Archives des Actualités - Le Délit https://www.delitfrancais.com/category/actualites/ Le seul journal francophone de l'Université McGill Wed, 26 Feb 2025 05:38:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.7.2 Déclarations incendiaires de J.D. Vance à Munich https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/declarations-incendiaires-de-j-d-vance-a-munich/ Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57585 Un tournant diplomatique dans la guerre en Ukraine.

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V endredi 14 février, à la Conférence de Munich sur la sécurité, réunissant des dirigeants mondiaux, des ministres et d’autres responsables politiques de premier plan, J.D. Vance a créé le choc. Alors que l’on pouvait s’attendre à ce que le vice-président américain s’exprime sur la guerre en Ukraine, les États-Unis demeurant leur principal soutien militaire face à l’invasion russe, il a surpris en ne prononçant pas un mot sur le sujet. Vance a plutôt choisi de donner une leçon aux représentants européens sur leur gouvernance démocratique : « la menace qui m’inquiète le plus vis-à-vis de l’Europe n’est ni la Russie, ni la Chine, ni aucun autre acteur externe. Ce qui m’inquiète, c’est la menace de l’intérieur : le recul de l’Europe sur certaines de ses valeurs les plus fondamentales. […] Dans toute l’Europe, je crains que la liberté d’expression ne recule (tdlr). » Je me suis entretenu avec Juliet Johnson, politologue et professeure de science politique à l’Université McGill spécialiste de la Russie, pour tenter de comprendre cette déclaration.

Un choix diplomatique (in)conscient

L’angle de l’attaque, la liberté d’expression, peut d’abord surprendre. Cette déclaration survient néanmoins à la suite de l’annulation du premier tour des élections présidentielles roumaines dans laquelle Călin Georgescu, candidat d’extrême droite pro-russe, est arrivé en tête, à la surprise générale, avec 22% des suffrages. La Cour constitutionnelle roumaine a pris cette décision sous suspicion d’interférence russe dans la campagne éclair du candidat sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok.

Ignorant ces éléments de contexte, J.D. Vance a interprété cette décision comme un signe de recul démocratique en Europe : « si vous avez peur de vos propres électeurs, il n’y a rien que les États-Unis puissent faire pour vous. » Au sujet de la Roumanie spécifiquement, il a déclaré : « lorsque nous voyons des cours européennes annuler des élections […] nous devons nous demander si nous nous tenons à des normes assez élevées. » Selon la Dre Johnson, l’utilisation de la notion de « liberté d’expression » n’est alors pas à prendre au premier degré : « J.D. Vance comprend la liberté d’expression comme la liberté pour lui et les partisans de Trump de dire ce qu’ils désirent sans être critiqués. » Un choix de mots qu’elle juge témoin « d’ignorance » alors que Trump prévoit d’interdire l’usage de quelque 120 mots dans les travaux universitaires américains, comme « préjugé » ou « climat » sous la menace de retraits de financement. « Leur partisanisme les empêche de voir cette décision-ci comme une attaque contre la liberté d’expression », indique-t-elle.

Plusieurs pistes peuvent être établies pour expliquer les déclarations de J.D. Vance : volonté de déstabilisation des démocraties libérales? Une envie de plaire à la Russie? Ou encore de créer le choc pour ne pas avoir à se positionner sur le sujet sensible de l’Ukraine? Dre Johnson, de son côté, est formelle : « l’objectif de ces déclarations est d’affirmer la dominance américaine et de semer la division en Europe. » Néanmoins, elle précise que « ces déclarations montrent surtout l’étendue du manque de culture de J.D. Vance vis-à-vis de l’Europe, et des relations internationales en général. […] C’est un novice à la confiance démesurée par rapport à ses connaissances. » Elle rappelle également que cette stratégie n’est pas forcément efficace : « un retour de flamme s’opère clairement ; les dirigeants européens ont remis sur la table la question des efforts de défense paneuropéens pour la première fois depuis longtemps. » Depuis une semaine, l’Europe multiplie en effet les sommets. Ses dirigeants étaient à Paris le lundi 17 février pour convenir de l’élaboration et du financement d’une politique commune de défense. Une réaction qui s’inscrit dans le contexte plus large de la non-fiabilité des États-Unis de Trump, qui sont « connus pour ne pas respecter les accords qu’ils signent », explique Dre Johnson.

Europhobie… et russophilie

Les propos du vice-président s’inscrivent dans une stratégie diplomatique plus large du camp de Trump vis-à-vis la guerre en Ukraine : celle de s’éloigner de l’Europe et de se rapprocher de la Russie. Le président américain s’est ainsi longuement entretenu au téléphone mercredi dernier avec son homologue russe Vladimir Poutine, sans la présence de l’Union européenne ni de l’Ukraine, dans la quête d’un plan de paix. Une discussion préliminaire de laquelle Poutine sort grand gagnant, selon Dre Johnson : « l’équipe de Trump a déjà concédé à tout ce que Poutine veut : la non-intégration de l’Ukraine à l’OTAN, l’abandon de plus d’un cinquième du territoire du pays, l’idée du besoin d’élections en Ukraine… ce sont les principales demandes du Kremlin! »

Comment comprendre alors ce revirement? Similairement à son analyse de J.D. Vance, Dre Johnson blâme « l’absence de compétences diplomatiques » de Trump : « l’auteur de The Art of the Deal commet deux fautes majeures : la relâche de tous ses leviers de négociations dès le début, et l’exclusion de partis clés. Ce sont des erreurs d’amateur. » En effet, l’absence de l’Ukraine des négociations, qui témoigne selon la professeure de « la vision du monde simpliste de Trump, concentrée seulement sur les grandes puissances », pourrait mener à l’échec de l’entreprise. « L’Ukraine, surtout supportée par l’UE, n’acceptera jamais ces termes, et les États-Unis ne peuvent pas les y forcer », explique-t-elle.

Volodymyr Zelensky, de son côté, commence à pointer du doigt ses désaccords avec la méthode Trump. Interrogé au lendemain du discours de Vance, il réclamait la présence de l’Europe et de l’Ukraine aux négociations : « nous sommes très reconnaissants à l’égard des États-Unis. Ils nous ont beaucoup donné et soutenu […] et nous sommes également très reconnaissants à l’égard de l’UE, un partenaire stratégique important. C’est pourquoi il faut que l’on soit au même niveau, côte à côte, et à la table des négociations. » D’abord diplomate, le président ukrainien a changé de ton mercredi, après que Trump a accusé l’Ukraine d’avoir « commencé la guerre », il a déclaré : « le président américain vit malheureusement dans un espace de désinformation [russe]. » Des propos soutenus par Dre Johnson : « Trump en sait très peu au sujet de l’Ukraine, et ment énormément, souvent par ignorance. Il a par exemple déclaré que la cote de popularité de Zelensky était de 4%, alors qu’elle est en réalité de 57%. C’est un grand consommateur de la propagande russe. » L’heure semble donc à l’escalade entre les deux leaders. Quelques minutes après notre entrevue avec Dre Johnson mercredi 19 février, Trump a qualifié Zelensky de « dictateur sans élections ». Le lundi suivant, les États-Unis ont voté contre une résolution de l’ONU condamnant la Russie pour la guerre, aux côtés de Moscou et de ses soutiens. L’administration Trump s’est également abstenue de voter sur sa propre résolution appelant simplement à une négociation pour mettre fin à la guerre. Les États-Unis ont ainsi confirmé leur rupture diplomatique avec l’UE et l’Ukraine à travers les organisations internationales.

Que doit-on attendre de la suite de la guerre?

Ainsi, malgré la tentative de diplomatie éclair du président américain, un accord de paix durable semble encore loin, selon Dre Johnson. Elle explique : « Vladimir Poutine, comme Trump, n’est pas connu pour respecter les accords qu’il passe. […] Pourquoi les Russes s’arrêteraient-ils, ils gagnent! Ils contrôlent un cinquième du territoire ukrainien, et n’ont aucune raison d’interrompre les hostilités. » Interrogée sur les difficultés militaires russes, elle répond : « ils traversent en effet des difficultés, notamment de conscription. Ils ont été obligés de promettre des bonus, d’appeler des soldats nord-coréens et des sociétés militaires privées. Mais tout est relatif ; ils restent moins en danger que l’Ukraine, qui risque des carences de ravitaillement militaire et de soldats. L’Ukraine demeure en effet un pays bien moins peuplé que la Russie, ce qui signifie que, malgré le nombre supérieur de pertes russes, chaque perte ukrainienne compte plus. » L’analyse de Dre Johnson nous permet d’y voir plus clair dans la diplomatie agressive de Trump et son administration. Quelques jours après le troisième anniversaire de l’invasion russe, l’arrêt des hostilités ne semble pas être facilité par l’arrivée au pouvoir des républicains. En ignorant les demandes et positions de l’Union européenne et de l’Ukraine tout en se rapprochant de celles de la Russie, Trump pousse l’Europe à une réorganisation stratégique.

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La sélection d’actus du Délit https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/la-selection-dactus-du-delit-9/ Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57634 TGV TORONTO-QUÉBEC : UN PROJET À GRANDE VITESSE À L’AVENIR INCERTAIN Ce mercredi 19 février, Justin Trudeau a annoncé le lancement du projet « Alto », visant à mettre en place des trains à grande vitesse (TGV) entre Toronto et Québec. Décrit comme « le plus grand projet d’infrastructure de l’histoire du Canada », Alto… Lire la suite »La sélection d’actus du Délit

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TGV TORONTO-QUÉBEC : UN PROJET À GRANDE VITESSE À L’AVENIR INCERTAIN

Ce mercredi 19 février, Justin Trudeau a annoncé le lancement du projet « Alto », visant à mettre en place des trains à grande vitesse (TGV) entre Toronto et Québec. Décrit comme « le plus grand projet d’infrastructure de l’histoire du Canada », Alto prévoit de desservir les arrêts de Trois-Rivières, Laval, Peterborough, Ottawa et Montréal. Le premier ministre a expliqué que ce projet vise à apporter des changements majeurs au réseau de transport ferroviaire canadien, car, selon lui, le système actuel « n’est tout simplement pas à la hauteur des Canadiens ». Grâce à Alto, les temps de trajet entre les grandes villes du tracé seraient réduits de manière significative : il faudrait environ 3 heures pour relier Toronto et Montréal, et seulement 1h30 pour aller de Montréal à Québec.

Le coût total du projet n’est pas encore connu, mais le cabinet du premier ministre a déjà estimé que 3,9 milliards de dollars seront dépensés dans la seule phase de développement du projet. Sur le long terme, le coût total pourrait s’élever à plus de 100 milliards de dollars.

Cependant, ces prévisions ne se manifesteront que si le projet est bel et bien réalisé. Le gouvernement
canadien a déjà promis à maintes reprises l’amélioration du réseau ferroviaire, et les Canadiens n’en ont pourtant jamais vu la couleur. D’aucuns seront d’autant plus sceptiques compte tenu que les responsables du projet n’ont présenté aucun échéancier. Par ailleurs, rien ne garantit que le prochain gouvernement reprendra le dossier après le départ du gouvernement Trudeau.

INGÉRENCE AU CÉGEP DAWSON : LA MINISTRE PASCALE DÉRY CRITIQUÉE

Ce mardi 18 février, la ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Pascale Déry, a admis avoir interféré directement avec le contenu d’un cours offert au collège Dawson, un des plus grands cégeps du Québec. La ministre aurait demandé d’éviter d’aborder le sujet de la Palestine dans ce cours, dont une des thématiques se nommait « appartenances palestiniennes ». Cette confession a lieu dans un climat de suspicion, avec des accusations portées depuis décembre à l’encontre du ministère pour abus de pouvoir, ingérence, et atteintes à la liberté académique dans certains cégeps. Au lendemain de la confession de la ministre, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) a exigé la fin immédiate de cette d’ingérence, sans quoi la capacité de la ministre à occuper ses fonctions devrait être remise en cause. La FQPPU estime que les incidents sont loin d’être isolés, et que « l’attitude de la ministre révèle un réel mépris pour les principes d’autonomie qui doivent pourtant guider les milieux de l’enseignement supérieur ».

Eileen Davidson | Le Délit

L’ingérence directe dans le contenu d’un cours sur la Palestine, dans le contexte actuel de la guerre à Gaza, pourrait mettre en évidence certains conflits d’intérêts impliquant Pascale Déry. En effet, celle-ci a siégé au conseil d’administration de la branche québécoise du Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) entre 2016 et 2022, et a récemment entretenu des liens avec cette même entreprise de lobbyisme. Selon le cabinet de la ministre, l’intervention directe de la ministre dans les affaires du collège Dawson serait due à des signalements d’élèves concernant une montée de l’antisémitisme au collège depuis le début du conflit à Gaza. Certains enseignants ont pourtant expliqué que le cégep avait amplement les moyens de répondre lui-même aux craintes et requêtes de sa communauté. Cette affaire ternit un peu plus la réputation du gouvernement de la CAQ, déjà largement affaibli depuis plusieurs mois.

CLIMAX ABSOLU : LA GRANDE FINALE CANADA – ÉTATS-UNIS

Du 12 au 20 février s’est déroulé le tournoi de hockey des quatre nations comprenant les États-Unis, le Canada, la Suède et la Finlande. Couronnée par la double confrontation entre les deux géants d’Amérique du Nord, cette compétition s’est avérée épique.

Les différentes rencontres ont eu lieu à Montréal, au Centre Bell et à Boston, au TD Garden. Les règles de ce tournoi sont simples : les quatre équipes s’affrontent respectivement, puis une finale a lieu entre les deux équipes ayant accumulé le plus de points, en l’occurrence le Canada et les États-Unis cette année.

Eileen Davidson | Le Délit

Les deux voisins se sont rencontrés dans un match préliminaire, avec notamment trois bagarres en neuf secondes et la huée de l’hymne américain au Centre Bell. Les nombreux incidents dévoilent toute la tension et les enjeux extrasportifs de la rencontre, dans une période politique très tendue entre les deux pays, notamment à cause de la déclaration de Donald Trump proposant au Canada de devenir le 51e état des États–Unis. Malgré la défaite du Canada lors de ce match, une victoire contre la Suède et la Finlande leur a permis de se qualifier pour la grande finale face aux États-Unis.

Cette ultime confrontation avec, à la clé, un trophée et une victoire chargée de sens a commencé d’emblée sur les chapeaux de roues. Avec les huées de l’hymne canadien à Boston, le ton de cette rencontre était alors donné. Au cours d’un match épique, les Canadiens se sont imposés, notamment grâce à une belle performance du gardien de but Binnington et à un ultime but de Connor McDavid dans les prolongations qui délivre le Canada au paroxysme de suspense. Ô Canada a alors pu résonner dans l’enceinte du TD Garden, réjouissant et réunissant tous les Canadiens, le temps d’une soirée au moins.

