du stress, de l’anxiété, une santé mentale en lambeaux, une solitude exacerbée, des relations sociales inexistantes, des résultats scolaires en baisse, une motivation réduite à néant, un sentiment de ras-le-bol, et une envie de crier à la face du monde: «Câlisse, est-ce que quelqu’un comprend ce que je ressens?»

Les universités se précipitent alors vers leurs claviers, effrayées de voir partir les poules aux œufs d’or que sont les étudiants, et multiplient les messages aux formulations douteuses, volontairement imprécises, et complètement inutiles. Les examens pourraient-ils être faits en ligne afin d’éviter le déplacement inutile et dangereux des étudiants? Peuh! Ils sont bien mieux tassés dans des gymnases, sans ventilation, sur des chaises bancales et des pupitres chancelants! Les cours pourraient-ils être enregistrés en tout temps afin de faciliter la vie des étudiants? Peuh! Trop compliqué d’expliquer à des professeurs enseignant des cours magistraux – accordons le bénéfice du doute à ceux dirigeant des séminaires – comment cliquer sur le gros bouton rouge «ENREGISTRER »; trop compliqué d’investir dans du matériel d’enregistrement alors que la pandémie perdure depuis maintenant deux ans. Donner une charge de travail équilibrée aux étudiants? Peuh! Ils ne sont pas là pour se reposer, ils doivent travailler! Arrêter de falsifier les moyennes (tant à la hausse qu’à la baisse), courber les notes, ou remettre des examens sans aucun commentaire et en retard alors que les étudiants sacrifient leur sommeil pour les rendre à temps? Peuh! La réputation de l’Université est en jeu, les notes doivent être basses afin de montrer la qualité et la rigueur de nos cours! De la masturbation intellectuelle, tout ça! Les universités ne sont plus des lieux de curiosité, mais bien de simples business où seul l’argent de l’étudiant compte.

«La pandémie n’a fait qu’accentuer tous les défauts déjà évidents d’un système d’éducation qui, de la même façon que notre système de santé, est complètement exsangue»

La pandémie n’a fait qu’accentuer tous les défauts déjà évidents d’un système d’éducation supérieur qui, de la même façon que notre système de santé, est complètement exsangue. Le pire dans tout ça, c’est que le gouvernement et les universités avaient le temps de réagir cet été – et même avant – mais ils n’ont absolument rien fait. La situation actuelle aurait pu, et aurait dû, être anticipée, mais elle ne l’a pas été. Pourquoi? Certes, les variants sont imprévisibles, et certes, ce satané virus se montre particulièrement difficile à exterminer. Toutefois, dans le cas du gouvernement, on peut clairement blâmer le manque d’idées, de ligne directrice et d’actions claires. Monsieur Legault, Monsieur Dubé, et Monsieur Arruda se sont bien amusés à faire les pitres dans nos télés tous les deux jours. À coups de mesures contradictoires, scientifiquement infondées (telles que la mise en place d’un couvre-feu) ou implantées en retard, ils ont montré l’étendue de leur incapacité à se projeter dans le futur et à diriger le Québec dans une période de crise. Quant aux universités, elles n’ont fait que suivre les ordres du gouvernement – ou plutôt l’absence de ces dernières, symbolisée par l’invisible ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann – sans même envisager l’enseignement à distance comme une réelle solution, mais bien comme une solution d’appoint. L’incapacité du gouvernement à établir un plan d’action clair en ce qui a trait à l’enseignement supérieur montre bien qu’il s’agit du cadet de ses soucis et que les étudiants cégépiens et universitaires ne sont qu’une arrière-pensée.

Pour finir, un petit message pour mes chères et chers collègues. Nous sommes passés ensemble au travers des deux années précédentes, souvent sans support d’aucune sorte et avec des charges de travail parfois hallucinantes. Nous nous sommes battus contre des administrations d’universités et de cégeps souvent débordées et incapables d’apporter les réponses dont nous avions besoin. Nous nous sommes privés de sorties, de partys, de fun. Nous avons perdu deux ans. Cependant, nous ne sommes pas les seuls touchés par la pandémie. Continuons donc de nous tenir la tête haute et de faire valoir nos droits ainsi que nos divers points de vue. Le présent appartient peut-être à un gouvernement vieillissant, peureux, mais l’avenir sera à nous.

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Zoom-qui-peut! https://www.delitfrancais.com/2022/01/26/zoom-qui-peut/ Wed, 26 Jan 2022 13:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=46560 Une rentrée en présentiel insensée.

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La scène se déroule le vendredi 14 janvier 2022. À précisément 15h55, alors que le soleil québécois commence déjà à tirer sa révérence, une sonnerie assourdissante retentit, bien connue de toute la communauté mcgilloise. Tout chaud, à peine sorti du four, voilà le dernier message signé Fabrice Labeau, premier vice-principal exécutif adjoint, annonçant tout fièrement une rentrée en présentiel fixée à la date désormais fatidique du 24 janvier. Ça y est, c’est officiel: dans 10 jours exactement, étudiantes et étudiants auront les fesses «scotchées» sur les sièges des locaux universitaires, un beau masque bleu cachant leur nez transi par le froid montréalais.