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Le « couronnement » annoncé de Mark Carney https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/le-couronnement-annonce-de-mark-carney/ Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57641 Le point sur la course à la chefferie du Parti libéral du Canada.

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Il ne reste plus que 11 jours avant le dénouement de la course à la chefferie du Parti libéral du Canada. Le 9 mars, les membres du parti désigneront non seulement leur nouveau chef, mais aussi le futur premier ministre du pays, qui occupera ses fonctions jusqu’aux prochaines élections fédérales. Alors que la campagne touche à sa fin, faisons le point sur les enjeux et les dynamiques de la course.

À l’heure actuelle, les sondages placent l’ex-gouverneur des banques du Canada et de l’Angleterre, Mark Carney, en tête, loin devant l’ancienne vice-première ministre de Justin Trudeau, Chrystia Freeland, l’ancienne leader du gouvernement à la Chambre des communes, Karina Gould, et l’ancien élu montréalais, Frank Baylis. Carney réussirait même à combler l’écart qui sépare les libéraux et les conservateurs dans l’opinion publique, avec un taux de popularité estimé à 39%, qui suit de très près les 40% du chef conservateur Pierre Poilièvre.

Liberal McGill, l’association officielle du Parti libéral du Canada à McGill, a choisi de soutenir la candidature de Mark Carney, qui aurait reçu « un appui massif de la part des membres (tdlr) », selon Quinn Porter, président de l’association. Ce dernier a expliqué au Délit que l’association a eu l’opportunité de rencontrer Carney, Freeland et Gould, « une expérience formidable qui a attiré de nouveaux membres et nous a permis d’aborder différentes idées ». Rowan Watchmaker, membre de Liberal McGill, explique que l’objectif principal de l’association est de « veiller à ce que les étudiants libéraux sachent quand et comment voter, tout en s’assurant qu’ils disposent de suffisamment d’informations sur tous les candidats pour faire un choix éclairé, en accord avec leurs valeurs personnelles ».

« Il faudrait vraiment un drame ou une catastrophe pour qu’il ne devienne pas le leader du Parti libéral du Canada le 9 mars »

Daniel Béland, professeur de science politique

Les candidats à la chefferie du Parti libéral

Afin d’éclaircir les enjeux de la course à la chefferie, le Délit s’est entretenu avec Daniel Béland, professeur de science politique canadienne à l’Université McGill et directeur de l’Institut d’études canadiennes à McGill (IÉCM). Le professeur Béland explique que le public a une image très favorable de Mark Carney, un candidat nouveau en matière de politique qu’on a tendance à voir comme un « grand technocrate, un économiste, un expert ».

Par rapport aux autres candidats, Carney a « plus de soutien populaire, plus de soutien de l’élite de son parti et plus de soutien financier. Il faudrait vraiment un drame ou une catastrophe pour qu’il ne devienne pas le leader du Parti libéral du Canada le 9 mars. »

La situation n’est pas la même pour le reste des candidats. Chrystia Freeland, ancienne vice-première ministre dont la démission en décembre a précipité celle de Justin Trudeau, peinerait d’après Béland à sortir de l’ombre du premier ministre. « Pendant neuf ans, elle a été ministre dans le cabinet de Justin Trudeau. C’est difficile pour elle de créer une distance entre elle et l’héritage Trudeau, parce qu’elle en fait directement partie », explique-t-il.

Quant aux candidats moins populaires, à savoir Karina Gould et Frank Baylis, le professeur rappelle que « les gens se lancent dans des courses électorales pour des raisons différentes. Il y en a qui se lancent dans une course à la chefferie pour gagner », comme Freeland et Carney, et d’autres qui se lancent plutôt pour gagner en visibilité. Gould, à l’âge de 37 ans, est encore considérée très jeune dans le milieu politique. En se présentant pour la course à la chefferie, elle se positionne pour un avenir en politique, elle « fait passer son message et elle se met de l’avant ». Il en va de même pour Baylis, le seul candidat québécois à la chefferie du parti.

Par ailleurs, la candidate Ruby Dhalla a été disqualifiée de la campagne le 21 février, en raison de « violations graves » des règles relatives à la campagne. Elle est notamment accusée d’avoir reçu des dons dépassant la limite individuelle autorisée, une allégation qu’elle nie catégoriquement. Dhalla a appris sa disqualification alors qu’elle était en pleine entrevue télévisée avec CBC.

« Le nouveau chef du Parti libéral devra rapidement s’imposer, car une lutte politique intense pourrait s’amorcer dès son élection »

Carney pas au bout de ses peines

Il est très probable que le candidat élu le 9 mars soit amené à représenter son parti lors d’élections générales anticipées. Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique, a en effet affirmé vouloir déclencher des élections dès le 10 mars si Mark Carney est choisi. Cette éventuelle élection, qui plane au-dessus du gouvernement canadien, s’accompagnerait d’enjeux bien différents de ceux de la course à la chefferie.

Selon le professeur Béland, « on va lancer des grenades à Mark Carney pendant la campagne. Et Carney n’a jamais fait de campagne électorale, pas même comme aspirant député. On ne l’a pas encore vu tellement en action ; et l’action, pour les politiciens, c’est une campagne électorale. C’est ce qui est le plus important ».

Dans ce contexte d’incertitude électorale, le Parti libéral du Canada cherche à ajuster sa position. Béland indique que « le plus important pour les libéraux, c’est de gagner, de rester au pouvoir ou d’obtenir le pouvoir. Je pense qu’il y a de plus en plus de consensus au sein du parti, qu’on se dirige vers un réalignement vers le centre, ou peut-être même dans certains domaines, vers le centre droit. Pour affronter Poilièvre, mais aussi parce qu’il y a la situation fiscale, la situation économique ». Quoi qu’il en soit, le nouveau chef du Parti libéral devra rapidement s’imposer, car une lutte politique intense pourrait s’amorcer dès son élection.

Poilièvre ne sait plus sur quel pied danser

Pierre Poilièvre, chef du Parti conservateur du Canada, se prépare déjà à affronter Mark Carney au cours des prochaines élections. Sur les réseaux sociaux, il enchaîne les attaques personnelles et politiques ponctuées de slogans. Le 20 février, il écrit sur la plateforme X : « Déjà vu. Carney imite la promesse du “petit déficit” de trois ans de Justin Trudeau […] Carbon Tax Carney est Just Like Justin. »

Selon le professeur Béland, le Parti conservateur a véritablement peur de la nouveauté qu’incarne Mark Carney. « Les conservateurs n’ont pas encore réussi à vraiment trouver la faille, le talon d’Achille de Carney. On l’appelle en anglais, “Carbon Tax Carney.” C’est un peu niaiseux. Ils n’ont pas l’air de trouver exactement le bon ton pour l’attaquer », explique-t-il.

Le Parti conservateur doit également s’adapter à un changement d’enjeux dans les prochaines élections présidentielles. Alors qu’il s’attendait à des débats centrés sur le coût de la vie et la taxe carbone, Poilièvre doit désormais composer avec un Canada profondément touché par la guerre tarifaire avec les ÉtatsUnis et une résurgence du sentiment patriotique. Béland affirme que Poilièvre « est en train de pivoter, mais c’est difficile pour lui parce que beaucoup de ses partisans aiment ou aimaient Trump. Poilièvre doit défendre le Canada, mais ne peut pas trop attaquer le président américain non plus ».

À quelques jours du vote, l’issue de la course semble presque scellée, mais l’avenir du Parti libéral et du paysage politique canadien reste incertain.

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Vivre les élections fédérales allemandes à l’étranger https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/vivre-les-elections-federales-allemandes-a-letranger/ Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57661 Soirée électorale à l’Institut Goethe de Montréal.

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Dimanche dernier, environ 60 millions d’Allemands ont été appelés à voter pour les élections fédérales allemandes, afin d’élire un nouveau parlement. Ces élections anticipées avaient été annoncées par le chancelier Olaf Scholz en décembre, à la suite de la dislocation de la coalition « feu tricolore », composée du Parti social-démocrate (SPD), des Verts, ainsi que du Parti libéral-démocrate (FDP). C’est finalement le parti conservateur CDU/CSU de Friedrich Merz qui est sorti vainqueur des élections, avec 28,5% des votes. Pour cette occasion, le consulat général d’Allemagne à Montréal et l’Institut Goethe de Montréal ont organisé une « Wahlparty » ou « fête électorale » afin de permettre à la communauté germanique de suivre les élections en compagnie. Au total, une petite trentaine de personnes s’est retrouvée à l’angle de la rue Ontario et du boulevard Saint-Laurent, afin de partager ce moment autour d’un café, d’une pâtisserie, ou d’un bretzel.

Des élections cruciales

Si l’ambiance à l’institut Goethe était légère, les élections fédérales restent cruciales pour l’avenir de l’Allemagne. Le Bundestag [parlement] est la branche la plus importante de la gouvernance allemande – sa composition influençant quels partis gouvernent et qui devient chancelier·ère. Ces élections ont été marquées par une percée de l’AfD – parti d’extrême droite. En janvier, le parti avait notamment fait parler de lui lorsqu’un projet de « remigration » visant à expulser plus de deux millions de personnes étrangères ou allemandes d’origine étrangère. Pendant la campagne, l’AfD a bénéficié du soutien du milliardaire américain Elon Musk, avec qui la cheffe du parti, Alice Weidel, s’est entretenue en vidéoconférence sur la plateforme X, le 9 janvier dernier.

« Une fois de plus, une démocratie européenne voit un parti d’extrême droite réaliser un score historique »

Pendant la fête électorale, Le Délit a pu interroger Linda et Stefan, deux Allemands originaires de Bavière, établis à Montréal depuis un an. Linda nous a confié son ressenti sur le comportement de Musk : « pour moi, il est très inquiétant de voir un milliardaire américain essayer si ouvertement d’interférer avec les élections allemandes. Honnêtement, je ne pense pas que cela ait eu un gros impact sur les élections. Bien que cela ait provoqué une grande agitation dans les médias, ça n’a pas fait basculer les électeurs indécis vers une direction ou une autre. J’ai trouvé que la conversation entre Weidel et Musk était parfois gênante et maladroite, comme s’ils n’avaient rien à se dire… (tdlr) » Le parti d’extrême droite a réalisé le plus haut score de son histoire, se classant en deuxième position derrière le CDU/CSU avec 20% des suffrages. Regardant avec dépit l’écran géant, Stefan affirme : « c’est ce que les plus récents sondages prédisaient, donc je ne suis pas étonné, mais cela n’est tout de même pas agréable à voir. »

Observer depuis l’étranger

Pour les deux Allemands, cette première expérience de vote depuis l’étranger a été amère. Contrairement à d’autres pays, il n’existe pas de circonscription dédiée aux Allemands établis à l’étranger : les électeurs doivent voter pour leur circonscription d’origine, en Allemagne. Pour ce faire, ils sont contraints d’envoyer leur vote par la poste, ce qui a posé problème à de nombreux Allemands. Selon Linda, comme « les élections qui devaient initialement avoir lieu en automne ont été anticipées à la suite de la chute de la coalition, cela nous a laissé très peu de temps pour faire le processus administratif. Nous n’avons donc pas eu le temps de voter ». Dans un communiqué, la présidente fédérale des élections a reconnu avoir reçu de nombreuses plaintes à ce propos en fin de campagne, sans apporter d’autres réponses que « la seule option restante est de se rendre dans un bureau de vote en allemagne ». Préoccupé, Stefan ajoute que « le manque de numérisation et la bureaucratie moderne font que les élections sont en quelque sorte biaisées, car la majorité des personnes vivant à l’étranger sont plus progressistes, mais leur vote est perdu à cause de la lenteur administrative ».

Une fois de plus, une démocratie européenne voit un parti d’extrême droite réaliser un score historique. Malgré les signes de division et de polarisation indiqués par les résultats des élections, la fête électorale s’est déroulée
au sein d’une ambiance amicale. Cela montre que, malgré les potentielles divisions politiques, les gens peuvent tout de même se retrouver, pour discuter autour d’un café et d’un bretzel.

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Souper de l’héritage des personnes noires : inspirer et motiver https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/souper-de-lheritage-des-personnes-noires-inspirer-et-motiver/ Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57669 Comment NSBE parvient-elle à inspirer les générations futures?

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Près de 100 étudiant·e·s le mercredi 19 février, dans le bâtiment de l’AÉUM, dans le cadre du Black Legacy Dinner ou Souper de l’héritage des personnes noires. Cet événement, organisé par la Société Nationale des étudiant·e·s noir·e·s en Ingénierie (NSBE : National Society of Black Engineers) à l’occasion du Mois de l’Histoire des Noir·e·s, avait pour but d’inspirer et de motiver les étudiant·e·s mcgillois·e·s à poursuivre différentes carrières en ingénierie. Ayant pour slogan « Ne soyez jamais limités par l’imagination limitée des autres » tiré d’une citation de la Dre Mae C. Jemison, première astronaute afro-américaine, la soirée a recueilli cinq panélistes qui ont partagé tour à tour leurs expériences et conseils avec les étudiant·e·s. Elle s’est ensuite poursuivie par un souper, ainsi qu’une séance de réseautage.

Le but de l’événement, me partage Trixie, vice-présidente de NSBE, était « d’encourager la célébration de la créativité, et le courage de poursuivre son propre chemin, malgré les contraintes extérieures ». Fatima, responsable des événements de NSBE, ajoute qu’ « en tant que personne de couleur, ça peut être difficile de s’imaginer faire ce que l’on aime et être où l’on souhaiterait être, car on ne se sent pas forcément représenté·e·s ». Ainsi, de tels événements sont l’occasion d’entendre la voix de ceux et celles qui ont réussi à défier les obstacles et ont eu le courage de prendre des initiatives. Par exemple, Stephanie Kirichou, une des panélistes, a commencé sa carrière chez ABB, une entreprise spécialisée dans les technologies d’électrification, après avoir été diplômée de McGill. Aujourd’hui, elle a un cheminement unique en étant également DJ. Mélangeant entrepreneuriat et art, son profil est tout à fait atypique. Trixie m’explique que cela permet d’inspirer les étudiant·e·s, en leur montrant qu’il existe des options variées en dehors du profil traditionnel de l’ingénieur. Nuel Edeh, un autre panéliste diplômé de McGill, est parvenu à cofonder sa propre entreprise en 2020. Parmi les autres invités, on comptait Achille Ubalijoro, fondateur et directeur de Kabera Consulting, une agence d’accompagnement professionnel ; Rito Joseph, fondateur de Black Montreal Experiences, où il mène des conférences, présentations, ateliers et promenades pour célébrer l’histoire noire de Montréal ; et enfin Leslie-Anne Lewis, directrice de la diversité et de l’équité à la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada.

En plus de ces interventions, Fatima me confie que la nourriture du souper a été particulièrement appréciée. En effet, le menu soigneusement préparé par Casserole Kréole était composé de plats traditionnellement caribéens et africains, tels que le riz djon djon, le griot haïtien, le poulet à la jerk jamaïcain et autres spécialités. Fatima explique : « c’était l’occasion de déguster le type de nourriture que je mangeais chez moi avant d’intégrer l’université. Je n’ai ni le temps ni l’argent de me les préparer ici et c’était donc très réconfortant de les retrouver au souper ».

En dehors de cet événement, NSBE est une organisation mondiale, notamment présente aux États-Unis et au Canada. Ses commanditaires lui permettent d’organiser des séances de réseautage au long de l’année, des interventions auprès des plus jeunes dans des écoles à Montréal, et, notamment, une conférence annuelle qui regroupe tout le réseau américain lors d’un forum de l’emploi. Leur but principal est d’accompagner les étudiant·e·s noir·e·s dans leur carrière en sciences ou en ingénierie en leur fournissant des ressources académiques. Chaque personne à McGill peut s’y impliquer en participant aux événements et à la réunion semestrielle ouverte à tous·tes. Pour en savoir plus, vous pouvez visiter leur page Instagram @nsbemcgill et leur site Internet nsbemcgill.com.

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Des coupes budgétaires majeures annoncées par McGill https://www.delitfrancais.com/2025/02/20/des-coupes-budgetaires-majeures-annoncees-par-mcgill/ Thu, 20 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57494 À quoi doit-on s’attendre pour l’avenir de l’université?

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Le 7 février, l’Université McGill a tenu une assemblée générale, ouverte à tous·tes ses étudiant·e·s et employé·e·s, pour aborder sa situation financière préoccupante. Confrontée à un déficit budgétaire qui atteindra 15 millions de dollars lors de l’exercice fiscal de 2025, l’administration procèdera à une correction budgétaire majeure de 45 millions de dollars dès la prochaine année, un effort colossal qui nécessitera des ajustements à tous les niveaux de l’institution.

L’impact de cette décision a été immédiat et profond au sein de la communauté mcgilloise. L’assemblée budgétaire a suscité une vague d’inquiétude chez les étudiant·e·s et au sein des corps administratif et professoral, ces dernier·ère·s se trouvant en première ligne des mesures d’ajustement. Pour le président de l’université, Deep Saini, il n’y a toutefois pas d’autre choix pour que McGill maintienne son niveau de prestige et d’excellence.

Afin d’apporter des clarifications et de répondre aux préoccupations des membres de la communauté universitaire, l’administration de McGill a organisé une séance de questions et réponses le mercredi 12 février. Toutefois, de nombreuses interrogations subsistent quant aux conséquences concrètes des coupes budgétaires sur le long terme, et aux choix qui seront faits pour assurer la viabilité financière de l’établissement.

Des ressources étudiantes en péril

L’université n’a pas encore annoncé de coupures définitives, mais les étudiant·e·s redoutent une détérioration des conditions d’apprentissage et un accès limité aux outils académiques indispensables à leur réussite. À mesure que l’université poursuit l’élaboration de son plan budgétaire, la communauté étudiante demeure en attente
de solutions qui garantiraient le maintien d’un environnement propice à l’excellence académique.

Éveline*, étudiante en philosophie, exprime sa déception quant aux solutions avancées par l’université. « Ces mesures auront nécessairement un impact négatif sur la qualité de l’éducation », déplore-t-elle. Elle s’inquiète particulièrement de la proposition d’allonger les horaires de cours en soirée et de la suppression de certains abonnements à des revues académiques en bibliothèque, deux points abordés lors de la séance de questions et réponses. De son côté, Belinda*, étudiante en biologie et sciences informatiques, remet en question la répartition des ressources, pointant du doigt les salaires de certains membres de l’administration qu’elle juge excessifs.

Lors de l’assemblée générale, le président Saini a toutefois tenté de rassurer les étudiant·e·s face
à ces inquiétudes : « Je veux être clair sur ce point : notre plus grande priorité est de vous offrir la meilleure éducation, avec le moins de perturbations possible. (tdlr) » Malgré cette déclaration, de nombreux étudiant·e·s restent sceptiques, craignant une baisse de la qualité des cours et une surcharge de travail pour les enseignant·e·s restant·e·s.

Inquiétude au sein du corps des salariés

L’impact des mesures budgétaires sera encore plus significatif pour les membres de l’administration et du corps académique de l’université. Puisque la masse salariale représente environ 80% des dépenses de l’institution, cette dernière estime qu’elle n’aura pas d’autre choix que de réduire les effectifs administratifs, ainsi que ceux des professeur·e·s et des auxiliaires d’enseignement. Ces suppressions de postes risquent de créer une pression accrue sur le personnel restant, qui devra, par conséquent, assumer des charges de travail supplémentaires.

Selon l’administration, cette restructuration pourrait entraîner entre 250 et 500 suppressions de postes. Afin d’atteindre cet objectif, l’administration compte principalement sur l’attrition des employé·e·s, c’est-à-dire de laisser partir ceux·celles qui souhaitent quitter leur poste sans les remplacer, sauf si leur remplacement est jugé absolument nécessaire. Cependant, cette approche seule ne suffira probablement pas à combler le déficit. Christopher Manfredi, provost et vice-recteur principal aux études, a donc indiqué de manière prudente que des licenciements seraient presque inévitables.

L’annonce de ces réductions de personnel a suscité de nombreuses préoccupations parmi les employé·e·s de McGill. L’université avait très peu d’informations à partager pour rassurer le corps professoral. Fabrice Labeau, vice-recteur de l’administration et des finances, a expliqué : « Nous essayons d’être aussi transparents que possible, mais nous n’avons pas plus de renseignements à donner pour l’instant. Nous reviendrons vers vous dès que possible. »

Une crise générale des universités canadiennes?

De nombreuses universités canadiennes sont confrontées à des défis budgétaires similaires, en raison de problèmes structurels liés aux finances, à l’évolution démographique et aux politiques gouvernementales. Si McGill doit composer avec un déficit de 15 millions de dollars pour l’exercice fiscal de 2025, Christopher Manfredi souligne que d’autres établissements sont en proie à des difficultés encore plus marquées : l’Université Queen’s affiche un déficit de 36 millions, tandis que l’Université de Waterloo doit faire face à un déficit colossal de 75 millions de dollars.

En plus de ces défis partagés, la situation de McGill est aggravée par des décisions spécifiques du gouvernement du Québec, plus particulièrement par les mesures annoncées à l’automne 2023. La hausse des frais de scolarité pour les étudiant·e·s canadien·ne·s provenant d’autres provinces et pour les étudiant·e·s internationaux·les a suscité des inquiétudes quant à l’attrait de l’université pour ces publics. Ces augmentations pourraient entraîner une diminution des inscriptions, ce qui affecterait directement les revenus de l’institution. Néanmoins, Deep Saini a tenu à relativiser l’impact de ces décisions gouvernementales, affirmant que « l’université n’a pas atteint ce point de déficit uniquement en raison des choix du gouvernement ».

Quel avenir pour l’université?

L’Université McGill mise sur une transformation majeure afin de se rendre plus efficace, moderne et résiliente. Le plan Horizon McGill, annoncé lors de l’assemblée générale du 7 février, repose sur une analyse approfondie des activités de l’université afin de déterminer quelles initiatives sont essentielles et lesquelles pourraient être optimisées ou abandonnées.

Comme l’a résumé schématiquement Deep Saini : « Nous devons cesser de faire les choses qui n’ont pas d’importance, et cesser de faire les choses qui en ont moins. Pour les choses que nous devons absolument faire, nous devons trouver un moyen de les faire mieux et plus efficacement. » L’avenir de McGill dépendra en grande partie de sa capacité à mettre en œuvre ces réformes tout en maintenant son engagement envers l’excellence et l’accessibilité.

*Noms fictifs

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Serbie et Roumanie : crises et contestations https://www.delitfrancais.com/2025/02/20/serbie-et-roumanie-crises-et-contestations/ Thu, 20 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57503 Ingérence, corruption, manifestations : une Europe de l’Est en ébullition.

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Cela fait maintenant trois mois que la Serbie est le théâtre de manifestations massives à travers tout le pays. Il s’agit de la crise sociale la plus intense depuis les années 1990. La jeunesse, en tête du mouvement, proteste contre la corruption endémique de l’État. Cela fait suite à l’effondrement du toit de la gare de Novi Sad, récemment rénové, qui a causé la mort de 15 personnes le 1er novembre 2024. La population estime que la corruption et la gestion frauduleuse des contrats publics seraient directement liées à la tragédie.

En réponse, un mouvement de contestation se forme rapidement. Le ministre des Transports démissionne, mais la colère persiste. Les divisions populaires s’exacerbent, des étudiants sont passés à tabac par des inconnus cagoulés, et la liste des demandes s’allonge sur les lignes de la transparence et de la justice. Le gouvernement tente d’apaiser la situation en faisant certaines concessions, mais rien n’y fait : les manifestations continuent et s’intensifient. Fin janvier, le premier ministre serbe est contraint de démissionner. Le président Aleksandar Vučić demeure le dernier pilier du pouvoir, mais le mouvement ne faiblit toujours pas.

Comment expliquer cette crise et l’ardeur des manifestants? Un réel changement est-il possible? Le Délit s’est entretenu avec David Dubé, doctorant en science politique à l’Université McGill et spécialiste de l’Europe de l’Est. Il rappelle que les Balkans ont historiquement fonctionné sous une « culture de gouvernance informelle basée sur les connexions personnelles et la corruption ». La Serbie, bien que candidate à l’Union européenne depuis 15 ans, n’a jamais connu de véritable démocratisation, pourtant une condition non négociable pour intégrer l’Union. Cela explique en partie la ferveur des manifestants.

Dubé souligne l’ampleur inédite du mouvement, mais insiste sur la nécessité d’un soutien extérieur : « Les autres pays européens ainsi que l’UE doivent reconnaître les efforts des Serbes et les soutenir politiquement. » Il reste à voir si ces manifestations amorceront un changement profond, ou plongeront la Serbie dans une crise prolongée qui pénalisera la population.

Roumanie: crise et incertitudes

Pendant ce temps, la Roumanie traverse aussi une crise politique majeure, mais cette fois au niveau institutionnel plutôt que populaire. En décembre 2024, la Cour constitutionnelle annule l’élection présidentielle en raison de soupçons d’ingérence russe en faveur du candidat indépendant d’extrême droite Călin Georgescu. Une campagne de désinformation sur TikTok aurait favorisé ce dernier, arrivé en tête du premier tour à la surprise générale. Ce 12 février, l’actuel président Klaus Iohannis a quitté ses fonctions afin d’apaiser la crise, laissant la Roumanie sans réel gouvernement.

Georgescu, pro-russe et anti-OTAN, incarne le populisme extrême et s’affirme comme un outsider politique. Cette crise sape la légitimité démocratique d’un pays membre de l’UE depuis 2007, et pourrait entraîner des changements à long terme. Les élections, reportées au mois de mai, pourraient bien mener à sa victoire. Traditionnellement proche de l’Occident depuis 1991, la Roumanie pourrait ainsi se rapprocher du Kremlin.

« L’arrivée d’un dirigeant comme Georgescu pourrait permettre à la Russie de poursuivre ses attaques contre le consensus pro-Ukraine en Europe », explique Dubé. Si Georgescu venait à être élu aux côtés d’autres populistes européens, comme l’AfD en Allemagne, Dubé estime que « l’impact de gouvernements pro-russes et antidémocratiques pourrait être significatif », transformant la politique de sécurité européenne.

Un autre enjeu clé est l’influence des réseaux sociaux dans cette crise. Dubé souligne que « la campagne électorale roumaine s’est construite sur le dos de fausses nouvelles propagées par des médias et influenceurs à la solde de Moscou ». Aujourd’hui, l’UE reste mal équipée pour contrer ces ingérences. « Il est plus difficile de tracer le financement des personnes participant à ces réseaux sociaux, tout comme le contenu des informations partagées. Il est donc facile de dissimuler du contenu politique faux sur ces plateformes tout en évitant d’être attrapé, en comparaison aux médias traditionnels », précise-t-il.

Ces crises en Serbie et en Roumanie illustrent les tensions qui traversent l’Europe de l’Est, entre aspirations démocratiques et influences extérieures pesantes. Leur issue entraînera des répercussions bien au-delà de leurs frontières.

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Accès restreint au Blues Pub : un tollé étudiant https://www.delitfrancais.com/2025/02/20/acces-restreint-au-blues-pub-un-tolle-etudiant/ Thu, 20 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57522 La communauté étudiante répond à cette mesure controversée et son annulation.

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L a semaine dernière, les élèves de McGill ont fait l’expérience d’un drôle de scandale. Le 12 février, le Blues Pub, bar étudiant de la Faculté de génie, a annoncé sur sa page Instagram qu’il sera désormais nécessaire de présenter une carte étudiante de cette Faculté pour avoir accès au bar, avec deux invités non-ingénieurs maximum. Cette décision a immédiatement fait polémique, car, jusque-là, les bars étudiants de McGill (BdA, 4à7, Detention Den, le Practice Room et Blues), acceptaient sans conditions tous les étudiants, peu importe leur programme. Au final, la décision a été annulée, en particulier à cause des réactions négatives des étudiants.

Un fort engouement étudiant

La réponse de la communauté et des autres bars étudiants, teintée de surprise et d’incompréhension, s’est surtout manifestée sur les réseaux sociaux, visant à manifester leur mécontentement par rapport à la décision. Cette réaction s’est traduite par un grand nombre de commentaires d’étudiants sous la publication initiale, indiquant le fort intérêt de la communauté pour la question. Beaucoup d’étudiants ont fait référence au deuxième principe fondateur de Blues : « Le Blues Pub est peut-être organisé par des ingénieurs, mais cela ne signifie pas que nous n’accueillons pas les autres à bras ouverts (tdlr). » La nouvelle politique a ainsi suscité une grande incompréhension, compte tenu de son opposition directe à ce principe. Rosa*, étudiante de troisième année dans la Faculté des arts, et habituée du Blues Pub, explique avoir été affligée par une décision qu’elle estimait complètement injustifiée : la nouvelle règle établissait selon elle « une différenciation inutile et préjudiciable au sein du corps étudiant ».