Les réactions fusent. Certains pleurent de joie à l’idée d’enfin retrouver un semblant d’interaction sociale, tandis que d’autres n’attendent que le moment où ils pourront enfin mettre les pieds en dehors de leur minuscule appartement, s’imaginant peut-être participer à quelques soirées universitaires – tenues secrètes – bien arrosées. Il y a aussi ceux qui contemplent d’un regard dénué de toute émotion la date du 24 janvier, pensant déjà aux examens en personne qui les attendent à la fin de la session, où il leur sera, comble du comble, impossible de tricher. Une partie des professeurs se réjouissent à l’idée de retourner dans les locaux de cours où ils n’auront plus à gérer les imprévus technologiques ou bien à faire l’immensissime effort d’enregistrer leurs cours. Beaucoup d’étudiants internationaux, quant à eux, ne savent plus où donner de la tête, coincés entre indécision, incompréhension, et frustration – des sentiments partagés par celles et ceux qui sont immunodéprimés ou pour qui les conditions familiales et personnelles rendent leur vie extrêmement compliquée.

Alors, la rentrée en présentiel, est-ce vraiment une bonne idée? La voix de la raison clame haut et fort que non. La voix de l’étudiant tanné d’être dans son sous-sol devant un écran plus de huit heures par jour, elle, hurle que oui!

Malgré tout, en considérant la situation actuelle, il aurait sans doute été plus avisé de reporter la rentrée universitaire au début du mois de février. Le confinement est encore en partie en place, les restaurants et salles de sport sont toujours fermés, et les hospitalisations s’élevaient, en date du 21 janvier, à 3 299. Qu’aurait bien pu coûter deux petites semaines de plus? Pas grand-chose, si ce n’est un peu plus de patience, une qualité de plus en plus rare. Retourner en présentiel le 24 janvier est une décision prématurée – dans le style jusqu’au-boutiste typique du gouvernement caquiste – et suivie aveuglément par l’administration mcgilloise. Oui, le gouvernement exerce une influence conséquente sur les universités. Oui, McGill a été relativement prudente en fixant la date de la rentrée au 24 plutôt qu’au 17 janvier tel qu’initialement envisagé. Cependant, quand on s’attarde à d’autres exemples, comme l’Université Laval qui fera sa rentrée le 31 ou même Concordia qui vise une rentrée en présentiel le 3 février, on se rend compte que McGill figure à la tête du peloton universitaire en ce qui a trait à la présence désirée des étudiants sur ses campus.

«Alors, la rentrée en présentiel, est-ce vraiment une bonne idée? La voix de la raison clame haut et fort que non. La voix de l’étudiant tanné d’être dans son sous-sol devant un écran plus de huit heures par jour, elle, hurle que oui!»

Mais bon, diront certains, l’administration mcgilloise ne fait que suivre les recommandations limpides de la santé publique, laquelle n’agit clairement pas sous les impulsions électoralistes et populistes de notre paternaliste premier ministre. Les désormais fameuses conférences de ce dernier ont illuminé les mardis soir de bien des Québécois, annonçant des restrictions, puis des allègements, puis à nouveau des restrictions. Un coup, on nous dit que le «pic des cas est passé, la courbe est train de s’aplatir» seulement pour énoncer quelques jours plus tard l’exact opposé, à savoir que «les prochaines semaines seront dures, très dures.» Et dans tout ça, on limite l’accès de la population aux tests de dépistage, entraînant ainsi la présentation de données incomplètes et non représentatives de la situation réelle. On flatte notre ego en faisant des comparaisons douteuses avec le reste du monde, l’ennemi ontarien en tête suivi de près par les lointains Européens, sans être capable de faire une vulgaire règle de trois afin de donner des chiffres proportionnés. 

Et que fait McGill? Donner des indications claires et précises? Montrer une certaine flexibilité? Engager un dialogue avec les étudiants? Et non, surtout pas! À la place, l’étudiant moyen reçoit un message verbeux, à la formulation obstinément vague, rappelant la manière de porter un masque, l’utilité du vaccin, ainsi que, comble du comble, l’importance de méditer afin d’évacuer son stress. Merci, j’imagine?