Des réponses humoristiques

Sur Instagram, le BdA, le 4à7, le Detention Den, et le Practice Room, ont publié une déclaration commune en réponse à la mesure de Blues. Sous la forme d’un montage au fond sarcastique, teintée de références à la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les bars ont évoqué vouloir « répondre avec la force appropriée » envers cette « interdiction mal conçue, flagrante, et qui sème la discorde », et ont invité les membres de leur communauté qui s’opposent à cette « politique protectionniste » à les rejoindre pour boire un verre. Au vu de ces réactions, Blues Pub est très rapidement revenu sur sa décision, annulant le changement de politique sur Instagram. Sur la publication de l’annulation, les étudiants ont encore une fois répondu avec humour : « Je dirai à mes enfants que c’était ça la Boston Tea Party », « les alcooliques ont gagné », ou encore « que sonne la cloche de la liberté ».

Bien qu’elle ait « trouvé hilarants les commentaires et le drame entourant la politique », Rosa estime que le simple fait que la politique ait été mise en place initialement est inquiétant, et ce, malgré la contre-décision du bar et l’improbabilité de changements majeurs sur le long terme. À voir si le tollé aura un impact sur la réputation du bar à l’avenir.

*Nom fictif

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McGill prise d’assaut par des vandales https://www.delitfrancais.com/2025/02/20/mcgill-pris-dassaut-par-des-vandales/ Thu, 20 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57527 Des dégâts matériels chiffrés en centaines de milliers de dollars.

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L e mercredi 5 février en dé- but de soirée, des cris, des chocs métalliques et des fracas de vitres brisées raisonnent sur le campus de McGill. Une quarantaine de vandales masqués prennent pour cible plusieurs bâtiments de l’Université. Le bilan est lourd : environ 30 vitrines du bâtiment Leacock sont fracassées, et cinq bâtiments sont vandalisés. Un examen de chimie qui avait lieu dans le bâtiment Leacock a été interrompu et plusieurs cours ont dû être écourtés.

L’action a été menée en un éclair: dans un communiqué publié sur le site anarchiste Montréal Contre-Information, les vandales se félicitent d’avoir « pris d’assaut » le campus de l’Université en moins de 15 minutes, sans que la police ni les gardes de sécurité ne puissent intervenir ou réaliser des arrestations. À ce jour, l’identité des vandales reste inconnue, et les forces de police montréalaises n’ont procédé à aucune arrestation.

Une attaque, plusieurs revendications

Dans le communiqué, les vandales affirment être des anarchistes « accompagnés d’amis », issus d’autres mouvements militants de Montréal. Leurs revendications sont multiples. En arrivant sur le campus, ils arboraient une banderole affichant l’inscription « Les institutions coloniales tomberont (tdlr) », et ont également laissé des graffitis derrière eux comme « 700 millions de dollars », faisant référence à l’acquisition et la rénovation de l’Hôpital Royal Victoria par McGill – sujet de nombreuses critiques depuis 2022. Les casseurs justifient aussi leur action par « la profanation de l’arbre de la paix », planté l’été dernier sur le Lower Field de l’Université par des militants et le collectif des Mères mohawks (Kanien’keha:ka Kahnistensera), puis rapidement retiré par McGill. Ils ajoutent à cela d’autres raisons, comme « la complicité historique de McGill dans l’expérimentation psychiatrique sur des enfants autochtones [notamment à travers le programme MK-Ultra, ndlr], et la transphobie et le racisme de son administration ». Une dernière raison mentionnée est le refus de l’Université McGill « de désinvestir du génocide et du complexe militaro-industriel [d’Israël, ndlr] ».

Les vandales expliquent dans leur communiqué que « McGill n’est rien qu’un symbole d’un système colonial et capitaliste duquel nous voulons la destruction totale », et le concluent avec : « Vive la Palestine, longue vie à l’arbre de la paix, mort au capital et à l’empire, fin au colonialisme et à la transphobie, nique McKill! »

La mairesse de Montréal Valérie Plante a rapidement condamné ces actes sur X, expliquant que « le droit de manifester ne justifie en aucun cas la destruction de biens. Montréal est une ville où l’expression doit se faire dans le respect des lois et des autres ». Deep Saini, recteur et vice-chancelier de l’Université, a quant à lui envoyé un courriel à l’ensemble de la communauté mcgilloise, dénonçant fermement ces actes et apportant son soutien aux étudiants et personnes présentes sur les lieux lors de l’évènement.

Point de vue étudiant

Afin de mieux comprendre ce qu’ont vécu les étudiants présents sur les lieux, Le Délit s’est entretenu avec Lana Dupin de Saint Cyr, étudiante de première année en biochimie, qui était en examen dans l’auditorium 132 du bâtiment Leacock lorsque les casseurs ont brisé ses vitres. Elle décrit : « On a entendu des bruits de métal et de verre. Tout le monde s’est retourné pour voir ce qui se passait. Moi j’étais dans le bas de la salle, donc je ne voyais pas, mais j’avais une amie qui était en haut à côté de l’entrée, et, par son expression du visage, on pouvait voir qu’elle était terrifiée. »

Lana explique que l’examen s’est néanmoins poursuivi : « Tout le monde a voulu rester concentré sur l’examen et les TAs [auxiliaires d’enseignements, ndlr] ne nous ont rien dit. » Ce sont les premiers étudiants à être sortis de la salle qui ont averti ces derniers, le professeur n’étant plus dans la salle à ce moment. Lana explique qu’aucune mesure majeure n’a été prise pendant l’examen. Les étudiants étaient seulement priés d’utiliser une autre sortie. Elle ajoute que lorsqu’elle est sortie de son examen, « des gardes de sécurité couraient dans tous les sens et prenaient des photos. Les gens étaient un peu sonnés. J’ai vu une fille pleurer et une autre qui appelait ses copines pour qu’elles viennent la chercher. La scène était vraiment impressionnante. »

Une action contre-productive?

Contacté par Le Délit, un représentant des Étudiants pour l’honneur et la résistance de la Palestine (SPHR) qui a voulu rester anonyme nous a affirmé que le collectif – particulièrement actif depuis deux ans et impliqué dans l’organisation de nombreuses manifestations pro-palestiniennes aux abords du campus – n’a pas de lien avec le groupe qui a réalisé l’action. Le représentant a néanmoins commenté : « cette action montre le mécontentement croissant sur le campus causé par le refus du Conseil des gouverneurs d’écouter les demandes de la majorité du corps étudiant pour le désinvestissement des entreprises complices du génocide à Gaza. »

Sur Reddit, l’action des vandales ne semble cependant pas avoir fait l’unanimité. Plusieurs internautes ont exprimé leur mécontentement à propos de la violence employée, ainsi que leur incompréhension sur les revendications précises des vandales. Lana semblait aussi sceptique vis-à-vis des manières employées : « Habituellement, je suis favorable aux revendications qui sont défendues par ces gens. Mais je pense qu’employer la violence comme ça ne défend pas bien la cause. Je ne suis pas sûre que faire peur aux élèves augmente le soutien des étudiants pour cette lutte. Il est possible que cela ait l’effet inverse. […] Je pense que ça donne même à McGill une excuse pour invalider ces causes et couper le dialogue avec les militants : McGill peut légitimement dire que ces collectifs sont violents et que ces personnes ont heurté certains élèves psychologiquement. » Pour Lana, la situation sur le campus est critique : « Plus ça continue, plus les gens se divisent et les points de vue deviennent extrêmes. Les étudiants sont de plus en plus divisés et ça joue sur l’environnement universitaire en général. Même dans ma résidence, il y a de plus en plus de frictions entre les personnes à propos de ces sujets, que ce soit sur les causes défendues ou bien les manières de protester. »

Le coût de l’intransigeance

Contactée par Le Délit, Sylvie Babarik, directrice adjointe des communications internes de l’Université McGill, nous a annoncé que « cela prendra plusieurs semaines, sinon des mois à réparer les vitres cassées. Étant donné le type et la taille des dégâts, on parle de dommages représentant des centaines de milliers de dollars ». Elle a ajouté que « l’Université encourage l’expression ouverte et respectueuse d’opinions et de points de vue divers, ce qui est fondamental pour sa mission académique. Toutefois, le vandalisme n’est pas une expression légitime du droit à la liberté d’expression ». McGill a annoncé collaborer étroitement avec les forces de l’ordre pour identifier les vandales et initier des procédures judiciaires ou disciplinaires à leur encontre. Dans son courriel adressé à la communauté étudiante à la suite de l’attaque des casseurs, Deep Saini a aussi réaffirmé la position de l’Université vis-à-vis d’un potentiel désinvestissement à l’égard de l’État israélien : « Soyons clairs : l’Université continue de rejeter fermement toute proposition de BDS [Boycott, Désinvestissement Sanctions, ndlr]. » L’Université n’a néanmoins pas réagi aux autres revendications des vandales.

« Les manifestations et dégradations matérielles sur le campus font désormais partie du quotidien des étudiants »

Les manifestations et dégradations matérielles sur le campus font désormais partie du quotidien des étudiants. Mercredi dernier, c’est le bâtiment Bronfman de la Faculté de gestion qui a été cible de vandales : son entrée principale s’est vue recouverte de peinture rouge et de graffitis « Coupez les liens avec Israël » ou encore « Désinvestissez du génocide ». Cet incident n’est donc pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une augmentation des mouvements de protestation à l’encontre de l’administration de l’Université. En effet, selon Sylvie Babarik, McGill a enregistré 14 incidents du même type depuis le 24 octobre 2024. Si les revendications des vandales anarchistes manquent de clarté, elles résument néanmoins les nombreuses problématiques qui sont source de discorde au sein de la communauté universitaire. Malgré la pression des étudiants et militants montréalais, l’administration de McGill reste intransigeante, laissant un climat d’incertitude quant à une potentielle désescalade des tensions à l’avenir.

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La sélection d’actus du Délit https://www.delitfrancais.com/2025/02/20/en-bref-29/ Thu, 20 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57491 La sélection d’actus du Délit

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Sommet sur l’IA : Paris appelle à une régulation internationale

D u 6 au 11 février, Paris a accueilli le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, réunissant 61 pays autour d’une déclaration commune en faveur d’une IA « ouverte », « inclusive » et « éthique ». L’événement, coorganisé par la France, l’Inde et la Chine, reflète la volonté de poser les bases d’un cadre international pour réguler l’usage de l’IA. « Nous avons besoin de continuer à faire avancer une gouvernance internationale de l’intelligence artificielle », a affirmé Emmanuel Macron en clôture du sommet.

Cependant, les absences notables des États-Unis et du Royaume-Uni parmi les signataires rappellent les divergences profondes sur le sujet. Le vice-président américain, J. D. Vance, a défendu sa position prudente, mettant en garde contre une « régulation excessive qui pourrait tuer une industrie en plein essor ».

L’annonce du plan Stargate des États-Unis, doté de 500 milliards de dollars d’investissement sur l’IA, suivie de l’arrivée de la Chine avec DeepSeek, a agi comme un électrochoc pour l’Europe, brusquement confrontée au risque d’être complètement dépassée. La réponse européenne s’est traduite, dans un premier temps, par un engagement français pour un plan d’investissements privés de 109 milliards d’euros. Dans la foulée, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a dévoilé un plan de 200 milliards d’euros, visant à renforcer l’innovation et préserver la compétitivité de l’Union Européenne.

De tels investissements, massifs, et presque compulsifs, témoignent des enjeux colossaux liés à l’IA. Malgré ces sommets collaboratifs, le contrôle de cette nouvelle technologie, doté d’un potentiel quasi illimité, demeure l’objectif central. « En vérité, nous n’en sommes qu’au début. Les frontières bougent constamment et le leadership mondial est toujours à saisir », a déclaré Von der Leyen durant le sommet.

Vers une paix en Ukraine : une solution à quel prix ?

Après trois ans de conflit, une solution de paix semble se dessiner pour l’Ukraine. Donald Trump et Vladimir Poutine ont annoncé la reprise des discussions directes entre les États-Unis et la Russie, une première depuis près de trois ans de silence entre Washington et Moscou. Pourtant, ces pourparlers laissent l’Europe et l’Ukraine de côté, ce qui suscite de fortes inquiétudes.

Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, tenue du 14 au 16 février, le vice-président américain J.D. Vance a présenté un discours ferme face aux Européens en laissant entendre qu’ils ne seraient pas invités à la table des négociations. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé ces échanges bilatéraux. « L’Ukraine n’acceptera jamais des accords conclus dans notre dos sans notre participation ». Il a également souligné la nécessité pour l’Europe de se doter de sa propre armée, évoquant la fin d’une ère où les États-Unis protégeaient automatiquement leurs alliés européens.

Eileen Davidson | Le Délit

Du côté américain, le nouveau secrétaire à la défense, Pete Hegseth, a confirmé que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN était peu probable et qu’un retour aux frontières de 2014 n’était pas réaliste.

Les Européens sont invités à consulter, mais resteront absents de la table des négociations, une décision perçue comme un affaiblissement de leur influence. Pendant ce temps, Zelensky refuse les propositions américaines qui n’offrent pas de garanties de sécurité pour son pays, rappelant que l’Ukraine ne sacrifiera pas sa souveraineté dans ces pourparlers complexes.

République Démocratique du Congo : Bukavu tombe aux mains du M23

Des combattants du M23, un groupe paramilitaire se présentant comme une force de résistance face au gouvernement congolais et soutenus par des troupes rwandaises selon Kinshasa, sont entrés dimanche 16 février dans le centre de Bukavu. Grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), cette avancée majeure dans le conflit marque un nouveau tournant après la chute de Goma en janvier. Désormais, l’ensemble de la région du Kivu, extrêmement riche en ressources naturelles comme le coltan et le cobalt, est un objectif stratégique pour le M23.

Eileen Davidson | Le Délit

Le conflit, sur fond de rivalités ethniques et régionales, est d’une grande complexité depuis sa résurgence en 2021. Sur place, l’arrivée des rebelles a suscité des réactions partagées. Certains habitants ont applaudi leur entrée, espérant un changement face aux difficultés sociales, tandis que d’autres ont fui les violences et les pillages. Selon l’ONU, le nombre de personnes déplacées en RDC se porte à sept millions.

L’armée congolaise, sous-équipée et minée par une corruption endémique, peine à contenir l’avancée du M23. Le manque de moyens militaires a été accentué par un embargo sur les armes jusqu’en 2023 par l’ONU, ce qui limite ses capacités de défense.

La communauté internationale, inquiète, multiplie les appels à la désescalade. L’Union africaine a mis en garde contre une possible fracturation du pays, tandis que l’ONU et l’Union européenne réclament un retrait immédiat du M23 et de ses soutiens extérieurs pour éviter une escalade régionale et mettre fin aux pillages, massacres et viols de masse.

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« L’existence c’est la résistance » https://www.delitfrancais.com/2025/02/05/lexistence-cest-la-resistance/ Wed, 05 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57342 Cérémonie d’ouverture du Mois de l’histoire des Noir·e·s à l’hôtel de ville de Montréal.

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Ce jeudi 30 janvier a eu lieu la cérémonie d’ouverture du Mois de l’histoire des Noir·e·s à l’hôtel de ville de Montréal, ayant comme thème cette année « Tout ce que nous sommes » (All that we carry). Cet événement a été marqué par de nombreuses interventions importantes, dont celles de l’ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean, le ministre délégué de l’économie et de la lutte contre le racisme Christopher Skeete, le ministre provincial de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean-François Roberge et bien d’autres. La soirée a été soulignée par la remise de prix aux lauréats de cette année, des personnes reconnues comme étant des sources d’inspiration pour les communautés afro-descendantes montréalaises. La soirée a aussi été marquée par le dévoilement du nouveau timbre de Postes Canada mettant en lumière l’esclave montréalaise Marie-Josèphe Angélique.

Une soirée touchante

L’hôtel de ville, désormais ouvert au public pour des expositions ainsi que pour la visite de certaines de ses pièces, a été restauré et modernisé au cours de la dernière année. Environ une centaine d’invités furent accueillis par un duo musical. La salle où se déroulait l’événement était à la hauteur de l’ampleur et de l’importance de ce dernier : le lieu était grandiose, avec des murs et planchers en marbre, des chandeliers et de hauts plafonds. La soirée a débuté par le discours marquant de Martine Musau Muele, présidente du conseil municipal, qui a rappelé l’importance du Mois de l’histoire des Noir·e·s au nom de la mairesse Valérie Plante. Cette dernière, absente lors de l’événement, avait tout de même fait une apparition quelques heures plus tôt pour la signature des lauréats dans le livre d’or de la ville. Enfin, le nouveau timbre a été dévoilé dans le cadre d’une collection commémorative mettant en avant la figure de Marie-Josèphe Angélique, un symbole de résilience de l’esclavage canadien. La récéption s’est poursuivie avec la prise de parole des deux représentants de l’édition de cette année, l’actrice francophone Penande Estime et l’animateur anglophone Ian Thomas. Leurs discours inspirants ont souligné l’importance de la représentation des communautés noires dans les médias et leur rôle de modèles pour les jeunes générations. Thomas a évoqué l’impact de la mort de George Floyd comme un événement collectif pour les Afro-descendants et la société dans son ensemble, en affirmant : « L’histoire des Noirs est notre histoire (tdlr). » Il a ensuite repris les paroles du philosophe politique Jean-Paul Sartre, déclarant que « L’existence, c’est la résistance. »

La Table Ronde du Mois de l’Histoire des Noir·e·s a été présidée par M. Michael P. Farkas, et sa directrice générale Mme Nadia Rousseau, qui ont partagé un message de mobilisation face à l’absence de budget pour la lutte contre le racisme, sous la responsabilité du ministre Christopher Skeete. Ils ont également souligné l’importance de l’histoire des communautés noires comme une partie intégrale de l’histoire collective. Cette soirée mémorable s’est conclue par la remise des prix aux 12 lauréats, dont trois ont été ou sont associés à l’Université McGill, que ce soit actuellement ou dans le passé : Wendell Nii Laryea Adjetey, Ayanna Alleyne et Désirée Rochat.

Marie-Josèphe Angélique : une flamme de résistance

Un des moments marquants de la soirée a été le dévoilement du timbre à l’image de Marie-Josèphe Angélique, qui met en lumière l’injustice tragique qu’a subi cette femme afrodescendente au 18e siècle. Née au Portugal sous le nom d’Angélique, elle a été vendue à plusieurs reprises avant de franchir l’océan Atlantique. Elle est arrivée à Montréal en 1725, à l’âge de 20 ans, en tant qu’esclave du marchand français François Poulin de Francheville. Durant ses neuf années en tant qu’esclave à Montréal, elle a mis au monde trois enfants, tous décédés avant l’âge de cinq ans, et a été rebaptisée Marie-Josèphe. Bien que l’histoire de résilience d’Angélique ait débuté dès sa naissance, elle a pris un tournant majeur en 1733, lorsqu’elle est devenue la propriété de Thérèse de Couagne de Francheville. Quand elle apprend qu’elle a été vendue à un acheteur de Québec, qui envisage de la revendre dans les Antilles, elle réclame aussitôt sa liberté. Sa propriétaire refuse. Le 10 avril 1734, un incendie ravage la ville de Montréal. En moins de trois heures, 45 domiciles, ainsi que l’Hôtel-Dieu, sont réduits en cendres. Le lendemain, des rumeurs se propagent en ville, accusant Marie-Josèphe et son amant Claude Thibault, un travailleur blanc, d’avoir mis le feu au grenier de sa maitresse sur la rue Saint-Paul. En raison des lois en vigueur en Nouvelle-France, Marie-Josèphe est présumée coupable jusqu’à preuve du contraire. Son procès dure plus de cinq mois et rassemble plus d’une vingtaine de témoins, qui l’accusent d’avoir déclenché l’incendie dans une tentative d’évasion. Elle maintient son innocence, mais est cependant jugée coupable, condamnée à mort et torturée jusqu’à ce qu’elle confesse. Le 21 juin 1734, elle est pendue en place publique. Toujours aujourd’hui, personne ne connaît le véritable déroulement de la soirée d’avril 1734. Toutefois, l’histoire de Marie-Josèphe Angélique illustre une résilience exceptionnelle face à l’esclavage et à l’injustice raciale dans l’histoire du Canada. En raison de sa tentative de fuite et de sa revendication de sa propre liberté, elle devient un symbole de résilience.

Un mois à ne pas manquer

Plusieurs activités auront lieu au cours du mois à travers Montréal dans le but de promouvoir l’histoire des communautés noires au Québec et dans le monde. Plusieurs de ces activités seront gratuites ou abordables, parfaites pour accueillir les étudiants, que ce soit pour célébrer le mois ou en apprendre davantage sur l’histoire des communautés afro-descendantes. L’organisme de la Table Ronde et ses collaborateurs accueillent chaleureusement tout le monde. Leur programmation est remplie d’événements culturels diversifiés, musicaux, sportifs, éducatifs, sociaux, pour tous les membres de la famille. Le programme complet est disponible sur le site de la Table Ronde du Mois de l’Histoire des Noir·e·s. Il est aussi important de mentionner que nous avons aussi au sein de la communauté McGilloise plusieurs associations qui célèbrent les contributions des personnes noires dans la société canadienne, et qui luttent contre la discrimination : Black Student Network (BSN), Black Access McGill, Black History Month McGill.

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Course à l’IA : Pékin contre-attaque https://www.delitfrancais.com/2025/02/05/course-a-lia-pekin-contre-attaque/ Wed, 05 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57355 DeepSeek, l’IA chinoise qui défie la Silicon Valley.

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Début 2025, DeepSeek, une jeune entreprise chinoise spécialisée en intelligence artificielle, annonce son premier modèle de raisonnement : DeepSeek-R1. Se voulant aussi performant que ses concurrents américains, ce nouveau système a provoqué un véritable séisme dans la Silicon Valley. Son modèle, avec un code source libre (open source), développé avec un budget dérisoire, remet en question l’hégémonie technologique des États-Unis et lance la course à l’IA entre Washington et Pékin.

David contre Goliath

Fondée en 2023 à Hangzhou en Chine par Liang Wenfeng, DeepSeek était initialement une entreprise axée sur les algorithmes de trading. Rapidement, elle s’est orientée vers l’intelligence artificielle, avec l’ambition de créer un modèle performant capable de rivaliser avec les chefs de file du secteur. Contrairement aux mastodontes américains, comme OpenAI ou Anthropic, qui reposent sur des milliards de dollars d’investissements et qui ont pour objectif d’innover, DeepSeek a misé sur une approche beaucoup plus frugale. Son secret? L’optimisation du code de modèles existants, disponibles en code source libre.

L’annonce de DeepSeek-R1 a secoué les marchés financiers. Développé avec un budget de seulement 10 millions de dollars, bien loin des investissements colossaux d’OpenAI ou Meta, ce modèle a soulevé l’hypothèse d’une surévaluation du marché de l’intelligence artificielle aux États-Unis. En réaction, le leader du marché, Nvidia, a perdu 17% de sa valeur en 24 heures et a entraîné le NASDAQ à la baisse avec un retrait de 2 000 milliards de dollars des marchés financiers, l’équivalent du PIB français, et ce, en quelques heures. Par ailleurs, cette percée est survenue peu après l’annonce du plan Stargate : près de 500 milliards de dollars d’investissement prévus par l’administration Trump pour renforcer l’infrastructure de l’IA. Marc Andreessen, entrepreneur influent et conseiller de Donald Trump, a décrit cet événement comme un « moment Spoutnik », faisant référence à l’affolement provoqué par le premier satellite soviétique sur les marchés américains en 1957, dans le cadre de la course à l’espace pendant la Guerre froide.

En parallèle, l’application DeepSeek est devenue l’une des plus téléchargées sur iPhone aux États-Unis, en Australie, en Chine et au Royaume-Uni, démontrant l’intérêt et la curiosité des consommateurs pour cette alternative au colosse ChatGPT.

Course à l’IA : la Chine redistribue les cartes

Au lieu de développer son IA à partir de zéro, comme OpenAI ou Anthropic, la start-up chinoise a optimisé des architectures déjà disponibles, réduisant ainsi les coûts de développement et d’entraînement de son modèle. Tout cela en étant contrainte d’utiliser des puces moins puissantes, à cause des restrictions américaines sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine. DeepSeek prouve qu’un modèle performant peut être conçu avec des ressources limitées.

L’aspect du code source libre joue un rôle central : en rendant son modèle accessible à tous, DeepSeek suit une philosophie initialement prônée par OpenAI avant son virage vers une approche fermée. Ce choix permet une collaboration mondiale, où entreprises et chercheurs peuvent œuvrer ensemble pour améliorer le modèle.

Mais DeepSeek ne se distingue pas seulement par son modèle économique. Son PDG, Liang Wenfeng, adopte une politique de recrutement atypique, misant sur de jeunes diplômés et des profils issus des sciences humaines plutôt que sur des ingénieurs expérimentés. Selon lui, « l’expérience peut être un frein à l’innovation (tdlr) », car les experts établis ont tendance à reproduire ce qu’ils connaissent déjà, tandis que les jeunes diplômés, moins sûrs d’eux, explorent davantage de solutions nouvelles. Dans une entrevue donnée au média chinois 36Kr, il expliquait : « les travailleurs expérimentés ont des certitudes sur la bonne manière de faire, alors que les jeunes se remettent constamment en question, ce qui les pousse à innover ». Un pari risqué, mais qui, à en juger par le succès fulgurant de DeepSeek, semble avoir porté ses fruits.

L’arrivée de DeepSeek-R1 bouleverse l’équilibre de la course à l’intelligence artificielle entre la Chine et les États-Unis, un affrontement qui rappelle la course à l’espace du 20e siècle. Conscients de l’enjeu stratégique, les États-Unis avaient tenté d’entraver les avancées chinoises en restreignant l’exportation des puces Nvidia vers la Chine. Pourtant, le PDG de DeepSeek avait anticipé ces restrictions en commandant des milliers de puces performantes à l’avance, lui permettant de bénéficier d’une partie de la puissance des dernières puces Nvidia A100. Les cartes sont désormais rebattues : pour la première fois, un modèle chinois s’impose comme un concurrent direct d’OpenAI. En réponse, ce dernier a dû accélérer la sortie de son modèle « OpenAI o3 mini ». De plus, ce n’est pas seulement DeepSeek qui inquiète les États-Unis : la plateforme de commerce en ligne Alibaba a également annoncé son propre modèle, Qwen 2.5‑Max, qui se dit encore plus performant que DeepSeek-R1, renforçant davantage la pression chinoise sur le marché mondial de l’IA.

Au-delà des enjeux géopolitiques, le choix du consommateur est aussi redéfini. Pour Théophile et Antoine, étudiants en ingénierie à McGill, l’offre de DeepSeek change la donne. « Honnêtement, DeepSeek est gratuit et assez performant pour l’usage que j’en fais », explique Antoine, « payer 20 dollars par mois pour ChatGPT Plus, ce n’est pas négligeable pour un étudiant ». Théophile ajoute également : « de telles initiatives permettent aux géants de se réinventer pour conserver leurs clients, ces percées technologiques sont dans notre intérêt, nous, les consommateurs ».

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Un double hommage dans un climat tendu https://www.delitfrancais.com/2025/02/05/un-double-hommage-dans-un-climat-tendu/ Wed, 05 Feb 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57419 McGill commémore l’Holocauste et l’attentat de la grande mosquée de Québec.

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L a semaine dernière, l’Université McGill a souligné deux anniversaires tragiques : les 80 ans de la libération du camp de concentration d’Auschwitz, le 27 janvier, et les huit ans de l’attentat islamophobe contre le Centre Culturel Islamique de Québec (CCIQ), le 29 janvier. Pour l’occasion, les docteures Joanna Sliwa et Nadia Hasan ont animé des conférences destinées à la communauté universitaire et au grand public.

Les deux conférences se sont déroulées dans un climat tendu à l’Université McGill, devenue un foyer de tensions depuis les attentats du 7 octobre 2023. Des manifestations fréquentes opposent des groupes pro-palestiniens et pro-israéliens, tandis que l’islamophobie et l’antisémitisme connaissent une recrudescence, suscitant l’inquiétude des étudiants. Ce contexte chargé transparaissait lors des deux événements.

Dès l’ouverture des cérémonies, Angela Campbell, première vice-provost intérimaire aux études et à la vie étudiante, a insisté sur l’importance du dialogue et du respect mutuel, dans une formule prudente et identique pour les deux événements : « La commémoration de 2025 se déroule dans un climat d’agitation. Notre propre communauté a connu une période difficile. Il est important de donner la priorité à la démocratie, au dialogue et à la dignité (tdlr). »

Souvenirs de l’Holocauste : un devoir de mémoire

Le 27 janvier, la salle de bal du bâtiment Thompson était pleine à craquer pour la conférence de Joanna Sliwa, historienne de l’Holocauste. Angela Campbell a ouvert la cérémonie en réaffirmant son « engagement inébranlable à préserver la mémoire des victimes, à faire entendre leurs récits ainsi que ceux de leurs descendants et alliés, et à faire perdurer leur héritage ».

La commémoration a été l’occasion de mettre un visage sur les atrocités de l’Holocauste, à travers le témoignage d’Elizabeth Pranov, étudiante en 3e année. Pour cette dernière, dont la grand-mère et l’arrière-grand-mère sont toutes deux survivantes de l’Holocauste, la tragédie reste bien vivante. Elizabeth a rappelé l’importance de l’éducation à ce sujet, qui nous pousse « à affronter des vérités dérangeantes, à écouter les récits de ceux qui ont survécu et de ceux qui n’ont pas survécu, ainsi qu’à amplifier les voix de ceux que nous n’avons peut-être jamais entendus auparavant ».