Il est là, le vrai problème de cette rentrée en présentiel prévue le 24 janvier. L’administration mcgilloise est insensible aux réalités multiples et variées de ses étudiants, trônant sur son petit nuage, hors d’atteinte. Malgré une pétition recueillant plusieurs milliers de signatures, tant des membres du personnel que des étudiants, McGill reste inflexible, pour le meilleur et pour le pire, en tout cas en ce qui a trait aux étudiants. Les professeurs, eux, profitent de davantage de passe-droits et permissions. Comme toujours avec cette Université, les accommodations seront modérées – possibles mais pas garanties – et surtout liées à des formulaires sur ce recueil de liens décharné qu’est Minerva. Tout est conseillé, recommandé, suggéré, mais rien de concret. Même une action aussi simple, évidente, et facile qu’appuyer sur le gros bouton rouge afin d’enregistrer les cours demande une réflexion. Et le clou dans le cercueil, c’est bien l’arrogance et le détachement avec lesquels McGill se vante de ses efficaces mesures sanitaires bien qu’elles n’aient pas changé depuis la dernière session et que le nouveau variant Omicron soit beaucoup plus contagieux. Quant à la fameuse évaluation par McGill de la ventilation de ses locaux, malgré quelques points à accorder pour l’effort et la volonté, force est de constater que la liste disponible est particulièrement incomplète. Certaines mesures suggérées sont d’ailleurs assez risibles: ouvrir les fenêtres et les portes en pleine saison hivernale a tout d’une recette miracle pour attraper un bon rhume. Au moins ce ne sera pas Omicron, diront-ils! En ce qui a trait à la distanciation sociale, je demeure sceptique. Ne soyons pas idiots, il sera absolument impossible de l’appliquer auprès d’étudiants à la recherche d’interactions sociales. Finalement, ce qui ressort de la rentrée «préparée» par McGill, c’est un plan boiteux, à peu près inchangé de celui de la dernière session, volontairement vague, obstinément inflexible, et surtout, insensible aux situations personnelles des étudiants mcgillois.

«Il est là, le vrai problème de cette rentrée en présentiel prévue le 24 janvier. L’administration mcgilloise est insensible aux réalités multiples et variées de ses étudiants, trônant sur son petit nuage, hors d’atteinte»

Pourquoi? Parce que ce qui sous-tend le débat autour de la question de la rentrée à McGill, c’est la question de la flexibilité des moyens d’enseignement et, de façon encore plus vague et vaste, de la place et du rôle des étudiants dans notre défaillant système d’éducation. Les solutions logiques auraient été de donner le choix à tous les étudiants quant à leur venue sur le campus, pour une durée limitée à tout le moins; rendre l’enregistrement de tous les cours où c’est possible obligatoire; placer l’étudiant au centre du débat plutôt qu’à la marge de celui-ci; bref considérer le bien-être étudiant comme la priorité, une mission que McGill ne s’est apparemment pas donnée, tant et si bien qu’elle ne l’avait peut-être jamais envisagée. Là encore, pourquoi? Tout simplement parce que la perspective de McGill, dans toute cette histoire, est probablement influencée par quatre facteurs: l’argent, la réputation, la politique, et la tradition.

Premièrement, il apparaît clair que, comme un business, l’objectif de McGill est d’être rentable et de générer des revenus. Une session à distance, ou même une présence réduite des étudiants sur le campus, signifie une baisse considérable de leurs retours monétaires, comme les achats alimentaires et scolaires sur le campus ainsi que les loyers très élevés des résidences étudiantes. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de justifier certains frais: on peut notamment penser aux frais liés au sport alors que les salles d’entraînement sont actuellement fermées. De plus, l’importance des étudiants internationaux, lesquels représentent une source non négligeable de revenus, conduit l’Université à constamment chercher une solution impliquant une réouverture, de peur de les voir partir, déçus de payer autant pour une expérience universitaire loin de leurs attentes. 

Deuxièmement, la réputation de McGill est en jeu. Il s’agit d’un secret de polichinelle que les moyennes générales, durant la pandémie et surtout grâce aux examens en ligne, ont souvent bondi. Fini la solution facile pour les professeurs de créer des examens s’appuyant seulement sur du par-cœur où il est aisé d’enlever la moitié des points à un élève simplement parce qu’il a oublié une date, mal écrit le nom d’un auteur important, ou bien omis d’inscrire la bonne formule mathématique. Contrairement à la croyance populaire, McGill n’a absolument aucun intérêt à voir une large portion de ses étudiants réussir à obtenir de bonnes notes. En effet, c’est une menace à son prestige, construit sur l’idée selon laquelle seuls les meilleurs peuvent y réussir à travers un climat compétitif féroce. 

«D’un point de vue technologique, McGill est à la traîne, et ses infrastructures sont défaillantes ou bien coincées dans un interminable cycle vicieux de rénovations»

Troisièmement, l’Université est la victime (silencieuse) de la politique et de la pression du gouvernement actuel, mais est aussi et surtout une collaboratrice. Ainsi, plutôt que de s’opposer aux décisions gouvernementales, l’administration mcgilloise les suit à la lettre dans l’espoir d’améliorer ses relations avec l’État québécois. 

Quatrièmement, McGill paie ici son ferme respect des traditions. La pandémie dure depuis deux ans, mais l’administration ne s’est toujours pas résolue à inclure des moyens d’enregistrer les cours dans tous ses locaux. D’un point de vue technologique, McGill est à la traîne, et ses infrastructures sont défaillantes ou bien coincées dans un interminable cycle vicieux de rénovations. Il devient alors extrêmement difficile de proposer des initiatives créatives, flexibles et adaptées aux problèmes actuels. On en vient à se demander où, en fin de compte, fini tout l’argent de cette Université qui fait tout de même partie des meilleures au monde…

Quelques mots pour finir. La rentrée du 24 janvier était inéluctable. Malgré l’opacité des mesures et accommodations en place, faisons preuve de bonne volonté et serrons-nous (figurativement) les coudes. C’est le seul moyen de passer au travers de cette pandémie.

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