« Les balles de fusil ne font pas de distinction. Elles ne demandent pas si vous êtes un médecin, un intellectuel, un enseignant ou un père. Les balles ne demandent pas s’il y a un enfant qui vous attend à la maison »

Un autre visage mis en lumière lors de la cérémonie était celui de Josephine Janina Mehlberg, figure centrale du livre The Counterfeit Countess de Joanna Sliwa, publié en 2024. Cette Juive polonaise a usurpé l’identité d’une aristocrate chrétienne entre 1941 et 1945, sauvant des milliers de vies en fournissant nourriture, médicaments et lettres clandestines aux détenus du camp de Majdanek. Comme l’explique Sliwa, « Janina n’a jamais accepté un refus comme une réponse définitive ; lorsqu’on accédait à ses demandes, elle y voyait une invitation à en demander encore davantage ». Selon son mari Henri Mehlberg, Janina a toujours été guidée par une formule mathématique très simple : « Une vie a moins de valeur que plusieurs vies. Et sa propre vie n’aurait aucune valeur si elle ne l’utilisait pas pour sauver celles des autres. »

La période de questions qui a suivi l’intervention de Silwa a donné lieu à des échanges particulièrement vifs. Une étudiante a notamment interrogé la conférencière sur la possibilité d’un nouvel Holocauste à notre époque, tandis qu’un homme arborant un keffiyeh, symbole de la résistance palestinienne, a critiqué ce qu’il a décrit comme un « projet politique visant à particulariser l’Holocauste », estimant qu’un tel traitement était inapproprié. Face à ces interventions, Silwa a tenu à rappeler l’importance d’analyser chaque événement dans son propre contexte, mettant en garde contre les parallèles hâtifs et réducteurs.

Hommage aux victimes de l’attentat de Québec

Le 29 janvier, une atmosphère de recueillement régnait dans le bâtiment Leacock, où la communauté mcgilloise s’est rassemblée pour honorer les six victimes de l’attaque dans la grande mosquée de Québec en 2017. Un verset du Coran portant sur la compassion, chanté par le professeur Aimen Moussaddy, a ouvert la cérémonie. Les participants portaient un carré de tissu vert, couleur du tapis de la mosquée de Québec, en signe de solidarité.

Khadijatu-Dimalya Ibrahim, récipiendaire de la bourse commémorative du Centre Culturel Islamique de Québec, a exprimé ses craintes persistantes face à l’islamophobie au Québec. « Cela aurait pu être n’importe lequel de nos pères, de nos mères ou de nos frères. Les balles de fusil ne font pas de distinction. Elles ne demandent pas si vous êtes un médecin, un intellectuel, un enseignant ou un père. Les balles ne demandent pas s’il y a un enfant qui vous attend à la maison », a déclaré Ibrahim.

La professeure Nadia Hasan, de l’Université York, a dénoncé la persistance de l’islamophobie et souligné l’importance des commémorations : « elles sont si importantes et ont un tel potentiel de changement. Elles sont essentielles pour les personnes qui cherchent à guérir du traumatisme causé par des attaques islamophobes comme celles qui ont eu lieu à Québec. »

La commémoration s’est conclue par une procession des élèves jusqu’au Pavillon Dawson, où ils ont déposé six roses sur la plaque honorant les victimes de l’attentat du CCIQ.

Un engagement contre l’intolérance

Ces deux conférences s’inscrivent dans le cadre du Programme de prévention de l’islamophobie et de l’antisémitisme (PPIA), lancé par McGill en 2022, en réponse à l’augmentation d’étudiants et d’employés se disant victimes de marginalisation ou de discrimination religieuse sur le campus. Un rapport publié la même année par Angela Campbell et Fabrice Labeau, vice-recteur de l’administration et des finances, recommandait que l’Université mette en place des mesures concrètes pour améliorer la compréhension des traditions juives et musulmanes, dans le but de lutter contre les préjugés et l’intolérance religieuse. L’organisation de ces conférences commémoratives s’inscrit donc pleinement dans cette démarche éducative.

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Quand la jeunesse s’immerge dans la politique municipale https://www.delitfrancais.com/2025/01/29/quand-la-jeunesse-simmerge-dans-la-politique-municipale/ Wed, 29 Jan 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57135 Au cœur du Jeune Conseil de Montréal.

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Dans une époque marquée par un certain cynisme quant à l’intérêt des jeunes pour la politique, une initiative se distingue par son énergie, son authenticité et son ambition : le Jeune Conseil de Montréal (JCM). Depuis plus de 37 ans, cette simulation parlementaire municipale rassemble chaque année des jeunes Montréalais âgés de 18 à 30 ans pour débattre des grands enjeux de leur ville concernant la jeunesse et façonner la politique locale de demain. La 37e édition, qui s’est tenue du 24 au 26 janvier dernier a réuni une nouvelle fois des participants au cœur de l’Hôtel de Ville de Montréal pour une expérience à la fois immersive et transformatrice.

Donner une voix à la jeunesse

Fondé en 1987 par un groupe de jeunes inspirés par le Parlement jeunesse du Québec, le JCM s’est imposé comme une plateforme sans égale pour les jeunes souhaitant comprendre et participer aux processus décisionnels municipaux. Une particularité majeure distingue cette simulation : son caractère non-partisan. Contrairement aux véritables débats politiques, les participants du JCM ne sont pas tenus de suivre une ligne de parti. Cela signifie qu’un membre de l’administration peut s’opposer à un projet, ou qu’un opposant peut librement soutenir une idée qu’il juge pertinente. Comme le souligne Victor Fahey, président du comité exécutif, « cette non-partisanerie fait toute la richesse de cette simulation, car elle libère les débats et favorise une réflexion sincère sur les enjeux municipaux ».

Les thématiques abordées lors de la simulation gravitent autour des enjeux majeurs touchant la jeunesse. Cette année, quatre projets de règlement ont été débattus : le renforcement de la démocratie participative interculturelle, la promotion du tourisme, la lutte contre la solitude et l’individualisme et le développement de l’Est de Montréal. Chacun d’entre eux sont au cœur de la simulation et sont le fruit d’une réflexion minutieuse. Faravena Olivier, porteuse du projet sur la démocratie participative interculturelle, place au cœur de son projet l’inclusion, l’implication et l’intégration. L’objectif est de donner une voix aux citoyens en intégration et, à terme, leur permettre de voter aux élections municipales. « C’est une réflexion sur la façon dont nos institutions peuvent être plus inclusives et accessibles à tous, peu importe leur statut », affirme-t-elle.

Le JCM, ce n’est pas seulement une fin de semaine de débats, mais plusieurs mois de préparation et de réflexion intensive pour concevoir les meilleurs projets de règlement capables d’alimenter des échanges riches et passionnés. Initialement, chaque porteuse de projet propose plusieurs idées. Cependant, lors d’une retraite dans un chalet organisé par le JCM, elles confrontent leurs visions, échangent avec les autres, et sélectionnent finalement le projet qu’elles défendront durant la simulation. Chaque projet de règlement occupe une demi-journée de débat, et avec quatre propositions au programme, ces discussions structurent l’essentiel de la simulation, réparties sur le samedi et le dimanche. Les critiques de projets jouent un rôle essentiel en soulignant les failles potentielles des propositions, tandis que les porteuses de projet doivent défendre leurs idées avec conviction.

La jeunesse au service de la politique locale

« C’est un événement fait par les jeunes, pour les jeunes », explique Victor. Cette philosophie se reflète dans les enjeux abordés mais aussi dans la progression des participants. Les nouveaux participants commencent souvent par des rôles d’observation avant de gravir les échelons jusqu’aux postes à forte responsabilité, comme celui de porteuse de projet ou de mairesse. Marie Cosquer, mairesse de cette 37e édition, est l’exemple de ce système voulu « progressif ». Après cinq participations, elle incarne aujourd’hui le rôle le plus prestigieux de cette simulation : coordonnatrice de nombreux aspects de l’événement en plus de sa fonction de mairesse durant la simulation.

Bien que le JCM n’ait pas la prétention d’influencer directement la politique municipale montréalaise, il joue un rôle important dans la sensibilisation des élus aux enjeux de la jeunesse. Les projets de règlement débattus lors de la simulation sont par la suite présentés à un véritable conseil municipal, permettant ainsi aux idées des jeunes de nourrir les réflexions politiques sur les sujets traités. De plus, certains élus assistent directement à des débats pendant la simulation, témoignant de l’intérêt que suscite l’événement.

Le JCM se distingue par son ambiance unique, à la fois professionnelle et conviviale. Les débats se déroulent dans l’enceinte même de l’Hôtel de Ville, donnant aux participants une expérience immersive incomparable. Les débats intenses sont ponctués de moments plus légers. Faravena évoque les entrées dansées et en musique des partis avant de prendre place dans la salle du conseil municipal chaque matin ou encore certains discours de présentation du vendredi soir, parfois décalés et empreints d’humour.

Un antidote au cynisme

Mais au-delà des débats et des moments de complicité, le JCM représente avant tout une expérience transformatrice pour ses participants. Faravena résume son expérience en un mot : « croissance ». Elle explique : « le JCM est une opportunité de grandir, pas seulement dans les capacités d’expression, de réflexion et d’analyse critique, mais aussi sur le plan interpersonnel et relationnel. » Marie Cosquer abonde dans ce sens : « L’expérience est un antidote au cynisme envers les jeunes et la politique. » Pour les jeunes Montréalais, le JCM incarne une opportunité de développement personnel et de partage de ses idées, le tout dans une ambiance conviviale et encadrée par la ville, laissant des souvenirs impérissables.

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À McGill : le Nouvel An lunaire en événements https://www.delitfrancais.com/2025/01/29/le-nouvel-an-lunaire-2025/ Wed, 29 Jan 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57138 Où et comment découvrir diverses traditions à l’Université?

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Le Nouvel An lunaire, souvent appelé à tort « Nouvel An chinois », est une célébration annuelle basée sur le calendrier lunaire, qui diffère du calendrier grégorien utilisé en Occident. L’utilisation du terme « Nouvel An lunaire » est bien plus inclusive, car il reflète la diversité culturelle des peuples qui célèbrent cette fête, au-delà de la Chine. En effet, plusieurs communautés à travers l’Asie, comme les Vietnamiens (nommant cette fête Tết ), les Coréens (nommant cette fête Seollal), les Mongols et certains groupes au Japon, en Thaïlande, en Malaisie, ou aux Philippines, marquent cette occasion avec leurs propres traditions uniques.

La date de ce Nouvel An varie chaque année, car elle est déterminée par le calendrier lunaire, qui suit les cycles de la lune. Cette année, le Nouvel An commence le mercredi 29 janvier et se termine avec la fête des lanternes, 15 jours après. En Chine, cet événement est aussi appelé « Fête du Printemps » (春节), car il marque la fin de l’hiver et le début d’une nouvelle saison agricole. Au Vietnam, cette période est nommée Tết Nguyên Đán et revêt une forte dimension familiale et spirituelle. Au total, ce sont presque deux milliards de personnes qui vont célébrer ce début de l’année lunaire.

Les célébrations varient selon les pays, mais elles incluent souvent des rituels communs : grands repas en famille, offrandes aux ancêtres, feux d’artifice pour chasser les mauvais esprits, danse du lion et nettoyage des maisons pour accueillir la chance. Les enveloppes rouges remplies d’argent (hóngbāo en Chine ou lì xì au Vietnam) sont offertes pour symboliser la prospérité et l’amour entre les générations.

Le Nouvel An lunaire est intimement lié au zodiaque chinois, qui repose sur un cycle de 12 ans, où chaque année est représentée par un animal spécifique : Rat, Buffle, Tigre, Lapin, Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre, Singe, Coq, Chien et Cochon. Ces signes sont également associés à des éléments naturels (bois, feu, terre, métal, eau) qui influencent davantage le caractère de l’année. Ainsi, cette combinaison d’un animal et d’un élément crée une symbolique particulière et rend chaque année unique par son énergie. Cette année 2025 est l’année du Serpent de bois, signe de sagesse, de maturité d’esprit, mais aussi de transformation, par son association au bois.

L’ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS VIETNAMIEN·NE·S DE MCGILL (MVSA)
Jason, membre de l’équipe « événementiel » de MVSA, nous partage les détails du plus gros événement de l’année organisé par le club. Inspiré des marchés nocturnes vietnamiens particulièrement animés, il nous donne rendez-vous à la salle de bal de l’édifice de l’AÉUM ce 1er février, de 12h à 17h. À travers différents kiosques proposant musique, nourriture, spectacles et autres activités culturelles, cet événement nous invite à voyager et à (re)découvrir la richesse de la culture vietnamienne. De nombreux commanditaires et vendeurs, tels que Gong Cha (thé aux perles) ou Nhasang (restaurant vietnamien) seront présents. L’événement proposera aux visiteur·se·s de confectionner leur propre lanterne vietnamienne, de participer au classique Bầu cua (jeu d’argent incontournable), de s’initier à la calligraphie, et bien plus. En vous procurant votre billet, vous obtiendrez automatiquement 10 bons pour participer aux diverses activités disponibles. L’événement est ouvert à tous·tes. Plus d’information sur Instagram : @mvsa.mcgill

LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDIANTS CHINOIS DE MCGILL (MCSS)
Lillian, responsable de la communication de MCSS, nous dévoile les détails de leur soirée à thème « écailles de fortune (tdlr) » (scales of fortune) pour bien commencer cette année du serpent. L’événement aura lieu ce 30 janvier au restaurant Pink Kong, situé au 2087 rue St-Catherine Ouest, entre 21h et 2h du matin. Avec des DJs spécialement invités pour l’occasion, cette soirée au code vestimentaire noir et rouge vous emmènera au bout de la nuit pour cette célébration du Nouvel An lunaire! Les billets seront disponibles au prix de $25 à la porte. De plus, le club nous invite à célébrer la Fête des lanternes (tenue traditionnellement 15 jours après le Nouvel An lunaire), l’occasion parfaite d’en apprendre plus sur la culture chinoise! En tant que visiteur·se, vous pourrez vous essayer à la confection de tangyuan (boulettes de riz gluant fourrées de diverses garnitures), et d’autres activités qui vous plongeront dans les traditions de « l’Empire du Milieu ». Ouvert à tous·tes, l’événement se tiendra en février, et les détails seront confirmés sous peu sur le compte Instagram du MCSS (@mcssfam).

MTSA, MCSS, HKSN, MECA, MASSA, CCAS**
De nombreuses associations étudiantes asiatiques vous invitent à leur marché du Nouvel An lunaire, qui se tiendra le 6 février prochain de 16h à 21h aux 2e et 3e étages de l’édifice de l’AÉUM. Le marché proposera de nombreuses activités et kiosques de nourriture, ainsi que des animations gratuites. Les commanditaires des clubs tels que Tsujiri (salon de thé japonais), Coco (pâtisseries chinoises), Ocha (thé aux perles et mochis) seront présents pour ravir vos papilles! Organisé en partenariat avec l’Université Concordia, l’événement est également une opportunité de faire de nouvelles rencontres au sein de la communauté étudiante montréalaise et de sortir de la « bulle » McGill. Chaque billet d’entrée vous permettra de participer à une loterie avec divers prix à la clé. Ces billets seront vendus au prix unique de 3$ (avec option de payer 2$ en plus pour un billet de loterie supplémentaire). Plus d’informations sont disponibles sur les comptes Instagram des différentes associations organisatrices (@hksnmcgill, @mtsalovesyou, @clubccas, @meca.mcgill, @massa_mcgill).

**L’Association des étudiants Taiwanais de McGill, La Société des étudiants Chinois de McGill, Le Réseau des étudiants Hongkongais, L’Association éducative et culturelle et des étudiants coréens de McGill, L’Association étudiante des Malaisiens et Singapouriens, L’Association des Canadiens d’origine asiatique de Concordia

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Cessez-le-feu entre Israël et le Hamas https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/cessez-le-feu-entre-israel-et-le-hamas/ Wed, 22 Jan 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57022 Les réactions de la communauté étudiante montréalaise.

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Après 15 mois de guerre, Israël et le Hamas sont parvenus à un accord pour mettre fin aux hostilités. L’accord, annoncé le 15 janvier, a été approuvé par le gouvernement israélien le 17, et est entré en vigueur le 19. Le premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, et un partenariat de deux diplomates, l’un envoyé par l’administration Biden et l’autre issu de celle de Trump, ont travaillé ensemble pour atteindre la trêve. Bien qu’une entente ait été trouvée, rien n’empêche les deux parties de faire de nouvelles demandes pendant les négociations à venir, mettant ainsi l’accord en péril.

Le cessez-le-feu comprend deux phases de six semaines chacune. La première, qui a commencé dimanche, prévoit la libération de 33 otages israéliens et des centaines de prisonniers palestiniens. Parmi les otages pris par le Hamas, 100 personnes demeurent captives à Gaza, dont 35 que le gouvernement israélien croit mortes. Les femmes, les enfants, et les hommes âgés seront libérés en premier. 600 camions transportant de l’aide humanitaire, qui inclut au moins 60 000 demeures temporaires et 200 000 tentes, auront la permission d’entrer à Gaza dès dimanche. Le septième jour du cessez-le-feu, l’armée israélienne retirera ses forces du nord de Gaza, et les Palestiniens déplacés au courant de la guerre pourront y retourner. Le seizième jour, les partis négocieront la deuxième phase, qui doit comprendre des échanges de prisonniers et établir une fin plus permanente aux hostilités. Ce conflit a été déclenché le 7 octobre 2023 lorsque le Hamas, qualifié comme organisation terroriste par plusieurs pays, dont le Canada, a mené une offensive contre Israël, massacrant plus de 1 200 personnes et prenant plus de 250 personnes en otage. Israël a répondu avec force et, selon les autorités palestiniennes, environ 47 000 Palestiniens ont été tués, civils et militants confondus, dont la plupart sont des femmes, des enfants, et des personnes âgées.

Les conséquences du cessez-le-feu

Le professeur Rex Brynen, spécialiste de la politique du Moyen-Orient, la simulation de conflits, et le processus de paix Israëlo-arabe, m’a expliqué les raisons pour lesquelles le cessez-le-feu ne s’est produit que maintenant, après tant de négociations sans succès.

Tout d’abord, les effets de 15 mois de guerre ont commencé à se faire sentir : « Il y a un épuisement considérable chez les deux camps (tdlr) », explique Brynen. « Du côté du Hamas, les morts et les blessés sont nombreux et son soutien parmi les Gazaouis a baissé », tandis qu’Israël « ne peut pas atteindre la victoire totale ». Pourtant d’après le professeur Brynen, cela n’est pas la seule motivation des partis à signer un accord. Donald Trump avait clairement indiqué qu’il désirait la fin de la guerre avant son retour à la Maison-Blanche le 20 janvier, et le professeur Brynen croit que d’une certaine manière, la pression qu’il exerçait était « plus crédible que tout ce que l’administration Biden est parvenue à faire. »

Pourtant, le professeur Brynen estime que le cessez-le-feu est loin d’être stable, en particulier la deuxième phase, dont les détails restent toujours à être négociés. « Quelques membres du cabinet israélien insistent sur une reprise de la guerre après la première phase et la libération partielle des otages », a‑t-il expliqué, puisqu’ils « nourrissent des ambitions d’expulser des Palestiniens du nord de Gaza et y établir des colonies israéliennes.» En effet, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé le 18 janvier qu’il considère le cessez-le-feu comme « provisoire » et a déclaré qu’Israël se garde « le droit de reprendre la guerre au besoin, et ce, avec le soutien des États-Unis ». Ce n’est pas encore clair si le président Trump soutiendra une telle politique, ayant lui-même annoncé des conséquences sévères si tous les otages n’étaient pas libérés dès son retour au pouvoir.

Quant au futur gouvernement de la bande de Gaza, tout demeure « peu clair », précise le professeur Brynen. Il considère qu’une administration palestinienne est « le mécanisme le plus logique », avec l’approbation implicite du Hamas et le soutien des organismes internationaux. Or, il est possible que Netanyahou préfère « le chaos » à Gaza, puisqu’un gouvernement plus stable « le contraindrait de mener des opérations militaires à Gaza et soutiendrait l’initiative pour un État palestinien », explique le professeur.

Les réactions des activistes propalestiniens

Le soir du 16 janvier, des dizaines de manifestants, dirigés par l’association des Étudiants pour l’honneur et la résistance de la Palestine (SPHR), se sont rassemblés devant le portail Roddick de McGill. La foule incluait plusieurs étudiants mcgillois, mais aussi de nombreuses autres personnes de tous âges, venues exprimer leur soutien pour le mouvement palestinien. Une manifestante mcgilloise a appelé l’événement « une expression d’espoir », tandis qu’un autre a remarqué que c’était « trop tôt pour une victoire ». Une autre a souhaité « mettre McGill dans l’embarras » en manifestant.

Après un moment de silence, la foule a commencé à scander divers slogans, dont « la résistance est justifiée », « l’occupation va tomber » et « de la mer à la rivière » entrecoupés de quelques discours. Un des orateurs proclamait que « le gouvernement israélien a été forcé à parvenir à un accord selon les conditions du peuple palestinien ».

« Tout le monde ici est vraiment heureux », a affirmé une représentante de SPHR qui souhaitait rester anonyme, en notant que « le travail n’est pas fini ». Elle a expliqué que « nous n’allons pas arrêter, en dépit du fait qu’il y ait un cessez-le-feu, nous sommes toujours ici », en affirmant continuer à appeler au désinvestissement. Une autre manifestante estime que le mouvement propalestinien « n’est pas transitoire », mais va plutôt s’inscrire dans la durée.

En décembre, après avoir examiné une requête par quelques membres de la communauté mcgilloise, le Conseil des gouverneurs a nié que l’investissement de McGill puisse être accusé de causer « du préjudice social », puisque les liens avec Israël sont indirects. Cependant, la communauté a trouvé cette politique « inadéquate » parce qu’elle compte « fermer les yeux sur les activités néfastes d’un associé ». La requête appelle McGill à désinvestir de toutes les compagnies ayant des liens économiques, directs ou indirects, avec Israël. La représentante de SPHR, qui a relié les investissements de McGill aux milliers de Palestiniens morts à Gaza, espère que le Conseil « prendra cela pour sérieux pendant la réunion à venir ».

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La sélection d’actus du Délit https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/la-selection-dactus-du-delit-8/ Wed, 22 Jan 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=56954 TRAVAUX AU ROYAL VICTORIA : LA COUR SUPRÊME REFUSE L’APPEL DES MÈRES MOHAWKS Ce jeudi 16 janvier, la Cour suprême du Canada a statué qu’elle n’examinerait pas la demande d’appel déposée par les six femmes kanien’kehá:ka, connues sous le nom du collectif des Mères mohawks, concernant les travaux en cours sur le site de l’ancien… Lire la suite »La sélection d’actus du Délit

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TRAVAUX AU ROYAL VICTORIA : LA COUR SUPRÊME REFUSE L’APPEL DES MÈRES MOHAWKS

Ce jeudi 16 janvier, la Cour suprême du Canada a statué qu’elle n’examinerait pas la demande d’appel déposée par les six femmes kanien’kehá:ka, connues sous le nom du collectif des Mères mohawks, concernant les travaux en cours sur le site de l’ancien hôpital Royal Victoria à Montréal. Cette décision marque une étape décisive dans le combat juridique mené par ce groupe depuis 2022, ayant pour but d’interrompre les travaux d’excavation conduits par l’Université McGill. Selon les Mères mohawks, ces travaux auraient lieu sur un espace contenant des sépultures anonymes d’enfants autochtones, victimes d’expériences psychiatriques menées entre 1954 et 1963 dans le cadre du projet MK-Ultra, un programme controversé de la CIA. Le collectif avait exigé qu’une supervision archéologique rigoureuse soit mise en place pour prévenir ce qu’elles qualifient d’« effacement des injustices du passé (tdlr) » et éviter de raviver les traumatismes des survivants et des communautés concernées.

Les travaux d’excavation en cause s’inscrivent dans le cadre du projet New Vic, porté par l’Université McGill. Celui-ci vise à réaménager une partie de l’ancien hôpital Royal Victoria pour agrandir le campus universitaire. En 2019, le gouvernement du Québec a cédé une partie de la propriété à McGill, et a promis un investissement de 620 millions de dollars pour rénover les bâtiments historiques et aménager les terrains. Le projet inclut des excavations substantielles, nécessaires pour transformer le site en un espace moderne et fonctionnel pour l’université.

Les Mères mohawks avaient entamé leur combat juridique en 2022, en intentant une poursuite contre l’Université McGill et la Société québécoise des infrastructures (SQI). En 2023, un accord entre les parties a été conclu, prévoyant la présence d’un panel d’archéologues pour superviser les excavations et détecter d’éventuelles sépultures. Cependant, cet accord a été remis en question le 16 août 2023, lorsque la Cour d’appel du Québec a autorisé la reprise des travaux sans supervision archéologique externe. La décision de la Cour suprême de ne pas entendre l’appel du collectif scelle le sort de cette affaire. Pour les Mères mohawks, il s’agit d’une défaite amère dans leur quête pour préserver la mémoire des enfants autochtones et exiger justice face à un passé douloureux.

CRISE DE L’ITINÉRANCE À MONTRÉAL : FERMETURE DU REFUGE TEMPORAIRE DU YMCA

Le Centre d’hébergement d’urgence (CHU) du YMCA centre-ville, refuge pour sans-abris mis en place par la Ville de Montréal afin de répondre aux grands froids, a fermé ses portes ce samedi 11 janvier, après moins d’un mois d’activité. Ce refuge temporaire, ouvert le 21 décembre, avait été conçu comme une mesure exceptionnelle dans le cadre du Plan particulier d’intervention – Froid extrême, déclenché par le Centre de coordination des mesures d’urgence de Montréal. Initialement prévu pour accueillir un maximum de 50 personnes, le centre a dû faire face à une demande bien supérieure durant la courte période où il était en activité. Les 5 et 6 janvier, le CHU a accueilli plus de 150 personnes en une seule nuit, soit trois fois sa capacité prévue. Le refuge a enregistré un total de 1153 visites en moins de trois semaines, illustrant l’ampleur de la crise de l’itinérance à Montréal.

Stu Doré | Le Délit

L’ouverture du centre avait à l’origine été annoncée comme une mesure temporaire. En temps normal, le Plan particulier d’intervention – Froid extrême est seulement déclenché lorsque la température descend sous les ‑27°C, et les mesures cessent dès que les conditions météorologiques s’améliorent. Le 21 décembre, la ville de Montréal a donc pris une décision exceptionnelle en ouvrant le centre avant que ce seuil ne soit atteint, et en s’engageant à le garder ouvert aussi longtemps que possible, en raison de la demande alarmante.

Cette mesure temporaire reste néanmoins insuffisante. Ceux qui passaient leurs nuits au CHU sont désormais contraints de se redistribuer dans les refuges de la ville – qui sont déjà débordés et doivent refuser l’entrée à plusieurs personnes chaque soir – ou d’affronter les températures glaciales de l’extérieur.

ARRESTATION HISTORIQUE : LE PRÉSIDENT SUD-CORÉEN YOON SUK-YEOL FACE À LA JUSTICE

Le mardi 14 janvier, le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été arrêté dans le cadre d’une opération menée par les autorités judiciaires du pays. Il s’agit de la première fois qu’un chef d’État en exercice est arrêté en Corée du Sud. Avant l’aube, des agents du Bureau d’enquête sur la corruption des hautes personnalités (CIO) et de la police se sont présentés en grand nombre devant la résidence présidentielle. Après une courte confrontation, le président Yoon a accepté de se rendre, diffusant peu après un message vidéo où il déclarait : « J’ai décidé de répondre aux autorités du Bureau d’enquête sur la corruption (tdlr) », tout en réaffirmant qu’il contestait la légitimité de l’enquête. Il a ajouté qu’il se soumettait à cette arrestation afin d’« éviter toute effusion de sang malheureuse ». Cette arrestation marque un tournant dans une affaire politique explosive et survient moins de deux semaines après une première tentative d’arrestation échouée, le 3 janvier. Ce jour-là, le Service de sécurité présidentielle (PSS), chargé de la protection des chefs d’État, avait empêché les enquêteurs du CIO d’exécuter un mandat d’arrêt initial contre Yoon Suk-yeol.

Stu Doré | Le Délit

Le dirigeant sud-coréen est la cible de plusieurs enquêtes, dont une pour « rébellion », un crime passible de la peine de mort en Corée du Sud. Cette inculpation repose principalement sur sa décision controversée de proclamer la loi martiale le 3 décembre, une initiative qu’il avait justifiée en invoquant la nécessité de défendre le pays contre « les forces communistes nord-coréennes » et d’« éliminer les éléments hostiles à l’État ». Cette tentative de concentration du pouvoir a été rapidement mise en échec par les députés, qui ont voté un texte exigeant la levée de cette mesure d’exception.

L’arrestation de Yoon Suk-yeol plonge la Corée du Sud dans une crise politique sans précédent, exacerbant les divisions au sein du pays. Les prochains développements dans cette affaire détermineront sans doute l’avenir de la présidence et l’équilibre démocratique de la nation.

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Un réseau postsecondaire en péril : le cri d’alarme des cégeps https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/un-reseau-postsecondaire-en-peril-le-cri-dalarme-des-cegeps/ Wed, 22 Jan 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=56947 Les cégeps réclament une intervention urgente pour préserver leurs infrastructures.

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Face à une dégradation alarmante des infrastructures, les cégeps québécois lancent un appel urgent au gouvernement provincial de François Legault. Dans le cadre des consultations prébudgétaires, la fédération des cégeps demande une enveloppe supplémentaire de 300 millions de dollars pour freiner la détérioration de leurs bâtiments. Selon un rapport de la vérificatrice générale du Québec, deux tiers des infrastructures collégiales sont aujourd’hui en mauvais ou très mauvais état, mettant en péril la qualité de l’enseignement et la sécurité des étudiants. Comment les cégeps québécois en sont-ils arrivés là? Est-ce une question de sous-financement gouvernemental, de mauvaise gestion interne ou d’une allocation déséquilibrée des ressources? Passés en entrevue, des témoins mettent en perspective les réalités et les enjeux d’une crise sans précédent.

Le parc immobilier des cégeps en grande difficulté

La dégradation des infrastructures collégiales au Québec est une réalité qui frappe autant les étudiants que le personnel enseignant. Guylaine Leclerc, vérificatrice générale du Québec, affirme dans son rapport que depuis cinq ans « la part des bâtiments considérés comme étant en mauvais ou en très mauvais état, selon l’indice gouvernemental, est passée de 24% en 2019–2020 à 65% en 2024-2025. » Fadi, étudiant au Cégep de Maisonneuve, fait part de ses préoccupations : « Certaines sections du collège sont en mauvais état, les salles de classe y sont anciennes, manquent de lumière et sont parfois mal équipées. Cela finit par peser sur notre apprentissage. » Ce témoignage n’est pas un cas isolé : au Cégep de La Pocatière, une résidence étudiante a été évacuée en mai 2023 en raison de moisissures causées par une infiltration d’eau. Au Cégep de Saint-Laurent, la situation est toute aussi critique : un pavillon a été fermé d’urgence en raison de risques d’effondrement. Au Cégep de Rimouski, les « fissures inquiétantes » sur les murs d’un ancien bâtiment préoccupent le personnel. La chaleur y est suffocante durant l’été, forçant les étudiants à apporter leurs propres ventilateurs. Cette liste est loin d’être exhaustive, et de nombreux autres établissements font face à des défis similaires.

La qualité de l’enseignement compromise?

Fadi souligne que les salles rénovées de son cégep sont bien plus propices à l’apprentissage : « Quand les conditions sont idéales, on a plus envie d’apprendre. Tout est fonctionnel, et l’environnement est motivant. » En revanche, les salles plus anciennes, sans équipement adéquat, mal isolées et parfois sombres, nuisent à la concentration des élèves et à la qualité de l’enseignement dispensé, affirme Fadi. Ce constat s’étend à d’autres établissements, où les mesures provisoires, comme les cours dans des modules préfabriqués, ne permettent pas de recréer les conditions optimales pour un apprentissage efficace.

Une gestion contestée

Mario, membre de l’administration du Cégep Marie-Victorin, critique vivement la gestion financière des cégeps. Selon lui, « certains choix budgétaires relèvent davantage du gaspillage que de l’investissement utile. L’argent des taxes est dépensé abondamment sur des projets douteux, au détriment des besoins réels. » Ce témoignage met en lumière les désaccords importants sur le financement des cégeps et son utilisation, un point qui est également soulevé par la vérificatrice générale du Québec. Le rapport de cette dernière souligne que des cégeps en déficit d’espace ou en grave détérioration, comme le Cégep de Saint-Laurent ou le Cégep de Lionel-Groulx, reçoivent souvent moins de fonds que des établissements moins peuplés ou moins endommagés. Certains pointent du doigt une approche budgétaire trop centralisée ne prenant pas en compte les spécificités propres à chaque établissement. Alors que 75% des cégeps de Montréal devraient manquer de capacité d’accueil d’ici 2029 et qu’une augmentation de 20% des inscriptions est prévue d’ici 2033, le réseau collégial québécois se trouve à un tournant critique. Qu’il s’agisse de gestion interne inadéquate ou de sous-financement provincial, une certitude demeure : le réseau postsecondaire québécois doit être secouru.

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Gerts, un symbole mcgillois https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/gerts-un-symbole-mcgillois/ Wed, 22 Jan 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57001 Histoire d’une réouverture attendue.

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Une université est composée de symboles, et à ce jeu-là, McGill ne perd jamais. Entre le kiosque à hot-dog qui ne prend des pauses qu’en plein hiver et l’agitation procurée par l’Open Air Pub qui marque le début du semestre d’automne et la fin de celui d’hiver, le campus reste animé pendant une bonne partie de l’année. Et puis il y a Gerts, mythique bar étudiant qui habite le sous-sol du bâtiment de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) depuis plus de 50 ans, mais qui, à la surprise générale, n’a rouvert ses portes que le 6 janvier après les avoir fermées discrètement en avril dernier.

Une fermeture habituelle ?

Le 26 avril 2024, comme l’année précédente à quelques jours près, Gerts prend son congé estival, avec une promesse : « On se revoit en automne (tdlr) ». Pourtant, le semestre d’automne est arrivé, puis s’est déroulé sans que le bar n’ait donné signe de vie, au grand dam de la communauté mcgilloise. Le 22 novembre, la nouvelle paraît enfin sur la page Instagram du bar : « Gerts ouvre ses portes le 6 janvier », répondant à l’espoir des clients les plus fidèles, inquiets de ne pas pouvoir y célébrer la Saint-Patrick au mois de mars. Derrière cette fermeture, les raisons sont multiples. Un membre du comité exécutif de l’AÉUM explique : « Gerts a d’abord été fermé en raison de changements dans la structure de gestion, qui ont rendu nécessaire l’embauche de nouveaux gérants. » Avant d’ajouter « que des problèmes nouvellement identifiés concernant l’achat de nouveaux meubles et équipement, ainsi que le système électrique dans l’espace du bar, ont nécessité le déménagement du café à l’étage ».

Un retour à la normale ?

Une réorganisation globale et une ouverture étaient attendues par de nombreux étudiants de la communauté mcgilloise. Tout n’est pas encore exactement redevenu comme avant, mais comme le dit un des membres du comité exécutif de l’AÉUM : « Maintenant que l’équipe est au complet, nous sommes impatients de remettre les choses en ordre! » Il reste pourtant encore quelques places à pourvoir dans l’organigramme, notamment le poste de vice-président à la vie étudiante, bien que « cette absence n’ait aucune incidence sur le financement ou les activités de Gerts », ou encore certains postes dans le café, comme celui de barista. Le bar étudiant offre aussi de nouveau la possibilité d’accueillir des rencontres de différentes associations du campus. Il est bon de rappeler que Gerts est géré à part entière par l’AÉUM. L’association finance, couvre les pertes, et gère la communication du bar, confirmant son identité mcgilloise : « Gerts ne paie pas de loyer et n’a pas à soutenir ses propres processus indépendants de comptabilité, de ressources humaines et de communication. » En somme, c’est dans un hiver glacial que le mythique bar étudiant, réorganisé à plusieurs niveaux, se réinstalle dans la vie quotidienne du campus, et ce, au plus grand bonheur de la communauté mcgilloise.

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Los Angeles en proie aux flammes https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/los-angeles-en-proie-aux-flammes/ Wed, 22 Jan 2025 12:00:00 +0000 https://www.delitfrancais.com/?p=57017 Comprendre la catastrophe : témoignages d’étudiantes américaines.

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Au moment où l’Organisation météorologique mondiale déclare l’année 2024 comme la plus chaude jamais enregistrée, une nouvelle catastrophe climatique balaye Los Angeles. Depuis le 7 janvier, la ville californienne est ravagée par d’immenses incendies, contraignant des dizaines de milliers de personnes à évacuer. À la date du 16 janvier, au moins 24 décès ont été confirmés. Selon le California Department of Forestry and Fire Protection, plus de 40 000 hectares ont brûlé et plus de 12 845 structures réduites en cendres. Les incendies ont détruit de nombreux quartiers huppés, notamment Pacific Palisades entre Santa Monica et Malibu, dont le feu n’est toujours pas circonscrit. Depuis son déclenchement le 7 janvier, l’incendie d’Eaton, dans le nord-est de la ville, a ravagé le quartier historique d’Altadena et des pans entiers de Pasadena. Plus d’une semaine après le début des incendies, la région brûle toujours, attestant des conséquences de la crise climatique.

Un cocktail explosif

Alors que l’origine des incendies reste sous investigation, plusieurs facteurs se sont conjugués pour créer les conditions idéales à des feux d’une telle ampleur. La région californienne a vécu un été exceptionnellement chaud, marqué par une sécheresse persistante. En décembre, les températures étaient nettement supérieures aux moyennes saisonnières, et les précipitations quasi inexistantes. Depuis le mois d’octobre, l’État de la Californie a enregistré seulement quatre millimètres de pluie, aggravant une situation déjà critique. Ces conditions climatiques ont transformé la végétation, desséchée par les vagues de chaleur de 2024, en une biomasse hautement inflammable.

« Dire que les incendies en Californie sont uniquement des catastrophes naturelles, c’est donc oublier l’impact majeur des activités humaines dans leur intensification »

Ce qui a finalement valu à ces incendies le titre de « plus vastes et dévastateurs de l’histoire de la Californie », selon les mots du président américain Joe Biden, sont les vents violents, avec des rafales atteignant jusqu’à 160 km/h. Ces vents ont transporté des braises, accélérant l’avancée des flammes à différents points de la ville.

Ces facteurs naturels ont été exacerbés par des choix humains. La pression démographique, notamment la crise du logement, a poussé la ville de Los Angeles à construire massivement dans des zones à haut-risque d’incendies. De nombreuses habitations, souvent en bois, ont été bâties à l’orée des forêts, augmentant leur vulnérabilité. La Californie illustre ainsi parfaitement l’accentuation des phénomènes météorologiques extrêmes et leurs interactions avec les décisions d’aménagement urbain, créant un terrain favorable à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et destructrices.

Dire que les incendies en Californie sont uniquement des catastrophes naturelles, c’est donc oublier l’impact majeur des activités humaines dans leur intensification. Avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les signaux d’alarme se multiplient. Le milliardaire américain, qui n’a pas hésité à qualifier le dérèglement climatique de « canular », soutient sans détour les industries du pétrole, du gaz et des énergies fossiles. Les choix politiques du président républicain, loin de ralentir le réchauffement climatique, aggravent les sécheresses et, par conséquent, les risques d’incendies dévastateurs. Avec une telle direction, l’avenir de la planète semble tracé : nous nous dirigeons rapidement vers une catastrophe planétaire.

Témoignages d’étudiantes montréalaises originaires de Los Angeles

En entretien, Camille Ting, étudiante à l’Université Concordia, originaire de Los Angeles, revient sur son expérience en tant qu’ habitante du quartier de Pasadena, dont le nord a été sévèrement touché par le feu Eaton. Elle déplore : « Tout est soit détruit, à moitié brûlé ou inhabitable. Je connais 50 personnes qui ont perdu leur maison. Tout le monde connaît quelqu’un qui a tout perdu. »

« Les vents étaient anormalement forts », confie Camille Ting. « Le courant a été coupé et tout s’est déclenché très vite. » Ses parents, convaincus que les médias exagéraient la réalité des incendies, ont refusé d’évacuer leur maison. Pour des locaux d’une région habituée aux feux saisonniers, cette réaction semblait presque naturelle. Pour Camille, il était clair que cette fois-ci, les événements prenaient une tournure exceptionnelle : « Je savais que ce n’était pas comme ce qu’on avait déjà vécu auparavant ». Alors que les flammes se rapprochaient dangereusement de leur maison, Camille et sa famille ont finalement pris la décision d’évacuer. Ils ont trouvé refuge chez une amie. Elle décrit les scènes qu’elle a vues comme « apocalyptiques, la qualité de l’air était terrible. On traversait les flammes et on voyait le quartier brûler dans le rétroviseur », raconte-t-elle.

« Tout est soit détruit, à moitié brûlé ou inhabitable. Je connais 50 personnes qui ont perdu leur maison. Tout le
monde connaît quelqu’un qui a tout perdu »
Morgan Bories, étudiante à McGill

Camille se souvient avec émotion de la solidarité de la communauté « Le Pasadena Community College a organisé une incroyable collecte de dons. Le campus était transformé en un centre de dons de type service à l’auto. Tous les habitants venaient pour donner tout ce qu’ils avaient. » L’étudiante californienne témoigne : « Il y avait tellement de générosité et d’amour, dès le lendemain des premiers incendies, alors même que les feux n’étaient toujours pas contrôlés. »

Morgan Bories, étudiante en économie à l’Université McGill, a passé la majeure partie de sa vie dans le quartier de Los Feliz, à Los Angeles. Lors du déclenchement des incendies, alors qu’elle se trouvait à Montréal, ses parents ont décidé d’ouvrir les portes de leur maison à ceux qui avaient tout perdu, leur quartier étant situé à une distance relativement sécuritaire des flammes.

Tout comme Camille, Morgan a évoqué l’histoire de son ancienne directrice d’école, très appréciée, dont la maison a été détruite par les flammes, pour souligner la solidarité qui s’est manifestée face à la tragédie. « Un GoFundMe a été lancé par un élève, et de nombreux dons ont afflué de la part d’élèves actuels et anciens, ainsi que des enseignants. Plus de 40 000 dollars ont été amassés en deux jours. La communauté peut vraiment se rassembler face à une catastrophe », souligne-t-elle.

Un avenir incertain

Pour Morgan, « assister à une catastrophe d’une telle ampleur, capable de provoquer autant de destruction en une seule journée, y compris dans des quartiers riches et influents, a été un électrochoc pour beaucoup. Cela a notamment éveillé les consciences de ceux qui considéraient le réchauffement climatique comme un problème distant, auquel ils pensaient pouvoir échapper. » Morgan et Camille insistent désormais sur la nécessité et l’urgence de transformer cet électrochoc en actions concrètes. Après les catastrophes climatiques de 2024, dont les ouragans Helene et Milton en Floride, ou encore les incendies de forêt au Canada, il devient évident qu’aucun endroit n’est réellement à l’abri des conséquences du dérèglement climatique. Avec des désastres climatiques appelés à se multiplier dans les années à venir, la nécessité d’agir devient de plus en plus pressante. Cependant, l’inaction politique à grande échelle jette une ombre inquiétante sur l’avenir de la planète.

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